Quel statut juridique choisir lorsqu’on souhaite entreprendre dans les technologies en Afrique

Partout dans le monde, lorsque vous souhaitez créer une entreprise, vous avez le choix entre plusieurs formes juridiques. Dans les pays d’Afrique, c’est aussi le cas.

Avec son profil de nouvel eldorado des technologies, l’Afrique verra un grand nombre de création d’entreprises technologiques dans les 5 années à venir.

Nous savons tous que les statuts juridiques sont très importants pour la stratégie des entreprises technologiques. Il est donc nécessaire de prendre un soin particulier pour choisir celui qui convient le mieux à la vision que l’on a.

Comment les autres vous voit
Disons que vous venez apporter des solutions aux problèmes des particuliers par le biais de services mobile B2C à valeur ajoutée. La première question que vous devez vous poser, doit concerner les rapports que les utilisateurs locaux ont avec les prestataires déjà sur le marché.

Par exemple il n’est pas rare qu’en Afrique, les utilisateurs jugent les fournisseurs de services technologiques par leur capacité à distribuer des T-shirt ou autres gadgets. Et ce pendant la période précédent la mise à disponibilité du service. Ainsi, plus de petits cadeaux vous offrirez, plus de clients vous aurez pour déramer votre service. Et croyez-moi, en Afrique ça marche bien mieux qu’ailleurs car les telco comme Orange et MTN ont habitué les populations à ces pratiques. Dans ce cas vous êtes dans l’obligation de commencer avec un capital conséquent. ce qui implique une forme juridique de type SARL ou au dessus.

Aussi certaines entreprises d’Etats ou autres « grandes boites » exigent de travailler avec des entreprises de type SARL ou de statuts juridique au dessus.

Mais si vous n’avez pas tous ces moyens
Vous avez d’autres atouts et des possibilités liées à l’environnement africain. C’est l’exemple de la proximité et de la confiance basée sur le fait que l’on vous connaisse. Vous devez donc comprendre que vous pouvez offrir unquel statut juridique pour mon entreprise technologique en Afrique premier service qui nécessite le contact directe avec chacun des utilisateurs. Cela vous prendra du temps certes, mais ces personnes resteront pendant longtemps vos amis et ambassadeurs. De par nos cultures africaines, le bouche-à-oreille demeure le meilleur outil pour la publicité ou la promotion d’un produit.

Si vous accepter ce parcours du combattant, je vous conseillerai de commencer par une entreprise individuelle. Cette dernière nécessite très peu de temps pour sa gestion et surtout un minimum d’engagement financier auquel vous aurez préféré l’engagement par votre temps.

Combien tout cela coûte ?
En Côte d’Ivoire par exemple, la création d’une SARL vous demandera pas moins de 1 500 000 (plus de 2300€) tandis que pour une entreprise individuelle, vous dépenserez 10 fois (si l’on veut être large) moins dans le cas d’une entreprise individuelle.

Mon conseil
A moins d’avoir déjà des clients et l’assurance d’être rentable assez tôt (dès les premiers jours), je conseillerai toujours à un nouvel entrepreneur dans les technologies de commencer son business en Afrique avec une société individuelle. Ce conseil vient de mon expérience personnelle et de l’oeil d’observateur que j’ai pu avoir durant ces 4 dernières années en Afrique. Il n’est peut être pas valable partout en Afrique.

Si vous avez les moyens financiers, vous pouvez décider de les utiliser, mais l’expérience montre que pour l’instant les parcours de réussite dans l’écosystème des technologies ne sont pas encore bien établis A quoi bon prendre donc un si grand risque ?

Une fois que vous avez choisi votre statut juridique et que vous avez pu avoir l’autorisation d’exercer, sachez qu’a partir de cet instant vous devrez faire face à de nombreuses difficultés typiques à l’Afrique. C’est le cas des moments d’indisponibilité du réseau internet, des chances presque inexistantes de remporter une appel d’offre. Mais lorsque vous abordez ces difficultés avec philosophie, vous pouvez facilement réussir car en Afrique quoi qu’on dise, certaines choses vont très vite. Et beaucoup plus vite que partout ailleurs.

