Quel statut juridique choisir lorsqu’on souhaite entreprendre dans les technologies en Afrique

Partout dans le monde, lorsque vous souhaitez créer une entreprise, vous avez le choix entre plusieurs formes juridiques. Dans les pays d’Afrique, c’est aussi le cas.

Avec son profil de nouvel eldorado des technologies, l’Afrique verra un grand nombre de création d’entreprises technologiques dans les 5 années à venir.

Nous savons tous que les statuts juridiques sont très importants pour la stratégie des entreprises technologiques. Il est donc nécessaire de prendre un soin particulier pour choisir celui qui convient le mieux à la vision que l’on a.

Comment les autres vous voit
Disons que vous venez apporter des solutions aux problèmes des particuliers par le biais de services mobile B2C à valeur ajoutée. La première question que vous devez vous poser, doit concerner les rapports que les utilisateurs locaux ont avec les prestataires déjà sur le marché.

Par exemple il n’est pas rare qu’en Afrique, les utilisateurs jugent les fournisseurs de services technologiques par leur capacité à distribuer des T-shirt ou autres gadgets. Et ce pendant la période précédent la mise à disponibilité du service. Ainsi, plus de petits cadeaux vous offrirez, plus de clients vous aurez pour déramer votre service. Et croyez-moi, en Afrique ça marche bien mieux qu’ailleurs car les telco comme Orange et MTN ont habitué les populations à ces pratiques. Dans ce cas vous êtes dans l’obligation de commencer avec un capital conséquent. ce qui implique une forme juridique de type SARL ou au dessus.

Aussi certaines entreprises d’Etats ou autres « grandes boites » exigent de travailler avec des entreprises de type SARL ou de statuts juridique au dessus.

Mais si vous n’avez pas tous ces moyens
Vous avez d’autres atouts et des possibilités liées à l’environnement africain. C’est l’exemple de la proximité et de la confiance basée sur le fait que l’on vous connaisse. Vous devez donc comprendre que vous pouvez offrir unquel statut juridique pour mon entreprise technologique en Afrique premier service qui nécessite le contact directe avec chacun des utilisateurs. Cela vous prendra du temps certes, mais ces personnes resteront pendant longtemps vos amis et ambassadeurs. De par nos cultures africaines, le bouche-à-oreille demeure le meilleur outil pour la publicité ou la promotion d’un produit.

Si vous accepter ce parcours du combattant, je vous conseillerai de commencer par une entreprise individuelle. Cette dernière nécessite très peu de temps pour sa gestion et surtout un minimum d’engagement financier auquel vous aurez préféré l’engagement par votre temps.

Combien tout cela coûte ?
En Côte d’Ivoire par exemple, la création d’une SARL vous demandera pas moins de 1 500 000 (plus de 2300€) tandis que pour une entreprise individuelle, vous dépenserez 10 fois (si l’on veut être large) moins dans le cas d’une entreprise individuelle.

Mon conseil
A moins d’avoir déjà des clients et l’assurance d’être rentable assez tôt (dès les premiers jours), je conseillerai toujours à un nouvel entrepreneur dans les technologies de commencer son business en Afrique avec une société individuelle. Ce conseil vient de mon expérience personnelle et de l’oeil d’observateur que j’ai pu avoir durant ces 4 dernières années en Afrique. Il n’est peut être pas valable partout en Afrique.

Si vous avez les moyens financiers, vous pouvez décider de les utiliser, mais l’expérience montre que pour l’instant les parcours de réussite dans l’écosystème des technologies ne sont pas encore bien établis A quoi bon prendre donc un si grand risque ?

Une fois que vous avez choisi votre statut juridique et que vous avez pu avoir l’autorisation d’exercer, sachez qu’a partir de cet instant vous devrez faire face à de nombreuses difficultés typiques à l’Afrique. C’est le cas des moments d’indisponibilité du réseau internet, des chances presque inexistantes de remporter une appel d’offre. Mais lorsque vous abordez ces difficultés avec philosophie, vous pouvez facilement réussir car en Afrique quoi qu’on dise, certaines choses vont très vite. Et beaucoup plus vite que partout ailleurs.

Merci windows, vive le libre en Afrique !

AI3L (Association Ivoirienne pour linux et les logiciels libres) lors de la SFD 2009
AI3L (Association Ivoirienne pour linux et les logiciels libres) lors de la SFD 2009

Ce Jeudi 2 Aout 2012, en pleine formation avec des journalistes et webmasters de Niamey (Niger), nous avons été obligés de nous arrêter à plusieurs reprises pour régler des problèmes de virus ou de fuite mémoire des machines de ces derniers. A force, le manque de concentration s’était installé. Ce qui a inévitablement conduit a un retard sur le programme établi.

Chaque fois que je délivre une formation en Afrique, je découvre à quel point Windows représente une plaie pour nos techno (ou apprentis techno). Windows est un très bon système d’exploitation et les ingénieurs qui y travaillent sont à la pointe.

Merci Windows
Sur twitter, lorsque j’ai lancé le débat, O.C Omar a mentionné le fait que Microsoft en introduisant Windows, a aidé à la démocratisation de l’ordinateur personnel. En effet, Bill Gates et son équipe ont beaucoup apporté à l’informatique moderne. Et pour cela nous devons tous leur être reconnaissant.

