En Afrique, l’opportunité est souvent trop belle pour l’entrepreneur

L’Afrique est le continent de tous les espoirs pour de nombreux entrepreneurs, porteurs de projets et hommes/femmes d’affaires. La jeunesse de la population, l’abondance des ressources et le nombre encore très faible des solutions aux problèmes des africains concourent à offrir de très belles opportunités aux  entrepreneurs.

Disons que depuis quelques mois (ou années) vous avez travaillé jour et nuit dans le sens de la réalisation de votre plus gros projet. Vous avez démontré au monde et à votre entourage que vous êtes déterminé à réussir ce que vous avez entamé. Vous avez même réussi à mettre en place des routines et des mécanismes qui vous permettent de générer des revenus. Vous êtes de plus en plus cité comme un modèle par les médias, sur les réseaux sociaux, … Et bien, bravo !

Votre détermination et votre dévotion à votre projet/cause sont si remarquables qu’il ne se passe pas un jour sans que vous ne recevez des félicitations et encouragement de la part de proches, de compétiteurs, de clients, de fournisseurs, …
Et bien à ce stade vous constaterez que vous recevrez aussi de plus en plus de propositions. Ce sont des opportunités qui sembles tellement intéressantes que vous êtes tenté de les accepter à la chaîne.

STOP !

Faites une pause. En tant qu’entrepreneur, vous devez revenir sur terre et prendre en compte ce qui suit. De nombreux articles de blogs et  livres vous parleront surement de ce que je m’apprête à dire. La différence est que j’ai décidé d’aborder ce sujet en me basant sur mon expérience personnelle et sur ce que j’observe chez les jeunes entrepreneurs africains que je côtoie au quotidien. Pour la plupart, ils sont tous sur la voie de la réussite et sont très actifs dans leurs communautés. Jamais l’Afrique n’a connu un si grand nombre de jeunes entrepreneurs et qui de plus sont pour la plupart très engagés.

Jean-Patrick EHOUMAN partage son expérience avec des jeunes entrepreneurs ivoiriens lors d'un atelier à la BAD.
Partage de mon expérience avec des jeunes entrepreneurs ivoiriens lors d’un atelier d’échange sur l’employabilité des jeunes africains au siège de la Banque Africaine de Développement [Crédits Photo : Tosh JUMA ]
LA VOIE DE LA RÉUSSITE

L’un des signes qui indiquent que vous êtes sur la voie de la réussite c’est le nombre important d’opportunités qui se présentent de plus en plus à vous. Et pourtant lorsque vous êtes sur cette voie de la réussite, la vérité est que vous êtes toujours très loin de cette réussite-là-même. Vous avez donc intérêt à ne pas vous dissiper.

Le chemin est souvent long avant de toucher le « jackpot » ou de célébrer votre première première vente. Mais le fait-même que vous ayez emprunté ce chemin fait de vous, quelqu’un de différent, quelqu’un que l’on remarque. Mais sur ce chemin, vous seul savez à quel point l’issu est incertain. Vous faites tout pour rester toujours concentrer sur l’objectif en vous assurant d’abattre le travail quotidien requis pour atteindre cet objectif. Personne ne sait que vous faites à un adversaire qui n’a pas de forme : Le doute. Au contraire, mon démontré que vous êtes épaulé par un allié de grande envergure : La confiance.

Rester concentré et sûr de vous-même est très déterminant pour votre réussite. Sinon vous paierez très cher le prix de l’échec. Même si pour l’entrepreneur, l’échec ne doit pas être une fatalité, il vaut mieux échouer assez tôt que de s’arrêter après plusieurs mois de travail acharné. De plus en Afrique, dans bien d’environnements, l’échec est sensé « faire honte ».

CES OPPORTUNITÉS SONT-ELLES VRAIMENT POUR VOUS ?

Ces opportunités à ne pas en finir et qui semblent correspondre à des choses susceptibles de vous aider dans la réalisation de votre projet, ne sont pour la plupart que des éléments perturbateurs qui finalement vous éloigneront de votre objectif et des actions à mener pour l’atteindre si vous leur accordez une trop grande place dans votre agenda. Aussi belles qu’elles puissent paraître, ces opportunités n’existent que pour vous perturber et vous empêcher de vous concentrer sur l’essentiel : Votre plan initial.

Bien souvent, la personne ou l’entité qui vient vers vous avec ses propositions ne sait pas vraiment la vision que vous avez. Pire, elle n’a aucune idée des réels sacrifices que vous faites pour avancer ainsi que les difficultés que vous rencontrez au quotidien.

Votre optimisme et votre sérénité avec lesquels vous progressez portent à croire que tout est facile pour vous. Vous représentez pour ces personnes, une ressource fiable dans la réalisation de leur propre projet. C’est la raison pour laquelle elles viennent vers vous. Sans être forcément explicites, elles souhaitent ajouter de la valeur à leur propre projet en s’appuyant sur votre image, votre expertise, votre carnet d’adresse, … En soit, il n’y a pas de mal que les autres soient attirer par ces choses que vous pouvez leur apporter. Ne dit-on pas que « Mieux vaut faire envie que faire pitié. » ?

Pour ces personnes, la valeur que l’opportunité engendrera pour elles-mêmes ou leurs projets, est beaucoup plus importante que ce que vous-même pourrez éventuellement en tirer. D’ailleurs elles estiment que vous avez déjà ce que vous recherchez dans la vie. Pour vous, agir dans le sens de favoriser l’avancée des autres n’est pas prenant et ne vous demande pas d’effort. Normal ! c’est vous qu’on voit dans les journaux, à la télé, … En gros, vous n’êtes pas dans le besoin, mais plutôt tellement à l’aise dans votre progression que vous pouvez accorder du temps à un autre projet rien que pour faciliter la vie des autres.