Les Parts de marché de souscripteurs au mobile pour MTN, orange, Moov, Comium et Green en Côte d’Ivoire

Le monde de la téléphonie mobile en Côte d’Ivoire à connu un nouvel entrant ces dernières semaines. Il s’agit de AirCom qui se positionne avec son produit « Café Mobile« . En attendant de voir comment il compte séduire les mobilenautes ivoiriens, jettons un regard sur ceux qui se partage déjà le marché. Ci-dessous une représentation de graphique du partage du marché par MTN, Orange Côte d’Ivoire, Moov, Comium et Green au 4eme trimestre 2010.

Visiblement, MTN mène la barque avec 37% de part de marché pour un total de 5 381 000 d’utilisateur suivi de Orange qui enregistre 4 589 000 d’utilisateurs.Comium et Green ferment la marche avec respectivement 1 057 509 et 684 424 d’utilisateurs [ Source : c. Blycroft 2010 ]

 

[easychart type= »pie » title= » Part de marché des opérateurs (nombre de souscripteurs) de téléphonie de Côte d’Ivoire au 4ème Trimestre 2010  » groupnames= »MTN,Orange,Moov,Comium,Green » group1values= »37.00″ group2values= »32.00″ group3values= »19.00″ group4values= »7.00″ group5values= »5.00″ chartfadecolor= »FFFFFF »]

En terme de croissance, par rapport à l’année 2009, 26,6% de souscripteurs ont été enregistré pour l’ensemble du marché. Orange remporte le gros lot avec de 44,9% contre 21,6% pour MTN. La plus faible croissance étant enregistrée par Green (13,1%), précédé de Comium (17,6%). Ci-dessous un graphique représentant ces croissances.

[easychart type= »vertbar » height= »300″ title= »Croissance du nombre de souscripteurs au 4ème Trimestre 2010″ groupnames= »Comium, Green, Moov, MTN, Orange »  valuenames= »Année 2010 en pourcentage par rapport à 2009″ group1values= »19% » group2values= »13.1% » group3values= »17.6% » group4values= »21.6% » group5values= »44.9% »]

 

Par rapport au reste de l’Afrique, La Côte d’Ivoire représente environ 3% du marché avec 14,57 millions de souscripteurs. Le este de l’Afrique de l’ouest représentant 27% du marché africain avec 150,3 millions de souscription, contre 70% pour le reste de l’Afrique (387,76%).

ça aurait pu mal se passer

Lâché par les sponsors internationnaux à quelques jours de l’énvènement

Si vous avez déjà organisé un évènement non-commercial avec pour seules ressources les contributions des sponsors, vous devez donc connaitre cet état de stress permanent qui jusqu’au jour meme de l’évènement vous ronge. Barcamp Abidjan 2011 était très attendu par la communauté des technophile de Cote d’Ivoire. Pour anticiper nos besoins en finance, nous avons approché différentes entreprises et organisations dès les premiers jours de la préparation. Pour les éventuels sponsors, nous proposions en échange, une exposition maximale à travers nos différents canaux de publications ainsi qu’un espace sur le lieu de l’évènement. Parmi ces entreprises que nous avons approché, se trouvent les tops du web mondial. Bien d’entre elles ont accepté de sponsorisé barcamp abidjan 2011 au vu de l’audience attendu. Sauf que dans la dernière semaine avant l’évènement, ces structures nous ont laché. Nous nous retrouvions donc un peut deçu. Pire encore, financièrement, nous avions un certain vide.

Bien heureux, cette années, les quelques sponsors locaux que nous avons approché, ont tenu parole et ont rempli leurs engagements. Nous sommes très reconnaissant envers :

Le ministère de la Promotion de la Jeunesse et du Service Civique a assurer
En sponsorisant barcamp Abidjan 2011, et surtout en honorant de sa présence, Mr Alain Lobognon, Ministre de la promotion de la jeunesse, a donné une nouvelle dimension à cet évènement. D’un soutien sans faille, de l’organisation à la tenue de barcamp abidjan 2011, cette autorité a montré que nous étions en train d’agir pour l’intéret publique.

Approché grace à Twitter (son pseudo : @alainlobog), le Ministre a jouer le jeux en discutant librement et publiquement pour après nous inviter à le rencontrer dans son bureau. Lui meme, utilisateur averti de tablette, réseaux sociaux et autres technologies, a jugé opportun de nous soutenir car il reste convaincu que c’est en stimulant la communauté des technophiles que l’Afrique pourra gagner son paris dans cette nouvelle ère numérique. Nous saluons donc cet accompagnement grace auquel nous avons pu sortir l’un des intervenants, Francis Pisani, d’un soucis lié à son visa d’entrée en Cote d’Ivoire. Et comme pour nous garantir notre future collaboration, le Ministre nous a assuré que pour la prochaine édition, il mettra tout en oeuvre afin que nous ayons un lieu beaucoup plus grand.