MAIS
En démocratisant l’outil informatique, Microsoft a utiliser Windows comme un piège à souris pour la plupart d’entre nous. Bien heureux, j’ai pu me sortir de ce piège il y a maintenant presque 12ans en passant aux système Linux. Et c’est le cas de nombre de mes confrères. Nous l’avons fait car étant des professionnels de l’informatique. Ce n’est malheureusement pas le cas de tout le monde. Sortir de ce piège ne signifie pas « ne plus toucher à windows« . Il s’agit plutôt d’en faire un usage seulement en cas d’impératif (un client par exemple).

Windows se présente comme un système facile a utiliser mais ne dit pas qu’il exige une maintenance très lourde pour maintenir son intégrité. Ce qui est difficile à assurer de la part d’un utilisateur lambda.

Déjà il faut payer pour l’acquérir. Ce que semble ignorer bon nombre d’Africains qui utilisent des versions piratés du système. Au prix que coute ce système s’ajoute celui de sa suite bureautique (word, excel, powerpoint, …) qui elle aussi est largement piratée dans les pays africains. Avec un tel investissement je pense que les utilisateurs devraient bénéficier d’un antivirus. Et là je ne fais pas allusion à Norton et autres. Je veux parler de quelque chose qui soit natif. Mais ça c’est un autre débat et je respecte la stratégie de Microsoft vis-à-vis des virus et anti-virus.

Enfin, toujours est-il que l’on a finalement une majorité de versions illégales de Windows sur les ordinateurs. Vous en trouverez même dans les bureaux de certains gouvernements africains dont les responsables ne voient pas le problème que ça peut pauser.

Le Problème
Et bien je veux parler de ce problème aujourd’hui. Embarqués dans la situation de dépendance vis-à-vis des logiciels propriétaires (car il n’y a pas que Windows de Microsoft dans l’affaire), nous avons travaillé avec des boites noires. Ces dernières nous ont finalement empêché de stimuler notre curiosité, retirant à bien d’entre nous une éventuelle envie d’innover.

Pour nous autres pays pauvres, qui devons innover selon nos réalités, nous avons besoin d’outils qui favorisent l’épanouissement de notre esprit.
Avec leurs machines sous windows et autres logiciels propriétaires, bien d’Africains passent des heures à essayer de résoudre des problèmes de mémoire (de l’ordinateur) ou d’allumage simple de leurs PC. Dans ces conditions, vous comprenez qu’il n’est pas évident d’apprendre dans le cadre d’une formation dans laquelle chacun vient avec son PC.

Combien d’africains savent qu’ils sont capables de créer leur propre windows (Système d’Exploitation) ? pas beaucoup. Enfermer dans la pseudo grandeur de certains logiciels, ils ne voient qu’un mur infranchissable face à eux. La vérité c’est que ce mur n’existe pas. Il n’y a rien d’autre qu’un simple désert ou une forêt vierge (selon la conception du monde que vous avez).

Vive le libre en Afrique ?
La solution ultime n’est pas obligatoirement dans l’usage des logiciels libres. Il faut avant tous que les africains comprennent que certaines oeuvres de l’esprit sont à partager (dans la limite des lois établies) et que d’autres sont à acquérir par l’achat ou la location.

En ce qui concerne les systèmes d’exploitation, Ubuntu (et bien d’autres) est une très belle alternative à Windows. Certains me diront « je n’ai pas mon word, excel, photoshop, … sur Ubuntu ». Et bien je leur répond qu’il est temps pour eux d’apprendre à utiliser « libreOffice, Gimp, … ». En parlant de Gimp (logiciel d’image) il n’a certes pas toutes les fonctionnalité de Photoshop, mais lorsqu’on apprend à l’utiliser, on réalise des travaux de très haut niveau avec.

Au delà même des usages, les africains gagneraient à se familiariser avec ces logiciels libres pour améliorer leur culture technologique. Un étudiant utilisant un système d’exploitation sous unix/linux serait un jour ou l’autre tenter de comprendre la logique de cet outil. Et ce jour-là il n’aura pas une boite noire en face de lui. Mais plutôt un code libre d’accès qu’il pourra lui même modifier. De petites modifications en petites modifications, il comprendra qu’il est lui même capable (en approfondissant ses connaissances) de réaliser son propre système. Il va de soit que ce système répondrait à ses besoins propres en prenant en compte ses réalités.

Plus il y aura d’africains conscients de ces choses plus l’innovation technologique venant d’Afrique visera des problèmes de plus en plus globaux.

Ma nouvelle méthode pour de meilleures analyses sur l’évolution des Technologies en Afrique

Depuis un certain temps, je réfléchi à comment faire pour que les publications de mon blog aient plus d’impacts. Il s’agit pour moi de trouver le moyen qui pousse les lecteurs à plus d’action positive.

Ce week-end j’ai décidé d’essayer quelques chose qui va consister en plusieurs points :

• Choisir un sujet à l’avance

• Pendant toute la semaine, tous les billets publiés concerneront le sujet choisi. Il en faudra au moins 3 qui concerneront le sujet choisi à l’avance

• Dans la mesure du possible, publier une vidéo de moins de 5 minutes qui traite du sujet choisi

J’espère pouvoir tenir ce calendrier. Pour mettre toutes les chances de mon coté, j’ai pensé à définir les sujets à l’avances. Pour les 3 prochaines semaine à venir, je parlerai donc de :

• Data (open data, big data, …. ) [ Semaine du 25 Juin 2012 ]

• E-gouvernement en Afrique [ Semaine du 2 Juillet ]

• Les évènements technologiques en Afrique [ Semaine du 9 Juillet 2012 ]

• E-agriculture en Afrique [ Semaine du 16let ]

Entreprendre dans les technologies en Afrique [ Semaine du 23 Juillet ]

Financement des projets Techologique en Afrique [ Semaine du 30 Juillet ]

• E-Santé en Afrique [ Semaine du 6 Aout]

• Développement d’application mobile en Afrique [ Semaine du 13 Aout ]

Voici de quoi nous occuper pour les 7 semaines à venir. Que pensez-vous de ce programme ? Quels sujets aimeriez-vous que je traite ?