IL N’Y A QUE VOUS QUI SAVEZ CE QUI EST BIEN POUR VOUS

Vous êtes peut être un étudiant sans source de revenu fiable, quelqu’un ayant perdu son dernier emploi depuis plusieurs mois, une mère célibataire avec à votre charge un ou plusieurs enfants, ou encore avez un compte en banque bloqué par les autorités fiscales ou judiciaires. Mais vous êtes assez courageu(x/se) et professionnel(le) pour ne pas exposer ces difficultés à votre environnement de travail. Pour vous ce qui compte c’est le projet pour lequel vous êtes dévoué. Et rien ne doit vous perturber dans votre progression. Pas même la situation de précarité dans laquelle vous vous retrouvez par moment (ou depuis un moment).

FAIRE LA DIFFERENCE

Il y a tout de même la possibilité de faire le distinguo entre réelles opportunités et sollicitation perturbatrices. Je suis convaincu qu’il n’y a pas une seule manière de procéder pour arriver à faire le bon choix. Je vais donc partager avec vous la méthode que j’utilise pour faire la différence entre une réelle opportunité et une proposition qui pourrait m’éloigner de ma mission.

Je ne pense pas être la personne à qui l’on propose le plus d’opportunité dans mon environnement, mais quelques uns de mes accomplissements ainsi que ceux d’Akendewa (c’est l’occasion pour moi de faire un clein d’oeil à tous mes collaborateurs et bénévoles d’Akendewa) font que je reçois de plus en plus de sollicitation pour collaboration.

patricia zoundi
Patricia Zoundi, Prix de l’Excellence de la République de Côte d’Ivoire, catégorie « Jeunes Entrepreneurs »

Par exemple en 2013 un passage à l’émission « Plus d’Afrique » de la chaine Française à fait que j’ai reçu des centaines de messages via facebook et par email. La plupart n’ont pas forcément aboutit à des collaborations ou des partenariats. Par contre, le Prix Tremplin de l’UNESCO-CEPS pour l’Entreprenariat des Jeunes et la Culture de la Paix que j’ai reçu en 2013 a été déterminant pour ma sélection au programme Mandela Washington Fellowship YALI 2014. Et ma participation au programme Mandela Washington Fellowship YALI en 2014 est par exemple à la base de plusieurs conférences que j’ai pu délivré dans différents pays africains. J’ai bien d’autres exemple me concernant, mais aussi des exemples relatifs à des confrères(soeurs) entrepreneurs ivoiriens ou africains. Je pense par exemple à Patricia Zoundi-Yao qui a été « Prix National d’Excellence de la Présidence de la République de Côte d’Ivoire » dans la catégorie « Entreprenariat Jeune » en 2014. Et aussi « Chevalier de l’ordre national et du mérite burkinabé en 2014 ». Je suis très fier de Patricia, et je ne cesse de la présenter en exemple à toutes les jeunes filles africaines qui veulent entreprendre. D’ailleurs je lui ai proposé d’être l’une des mentors de Founder Institute Abidjan. Opportunité qu’elle a saisi sans hésiter.

Ok, Je vous parlerai de Patricia, de founder Institute et d’autres confrères dans un prochain post. Place à ces fameuses recommandations que je souhaite vous faire, afin d’avoir un maximum d’éléments qui vous facilite la prise de décision lorsque vous êtes face à des propositions/opportunités.

MES RECOMMANDATIONS

Face à ce flux d’opportunité voici les recommandations que je vous fais :

  1. Vérifiez que vous avez écrit dans un document, le plan stratégique correspondant à votre projet et même à votre carrière d’entrepreneur. Si vous ne l’avez jamais fait, aujourd’hui est surement le meilleur jour pour le faire. N’attendez pas demain. Trouvez du temps pour le faire avant que la journée ne se termine. Nombreux sont les entrepreneurs qui négligent ce type de document. Or, une fois que vous avez mis en place votre Business Model et éventuellement votre Business Plan, il est très important d’avoir une véritable feuille de route avec des éléments chiffrés qui vous sert de pilier dans votre progression.
  2. Relisez ce plan chaque semaine afin de l’étoffer et l’optimiser en fonction des avancées que vous faites. Même s’il est intéressant de « pivoter » lorsque ça coince, attention à ne pas finalement vous retrouver avec un nouveau plan stratégique chaque semaine. N’hésitez donc pas à vous créer une alerte dans votre agenda électronique ou via Google Calendar ou encore un papier bien visible coller au mur ou à la porte de votre bureau et qui vous rappellerait que vous devez lire ce plan. L’idéal serait même que durant la semaine vous relisez rapidement certains points tels que : la Mission, la Vision et les Objectifs à long terme.
  3. Chaque fois qu’une opportunité se présente à vous, demandez quelques jours/heures de réflexion à votre potentiel partenaire avant de vous engager ou de non. Si l’on veut vous faire bénéficier d’une opportunité, je doute fort que l’on vous oblige à donner votre accord le jour (ou à au moment même) même ou l’on vous l’expose. Si c’est le cas, je vous recommande de fuir ce type d’opportunité. Vous devez toujours montrer à vos partenaires que vous avancez selon un plan bien précis et que chaque collaboration dans laquelle vous entrez doit être en accord avec ce plan.
  4. A tête reposée prenez le temps de confronter l’opportunité à votre plan stratégique. Disons par exemple que votre projet est de créer une école. Si vous recevez une proposition de devenir Directeur des études (avec salaire alléchant) d’une école éventuellement concurrente, demandez-vous ceci : « en quoi passez les 12 prochains mois de votre vie à travailler pour mon concurrent m’aidera à mieux lancer mon école ? ». Dans l’exercice de cette fonction ne serrez-vous pas emmener à exposer certains éléments de votre propre plan stratégique ? ou peut-être ce poste vous permettra de maîtriser le fonctionnement de votre futur école. Aurez-vous assez de temps pour continuer à travailler sur votre projet ? Autant de question que vous devez mettre à l’écrit avant de décrocher le téléphone pour rappeler la personne qui vous a fait la proposition.
  5. Rappelez la personnes qui vous a exposé cette opportunité et prenez le temps de lui donner deux ou trois raisons qui auraient motivé votre décision finale. Il n’est pas question de ne pas recontacter cette personne juste parce que vous ne souhaitez pas vous engager. Votre image en dépend, car aux yeux de cette personne, cette démarche ne fera que rajouter de valeur à votre personnalité.