Le E-commerce en Cote d’ivoire (acte 1) : Ce qu’il faut savoir

Malgré son presque million d’utilisateurs de l’internet, la Cote d’Ivoire est l’un des grands absents du commerce en ligne de l’Afrique. Après 3 ans d’échanges et d’interactions avec des internautes, des entrepreneurs, des étudiants et des compagnies disant fournir des moyens de paiements, j’ai décidé de partager quelques informations que j’ai pu recueillir ici et là.

Loin du reste du monde

C’est la situation dans laquelle la Cote d’Ivoire se trouve lorsque l’on considère le commerce « internationale » en ligne. Un habitant de la Cote d’Ivoire n’a accès à presqu’aucun moyen de paiement en ligne populaire. Il est ainsi impossible pour un résident de la Cote d’Ivoire de créer un compte Paypal même dans le cadre d’une activité légale. C’est une restriction volontaire de Paypal pour se « prémunir des risques de fraudes » qui sont très élevés en Cote d’Ivoire.

Et lorsque vous n’avez pas accès à Paypal, vous n’avez pas accès à Ebay, Amazon, …. Et si vous n’avez pas accès à ces services, vous n’avez donc pas accès à ce qu’il y a de mieux dans le commerce en ligne.

Si vous ne souhaitez pas utiliser ces grosses plateformes, mais que vous préférez créer la votre, le problème reste inchangé car vous n’aurez pas la possibilité d’avoir un compte marchand chez paypal. La question qui vous vient surement à l’esprit est : « comment puis-je alors vendre en ligne si je n’ai pas la possibilité d’utiliser paypal ? ». Nous aborderons cette question plus bas. Mais avant, place à un non-problème qui pour certains représente un frein.

La logistique et le système d’adressage

C’est bien connu que pour le e-commerce, il faut une adresse de facturation et surtout une autre pour la livraison. Cette dernière est la plus importante lorsqu’il s’agit de produits matériels. Si vous achetez de l’audio (une chanson du groupe Magic Système par exemple) vous n’avez pas besoin que l’on vous le livre à domicile. un simple clique pour le téléchargement vous suffirait. Par contre si vous tombez sur une belle occasion d’appareil électroménager, vous apprécierez qu’il vous soit livré chez vous à la maison. Pour cela il faut que le livreur ait un moyen aisé de trouver votre domicile.

Dans les pays industrialisés, cela ne constitue pas un problème. Mais dans plusieurs pays sous-développés tel que la Cote d’Ivoire, cette situation devient rapidement un problème. Pourquoi ? Parce qu’il n’existe tout simplement pas de système d’adressage efficace. Les rues ne possèdent ni noms, ni numéros. Dans les premières communes d’Abidjan, certaines rues ont eu la chance d’avoir un nom, mais cela reste marginal.

J’ai donc commencé par traiter cette situation de non-problème car force est de constater que d’énormes progrès on été fait. Vous pouvez vérifier de vous meme la cartographie de la Cote d’Ivoire sur le google Map. Des numéros ont été alloués aux rues. Je ne pourrai vous dire si ces derniers sont du fait des autorités ou de l’initiative entrepreneuriale de Google. Parallèlement, des personnes ont déjà prouvé que le système de points relais est efficace et adapté. Il s’agit, par exemple, de livrer les colis concernant une zone ou un quartier à un point très connu de ce quartier. On pense souvent à un super-marché ou à une pharmacie. C’est donc une opportunité pour des entrepreneurs. Il suffit de développer cette idée (qui fonctionne) et d’y rajouter de la valeur pour avoir une solution à ce problème d’adressage qui soit utile et fonctionnelle.

Que peut-on vendre en ligne aux ivoiriens ?

A la question de savoir s’il y a matière à vendre en ligne, je vous réponds en vous indiquant deux groupes facebook qui rien qu’à leur nombre de membres et les interactions de ces derniers, nous donner une réponse affirmative.

Ces groupes facebook sont de véritables Craig-list locaux. Vous y trouverez de tout. Du peigne à cheveux à la dernière Audi. Si vous y faites un tour, il y a de forte chance que vous y passiez du temps, rien qu’en lisant les conversations (sous forme de commentaires) des membres lorsqu’ils font des négociations. Il y règne même un langage bien originale. Vous diriez par exemple « ordinateur portable nouveau dans carton » pour dire « ordinateur portable neuf dans son emballage ». Vous avez  une variante commerciale du Nouchi (l’argot ivoirien) qui est utilisée par les habitués. Mais attention là aussi, vous trouverez des spéculateurs.