Pourquoi je fais tout ceci en Afrique ?

Récemment, j’ai discuté avec un journaliste qui devait faire un sujet sur Akendewa, jokkolabs et d’autres communautés et hub technologiques d’Afrique. Pendant l’interview, il m’a posé une question que jusque là personne ne m’avait posé : « Pourquoi fais-tu tout ceci (en Afrique) ? »

Vous remarquerez que cette question à l’air d’une question existentielleCe monsieur voulait savoir pourquoi quelqu’un qui a installé une société de création de logiciel et d’application web, s’est engagé à 200% dans quelque chose (Emuler/dynamiser l’écosystème de l’internet et du mobile en Afrique [francophone]) qui est sensée être la responsabilité de nos gouvernants.

Cela fait maintenant 3ans que j’ai initié Akendewa à Abidjan. Et je consacre de plus en plus de temps à cette communauté au détriment de services commerciaux que je propose dans ma société. J’ai donc eu un moment d’hésitation avant de répondre. J’avoue que je ne savais pas quoi dire, tant je trouvais, sur le moment, que je m’étais détourné de ce qui m’avait fait revenir à Abidjan la première fois. Mettez vous à ma place. Imaginez que vous souhaitez vous rendre au nord et l’on vous retrouve sur le chemin de l’ouest en vous demandant ce que vous faites sur ce chemin. Mais, j’ai finalement retrouver ma langue lorsque les motivations de mes actions communautaires me sont revenues clairement à l’esprit.

Je fais tout ceci en Afrique, tout simplement, parce que je souhaite emmener les autres à créer des choses que je n’aurai jamais le temps de créer moi même. En tant qu’entrepreneur, le gros de mon temps doit servir à créer des choses qui générent des bénéfices tout en améliorant la vie des autres. Je ne peux donc pas passer tout mon temps à être bénévole. Par contre, je suis convaincu qu’un peu de bénévolat de la part de chacun peut aider à batir des oeuvres qui profitent à tout le monde. En effet, si chaque entrepreneur ou passionné des technologies participe un temps soit peu à la dynamisation de l’écosystème des TIC, voici ce qui va se passer (successivement – certes, certains points pouraient être rajoutés) :

  • de plus en plus de passionnés
  • baisse des tarifs d’accès à l’internet et à l’information
  • de plus en plus de personnes sachant utiliser le coté business des technologies
  • de plus en plus d’entrepreneurs
  • de plus en plue d’emplois
  • recul de la pauvreté
  • recul des famines et maladies
  • ….

Vous ne rêvez pas, les technologies de l’information peuvent aider l’afrique à sortir de sa précarité chronique. Il faut juste que les africains les utilisent plus pour le travail, le commerce, … Et moins pour perdre du temps.

Des signes qui ne trompent pas
Chaque fois que je vois un membre de notre communauté créer son propre blog, je me dis que c’est un pas de plus vers la dynamisation de l’écosystème des technologies dans nos pays africains [francophone]. Chaque fois qu’un novice me demande ce qu’est une application web/mobile/android, je me dis que ce que nous avons prêché ces 3 dernières années ont trouvé des oreilles. Mieux, lorsque grâce à twitter+facebook nous arrivons à sauver des vies, je me dis que les technologies de l’information sont une ultime chance pour l’Afrique. Bon courage à toutes les personnes engagées pour ces choses.

Puissent ces mots en inspirer plus d’un. Aucun accomplissement n’est possible sans inspiration. Même pas des lignes de codes produites par un développeur enfermé tout seul chez lui pendant des jours, sans contact physique avec l’extérieur. Je ne parle pas de moi bien sûr 😉

 

18 recommandations à la diaspora qui souhaite entreprendre dans les technologies en Afrique

Si vous êtes africain de la diaspora, et que vous souhaitez entreprendre « au pays », je ne peux que vous encourager. Ayant moi même fais le pas, j’ai pu identifier des éléments qui favorisent le succès, ou du moins ceux qui diminuent les risques d’échec. Les recommandations que j’ai identifiées ci-dessous sont issues de mon expérience personnelle. Bien qu’elles ne soient pas exhaustives et universelles, je pense qu’elles constituent un bon point de départ.

De 2005 à 2008 j’ai travaillé en tant que développeur d’applications puis ingénieur d’études et développement sur les technologies Java/J2E liées au mobile et au Web. Cela m’a permis de connaître les domaines fonctionnels de la banque, de l’énergie et des médias. Par la suite, j’ai décidé de créer ma propre boite. J’ai toujours été entreprenant au collège, au lycée et pendant mes études universitaires. Mais jusque là il s’agissait d’actions associatives sans risque financier. Monter ma boite en France fût assez facile grâce à une formation délivrée par la chambre de commerce de Créteil. Mais lorsqu’il a fallu monter une entreprise en Côte d’Ivoire, j’ai dû surmonter de nombreux obstacles.