EN AFRIQUE POUR L’INSTANT TOUT LE MONDE CHERCHE LE BON FILON

Vous et moi savons que l’Afrique est un continent prometteur sur lequel presque tout est à faire. C’est aussi un endroit ou la plupart des jeunes entrepreneurs ne sont pas encore entrés dans ce que je pourrais appeler « l’arène du business du village mondial ».

En gros, pour l’instant la plupart des initiatives et projets entrepreneuriaux sont pilotés par des personnes pleines d’envie mais qui souvent manquent d’expérience à la hauteur de ce qu’elles souhaitent réaliser. Donc beaucoup d’entrepreneurs amateurs (dans la démarche) ou dont l’éthique et la manière de travailler ne sont pas forcement les meilleures cartes qu’elle ont à mettre sur la table lorsqu’ils vous proposent une collaboration. Ceci n’est pas spécifique à l’Afrique en tant que tel. C’est plutôt lié au fait que beaucoup de choses sont nouvelles pour la plupart des gens.

A coté de cela, vous avez un grand nombre d’opportunités provenant de personnes (physiques et morales) qui sont dans le monde des affaires depuis plusieurs années. Les dernières évolutions des différents écosystèmes leur ont fait perdre un peu de leur dynamisme tout en fragilisant leurs chiffres d’affaires.

Pour ces personnes, les jeunes entrepreneurs qui font preuve de dynamisme même lorsqu’ils ne sont pas encore entré en phase de rentabilité ou même de mise sur le marché de leur produit/service, représentent finalement de la ressource humaine capable de rehausser leurs business qui avaient commencé à prendre du plomb dans l’aile. Leurs propositions ne sont pas toujours très claires et vous pouvez être souvent tentez de les suivre en vous basant uniquement sur cette image ancienne de champions de leur domaine que vous avez d’eux.

Si votre projet est donc quelques chose que vous souhaitez faire vivre au delà de votre cercle d’amis, de votre ville ou de votre pays, il est très important d’avoir une démarche très professionnelle qui sera aussi l’un des piliers de la marque que vous souhaitez faire naître.

LA RÉELLE OPPORTUNITÉ C’EST VOUS-MÊME

Lorsque l’on vient vers vous avec une opportunité, il y a une chose d’inévitable qui se produit. Que vous soyez débutant ou quelqu’un ayant déjà fait ses preuves, vous vous sentez toujours un petit (beaucoup, pour certains) peu « flatté » que l’on ait pensé à vous. Et souvent ce sentiment peut très facilement l’emporter sur votre capacité à discerner ce qui peut vous aider de ce qui peut vous faire perdre du temps. Il faut donc beaucoup de lucidité pour arriver à dire « non » à toutes ces pseudo belles opportunités qui pourraient se présenter à vous.

Les opportunités, il y en aura toujours, et des surprises agréables sur lesquelles vous pourrez vous appuyer pour développer votre activité ou mieux exprimer votre leadership, il y en aura de plus en plus au fur et à mesure que vous avancerez. Or ce qui vous fait avancer, c’est votre aptitude à poser des actes dans le sens de ce que vous avez défini au préalable.

Que ce soit votre projet en lui même ou les actions planifiées pour atteindre une audience toujours plus grande, gardez à l’esprit que l’on vient toujours vers vous parce que vous avez démontré une cohérence et un minimum de structuration dans votre progression. C’est finalement vous qui ête l’opportunité ! Ne laissez pas une pseudo belle opportunité dénaturer cette image que vous renvoyez aux autres.

POUR CONCLURE

Enfin, il faut comprendre que très peu d’opportunités sont bonnes pour vous. Si vous avez une vision claire et un plan stratégique fluide et explicite, vous n’aurez pas de mal à faire la différence entre les réelles opportunités et les sollicitations qui finalement joueraient contre vous.

Si vous avez lu cet article jusqu’à la fin, c’est que vous avez surement une initiative ou un projet qui fait que l’on vous propose souvent des opportunités. Je suis intéressé de discuter des choix que vous devez faire pour cette nouvelle année 2016 face à d’éventuelles opportunités. Je vous propose donc d’ouvrir la conversation en exposant ces opportunités ici en commentaire ou par email si vous souhaitez garder votre anonymat vis-à-vis des autres lecteurs.

Et même si vous ne vous écroulez pas sous un grand nombre d’opportunité, c’est toujours intéressant de savoir ce que vous pensez de ce sujet.

[Merci à Tosh JUMA pour cette très belle photo de moi qu’il a prise lors de cet atelier au siège de la BAD à Abidjan]

5 choses sans lesquelles vous aurez du mal à élever votre niveau dans ce que souhaitez faire

Bientôt la fin de l’an 2012. Comme moi, vous avez surement pris des résolutions en début d’année et vous en prendrez de nouvelles dans 55 jours. Que vous ayez atteint vos objectifs ou pas, il n’y a pas lieu de se lamenter. Vous avez encore 55 jours pour respecter ces résolutions. Pour y arriver il y a des choses sans lesquelles vous aurez du mal. En voici 5 qui pour moi restent primordiales lorsque vous souhaitez avancer dans ce que vous pensez pouvoir faire.

Rester honnête avec vous même
Pour acquérir un savoir-faire, une compétence, une reconnaissance, …, il faut du temps et surtout beaucoup de pratique. Dans les débuts, il vous faudra accepter le fait que vous « ne savez pas comment l’on fait pour… » . Tant que vous n’acceptez pas le fait que vous n’ayez pas (encore) le niveau pour ce que vous souhaitez faire, vous vivrez dans un monde faux. Méfiez-vous des novices qui vous flattent  Rapprochez-vous des personnes averties qui ont déjà une avance et qui sont disposées à être des mentors.

