Quel statut juridique choisir lorsqu’on souhaite entreprendre dans les technologies en Afrique

Partout dans le monde, lorsque vous souhaitez créer une entreprise, vous avez le choix entre plusieurs formes juridiques. Dans les pays d’Afrique, c’est aussi le cas.

Avec son profil de nouvel eldorado des technologies, l’Afrique verra un grand nombre de création d’entreprises technologiques dans les 5 années à venir.

Nous savons tous que les statuts juridiques sont très importants pour la stratégie des entreprises technologiques. Il est donc nécessaire de prendre un soin particulier pour choisir celui qui convient le mieux à la vision que l’on a.

Comment les autres vous voit
Disons que vous venez apporter des solutions aux problèmes des particuliers par le biais de services mobile B2C à valeur ajoutée. La première question que vous devez vous poser, doit concerner les rapports que les utilisateurs locaux ont avec les prestataires déjà sur le marché.

Par exemple il n’est pas rare qu’en Afrique, les utilisateurs jugent les fournisseurs de services technologiques par leur capacité à distribuer des T-shirt ou autres gadgets. Et ce pendant la période précédent la mise à disponibilité du service. Ainsi, plus de petits cadeaux vous offrirez, plus de clients vous aurez pour déramer votre service. Et croyez-moi, en Afrique ça marche bien mieux qu’ailleurs car les telco comme Orange et MTN ont habitué les populations à ces pratiques. Dans ce cas vous êtes dans l’obligation de commencer avec un capital conséquent. ce qui implique une forme juridique de type SARL ou au dessus.

Aussi certaines entreprises d’Etats ou autres « grandes boites » exigent de travailler avec des entreprises de type SARL ou de statuts juridique au dessus.

Mais si vous n’avez pas tous ces moyens
Vous avez d’autres atouts et des possibilités liées à l’environnement africain. C’est l’exemple de la proximité et de la confiance basée sur le fait que l’on vous connaisse. Vous devez donc comprendre que vous pouvez offrir unquel statut juridique pour mon entreprise technologique en Afrique premier service qui nécessite le contact directe avec chacun des utilisateurs. Cela vous prendra du temps certes, mais ces personnes resteront pendant longtemps vos amis et ambassadeurs. De par nos cultures africaines, le bouche-à-oreille demeure le meilleur outil pour la publicité ou la promotion d’un produit.

Si vous accepter ce parcours du combattant, je vous conseillerai de commencer par une entreprise individuelle. Cette dernière nécessite très peu de temps pour sa gestion et surtout un minimum d’engagement financier auquel vous aurez préféré l’engagement par votre temps.

Combien tout cela coûte ?
En Côte d’Ivoire par exemple, la création d’une SARL vous demandera pas moins de 1 500 000 (plus de 2300€) tandis que pour une entreprise individuelle, vous dépenserez 10 fois (si l’on veut être large) moins dans le cas d’une entreprise individuelle.

Mon conseil
A moins d’avoir déjà des clients et l’assurance d’être rentable assez tôt (dès les premiers jours), je conseillerai toujours à un nouvel entrepreneur dans les technologies de commencer son business en Afrique avec une société individuelle. Ce conseil vient de mon expérience personnelle et de l’oeil d’observateur que j’ai pu avoir durant ces 4 dernières années en Afrique. Il n’est peut être pas valable partout en Afrique.

Si vous avez les moyens financiers, vous pouvez décider de les utiliser, mais l’expérience montre que pour l’instant les parcours de réussite dans l’écosystème des technologies ne sont pas encore bien établis A quoi bon prendre donc un si grand risque ?

Une fois que vous avez choisi votre statut juridique et que vous avez pu avoir l’autorisation d’exercer, sachez qu’a partir de cet instant vous devrez faire face à de nombreuses difficultés typiques à l’Afrique. C’est le cas des moments d’indisponibilité du réseau internet, des chances presque inexistantes de remporter une appel d’offre. Mais lorsque vous abordez ces difficultés avec philosophie, vous pouvez facilement réussir car en Afrique quoi qu’on dise, certaines choses vont très vite. Et beaucoup plus vite que partout ailleurs.