J’ai alors eu à passer ce que j’appelle mon « MBA Entrepeneuriat Technologique du Terrain pour l’Afrique« . En effet, je me suis toujours dit qu’il me faudrait au moins 3 ans pour mieux comprendre l’environnement dans lequel je souhaitais m’aventurer. Je suis ainsi parti sur la base selon laquelle aucune formation académique ne pourrait me faire atteindre cet objectif. J’ai donc fait la démarche en allant sur le « terrain ». Et au lieu de rester spectateur, j’ai lancé AllDenY puis l’Ong Akendewa. Je reviendrai sûrement sur ce parcours dans une autre série d’articles.

En Novembre 2007, je suis revenu pour la première fois en Cote d’Ivoire après 7 ans d’absence. J’y ai passé 3 semaines et je me suis dit qu’il y avait quelque chose à faire dans le domaine des technologies. L’année qui a suivi, sans grands moyens, j’ai décidé de créer une start-up en espérant faire des bénéfices assez rapidement. La première activité de cette boite était de mettre en place une équipe de développeurs pour mes clients se trouvant en Europe.

Ci-après une liste (non exhaustive) de points à prendre en compte pour éviter les erreurs que j’ai pu commettre :

Enregistrez-vous en entreprise individuelle

Vous pourriez vous installer en SARL pour avoir la crédibilité auprès des grands comptes locaux. Mais que vaudra cette crédibilité si aucune entrée d’argent ne se fait dans les premiers mois ? Si vous êtes entrepreneur, c’est que vous avez conscience que vous devez prendre des risques calculés. Croyez-moi, vous gagnerez à impliquer le minimum d’argent avant d’avoir une connaissance approfondie de l’environnement des affaires dans le pays que vous aurez choisi. Les taxes et autres impôts sont très élevés dans la plupart des pays (surtout en Afrique Francophone).

Dans le cas de la Côte d’Ivoire, par exemple, vous devriez débourser pas moins de 2.000.000frcfa (environ 3.000€) avant que votre entreprise ne puisse fonctionner dans les normes. Alors qu’avec une entreprise individuelle, vous ne dépenserez pas plus de 100€ (65.000frcfa) au cas où votre entreprise est créée en Côte d’Ivoire. Pour évitez les ennuis avec l’administration fiscale, effectuez les démarches nécessaires pour obtenir tout ce qu’il faut afin de pouvoir émettre des factures traçables. En Côte d’Ivoire, elles sont appelées « factures normalisées ».

Prenez du temps pour étudier votre secteur d’activité 

Vous ne pourrez pas juste exporter un concept occidental en Afrique et espérer qu’il ait du succès. Les habitudes des africains sont très différentes de ceux des occidentaux. Vous ne pourrez, par exemple, pas mettre en place un service payant fonctionnant à partir de la messagerie vocale pour les particuliers. Tout simplement parce qu’en Afrique, l’on n’utilise peu la messagerie vocale. Rare sont les africains qui activent leur messagerie vocale.

Votre solution technologique, aussi sophistiquée et fonctionnelle soit-elle, ne pourra rencontrer le succès si elle n’est pas en phase avec les besoins locaux. Vous avez toujours la possibilité de créer une nouvelle habitude. Mais vous conviendrez avec moi que le risque sera très élevé et il vous faudra dépenser beaucoup d’argent pour éduquer les utilisateurs.

Si votre activité implique des prestations de service pour des entreprises, je vous conseillerai de mettre en place plusieurs formulaires (avec chacun un spécimen rempli) qui aideront vos clients à soumettre clairement leurs attentes. La plupart des PME en Afrique ont un peu de mal à exprimer clairement leurs besoins technologiques. Contrairement à l’Europe ou l’Amérique, les responsables des entreprises n’ont pas forcément le minimum de connaissance des technologies afin de savoir ce qui leur faut.

L’un de nos clients nous a une fois demandé de lui trouver un Serveur dédié pour son seul site web. Après plusieurs échanges, je me suis rendu compte qu’il avait souhaité exécuter des commandes Unix sur le serveur mutualisé sur lequel se trouvait son site. Sauf que les accès qu’il avait ne lui donnaient pas le droit d’exécuter ces commandes. Le problème a été résolu en autorisant juste ces commandes pour ses accès. L’on aurait pu lui faire prendre ce serveur dédié et gagner une grosse commission au passage. Mais, le client en question serait alors face à de nombreux problèmes de sécurité nécessitant une compétence qu’il n’aurait pas pu se payer. Vous imaginez la suite de nos rapports dans ce cas-là ? Que dire de la mauvaise étiquette qui nous aurait été collée ?

En revenant au pays, n’hésitez pas à vous munir de votre matériel d’occasion reconditionné

Cela vous évitera d’être à la recherche de matériel, car sur place les prix sont très élevés et le choix en matière de matériel informatique peu étendu.
Par exemple, si vous avez besoin d’un type particulier d’imprimante, vous n’aurez pas forcément la chance d’en trouver au pays.
C’est aussi une occasion pour vous de faire des économies tout en acquérant du bon matériel. Sur place, ce sera trop tard car vous pouvez tomber sur du matériel comportant des vices cachés.

Il faut également savoir que les taxes sur le matériel informatique sont très élevées dans certains pays. Le Kenya reste une exception compte tenu de sa politique incitative. Par contre les pays comme la Côte d’Ivoire souhaitent faire rentrer de l’argent dans les caisses de l’Etat à travers ces taxes, ce qui a une grande influence sur les prix de plus en plus élevés. Cette situation risque de perdurer car l’État compte énormément sur les taxes douanières pour sa relance.