Commencer par les bases
En toute chose la compétition crée des différences de compétence et de savoir-faire. Ces différences sont matérialisées par des « niveaux ». Et à chaque niveau ses spécificités.  Celles du niveau le plus bas reste les plus importantes car constituant la base de votre savoir-faire que vous souhaitez acquérir. Ils vous faudra donc prendre le temps de maîtriser ces spécificités de base.

Poser des questions
Il n’y a pas de questions idiotes. La bonne démarche c’est d’enregistrer les réponses sur le support de votre choix. Par contre je peux vous assurer que votre cerveau, n’est pas l’endroit ou il faut les enregistrer. Vous devez avoir un bloc-note (papier ou électronique) sur lequel vous marquerez tout ce qui sera nouveau dans votre progression. Cela vous évitera de poser les mêmes questions à plusieurs reprises. Poser deux fois la même question à quelqu’un c’est donner l’opportunité à cette personne de ne plus répondre à vos questions. Ce serait malheureux de perdre des personnes qui ont accepté de vous accompagner en tant que mentor.

Accepter la critique
Cela vous ramènera toujours au point 1. Il n’y a qu’en acceptant la critique que vous pourrez identifier vos points faibles afin de les améliorer.

Travailler dur en faisant attention aux détails
Si vous croyez en l’innéisme, vous êtes cuit. Je n’ai jamais conduit de thèse universitaire sur l’innéisme et autres sujets liés aux capacités humaines. Par contre l’expérience du terrain me conforte dans ma pensée selon laquelle, le facteur le plus important pour réussir, c’est le travail. Et pour avancer grâce au travail, il vous faut porter une attention particulière aux détails.

Cette liste n’est pas exhaustive. Vous avez surement des points que vous jugez incontournables. N’hésitez pas à les partager ici. Aussi, si vous avez des questions sur mes résolutions que j’avais listé pour 2012, vous êtes au bon endroit. Vous les trouverez ici.

Nous manquons de l’essentiel : le contenu

Il y a quelques mois j‘abordais dans un billet le manque de contenu africain disponible sur le web et les mobiles. Les choses n’ont pas réellement changé. Par contre le besoin est de plus en plus important. Il devient donc urgent de s’attaquer au problème par des initiatives.

La valeur se trouve dans le contenu
En 2011 les technologies sont devenus accéssibles par la plupart d’entre nous. il est très facile de se lancer dans une aventure entrepreneuriale sans se soucier de la technologie. D’ailleurs, monter un business basé sur la réalisation simple de site internet c’est presque monter un business qui ne rapportera pas. Tant les solutions du style « créer votre site en ligne en 5 minutes » sont nombreuses.

Par contre, une fois le site, la plateforme crée, il faudra penser à l’essentiel : le contenu. C’est là que ce trouve la valeur de votre site. l’on ne reviendra pas tous les jours sur votre site parce qu’il est beau ou parce qu’il implémente les toutes dernières technologies. Les internautes seront fidèles à votre site s’il y trouvent un plaisir, un enseignement, de l’humour, …, un certain intéret lorsqu’il le parcourent.

Facebook est valorisée à plusieurs milliards de dollars car on y trouve un plaisir à lire les status des un et des autres. Google est le N°1 et vaut encore plus que Facebook, car lorsqu’on y cherche des choses, on les trouve. Et pour arriver à nous servir ces contenus, il a fallu que des personnes prennent le temps pour les intégrer dans les bases de données de ces sites.

Finalement, qu’est ce que c’est ?
Le contenu, c’est donc cet ensemble d’information que l’on a pris le temps d’intégrer à un site, une plateforme, une application. Dans le cas des sites commes facebook, les concepteurs ont eu la finesse d’esprit de faire accomplir cette tache par les utilisateurs eux meme. Ce n’est pas un secret, nous travaillons tous pour facebook. Si nous ne perdions pas un peu de notre temps à écrire des status, des commentaires et à télécharger nos photos, facebook serait comme un gros bateau de croisière vide en pleine mer.

Il y a 10 ans ce sont les concepteurs des sites qui eux meme prenaient le temps de mettre le contenu sur le site. Vous savez par exemple que les fondateurs de yahoo, ont utilisé 8 mois de leur vie à travailler plus de 10 heures par jours pour mettre la description de tous les nouveaux sites qui se créaient dans une base de données. Il ont ainsi en moins d’une année constitué une énorme base de données qui a finalement pris de la valeur. Les choses ont évoluée et il existe de nouvelle manière de créer une base de données de cette envergure.

Le contenu africain pourrait etre l’actualité hyper-locale. Vous ne le savez peut etre pas, mais relater le quotidien de vos quartiers intéresse des personnes qui pour la plupart sont loin de ces quartiers. Je suis par exemple pret à parier que ce qui se passe dans le quartier d’enfance de Didier Drogba intéresse de nombreux marseillais, anglais et bientôt des chinois. De la meme manière des chiffres sur les habitudes de consommation des africains ont une réelle valeur quand on sait qu’ils pourraient intéresser des manufacturiers. Vous pouvez aussi mettre à disposition des sonorités folkloriques. Les possibilités sont nombreuses et lorsque vous vous lancerez vous en découvrirez encore plus.

Les africains doivent s’atteler à créer du contenu pour l’Afrique
Si l’on s’en tient aux statistiques de l’an dernier, le contenu africain en ligne représente moins de 10% du contenu global. Il y a donc une grosse marge de progression qui peut etre réalisée.

En créant du contenu, nous valoriserons l’industrie technologique de notre continent. Implicitement, nous attirerons les investissements étrangers qui faciliteront la naissance de nouveaux modèles économiques. Et qui dit nouveaux modèles économiques, dit emplois et recul de la pauvreté. Cela peut paraitre simpliste mais c’est une évidence et un processus logique quand on sait comment se valorise les contenus. Ce sont des choses qui ne s’appennent pas dans les grandes écoles de commerce, mais sur le terrain.