Grace à ces deux groupes facebook susmentionnés, il est évident qu’il y a matière à vendre. Mieux, suite à une conversation que j’ai eu l’an dernier avec des contacts sur facebook, nous avons pu établir que l’on peut tout vendre mais à condition que les tarifs en ligne soient beaucoup plus bas que ceux que l’on trouve en boutique. Car ce qu’il faut savoir c’est que, aller jusqu’à la boutique est un plaisir pour l’ivoirien moyen. Surtout s’il s’agit d’une grande surface, c’est pour lui l’occasion de se faire « voir/remarquer ».

L’on peut aussi vendre de l’immatériel aux ivoiriens. imaginez que vous fournissez du contenu à forte valeur ajoutée. Vous pourriez éventuellement trouver un modèle assez simple pour monétiser ce contenu. De la même manière , certaines expertises pourraient être vendu aux internautes ivoiriens.

Certaines choses restent tout de même difficile à vendre en ligne en Côte D’Ivoire. Il s’agit par exemple des voitures ; à l’opposé des pays occidentaux qui possèdent quelques règles sur les ventes de véhicules. Ici, lorsque vous acheter une voiture chez un particulier, c’est un peu à vos risques et périls. Il devient donc assez risqué pour l’internaute ivoirien de se lancer à la recherche d’une voiture via le web.

Quels sites/plateformes utiliser ?

Dès lors que l’on sait que l’on peut vendre un peut de tout, il devient trivial d’avoir un site, ou une plateforme pour exposer ses produits. Les deux exemples précédents montre que facebook représente une belle opportunité pour ceux qui souhaitent vendre en ligne.

Je ne pourrai en dire autant pour twitter et les autres réseaux sociaux car les ivoiriens ne les utilisent pas encore pour la promotion de leurs activités, encore moins pour vendre. Pourtant, twitter a fait ses preuves en terme de vente et de promotion hyper-localisées. Il faudra surement encore patienter le temps que les utilisateurs prennent  la pleine mesure de cet outil.

Qu’en est-il des sites e-commerce eux même ? il y a ici et là quelques initiatives. c’est le cas du site Shopping du portail abidjan.net (http://shopping.abidjan.net/). Pour ce dernier, lorsque vous regardez de près, vous vous apercevez qu’il est nécessaire d’être en possession d’une certaine unité (monnaie interne) pour y faire vos achats. Ces unités sont à acheter au préalable. On voit donc déjà que cela peut créer un blocage au niveau de l’utilisateur. Si Paypal était, par exemple, disponible dans ce pays, ce système d’unité n’aurait pas sa raison d’être. Mais à défaut, c’est un moyen ingénieux qui a été trouvé pour que les choses se fassent.

Nous avons donc, en fasse de nous un problème très important pour lequel la solution actuelle reste presque inadaptée , si l’on pense à l’implémenter à grande échelle. Le problème du moyen de paiement est finalement le dernier obstacle au commerce en ligne en Cote d’Ivoire, du moins de mon point de vue. Nous avons montrez plus haut que la livraison ne posait plus de problème. Aussi, avons-nous illustré le fait qu’il y a de la matière. Les sites/plateformes sont finalement des choses à la portée de certains développeurs locaux. A défaut, il y a toujours la possibilité d’utiliser des sms dédiés au commerce en ligne. Mais une fois que tout ceci est réuni, comment l’utilisateur pourrait payer et comment le marchand pourrait encaisser ?

Paypal est-il le seul moyen de paiement ?

La réponse est « non » ! Paypal n’est pas le seul moyen de paiement, mais c’est le moyen le plus abouti. Et c’est celui qui s’interface avec le plus de cartes bancaires. C’est aussi celui qui est le plus sécurisé. Depuis quelques années, de nombreuses alternatives à Paypal ont émergées. Ainsi, dans certains pays du tiers-mondes, ces solutions ont été adoptées et fonctionnent très bien. Pourquoi pas en Cote d’Ivoire ?

Bien souvent une volonté politique a favorisée l’adoption de ces moyens. Mais nous devons tout de même, reconnaitre que ces moyens sont aboutis. C’est le cas de M-Pesa au Kenya.