Du manque d’applications web et mobiles afro-africains vers une africa web/apps store

« En informatique, une application Web (aussi appelée site  WebApp) est un logiciel applicatif manipulable à partir d’un navigateur Web. De la même manière que les sites Web, une application Web est généralement placée sur un serveur et se manipule  l’aide d’un navigateur Web, via un réseau informatique (Internet, intranet, réseau local, etc.). » – Wikipedia.

Il y a quelques semaines je me demandais pourquoi nous avions si peu d’applications Web/mobile produites par des africains d’une part et des applications résolvant des problèmes spécifiques au contexte africain d’autre part. En plus de mon expérience personnel, j’ai effectué des appels à témoin dans la semaine qui vient de s’écouler via Twitter et facebook. Voici un résumé de ce qu’il en ressort :

Des pays sur liste noire

Les réseaux mobiles de certains pays d’Afrique tels que la Côte d’Ivoire n’ont toujours pas accès aux Apple App Store et autres appShop. Vous pouvez donc posséder un Iphone dans ces pays sans pouvoir profiter des quelques 350 000 applications de l’App Store. Il en est de même pour l’android market. Avec cette situation, les développeurs locaux ne risquent pas de se lancer dans la production d’applications pour ces plateformes.

Du coté des Opérateurs (les Telcos)

Les opérateurs mobiles sont désormais au coeur de l’activité économique dans les pays africains. Vous trouverez très peu d’événements dans lesquels ils ne sont pas sponsors ou partenaires. Ils ont donc le « pouvoir » de toucher une grande partie de la population en très peu de temps. Malheureusement il existe très peu d’actions qui visent à encourager le développement d’applications spécifiques à l’Afrique. La plupart des opérateurs ne possède à ce jour pas de politique/projet qui vise à mettre à disposition des utilisateurs, des applications développées par des développeurs locaux. Un projet comme Orange Tunisie AppShop gagnerait à être répliqué. Tout le monde en sortirait gagnant. Pour les opérateurs c’est une opportunité d’avoir une source de revenu supplémentaire sans réellement produire. Pour les développeurs c’est une occasion de vivre de leur art. Pour les utilisateurs, un choix de plus en plus large et enfin pour l’industrie dans sont ensemble cela ne peut être que bénéfique. Pour l’instant, la majorité des opérateurs mobiles préfère produire eux même leurs propres applications.

Les développeurs

Bon nombre de développeurs africains n’ont pas encore la mesure du changement qu’ils peuvent apporter à leur environnement en produisant des applications simples mais utiles pour résoudre les problèmes de la vie quotidienne en Afrique. L’Afrique du Sud, le Nigeria, et maintenant le Kenya et le Ghana font partie des quelques pays ayant entrepris la « révolution des développeurs africains« . Pour la campagne électorale de l’élection présidentielle au Nigeria par exemple, le Candidat (et désormais Président) Goodluck a utilisé une application mobile qui fonctionne sur la plupart des smartphones. L’Ong Ushahidi possède une application mobile et un SMSSync.

Initiatives à promouvoir et à répliquer

  • Apps World Africa : Vise à explorer le capacité des applications à soutenir le développement dans les pays du tiers-monde.
  • PivotEast : un concours pour les développeurs d’application de l’Afrique de l’Est
  • Apps<4>africa : est un concours qui vise à mettre en lumière le talent des développeurs locaux du Kenya, de l’Uganda, du Rwanda et de la Tanzania et à exposer leurs capacité à utiliser les technologies pour un meilleur monde.
  • Android Developer Challenge – Afrique Subsaharienne : Afin d’accompagner les programmes de développement des développeurs africains, Google lance le concours Android Developer Challenge pour l’Afrique subsaharienne avec, à la clé, des récompenses pour les meilleures applications pour mobile. les gagnants des différentes catégories et chacun recevra 25 000 dollars américains
  • MobileHackAf : marathon de développement d’applications mobiles pour les pays d’afrique francophone.
  • ….