Les africains doivent se presser de créer eux meme leur propre contenu sinon quelqu’un d’autre le ferait à leur place. Et ce n’est pas sure que dans ce cas l’on aura la réalité. Les économies du monde entier sont de plus en plus intimement liées aux technologies de l’information. Et cela n’est pas pret de changer. Bien au contraire, l’on peut parier sur le fait que ces technologies prendront une place centrale dans les économies. Ainsi, si vous n’avez pas le controle de l’information qui vous concerne, vous n’aurez pas le controle de la valeur qu’elle génére. Les gouvernements prendront du temps à adopter une politique incitative, mais les entrepreneurs ont là une belle opportunité.

Cette opportunité qui engendrerait de nombeux emplois n’est pas négligeable. Il suffit de regarder ce qui se passe dans les régions du monde ayant déjà une certaine avance. En 2005 lorsque j’étais développeur d’applications mobile chez le leader français de l’époque, j’ai découverts de drôles de musiciens. Un nouveau type de musiciens qui travaillaient du matin au soir dans un studio spécial. Leur travail consistant à reprendre toute sorte de tube de sorte à ce qu’il se rapprochent des originaux (à l’écoute) tout en faisant attention aux lois liées à la propriété intellectuelle. Ces tubes étaient ensuite intégrés dans des bases de données accéssibles aux applications développées par les ingénieurs. Ainsi, l’utilisateur à partir des applications, arrivait à télécharger ces tubes pour en faire des sonneries pour leur mobile. Ou encore des ringtones qui eux remplaçaient la sonnerie entendu par l’appelant lorsqu’il essayait de les joindre. Je me souviens que c’était un véritable succès. Car bien des tubes scoraient à plus de 500 téléchargements par jour. Et quand on sait que le téléchargement vaut en moyenne 2Euros, ça va très vite.

Qui pourrait le faire ?
L’entrepreneur type qui pourrait créer du contenu pour le web ou les mobiles, c’est vous. Oui, vous et moi. Pour démarer dans le business du contenu, vous n’avez pas besoin d’avoir effectué des études spécifiques. Vous avez juste besoin de savoir ranger des informations avec un minimum de structure.

Qu’est ce que ça faudrait ?
Une fois les informations rangées, il vous restera à savoir les présenter en tenant compte des besoins des internautes ou des entreprises qui raffolent d’information. C’est aussi le lieu de rajouter de la valeur afin de les vendre encore plus chère.

Par exemple, lister les petits commerces d’un quartier est déjà pas mal. Si l’on estime que vous vendez 200frcfa chaque élément de la liste, vous pourriez monter jusqu’à 1000frcfa si vous y rajoutez une photo (meme prise avec un téléphone portable), et un numéros de téléphone fonctionnel. Vous pourriez aller encore plus loin (2000frcfa) si vous y ajoutez un comparatif. Imaginons que vous metez en parallèle le chiffre d’affaire et la localisation vis-à-vis des axes routiers centraux. Disons que vous décidez de ne plus vendre la liste mais de permettre aux intéressés de souscrire à un abonnement afin que pour chaque nouvel enseigne intégrée, ils puissent recevoir une notification. Vous avez là une nouvelle entrée d’argent qui demande encore moins d’effort.

Allez, au boulot ! Mettons l’Afrique en ligne.

#mwa2011, Mobile Web Africa 2011 : L’Etat de l’écosystème des applications web et mobiles en Afrique francophone#mwa2011, Mobile Web Africa 2011 : L’Etat de l’écosystème des applications web et mobiles en Afrique francophone

Du 22 au 25 Novembre 2011 je serai à Johanesburg en Afrique du Sud dans le cadre de l’édition 2011 de la très célèbre conférence Mobile Web Africa. J’animerai une session sur l’état de l’écosystème des applications web et mobile en Afrique Francophone.

Il s’agira de répondre à la question « Est-ce que l’on a la mesure de l’opportunité qu’offre les contenus et les services mobiles en Afrique francophone ». Je commencerai donc par exposer cette opportunité pour ensuite parler de ce qui soutient l’évolution de ces services, applications et contenus mobiles. Je terminerai en donnant des exemples de « success stories ». En gros qu’est ce qui marche et qu’est qui ne fonctionne pas.

Je ferai donc parti de 40 intervenants de marque venant du monde entier qui enchaineront des sessions de 20 minutes pendant 4 jours. Parmi ces intervenants se trouve Tomi Ahonen (suivez le sur twitter @tomiahonen), le N°1 mondial en terme de publication sur l’industrie du mobile. Il possède à son actif plus de 250 conférences à travers 40 pays dans le monde et est l’auteur d’une douzaine de livre.

Cet évènement organisé par All Amber aura lieu à l’Ayanda Room de la Hyatt Regency (191 Oxford Road, Rosebank, Johannesburg, South Africa 2132). Si vous êtes dans le coin n’hésitez pas à venir participer à cette grande messe du mobile africain.

L’agenda : http://www.mobilewebafrica.com/wp/agenda/
La liste des intervenants : http://www.mobilewebafrica.com/wp/speakers/Du 22 au 25 Novembre 2011 je serai à Johannesburg en Afrique du Sud dans le cadre de l’édition 2011 de la très célèbre conférence Mobile Web Africa. J’animerai une session sur l’état de l’écosystème des applications web et mobile en Afrique Francophone.

Il s’agira de répondre à la question « Est-ce que l’on a la mesure de l’opportunité qu’offre les contenus et les services mobiles en Afrique francophone ». Je commencerai donc par exposer cette opportunité pour ensuite parler de ce qui soutient l’évolution de ces services, applications et contenus mobiles. Je terminerai en donnant des exemples de « success stories ». En gros qu’est ce qui marche et qu’est qui ne fonctionne pas.

Je ferai donc partie de 40 intervenants de marque venant du monde entier qui enchaineront des sessions de 20 minutes pendant 4 jours. Parmi ces intervenants se trouve Tomi Ahonen (suivez le sur twitter @tomiahonen), le N°1 mondial en terme de publication sur l’industrie du mobile. Il possède à son actif plus de 250 conférences à travers 40 pays dans le monde et est l’auteur d’une douzaine de livre.