Sous-louez un bureau dans les locaux d’une entreprise déjà installée ou chez un particulier

Il y a pas mal d’entreprises et de particuliers qui ont de l’espace non exploité. Il faut savoir que si vous décidez de louer directement un bureau (la même chose s’applique pour les logements) vous aurez à payer pas moins de 5 mois de caution. Il n’y a pas de honte à être hébergé. Bien au contraire, cela vous donne le temps de vous organiser et de vous concentrer sur l’essentiel : le service que vous venez proposer.

Contrairement à l’Europe qui n’a pas vu passé son époque des « start-ups sorties du garage, comme les USA, l’Afrique a là son opportunité. En effet, comme au début des années 70 avec l’ordinateur personnel, et au milieu des années 90 pour l’Internet, cette deuxième décennie qui commence va voir naître des géants sortis de très bas. Au Kenya, c’est l’exemple de Ushahidi qui a été mis en place en 48h par David Kobia avant de devenir au fil du temps une grosse mine d’or.

Offrez-vous un traiteur pour vos repas et ceux de vos collaborateurs

Si vous êtes plus de 5 membres de l’entreprise, vous gagnerez à utiliser les services d’une personne, moyennant un petit intéressement, pour “faire le marché” et préparer vos repas. Gardez juste en tête que “faire le marché” implique des “retenus”. Il s’agit de la monnaie qui ne vous reviendra jamais. A vous de connaître le juste prix et d’évaluer les dépenses avec votre prestataire.

Par Wayan Vota

Ces services de traiteurs personnels sont de plus en plus répandus dans les capitales africaines. Je vous conseillerai de prendre le temps d’expliquer à vos collaborateurs leur bien-fondé. Faîtes-les participer au choix des plats à l’avance. Si vous arrivez à rendre le processus amusant, vos collaborateurs seront eux même très engagés. Certains n’hésiteront pas ramener des légumes et des fruits en guise de participation.

Évitez de signer des CDD ou CDI dans la première année

Au commencement, il est plus judicieux de prendre des collaborateurs en contrat freelance. Evitez donc de signer des CDD ou CDI à vos employés.
Attention, il n’est pas question de mettre des personnes dans une situation de précarité! Mais force est d’avouer que la conscience professionnelle n’est pas une chose qui est automatique dans nos pays. Du coup la plupart des gens l’apprennent seulement durant leurs premières années (d’embauche).

Il existe aussi un gros problème quant au respect (je dirai même “la compréhension”) des délais de livraison. Certaines personnes n’arrivent pas à comprendre que vous puissiez perdre un marché (que vous aviez déjà conclu) suite à des retards de livraison.

Mettez en place un budget transport

Vous éviterez ainsi d’entendre “chef je n’ai pas d’argent pour me rendre au travail”. L’idée ici est d’envoyer un signal à vos collaborateurs afin qu’ils comprennent l’importance de l’assiduité. Prenez le temps de « tracer » l’itinéraire de chacun de vos collaborateurs pour définir avec lui le meilleur trajet à utiliser. Pour être plus efficace, vous pouvez leur remettre à l’avance l’équivalent les frais de déplacement comptant pour une semaine.

Il existe aussi des transports en commun pour travailleurs. Renseignez-vous afin de souscrire des abonnements pour vos collaborateurs. Dans la mesure du possible, organiser le covoiturage dans votre entreprise. Encourager ceux qui acceptent de conduire les autres avec des bons pour leur carburant ainsi que divers petits cadeaux. C’est le geste qui compte. Le covoiturage a pour avantage d’améliorer l’esprit d’équipe que vous souhaitez voir régner dans votre entreprise.

Personnellement je n’hésite pas à ramener mes collaborateurs jusqu’à leurs domiciles. C’est l’occasion de discuter de choses de la vie afin de mieux se connaître. Mais attention à ne pas aller trop loin dans les rapports hors cadre du travail. Cela risque de se retourner contre vous. N’utiliser pas vos employés pour faire vos courses personnelles. C’est là qu’il faut ressortir les choses positives que vous avez apprises en occident. Vos employés ne sont pas vos domestiques ou vos assistants personnels à moins que vous n’embauchiez quelqu’un pour ces tâches particulières.

Utilisez des logiciels libres et gratuits

J’ai pu remarqué que même les plus grandes entreprises dans nos pays utilisent des versions piratées de Windows et d’autres logiciels pour lesquels ils ne veulent pas acheter la licence. Il vaut mieux éviter cela car si vos productions s’adressent aux marchés occidentaux, le problème d’acquisition de ces licences se posera. Si vous n’avez pas les moyens, utiliser les logiciels libres et gratuits. Un investissement en temps peut être nécessaire. Mais dans tous les cas vous économiserez. Si vous ne vous y connaissez pas, n’hésitez pas à vous renseigner et surtout à consacrer le premier mois de votre installation à la prise en main de ses outils.

De nombreuses écoles, dans nos pays, forment des techniciens capables de travailler sur les logiciels libres : voilà une opportunité à saisir. Je ne dis pas de mettre de coté les logiciels payants, mais comme l’indique le point qui suit, vous êtes finalement un modèle de leadership à travers votre entreprise. Et si vous n’avez pas les moyens de vous offrir un logiciel payant, il vaudrait mieux vous tourner vers des logiciels libres et gratuits.
Venu de la diaspora, vous ne devriez pas être la personne qui promeut les violations des droits d’auteur et de la propriété intellectuelle.