Des pistes

  • Certaines start-up et entreprises technologiques africaines sont déjà à mesure de produire des applications à fort impact. Il serait assez intéressant que les opérateurs mettent en place une procédure qui vise à valider et à intégrer les applications développées par des tiers.
  • Les Ong, associations et autre groupements actifs des technologies devraient aussi se rapprocher des opérateurs pour leur soumettre des campagnes de sensibilisation et de formation pour les développeurs locaux.
  • Les ingénieurs et développeurs expérimenté de la diaspora devraient partager leurs expériences.
  • Pour ma part je m’engage à organiser des sessions de formation dans la ville d’Abidjan (et éventuellement dans d’autres villes, si le temps et les moyens le permettent.) pour emmener les développeurs locaux à produire leurs propres applications en se basant sur les spécifications des différentes plateformes (Android, app store, …). Un challenge à la clé ne ferait pas de mal. Pour un tel projet une collaboration avec l’un des opérateurs mobile est nécessaire.

Finalement, J’ai décidé de lancer AFRICAPPSTORE, un portail pour présenter les applications web et mobiles développées pour l’Afrique. Pour l’instant il n’y a que la version en anglais qui est disponible.

Les Parts de marché de souscripteurs au mobile pour MTN, orange, Moov, Comium et Green en Côte d’Ivoire

Le monde de la téléphonie mobile en Côte d’Ivoire à connu un nouvel entrant ces dernières semaines. Il s’agit de AirCom qui se positionne avec son produit « Café Mobile« . En attendant de voir comment il compte séduire les mobilenautes ivoiriens, jettons un regard sur ceux qui se partage déjà le marché. Ci-dessous une représentation de graphique du partage du marché par MTN, Orange Côte d’Ivoire, Moov, Comium et Green au 4eme trimestre 2010.

Visiblement, MTN mène la barque avec 37% de part de marché pour un total de 5 381 000 d’utilisateur suivi de Orange qui enregistre 4 589 000 d’utilisateurs.Comium et Green ferment la marche avec respectivement 1 057 509 et 684 424 d’utilisateurs [ Source : c. Blycroft 2010 ]

 

[easychart type= »pie » title= » Part de marché des opérateurs (nombre de souscripteurs) de téléphonie de Côte d’Ivoire au 4ème Trimestre 2010  » groupnames= »MTN,Orange,Moov,Comium,Green » group1values= »37.00″ group2values= »32.00″ group3values= »19.00″ group4values= »7.00″ group5values= »5.00″ chartfadecolor= »FFFFFF »]

En terme de croissance, par rapport à l’année 2009, 26,6% de souscripteurs ont été enregistré pour l’ensemble du marché. Orange remporte le gros lot avec de 44,9% contre 21,6% pour MTN. La plus faible croissance étant enregistrée par Green (13,1%), précédé de Comium (17,6%). Ci-dessous un graphique représentant ces croissances.

[easychart type= »vertbar » height= »300″ title= »Croissance du nombre de souscripteurs au 4ème Trimestre 2010″ groupnames= »Comium, Green, Moov, MTN, Orange »  valuenames= »Année 2010 en pourcentage par rapport à 2009″ group1values= »19% » group2values= »13.1% » group3values= »17.6% » group4values= »21.6% » group5values= »44.9% »]

 

Par rapport au reste de l’Afrique, La Côte d’Ivoire représente environ 3% du marché avec 14,57 millions de souscripteurs. Le este de l’Afrique de l’ouest représentant 27% du marché africain avec 150,3 millions de souscription, contre 70% pour le reste de l’Afrique (387,76%).

Le E-commerce en Cote d’ivoire (acte 1) : Ce qu’il faut savoir

Malgré son presque million d’utilisateurs de l’internet, la Cote d’Ivoire est l’un des grands absents du commerce en ligne de l’Afrique. Après 3 ans d’échanges et d’interactions avec des internautes, des entrepreneurs, des étudiants et des compagnies disant fournir des moyens de paiements, j’ai décidé de partager quelques informations que j’ai pu recueillir ici et là.