 

Cet évènement organisé par All Amber aura lieu à l’Ayanda Room de la Hyatt Regency (191 Oxford Road, Rosebank, Johannesburg, South Africa 2132). Si vous êtes dans le coin n’hésitez pas à venir participer à cette grande messe du mobile africain.

Hyatt Regency at Rosebank, Johannesburg
Hayatt Regency, Rosebank, Johannesburg, Afrique du Sud

 

L’agenda : http://www.mobilewebafrica.com/wp/agenda/
La liste des intervenants : http://www.mobilewebafrica.com/wp/speakers/

inscription :

Le E-commerce en Cote d’ivoire (acte 1) : Ce qu’il faut savoir

Malgré son presque million d’utilisateurs de l’internet, la Cote d’Ivoire est l’un des grands absents du commerce en ligne de l’Afrique. Après 3 ans d’échanges et d’interactions avec des internautes, des entrepreneurs, des étudiants et des compagnies disant fournir des moyens de paiements, j’ai décidé de partager quelques informations que j’ai pu recueillir ici et là.

Loin du reste du monde

C’est la situation dans laquelle la Cote d’Ivoire se trouve lorsque l’on considère le commerce « internationale » en ligne. Un habitant de la Cote d’Ivoire n’a accès à presqu’aucun moyen de paiement en ligne populaire. Il est ainsi impossible pour un résident de la Cote d’Ivoire de créer un compte Paypal même dans le cadre d’une activité légale. C’est une restriction volontaire de Paypal pour se « prémunir des risques de fraudes » qui sont très élevés en Cote d’Ivoire.

Et lorsque vous n’avez pas accès à Paypal, vous n’avez pas accès à Ebay, Amazon, …. Et si vous n’avez pas accès à ces services, vous n’avez donc pas accès à ce qu’il y a de mieux dans le commerce en ligne.

Si vous ne souhaitez pas utiliser ces grosses plateformes, mais que vous préférez créer la votre, le problème reste inchangé car vous n’aurez pas la possibilité d’avoir un compte marchand chez paypal. La question qui vous vient surement à l’esprit est : « comment puis-je alors vendre en ligne si je n’ai pas la possibilité d’utiliser paypal ? ». Nous aborderons cette question plus bas. Mais avant, place à un non-problème qui pour certains représente un frein.

La logistique et le système d’adressage

C’est bien connu que pour le e-commerce, il faut une adresse de facturation et surtout une autre pour la livraison. Cette dernière est la plus importante lorsqu’il s’agit de produits matériels. Si vous achetez de l’audio (une chanson du groupe Magic Système par exemple) vous n’avez pas besoin que l’on vous le livre à domicile. un simple clique pour le téléchargement vous suffirait. Par contre si vous tombez sur une belle occasion d’appareil électroménager, vous apprécierez qu’il vous soit livré chez vous à la maison. Pour cela il faut que le livreur ait un moyen aisé de trouver votre domicile.

Dans les pays industrialisés, cela ne constitue pas un problème. Mais dans plusieurs pays sous-développés tel que la Cote d’Ivoire, cette situation devient rapidement un problème. Pourquoi ? Parce qu’il n’existe tout simplement pas de système d’adressage efficace. Les rues ne possèdent ni noms, ni numéros. Dans les premières communes d’Abidjan, certaines rues ont eu la chance d’avoir un nom, mais cela reste marginal.

J’ai donc commencé par traiter cette situation de non-problème car force est de constater que d’énormes progrès on été fait. Vous pouvez vérifier de vous meme la cartographie de la Cote d’Ivoire sur le google Map. Des numéros ont été alloués aux rues. Je ne pourrai vous dire si ces derniers sont du fait des autorités ou de l’initiative entrepreneuriale de Google. Parallèlement, des personnes ont déjà prouvé que le système de points relais est efficace et adapté. Il s’agit, par exemple, de livrer les colis concernant une zone ou un quartier à un point très connu de ce quartier. On pense souvent à un super-marché ou à une pharmacie. C’est donc une opportunité pour des entrepreneurs. Il suffit de développer cette idée (qui fonctionne) et d’y rajouter de la valeur pour avoir une solution à ce problème d’adressage qui soit utile et fonctionnelle.

Que peut-on vendre en ligne aux ivoiriens ?

A la question de savoir s’il y a matière à vendre en ligne, je vous réponds en vous indiquant deux groupes facebook qui rien qu’à leur nombre de membres et les interactions de ces derniers, nous donner une réponse affirmative.

Ces groupes facebook sont de véritables Craig-list locaux. Vous y trouverez de tout. Du peigne à cheveux à la dernière Audi. Si vous y faites un tour, il y a de forte chance que vous y passiez du temps, rien qu’en lisant les conversations (sous forme de commentaires) des membres lorsqu’ils font des négociations. Il y règne même un langage bien originale. Vous diriez par exemple « ordinateur portable nouveau dans carton » pour dire « ordinateur portable neuf dans son emballage ». Vous avez  une variante commerciale du Nouchi (l’argot ivoirien) qui est utilisée par les habitués. Mais attention là aussi, vous trouverez des spéculateurs.

Grace à ces deux groupes facebook susmentionnés, il est évident qu’il y a matière à vendre. Mieux, suite à une conversation que j’ai eu l’an dernier avec des contacts sur facebook, nous avons pu établir que l’on peut tout vendre mais à condition que les tarifs en ligne soient beaucoup plus bas que ceux que l’on trouve en boutique. Car ce qu’il faut savoir c’est que, aller jusqu’à la boutique est un plaisir pour l’ivoirien moyen. Surtout s’il s’agit d’une grande surface, c’est pour lui l’occasion de se faire « voir/remarquer ».

L’on peut aussi vendre de l’immatériel aux ivoiriens. imaginez que vous fournissez du contenu à forte valeur ajoutée. Vous pourriez éventuellement trouver un modèle assez simple pour monétiser ce contenu. De la même manière , certaines expertises pourraient être vendu aux internautes ivoiriens.