Un moyen de paiement électronique abouti dans le cadre du commerce en ligne, implique que son intégration sur les différentes plateforme soit aisée. Cette facilité d’intégration sur les plateformes est garantie par ce que l’on appelle une API.

Qu’est ce qu’une API et pourquoi en avons nous besoin ?

Une API par définition est une Interface fournie par un programme informatique. C’est donc quelque chose qui permet d’interagir avec un programme/système informatique. Elle donne la possibilité à celui qui veut l’utiliser d’écrire des programmes (éventuellement) selon une structure prédéfinie afin que ces derniers puisse échanger/consulter les informations du système qui l’expose. Ainsi donc, c’est parce que Paypal expose une API qu’il est très aisé de l’intégré sur les sites web ou sur d’autres systèmes informatiques. Il faut savoir aussi que le principe d’API implique une prise en charge de la sécurité (éviter les accès avec de mauvaises intentions). En général vous ne pourrez accéder qu’à un certain type d’informations bien identifiées.

Vous comprenez donc, que pour tout concurrent ou alternative à paypal, il est primordial de posséder une API pour facilité sa vulgarisation au sein de la communauté des webmasters. De plus, le webmaster n’est pas sensé s’y connaitre en technique. C’est pour cela qu’il doit exister un système de code à placer dans un formulaire prédéfini de sorte que le site utilise l’API en toute transparence pour le webmaster. Dès lors, le webmaster n’aura que 5 minutes de travail à faire pour utiliser une plateforme de paiement. Juste le temps de rajouter les codes qui l’identifient dans tous les systèmes de paiement. Il pourra alors rajouter autant de systèmes de paiement possibles, pour couvrir le maximum d’utilisateurs. Et tout ceci sans avoir à connaitre le moindre programme informatique.

Quels moyens de paiement électronique pour le webmaster ivoirien ?

S’il existe des alternatives à Paypal, sont-elles à la portée du webmaster ivoirien ? non. Laissez-moi vous présenter ce que nous avons et je pense que vous conviendrez avec moi que ces moyens ne sont pas à la portée des webmasters ivoiriens.