Loin du reste du monde

C’est la situation dans laquelle la Cote d’Ivoire se trouve lorsque l’on considère le commerce « internationale » en ligne. Un habitant de la Cote d’Ivoire n’a accès à presqu’aucun moyen de paiement en ligne populaire. Il est ainsi impossible pour un résident de la Cote d’Ivoire de créer un compte Paypal même dans le cadre d’une activité légale. C’est une restriction volontaire de Paypal pour se « prémunir des risques de fraudes » qui sont très élevés en Cote d’Ivoire.

Et lorsque vous n’avez pas accès à Paypal, vous n’avez pas accès à Ebay, Amazon, …. Et si vous n’avez pas accès à ces services, vous n’avez donc pas accès à ce qu’il y a de mieux dans le commerce en ligne.

Si vous ne souhaitez pas utiliser ces grosses plateformes, mais que vous préférez créer la votre, le problème reste inchangé car vous n’aurez pas la possibilité d’avoir un compte marchand chez paypal. La question qui vous vient surement à l’esprit est : « comment puis-je alors vendre en ligne si je n’ai pas la possibilité d’utiliser paypal ? ». Nous aborderons cette question plus bas. Mais avant, place à un non-problème qui pour certains représente un frein.

La logistique et le système d’adressage

C’est bien connu que pour le e-commerce, il faut une adresse de facturation et surtout une autre pour la livraison. Cette dernière est la plus importante lorsqu’il s’agit de produits matériels. Si vous achetez de l’audio (une chanson du groupe Magic Système par exemple) vous n’avez pas besoin que l’on vous le livre à domicile. un simple clique pour le téléchargement vous suffirait. Par contre si vous tombez sur une belle occasion d’appareil électroménager, vous apprécierez qu’il vous soit livré chez vous à la maison. Pour cela il faut que le livreur ait un moyen aisé de trouver votre domicile.

Dans les pays industrialisés, cela ne constitue pas un problème. Mais dans plusieurs pays sous-développés tel que la Cote d’Ivoire, cette situation devient rapidement un problème. Pourquoi ? Parce qu’il n’existe tout simplement pas de système d’adressage efficace. Les rues ne possèdent ni noms, ni numéros. Dans les premières communes d’Abidjan, certaines rues ont eu la chance d’avoir un nom, mais cela reste marginal.

J’ai donc commencé par traiter cette situation de non-problème car force est de constater que d’énormes progrès on été fait. Vous pouvez vérifier de vous meme la cartographie de la Cote d’Ivoire sur le google Map. Des numéros ont été alloués aux rues. Je ne pourrai vous dire si ces derniers sont du fait des autorités ou de l’initiative entrepreneuriale de Google. Parallèlement, des personnes ont déjà prouvé que le système de points relais est efficace et adapté. Il s’agit, par exemple, de livrer les colis concernant une zone ou un quartier à un point très connu de ce quartier. On pense souvent à un super-marché ou à une pharmacie. C’est donc une opportunité pour des entrepreneurs. Il suffit de développer cette idée (qui fonctionne) et d’y rajouter de la valeur pour avoir une solution à ce problème d’adressage qui soit utile et fonctionnelle.

Que peut-on vendre en ligne aux ivoiriens ?

A la question de savoir s’il y a matière à vendre en ligne, je vous réponds en vous indiquant deux groupes facebook qui rien qu’à leur nombre de membres et les interactions de ces derniers, nous donner une réponse affirmative.

Ces groupes facebook sont de véritables Craig-list locaux. Vous y trouverez de tout. Du peigne à cheveux à la dernière Audi. Si vous y faites un tour, il y a de forte chance que vous y passiez du temps, rien qu’en lisant les conversations (sous forme de commentaires) des membres lorsqu’ils font des négociations. Il y règne même un langage bien originale. Vous diriez par exemple « ordinateur portable nouveau dans carton » pour dire « ordinateur portable neuf dans son emballage ». Vous avez  une variante commerciale du Nouchi (l’argot ivoirien) qui est utilisée par les habitués. Mais attention là aussi, vous trouverez des spéculateurs.