Certaines choses restent tout de même difficile à vendre en ligne en Côte D’Ivoire. Il s’agit par exemple des voitures ; à l’opposé des pays occidentaux qui possèdent quelques règles sur les ventes de véhicules. Ici, lorsque vous acheter une voiture chez un particulier, c’est un peu à vos risques et périls. Il devient donc assez risqué pour l’internaute ivoirien de se lancer à la recherche d’une voiture via le web.

Quels sites/plateformes utiliser ?

Dès lors que l’on sait que l’on peut vendre un peut de tout, il devient trivial d’avoir un site, ou une plateforme pour exposer ses produits. Les deux exemples précédents montre que facebook représente une belle opportunité pour ceux qui souhaitent vendre en ligne.

Je ne pourrai en dire autant pour twitter et les autres réseaux sociaux car les ivoiriens ne les utilisent pas encore pour la promotion de leurs activités, encore moins pour vendre. Pourtant, twitter a fait ses preuves en terme de vente et de promotion hyper-localisées. Il faudra surement encore patienter le temps que les utilisateurs prennent  la pleine mesure de cet outil.

Qu’en est-il des sites e-commerce eux même ? il y a ici et là quelques initiatives. c’est le cas du site Shopping du portail abidjan.net (http://shopping.abidjan.net/). Pour ce dernier, lorsque vous regardez de près, vous vous apercevez qu’il est nécessaire d’être en possession d’une certaine unité (monnaie interne) pour y faire vos achats. Ces unités sont à acheter au préalable. On voit donc déjà que cela peut créer un blocage au niveau de l’utilisateur. Si Paypal était, par exemple, disponible dans ce pays, ce système d’unité n’aurait pas sa raison d’être. Mais à défaut, c’est un moyen ingénieux qui a été trouvé pour que les choses se fassent.

Nous avons donc, en fasse de nous un problème très important pour lequel la solution actuelle reste presque inadaptée , si l’on pense à l’implémenter à grande échelle. Le problème du moyen de paiement est finalement le dernier obstacle au commerce en ligne en Cote d’Ivoire, du moins de mon point de vue. Nous avons montrez plus haut que la livraison ne posait plus de problème. Aussi, avons-nous illustré le fait qu’il y a de la matière. Les sites/plateformes sont finalement des choses à la portée de certains développeurs locaux. A défaut, il y a toujours la possibilité d’utiliser des sms dédiés au commerce en ligne. Mais une fois que tout ceci est réuni, comment l’utilisateur pourrait payer et comment le marchand pourrait encaisser ?

Paypal est-il le seul moyen de paiement ?

La réponse est « non » ! Paypal n’est pas le seul moyen de paiement, mais c’est le moyen le plus abouti. Et c’est celui qui s’interface avec le plus de cartes bancaires. C’est aussi celui qui est le plus sécurisé. Depuis quelques années, de nombreuses alternatives à Paypal ont émergées. Ainsi, dans certains pays du tiers-mondes, ces solutions ont été adoptées et fonctionnent très bien. Pourquoi pas en Cote d’Ivoire ?

Bien souvent une volonté politique a favorisée l’adoption de ces moyens. Mais nous devons tout de même, reconnaitre que ces moyens sont aboutis. C’est le cas de M-Pesa au Kenya.

Un moyen de paiement électronique abouti dans le cadre du commerce en ligne, implique que son intégration sur les différentes plateforme soit aisée. Cette facilité d’intégration sur les plateformes est garantie par ce que l’on appelle une API.

Qu’est ce qu’une API et pourquoi en avons nous besoin ?

Une API par définition est une Interface fournie par un programme informatique. C’est donc quelque chose qui permet d’interagir avec un programme/système informatique. Elle donne la possibilité à celui qui veut l’utiliser d’écrire des programmes (éventuellement) selon une structure prédéfinie afin que ces derniers puisse échanger/consulter les informations du système qui l’expose. Ainsi donc, c’est parce que Paypal expose une API qu’il est très aisé de l’intégré sur les sites web ou sur d’autres systèmes informatiques. Il faut savoir aussi que le principe d’API implique une prise en charge de la sécurité (éviter les accès avec de mauvaises intentions). En général vous ne pourrez accéder qu’à un certain type d’informations bien identifiées.

Vous comprenez donc, que pour tout concurrent ou alternative à paypal, il est primordial de posséder une API pour facilité sa vulgarisation au sein de la communauté des webmasters. De plus, le webmaster n’est pas sensé s’y connaitre en technique. C’est pour cela qu’il doit exister un système de code à placer dans un formulaire prédéfini de sorte que le site utilise l’API en toute transparence pour le webmaster. Dès lors, le webmaster n’aura que 5 minutes de travail à faire pour utiliser une plateforme de paiement. Juste le temps de rajouter les codes qui l’identifient dans tous les systèmes de paiement. Il pourra alors rajouter autant de systèmes de paiement possibles, pour couvrir le maximum d’utilisateurs. Et tout ceci sans avoir à connaitre le moindre programme informatique.

Quels moyens de paiement électronique pour le webmaster ivoirien ?

S’il existe des alternatives à Paypal, sont-elles à la portée du webmaster ivoirien ? non. Laissez-moi vous présenter ce que nous avons et je pense que vous conviendrez avec moi que ces moyens ne sont pas à la portée des webmasters ivoiriens.