Gardez en tête que vous représentez un modèle de leadership

En tant qu’entrepreneur africain, vous devez gardez en tête que vous représenter un modèle de leadership.Les africains commencent peu à peu à s’intéresser aux formes de leadership autres que celles de la politique. Vous avez donc la responsabilité de véhiculer des valeurs morales sur lesquelles vos suivants devront s’appuyer.

Personnellement je me suis lancé dans une aventure communautaire en parallèle avec mon activité professionnelle à Abidjan. Avec 10 entrepreneurs locaux, nous avons donc mis en place Akendewa pour « émuler l’industrie de l’Internet et du mobile en Afrique ». Ce qui au départ n’était qu’une simple organisation pour passionnés des technologies, est devenu une véritable plateforme qui permet à ces acteurs d’agir dans tous les domaines de la vie en Afrique. Nous avons ainsi pu sauver des vies grâce au projet #civSocial et n’arrêtons pas d’encourager les initiatives technologiques des entreprises et des individus. Vous avez la possibilité de rejoindre un tel mouvement car il en existe dans chaque pays Africain.

A moins d’avoir beaucoup d’énergie et un plan sur plusieurs années, je ne vous conseillerai pas de créer une association ou un club supplémentaire dans le pays que vous aurez choisi. Vous aurez juste à intégrer un déjà existant et à lancer des initiatives sous son couvert. Si vous n’en trouvez pas qui vous corresponde, alors vous pouvez aisément lancer votre propre association /organisation/club. Mais dès lors que vous êtes lancé, accepter de répondre aux préoccupations de chacune des personnes qui s’intéressent à vos initiatives. C’est parmi ces personnes là que se trouvent celles qui porteront vos projets.

Un matin de septembre 2010, j’ai reçu un message d’un certain Cyriac Gbogou. Il souhaitait m’encourager pour Akendewa et pour Yefite!, le guide Communautaire des bons endroits africains que nous avons ouvert chez AllDenY. La vérité c’est qu’il suivait nos activités en ligne depuis un moment et venait de décider de se joindre à nous. Après plusieurs échanges sur Facebook, il a commencé à travailler pour akendewa sans avoir rencontré un seul de ses membres fondateurs. Quelques mois plus tard, tout ceux qui connaissent Akendewa, savent qui est Cyriac tant il s’est approprié la mission et la vision de l’organisation.

Faites très attention à l’espionnage

Prenez des précautions vis-à-vis de ce que vous réalisez. Une pratique courante est que des personnes se font embaucher juste pour savoir ce que vous faites afin de vous copier : en gros c’est de l’espionnage. Protégez-vous de vos collaborateurs en leur donnant accès, uniquement, aux informations dont ils ont besoin pour travailler.

L’art de savoir déléguer est certes l’une des choses les plus importantes que l’entrepreneur doit cultiver, mais si vous créer des logiciels ou des applications, je vous conseillerai par exemple d’écrire vos premiers programmes vous même puis de mettre en place une API que vos collaborateurs pourront étendre. Et avec le temps, vous pourrez identifier des collaborateurs disposés à aller loin avec vous. À ces derniers, vous pourrez ouvrir peu à peu vos portes secrètes.

Dans tous les cas, il faudra que vous mettiez à disposition tout ce qu’il faut pour que vos collaborateurs puissent avancer dans leur travail. Ce n’est pas le lieu de faire de la rétention d’information. Vous en sortirez perdant.

Ne retournez pas dans votre pays d’origine

J’imagine que vous n’êtes pas tout à fait d’accord avec cette première recommandation. Moi non plus. La vérité c’est que vous avez plus de chance de réussir dans un pays autre que le votre. Cela ne vous empêche pas de choisir votre pays d’origine comme destination pour votre aventure entrepreneuriale.
Lorsque vous retournez dans votre pays d’origine, la famille et les amis sont très contents de vous revoir. Sans le vouloir, ils peuvent constituer une distraction vis-à-vis de vos objectifs. Vous risquez donc de perdre du temps à vouloir les satisfaire en même temps que vous essayerez de faire fonctionner l’entreprise que vous venez de créer.

Et qu’on ne se le cache pas, en Afrique l’on considère souvent que l’entrepreneur est un chef d’entreprise. Implicitement un chef d’entreprise est sensé avoir un certain pouvoir financier. Par conséquent, l’on estimera que vous détenez ce pouvoir. Aussi, vous aurez beaucoup de difficultés à expliquer que vous êtes dans une dynamique de création de valeur et de richesse plus que de dépenses.

Personnellement j’ai eu des soucis avec certains membres de ma famille qui n’acceptaient pas le fait que je ne leur consacre pas une journée de visite alors qu’ils me voyaient « passer à la télé locale pour parler d’informatique ». Dans la mesure du possible, j’essaie de rencontrer le maximum de personnes. Mais si, comme moi, vous avez une très large famille, vous risquez de perdre beaucoup de temps. Le mieux étant de programmer ces visites lorsque vous venez pour des vacances.

Il y a des pays en Afrique, dans lesquels le secteur des technologies de l’information est plus dynamique que dans d’autres. Lorsque j’analyse les évolutions de ce secteur ainsi que les plans des différents Etats vis-à-vis de l’industrie des technologies, il est clair que certains pays ont déjà un cadre propice pour les start-ups. Si vous n’avez pas beaucoup d’argent pour démarrer, je vous recommanderai de vous diriger vers ces pays auxquels je consacrerai prochainement un article de la série « La diaspora face à l’écosystème des Tic en Afrique ».