Grace à ces deux groupes facebook susmentionnés, il est évident qu’il y a matière à vendre. Mieux, suite à une conversation que j’ai eu l’an dernier avec des contacts sur facebook, nous avons pu établir que l’on peut tout vendre mais à condition que les tarifs en ligne soient beaucoup plus bas que ceux que l’on trouve en boutique. Car ce qu’il faut savoir c’est que, aller jusqu’à la boutique est un plaisir pour l’ivoirien moyen. Surtout s’il s’agit d’une grande surface, c’est pour lui l’occasion de se faire « voir/remarquer ».

L’on peut aussi vendre de l’immatériel aux ivoiriens. imaginez que vous fournissez du contenu à forte valeur ajoutée. Vous pourriez éventuellement trouver un modèle assez simple pour monétiser ce contenu. De la même manière , certaines expertises pourraient être vendu aux internautes ivoiriens.

Certaines choses restent tout de même difficile à vendre en ligne en Côte D’Ivoire. Il s’agit par exemple des voitures ; à l’opposé des pays occidentaux qui possèdent quelques règles sur les ventes de véhicules. Ici, lorsque vous acheter une voiture chez un particulier, c’est un peu à vos risques et périls. Il devient donc assez risqué pour l’internaute ivoirien de se lancer à la recherche d’une voiture via le web.

Quels sites/plateformes utiliser ?

Dès lors que l’on sait que l’on peut vendre un peut de tout, il devient trivial d’avoir un site, ou une plateforme pour exposer ses produits. Les deux exemples précédents montre que facebook représente une belle opportunité pour ceux qui souhaitent vendre en ligne.

Je ne pourrai en dire autant pour twitter et les autres réseaux sociaux car les ivoiriens ne les utilisent pas encore pour la promotion de leurs activités, encore moins pour vendre. Pourtant, twitter a fait ses preuves en terme de vente et de promotion hyper-localisées. Il faudra surement encore patienter le temps que les utilisateurs prennent  la pleine mesure de cet outil.

Qu’en est-il des sites e-commerce eux même ? il y a ici et là quelques initiatives. c’est le cas du site Shopping du portail abidjan.net (http://shopping.abidjan.net/). Pour ce dernier, lorsque vous regardez de près, vous vous apercevez qu’il est nécessaire d’être en possession d’une certaine unité (monnaie interne) pour y faire vos achats. Ces unités sont à acheter au préalable. On voit donc déjà que cela peut créer un blocage au niveau de l’utilisateur. Si Paypal était, par exemple, disponible dans ce pays, ce système d’unité n’aurait pas sa raison d’être. Mais à défaut, c’est un moyen ingénieux qui a été trouvé pour que les choses se fassent.

Nous avons donc, en fasse de nous un problème très important pour lequel la solution actuelle reste presque inadaptée , si l’on pense à l’implémenter à grande échelle. Le problème du moyen de paiement est finalement le dernier obstacle au commerce en ligne en Cote d’Ivoire, du moins de mon point de vue. Nous avons montrez plus haut que la livraison ne posait plus de problème. Aussi, avons-nous illustré le fait qu’il y a de la matière. Les sites/plateformes sont finalement des choses à la portée de certains développeurs locaux. A défaut, il y a toujours la possibilité d’utiliser des sms dédiés au commerce en ligne. Mais une fois que tout ceci est réuni, comment l’utilisateur pourrait payer et comment le marchand pourrait encaisser ?

Paypal est-il le seul moyen de paiement ?

La réponse est « non » ! Paypal n’est pas le seul moyen de paiement, mais c’est le moyen le plus abouti. Et c’est celui qui s’interface avec le plus de cartes bancaires. C’est aussi celui qui est le plus sécurisé. Depuis quelques années, de nombreuses alternatives à Paypal ont émergées. Ainsi, dans certains pays du tiers-mondes, ces solutions ont été adoptées et fonctionnent très bien. Pourquoi pas en Cote d’Ivoire ?

Bien souvent une volonté politique a favorisée l’adoption de ces moyens. Mais nous devons tout de même, reconnaitre que ces moyens sont aboutis. C’est le cas de M-Pesa au Kenya.

Un moyen de paiement électronique abouti dans le cadre du commerce en ligne, implique que son intégration sur les différentes plateforme soit aisée. Cette facilité d’intégration sur les plateformes est garantie par ce que l’on appelle une API.