  • MTN Mobile Money : Lorsque vous vous rendez sur le site de l’opérateur mobile jaune, vous pouvez lire « Mobile Money est le nouveau service de MTN qui vous permet de recevoir et d’envoyer de l’argent à moindre coût partout en Cote d’Ivoire … ». Si ce service s’appelait « MTN Money Transfert », je pense qu’il ne porterait pas à confusion. Nous sommes donc plus en face d’un moyen de transfert d’argent que d’un moyen de paiement électronique, qui pourrait servir au commerce en ligne. Mais attention, ce service qui n’est pas venu avec la prétention d’être « un moyen de paiement électronique », permet tout de même d’effectuer des achats chez des marchands (physique). Tout se passe donc comme, si l’acheteur effectuait un transfert d’argent de l’acheteur vers le marchand. Les transactions étant plafonnées à 300 000 Fcfa pour des frais maximum de 4000 Fcfa. Et ça marche dans le monde physique ! Qu’en est-il de la vie en ligne ? Et bien, les choses ne fonctionnent pas « comme elle devraient ». L’on ne peut intégrer ce fonctionnement à un site web. Le principe du transfert d’argent de l’acheteur vers le marchand ne peut donc être utilisé « aisément » par le webmaster lambda. Si vous avez bien suivi le chapitre sur les API, on est en face de quelque chose qui ne possède finalement pas d’API. J’ai eu a échanger avec des responsables de MTN Money, qui ont essayé de me faire croire qu’une API existait, qu’il traitaient les sites marchands au cas par cas. Je vous laisse faire votre propre jugement, lorsque vous savez que le principe même de API implique que l’on ne se souci pas de l’entité qui l’utilisera. Normal, vu que tout est balisé et la sécurité est prise en charge au moment de la mise à disposition de l’API.
  • Inconvénients pour le e-commerce : restreint aux utilisateurs de mtn, indisponibilité d’une API
  • Orange Money : nous sommes dans le même schéma que le celui de MTN. Ces deux solutions s’appuient sur des banques identifiées à cet effet par la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest( BCEAO).
  • Inconvénients pour le e-commerce : restreint aux utilisateurs de orange, indisponibilité d’une API
  • Celpaid : Lorsque j’ai découvert Celpaid pour la première fois, je me suis dis : « ça y est, nous avons notre moyen de paiement ». Mais en poussant un peu mes investigations, je me suis rendu compte que j’étais en face de quelque chose qui à mon avis aura du mal à séduire les webmasters. Je comprendrai donc que cette solution ne vise pas ces webmasters. Qu’est ce que c’est que Celpaid ? c’est un moyen de paiement électronique, un vrai, qui utilise une technologie mobile basée sur le son. ça se complique ! En effet, lorsque l’acheteur désire payer, il sort son téléphone mobile, que lque soit son réseau téléphonique, rentre son code, puis envoie une requête de paiement. Il doit alors attendre de recevoir un appel automatique. C’est à ce moment-là qu’il doit rapprocher son mobile du terminal de paiement du marchand. Une communication s’établie entre le terminal de paiement et le mobile. Et la transaction est par la suite validée ou annulée. Et c’est la même chose avec l’ordinateur. Il faut que l’acheteur rapproche son téléphone des enceintes de l’ordinateur. Imaginez que votre ordinateur ne possède pas d’enceinte ni de casque ou même de carte son, vous ne pourrez pas utiliser Celpaid.
  • Inconvénients pour le e-commerce : usage du son – process trop compliqué.
  • E-Tranzact : reste la solution qui aurait pu challenger efficacement Paypal. Il s’agit d’une solution technologique (dans le style de visa et mastercard) qui s’appuie sur des banques pour leur fournir des cartes bancaires prépayées. Lorsqu’un webmaster souhaite l’intégrer, il est dans l’obligation de contacter l’équipe technique de e-tranzact qui doit lui fournir des fichiers à installer sur le serveur du site. En gros un travail énorme pour un webmaster censé ne pas s’y connaitre en technique. Aussi , pour que l’utilisateur puisse payer sur le site du webmaster, il doit être en possession d’une carte bancaire e-tranzact. Une solution mobile avait été envisagée avec l’un des opérateurs de téléphonie de la place (ce n’est ni Orange, ni MTN) afin que les utilisateurs puissent effectuer des opérations avec leurs mobiles.
  • Inconvénients pour le e-commerce : intégration lourde pour le webmaster – nécessitée de posséder une carte e-tranzact pour l’acheteur.
  • Les cartes prépayées de Visa : Même si vous avez une carte visa, vous êtes dans l’impossibilité d’utiliser Paypal.

 

Pour finir

A travers ces lignes, j’ai souhaité attirer votre attention sur le fait que nous avons un dernier réel problème qui empêche la vulgarisation du commerce électronique en Cote d’Ivoire : les moyens de paiements. Tant que nous n’en aurons pas un digne de ce nom, le e-commerce aura du mal à décoller. En attendant, si chacun des acteurs cités ici prenait la peine de fournir une API correcte pour facilité l’intégration, ce serait déjà un premier pas.

Une autre solution serait que tous ce mettent d’accord pour utiliser une solution telle que E-tranzact. Les banques devraient ainsi accepter de distribuer des cartes à leurs clients. On se retrouverait ainsi a avoir un commerce électronique interne dynamique qui obligeraient les partenaires externes à s’aligner. La encore il faudrait que la société e-tranzact fournisse une API solide pour permettre aux développeurs de créer des solutions mobiles. Car je ne crois pas en la carte bancaire pour l’africain. Du moins pas avant de très longues années. Mais, qui dit solution mobile dit Compagnies de téléphonies mobiles. A l’analyse de tout ce qui se passe, elles n’ont visiblement aucune intention d’autoriser des développeurs à produire des applications ou solutions innovantes capables de fonctionner dans leurs réseaux. Voyez-vous même à quoi sommes-nous  réduits ?

La solution ultime serait que l’autorité oblige les opérateurs de téléphonie a permettre aux applications des développeurs tiers de fonctionner dans leurs réseaux. Ce qui impliquerait une mise à disposition d’une API (y compris celle pour les paiements mobiles) solide. La vie serait alors plus facile. Mais il faut être en Afrique pour réaliser que les choses les plus simples sont souvent complexifiées par un groupe de personnes. On peut même se demander les objectifs de ces personnes.

En attendant, la Cote d’Ivoire passe à coté d’une opportunité jamais égalée. C’est une opportunité du fait que le commerce en ligne pourrait générer de nouveaux entrepreneurs donc de nouveaux emplois. Un autre avantage du e-commerce est la réduction du nombre de déplacements des potentiels clients.