Ne faites JAMAIS d’accords verbaux

Tant avec vos collaborateurs qu’avec d’éventuels partenaires ou clients locaux. L’amnésie volontaire est pratique courante. Garder une trace des accords que vous passez avec les uns et les autres est important. Cela vous évitera bien des déboires.

Lorsque vous présenterez des accords écrits à vos collaborateurs ou à vos partenaires, ils se rendront compte de l’importance que vous accordez à ces accords. Cette démarche qui témoigne de votre engagement ferme, obligera le collaborateur à remplir sa part du contrat avec sérieux. Au premier abord, si vous laissez une certaine liberté à vos collaborateurs, vous aurez l’impression qu’ils ne sont pas engagés. Mais si vous prenez le temps de « rendre officiel » vos accords par l’écrit, vous serrez vous-même surpris par la montée de leur productivité. Il ne s’agit pas de les exploiter. Par exemple, il règne une telle chaleur dans la plupart des pays d’Afrique, qu’il serait maladroit d’obliger vos collaborateurs à prendre des pauses-déjeuner de moins d’une heure.

N’hésitez pas à vous procurer le code du travail du pays que vous aurez choisi. Contrairement à ce que peuvent croire certains, l’administration juridique dans la plupart des pays africains est très réactive lorsqu’il s’agit de non respect d’engagements contractuels dans le cadre professionnel.
Il vous faudra bénéficier des services d’un conseiller juridique, dans le cadre de vos recours.

Gardez les plans de vos projets secrets

Ne donnez jamais les plans de vos projets à qui que ce soit sous prétexte qu’il va vous trouver des marchés locaux ou des partenaires internationaux.
Gardez secret les détails d’implémentation de vos projets. Pensez à rédiger des présentations et des fiches-projets assez explicites mais qui n’exposent pas ces détails.

Certains n’auront aucun scrupule à utiliser vos documents comme s’ils en étaient les auteurs. Et lorsque le mal sera fait, vous n’aurez pas de réelles possibilités pour en réclamer la propriété.

J’ai encore en souvenir un évènement malheureux rencontré par un entrepreneur Suisse d’origine ivoirienne. Ce monsieur a mis au point un ordinateur et un système d’exploitation basé sous Unix (la même base logiciel que Linux et mac OS ). Je m’étais entretenu avec lui en Août 2009 à Abidjan. Et lors de d’une présentation de son produit à l’hôtel Ivoire d’Abidjan, il s’est fait voler l’un de ces trois prototypes qui étaient pourtant surveiller par les forces de l’ordre.

Séparez-vous des mauvais collaborateurs

Sans hésitation et pour la survie de votre aventure entrepreunariale, séparez-vous des collaborateurs qui ne respectent pas les horaires de travail, les délais, les règles que vous aurez établies. L’indulgence peut vous perdre lorsqu’il s’agit d’incompétence. A moins que vous ayez un budget conséquent pour la formation technique de vos collaborateurs, je vous suggère de ne pas perdre de temps avec les collaborateurs qui ne font pas le poids.

Les technologies représentent un secteur de compétitivité universelle. Même si vous êtes en Afrique, sachez que vos concurrents peuvent être européens, américains ou indiens. Je connais quelques entreprises européennes qui créent des applications pour les africains. Et venant de la diaspora, vous savez aussi bien que moi que les techniciens européens « font attention aux détails ».

Même si vous réaliser des solutions simples, faites en sorte d’éviter de passer du temps pour du support. Pour cela, engagez-vous avec des collaborateurs qui ont compris l’importance du travail bien fait. Ces derniers devront prendre le soin de documenter aussi largement que possible l’ensemble des réalisations qu’ils auront à accomplir.

Ne revenez pas vous installer « au pays »

En tout cas pas dans la première année. Cela peut paraître contraire à l’esprit avec lequel je promeus l’entrepreneuriat en Afrique. Mais, il vaut mieux être franc. L’Afrique est un continent merveilleux. Mais quelqu’un qui l’a quitté depuis plusieurs années, a forcément subit une modification dans sa manière de comprendre les choses du continent. Je ne dis pas qu’il a tout oublié, mais plusieurs années dans un nouvel environnement « change son homme ».

Pour éviter les désillusions, les entrepreneurs de la diaspora doivent prendre le temps de redécouvrir l’Afrique. Personnellement j’ai commencé par des séjours de 3 à 4 semaines par an. 4 ans plus tard, les semaines sont devenues des mois. Vous prendrez ainsi le temps de vous faire de vrais contacts et comprendre ce qui marche. Et le plus important, vous apprendrez aussi « les nouveaux besoins des africains ». Ce sont à ces nouveaux besoins que vous devriez apporter une solution via votre entreprise. Une fois que vous aurez toute cette connaissance, vous pourriez vous même juger de l’intérêt de votre retour définitif au pays.

Restez humble et respectueux mais pas soumis

Vous remarquerez que certaines personnes essayeront de vous cataloguer comme étant leur « petit(e) » et qu’en retour, elles souhaiteront que vous les appeliez « grand Frère » ou « grande soeur ». Ne laissez pas ces choses influer sur votre fermeté face à des décisions.