Qu’est ce qu’une API et pourquoi en avons nous besoin ?

Une API par définition est une Interface fournie par un programme informatique. C’est donc quelque chose qui permet d’interagir avec un programme/système informatique. Elle donne la possibilité à celui qui veut l’utiliser d’écrire des programmes (éventuellement) selon une structure prédéfinie afin que ces derniers puisse échanger/consulter les informations du système qui l’expose. Ainsi donc, c’est parce que Paypal expose une API qu’il est très aisé de l’intégré sur les sites web ou sur d’autres systèmes informatiques. Il faut savoir aussi que le principe d’API implique une prise en charge de la sécurité (éviter les accès avec de mauvaises intentions). En général vous ne pourrez accéder qu’à un certain type d’informations bien identifiées.

Vous comprenez donc, que pour tout concurrent ou alternative à paypal, il est primordial de posséder une API pour facilité sa vulgarisation au sein de la communauté des webmasters. De plus, le webmaster n’est pas sensé s’y connaitre en technique. C’est pour cela qu’il doit exister un système de code à placer dans un formulaire prédéfini de sorte que le site utilise l’API en toute transparence pour le webmaster. Dès lors, le webmaster n’aura que 5 minutes de travail à faire pour utiliser une plateforme de paiement. Juste le temps de rajouter les codes qui l’identifient dans tous les systèmes de paiement. Il pourra alors rajouter autant de systèmes de paiement possibles, pour couvrir le maximum d’utilisateurs. Et tout ceci sans avoir à connaitre le moindre programme informatique.

Quels moyens de paiement électronique pour le webmaster ivoirien ?

S’il existe des alternatives à Paypal, sont-elles à la portée du webmaster ivoirien ? non. Laissez-moi vous présenter ce que nous avons et je pense que vous conviendrez avec moi que ces moyens ne sont pas à la portée des webmasters ivoiriens.