  • MTN Mobile Money : Lorsque vous vous rendez sur le site de l’opérateur mobile jaune, vous pouvez lire « Mobile Money est le nouveau service de MTN qui vous permet de recevoir et d’envoyer de l’argent à moindre coût partout en Cote d’Ivoire … ». Si ce service s’appelait « MTN Money Transfert », je pense qu’il ne porterait pas à confusion. Nous sommes donc plus en face d’un moyen de transfert d’argent que d’un moyen de paiement électronique, qui pourrait servir au commerce en ligne. Mais attention, ce service qui n’est pas venu avec la prétention d’être « un moyen de paiement électronique », permet tout de même d’effectuer des achats chez des marchands (physique). Tout se passe donc comme, si l’acheteur effectuait un transfert d’argent de l’acheteur vers le marchand. Les transactions étant plafonnées à 300 000 Fcfa pour des frais maximum de 4000 Fcfa. Et ça marche dans le monde physique ! Qu’en est-il de la vie en ligne ? Et bien, les choses ne fonctionnent pas « comme elle devraient ». L’on ne peut intégrer ce fonctionnement à un site web. Le principe du transfert d’argent de l’acheteur vers le marchand ne peut donc être utilisé « aisément » par le webmaster lambda. Si vous avez bien suivi le chapitre sur les API, on est en face de quelque chose qui ne possède finalement pas d’API. J’ai eu a échanger avec des responsables de MTN Money, qui ont essayé de me faire croire qu’une API existait, qu’il traitaient les sites marchands au cas par cas. Je vous laisse faire votre propre jugement, lorsque vous savez que le principe même de API implique que l’on ne se souci pas de l’entité qui l’utilisera. Normal, vu que tout est balisé et la sécurité est prise en charge au moment de la mise à disposition de l’API.
  • Inconvénients pour le e-commerce : restreint aux utilisateurs de mtn, indisponibilité d’une API
  • Orange Money : nous sommes dans le même schéma que le celui de MTN. Ces deux solutions s’appuient sur des banques identifiées à cet effet par la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest( BCEAO).
  • Inconvénients pour le e-commerce : restreint aux utilisateurs de orange, indisponibilité d’une API
  • Celpaid : Lorsque j’ai découvert Celpaid pour la première fois, je me suis dis : « ça y est, nous avons notre moyen de paiement ». Mais en poussant un peu mes investigations, je me suis rendu compte que j’étais en face de quelque chose qui à mon avis aura du mal à séduire les webmasters. Je comprendrai donc que cette solution ne vise pas ces webmasters. Qu’est ce que c’est que Celpaid ? c’est un moyen de paiement électronique, un vrai, qui utilise une technologie mobile basée sur le son. ça se complique ! En effet, lorsque l’acheteur désire payer, il sort son téléphone mobile, que lque soit son réseau téléphonique, rentre son code, puis envoie une requête de paiement. Il doit alors attendre de recevoir un appel automatique. C’est à ce moment-là qu’il doit rapprocher son mobile du terminal de paiement du marchand. Une communication s’établie entre le terminal de paiement et le mobile. Et la transaction est par la suite validée ou annulée. Et c’est la même chose avec l’ordinateur. Il faut que l’acheteur rapproche son téléphone des enceintes de l’ordinateur. Imaginez que votre ordinateur ne possède pas d’enceinte ni de casque ou même de carte son, vous ne pourrez pas utiliser Celpaid.
  • Inconvénients pour le e-commerce : usage du son – process trop compliqué.
  • E-Tranzact : reste la solution qui aurait pu challenger efficacement Paypal. Il s’agit d’une solution technologique (dans le style de visa et mastercard) qui s’appuie sur des banques pour leur fournir des cartes bancaires prépayées. Lorsqu’un webmaster souhaite l’intégrer, il est dans l’obligation de contacter l’équipe technique de e-tranzact qui doit lui fournir des fichiers à installer sur le serveur du site. En gros un travail énorme pour un webmaster censé ne pas s’y connaitre en technique. Aussi , pour que l’utilisateur puisse payer sur le site du webmaster, il doit être en possession d’une carte bancaire e-tranzact. Une solution mobile avait été envisagée avec l’un des opérateurs de téléphonie de la place (ce n’est ni Orange, ni MTN) afin que les utilisateurs puissent effectuer des opérations avec leurs mobiles.
  • Inconvénients pour le e-commerce : intégration lourde pour le webmaster – nécessitée de posséder une carte e-tranzact pour l’acheteur.
  • Les cartes prépayées de Visa : Même si vous avez une carte visa, vous êtes dans l’impossibilité d’utiliser Paypal.

 

Pour finir

A travers ces lignes, j’ai souhaité attirer votre attention sur le fait que nous avons un dernier réel problème qui empêche la vulgarisation du commerce électronique en Cote d’Ivoire : les moyens de paiements. Tant que nous n’en aurons pas un digne de ce nom, le e-commerce aura du mal à décoller. En attendant, si chacun des acteurs cités ici prenait la peine de fournir une API correcte pour facilité l’intégration, ce serait déjà un premier pas.

Une autre solution serait que tous ce mettent d’accord pour utiliser une solution telle que E-tranzact. Les banques devraient ainsi accepter de distribuer des cartes à leurs clients. On se retrouverait ainsi a avoir un commerce électronique interne dynamique qui obligeraient les partenaires externes à s’aligner. La encore il faudrait que la société e-tranzact fournisse une API solide pour permettre aux développeurs de créer des solutions mobiles. Car je ne crois pas en la carte bancaire pour l’africain. Du moins pas avant de très longues années. Mais, qui dit solution mobile dit Compagnies de téléphonies mobiles. A l’analyse de tout ce qui se passe, elles n’ont visiblement aucune intention d’autoriser des développeurs à produire des applications ou solutions innovantes capables de fonctionner dans leurs réseaux. Voyez-vous même à quoi sommes-nous  réduits ?

La solution ultime serait que l’autorité oblige les opérateurs de téléphonie a permettre aux applications des développeurs tiers de fonctionner dans leurs réseaux. Ce qui impliquerait une mise à disposition d’une API (y compris celle pour les paiements mobiles) solide. La vie serait alors plus facile. Mais il faut être en Afrique pour réaliser que les choses les plus simples sont souvent complexifiées par un groupe de personnes. On peut même se demander les objectifs de ces personnes.

En attendant, la Cote d’Ivoire passe à coté d’une opportunité jamais égalée. C’est une opportunité du fait que le commerce en ligne pourrait générer de nouveaux entrepreneurs donc de nouveaux emplois. Un autre avantage du e-commerce est la réduction du nombre de déplacements des potentiels clients.