Tant que possible cherchez à équilibrer les rapports que vous aurez avec les gens. N’hésitez pas à donner en retour lorsque l’on vous rend service. L’on peut bien vous faire croire que l’aide qu’on vous apporte est gratuit. Mais en tant qu’entrepreneur, vous savez très bien que rien n’est gratuit. Aussi, dire « non », ne vous fera jamais perdre des amis ou des personnes qui ont du respect pour vous. Bien au contraire, lorsque quelqu’un s’éloignera de vous parce que vous lui auriez dit « non », vous vous serez séparé d’une personne qui aurait pu ralentir votre progression ou réduire votre professionnalisme.

Tenez un blog

Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, l’Afrique a besoin de vous en tant que producteur de contenu. Les différents segments de l’industrie des technologies en Afrique sont très peu documentés. Difficile de savoir ce qui s’y passe. En tenant un blog, vous fournirez des informations très utiles pour les internautes. Qu’est ce que vous y gagnez ? Et bien tout ! Car vous avez une opportunité de vous positionner en tant qu’expert du segment que vous aurez choisi. Et vous êtes d’accord avec moi qu’un entrepreneur qui connaît les subtilités de son secteur a une avance significative sur ses (futurs) concurrents.

Prenez le temps (25 à 40 minutes par jour) d’écrire sur tout ce qui vous arrive. Au bout de quelques mois, vous verrez que vous aurez constitué une base de connaissance à valeur ajoutée.

Personnellement, il y a 2ans, j’ai réorienté mon site personnel (celui-ci) en blog pour partager mon aventure entrepreneuriale avec les internautes. Cela m’a permis d’avoir des contacts à travers toute l’Afrique. Et quand je dis toute l’Afrique, je parle aussi de la partie anglophone. Même si mon blog est en Français (j’ai pourtant essayé de publier en anglais pendant plusieurs mois) de nombreux observateurs et entrepreneur d’Afrique anglophone lise mes publications en utilisant l’outil de traduction de Google. Certains m’ont même fait savoir qu’il leur est arrivé de traduire certains de mes tweets. Il s’agit bien entendu de mes publications concernant les technologies en Afrique et de mes initiatives. La résultante de cet intérêt, est que je suis désormais l’un des intervenants de la série de conférence Mobile Web Africa qui reste l’évènement mobile le plus important sur le continent. C’est pour moi une occasion de faire connaître ce que nous faisons.

Entreprenez dans les technologies mobiles

Je vous donne RDV dans le prochain article de la série « La diaspora face à l’écosystème des Tic en Afrique », dans lequel je parlerai des opportunités offertes par l’environnement technologique du mobile en Afrique. J’en profiterai pour faire un tour d’horizon sur les spécificités de ce qui est la plus grande industrie technologique d’Afrique. Ce sera aussi l’occasion de vous parler des choses qui se font au Kenya, au Nigeria, en Afrique du Sud et dans certains pays d’Afrique francophone.

 

Pour conclure

L’Afrique est un terrain qui peut paraître difficile pour les entrepreneurs. Mais, c’est pourtant un endroit où le ROI (Return On Investment = « Retour Sur Investissement ») est largement reste très élevé comparé à la plupart des autres régions du monde. Tout est dans la manière dont vous allez acquerir la confiance des opérateurs et aussi votre capacité d’adaptation aux habitudes des personnes.

Comme je le disais au début de ce post, il existe sûrement de nombreuses recommandations que l’on pourrait faire. Je serai ravi de lire les vôtres. N’hésitez donc pas à commenter ce post avec vos recommandations ou suggestions aux personnes de la diaspora qui souhaitent revenir au pays pour entreprendre.

Merci à Melissa Jhonson qui a pris le temps de relire et corriger cet article. Vous pouvez suivre son « regard sur le monde, l’Afrique et … » sur son blog http://famchocolat.wordpress.com/

KONZA la silicon valley africaine venu du Kenya


Grande fut ma joie lorsque j’ai découvert ce projet kenyan. Avec KONZA Technology City, le gouvernement du Kenya décide de mettre en place une ville de toute pièce dont l’objectif est d’offrir tout le nécessaire pour les entreprises et les entrepreneurs de l’industrie des technologies.

Imaginez une ville dans laquelle vous avez une forte concentration d’ingénieurs, de personnes ingénieuses, de porteurs de projets, d’investisseurs locaux et internationaux, de salles collaboratives avec des accès internet au plus haut débit. Imaginez qu’il suffit que vous ayez une idée géniale pour que des experts de différents domaines vous accompagnent afin que vous la mettez en œuvre. Imaginez que vous puissiez travailler sur votre projet sans vous soucier des finances.

Imaginez que vous êtes à KONZA Technology City en 2018 ! à 60 km de Nairobi.

KONZA veut devenir le meilleur endroit pour faire des affaires en Afrique avec la meilleure infrastructure au niveau des Technologies de l’Information et de la Communication dans un environnement bien pensé. Tout ceci va coûter plusieurs millions de milliards de Shilings. Les financements viennent essentiellement de la International Finance Corporation qui fait partie de la Banque Mondiale. Découvrez KONZA Technology City

Je garde toujours espoir que la Silicon Valley d’Afrique sera un ensemble de technolopôles (donc de villes technologiques) à différents endroits du continent. Je pense au Nigeria, au Ghana, à l’Afrique du Sud, à la Tunisie et pourquoi pas le Sénégal et la Côte d’Ivoire. Ces deux pays d’Afrique francophones subsaharienne ont entamé des travaux dans ce sens. En espérant de bon résultats dans 3 ans.