  • MTN Mobile Money : Lorsque vous vous rendez sur le site de l’opérateur mobile jaune, vous pouvez lire « Mobile Money est le nouveau service de MTN qui vous permet de recevoir et d’envoyer de l’argent à moindre coût partout en Cote d’Ivoire … ». Si ce service s’appelait « MTN Money Transfert », je pense qu’il ne porterait pas à confusion. Nous sommes donc plus en face d’un moyen de transfert d’argent que d’un moyen de paiement électronique, qui pourrait servir au commerce en ligne. Mais attention, ce service qui n’est pas venu avec la prétention d’être « un moyen de paiement électronique », permet tout de même d’effectuer des achats chez des marchands (physique). Tout se passe donc comme, si l’acheteur effectuait un transfert d’argent de l’acheteur vers le marchand. Les transactions étant plafonnées à 300 000 Fcfa pour des frais maximum de 4000 Fcfa. Et ça marche dans le monde physique ! Qu’en est-il de la vie en ligne ? Et bien, les choses ne fonctionnent pas « comme elle devraient ». L’on ne peut intégrer ce fonctionnement à un site web. Le principe du transfert d’argent de l’acheteur vers le marchand ne peut donc être utilisé « aisément » par le webmaster lambda. Si vous avez bien suivi le chapitre sur les API, on est en face de quelque chose qui ne possède finalement pas d’API. J’ai eu a échanger avec des responsables de MTN Money, qui ont essayé de me faire croire qu’une API existait, qu’il traitaient les sites marchands au cas par cas. Je vous laisse faire votre propre jugement, lorsque vous savez que le principe même de API implique que l’on ne se souci pas de l’entité qui l’utilisera. Normal, vu que tout est balisé et la sécurité est prise en charge au moment de la mise à disposition de l’API.
  • Inconvénients pour le e-commerce : restreint aux utilisateurs de mtn, indisponibilité d’une API
  • Orange Money : nous sommes dans le même schéma que le celui de MTN. Ces deux solutions s’appuient sur des banques identifiées à cet effet par la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest( BCEAO).
  • Inconvénients pour le e-commerce : restreint aux utilisateurs de orange, indisponibilité d’une API
  • Celpaid : Lorsque j’ai découvert Celpaid pour la première fois, je me suis dis : « ça y est, nous avons notre moyen de paiement ». Mais en poussant un peu mes investigations, je me suis rendu compte que j’étais en face de quelque chose qui à mon avis aura du mal à séduire les webmasters. Je comprendrai donc que cette solution ne vise pas ces webmasters. Qu’est ce que c’est que Celpaid ? c’est un moyen de paiement électronique, un vrai, qui utilise une technologie mobile basée sur le son. ça se complique ! En effet, lorsque l’acheteur désire payer, il sort son téléphone mobile, que lque soit son réseau téléphonique, rentre son code, puis envoie une requête de paiement. Il doit alors attendre de recevoir un appel automatique. C’est à ce moment-là qu’il doit rapprocher son mobile du terminal de paiement du marchand. Une communication s’établie entre le terminal de paiement et le mobile. Et la transaction est par la suite validée ou annulée. Et c’est la même chose avec l’ordinateur. Il faut que l’acheteur rapproche son téléphone des enceintes de l’ordinateur. Imaginez que votre ordinateur ne possède pas d’enceinte ni de casque ou même de carte son, vous ne pourrez pas utiliser Celpaid.
  • Inconvénients pour le e-commerce : usage du son – process trop compliqué.
  • E-Tranzact : reste la solution qui aurait pu challenger efficacement Paypal. Il s’agit d’une solution technologique (dans le style de visa et mastercard) qui s’appuie sur des banques pour leur fournir des cartes bancaires prépayées. Lorsqu’un webmaster souhaite l’intégrer, il est dans l’obligation de contacter l’équipe technique de e-tranzact qui doit lui fournir des fichiers à installer sur le serveur du site. En gros un travail énorme pour un webmaster censé ne pas s’y connaitre en technique. Aussi , pour que l’utilisateur puisse payer sur le site du webmaster, il doit être en possession d’une carte bancaire e-tranzact. Une solution mobile avait été envisagée avec l’un des opérateurs de téléphonie de la place (ce n’est ni Orange, ni MTN) afin que les utilisateurs puissent effectuer des opérations avec leurs mobiles.
  • Inconvénients pour le e-commerce : intégration lourde pour le webmaster – nécessitée de posséder une carte e-tranzact pour l’acheteur.
  • Les cartes prépayées de Visa : Même si vous avez une carte visa, vous êtes dans l’impossibilité d’utiliser Paypal.

 

Pour finir

A travers ces lignes, j’ai souhaité attirer votre attention sur le fait que nous avons un dernier réel problème qui empêche la vulgarisation du commerce électronique en Cote d’Ivoire : les moyens de paiements. Tant que nous n’en aurons pas un digne de ce nom, le e-commerce aura du mal à décoller. En attendant, si chacun des acteurs cités ici prenait la peine de fournir une API correcte pour facilité l’intégration, ce serait déjà un premier pas.

Une autre solution serait que tous ce mettent d’accord pour utiliser une solution telle que E-tranzact. Les banques devraient ainsi accepter de distribuer des cartes à leurs clients. On se retrouverait ainsi a avoir un commerce électronique interne dynamique qui obligeraient les partenaires externes à s’aligner. La encore il faudrait que la société e-tranzact fournisse une API solide pour permettre aux développeurs de créer des solutions mobiles. Car je ne crois pas en la carte bancaire pour l’africain. Du moins pas avant de très longues années. Mais, qui dit solution mobile dit Compagnies de téléphonies mobiles. A l’analyse de tout ce qui se passe, elles n’ont visiblement aucune intention d’autoriser des développeurs à produire des applications ou solutions innovantes capables de fonctionner dans leurs réseaux. Voyez-vous même à quoi sommes-nous  réduits ?

La solution ultime serait que l’autorité oblige les opérateurs de téléphonie a permettre aux applications des développeurs tiers de fonctionner dans leurs réseaux. Ce qui impliquerait une mise à disposition d’une API (y compris celle pour les paiements mobiles) solide. La vie serait alors plus facile. Mais il faut être en Afrique pour réaliser que les choses les plus simples sont souvent complexifiées par un groupe de personnes. On peut même se demander les objectifs de ces personnes.

En attendant, la Cote d’Ivoire passe à coté d’une opportunité jamais égalée. C’est une opportunité du fait que le commerce en ligne pourrait générer de nouveaux entrepreneurs donc de nouveaux emplois. Un autre avantage du e-commerce est la réduction du nombre de déplacements des potentiels clients.

Orange Tunisie lance le Premier Apps Store africain, Orange appshopOrange Tunisie lance le Premier Apps Store africain, Orange appshop

Premier AppShop en Afrique par Orange Tunisie
Premier AppShop en Afrique par Orange Tunisie

Ce 31 Mai Orange Tunisie procédera au lancement du premier AppShop Africain. En effet avec la collaboration de la société Youvas dont le site sera lancé dans quelques jours, ce premier applications store africain permettra au client orange d’accéder à une multitude d’applications développées par des développeurs Tunisiens. Suite à un échange que j’ai eu avec Nader Bhouri de Youvas, j’ai pu me rendre compte du travail colossal accompli par Nader et ses collaborateurs à travers un programme sur 14 mois qui vise à « lancer des startup et des auto-entrepreneur ». Youvas dont Orange Tunisie est le principal client, produit des applications en marque blanche parmi lesquels il faut compter la plateforme qui va servir pour le AppShop.

Les clients orange auront ainsi le choix entre des applications payantes et gratuites qu’ils pourront trouver sur le portail mobile (m.orange.tn) dans un premier temps. Après une première phase, Orange envisage étendre l’accès à tous les terminaux de son réseau mondial.

Pour les développeurs tunisiens c’est une grosse opportunité qui s’offre à eux car ils pourront ainsi soumettre leurs applications au catalogue sur le site http://devleoppeur.orange.tn. Puis après validation, il percevront 70% des revenus générés par leurs applications.

Tout ceci a commencé par un programme de formation et de sensibilisation intense que Orange Tunisie à mener l’an dernier auprès des développeurs locaux et des étudiants ingénieurs. Avec 8 workshops à travers les principales villes du pays, ce programme avait réuni pas moins de 600 participants. Il eut aussi des formations dans les université et les écoles d’ingénieurs notamment à l’École Nationale d’Ingénieurs de Tunisie en Novembre 2010.

Orange Tunisie a lancé ses services 2G et 3G en Février 2010 et à ce jour il en sont à 71% de couverture pour la 3G. Et selon Nadia Mkhinini, responsable des Produits et Services, 42% des terminaux du réseau Orange Tunisie sont capables de supporter des applications et 15% d’entre eux supporte la 3G. Mais il faut noter que pour l’instant le nombre de smartphone reste encore faible (5%). Pour Nader Bhouri, ce faible pourcentage représente un paris certain sur l’avenir. Nadia M. mentionne aussi que pour le lancement, 50 applications locales seront disponibles. Orange Tunisie pense que d’ici la fin de l’année, il y aura 20 000 utilisateurs avec pour chacun en moyenne un à deux téléchargement d’application par mois.

La balle est donc dans le camp des développeurs Tunisiens ainsi que les entreprises technologiques locales qui ont ici une opportunité de montrer leurs compétences techniques au reste du monde.

Orange et sa stratégie de développement en Afrique : acte 1 ou « back-bone panafricain »

En trois articles, je vais essayer de résumer la stratégie de développement de la société Orange en Afrique.

Dans ce premier article il s’agit de vous présenter une cartographie de la contribution de Orange pour la mise en place de back-bone panafricain. Un back-bone étant un réseau informatique longue distance et des plus hauts débits d’Internet. Sur la carte ci-dessous, les noms des différents back-bone sont à gauche de la carte d’Afrique et avec une couleur correspondant à leur présence sur la même carte d’Afrique. Ainsi :

  • LION 2 ne sera disponible qu’en 2011
  • EASSy ne sera disponible qu’à la mi 2011
  • ACE a été signé en Juin 2010 et ouvrira en 2012

Un dessin vaut mieux que des mots.