Vous devrez investir dans mon projet

Vous avez décidé d’entreprendre dans l’industrie de l’internet et du mobile (idem pour tout autre industrie), malgré vos moyens limités. Vous serez donc un jour ou l’autre emmené à rechercher des investisseurs. Ces investisseurs reçoivent des centaines de dossiers comme le votre tous les mois. il vous faudra donc être convainquant pour qu’ils vous suivent. Vous passerez donc une partie de votre temps à demander à ces investisseurs d’investir dans votre projet. Pour cela, il vous faudra certains éléments tel que votre « Elevator Pitch » qui emmènera un investisseur potentiel à vous accorder un rendez-vous suite à un premier contact que vous n’aurez peut être pas prévu.

Daymond John - (Crédits photo : inc magazine)
Daymond John – (Crédits photo : inc magazine)

Il ne s’agira pas seulement de dire à ce dernier « MR X, vous devriez investir dans mon projet parce qu’il est bien et va rapporter beaucoup d’argent« . Il faudra vous démarquer des autres entrepreneurs par des arguments pertinents et plein de sens lors de ces deux minutes que la chance, Dieu, vos gris-gris, … ont bien voulu vous accorder. Vous devrez donc dire :

  • Ce qu’est votre produit/service

Il n’est pas question de vous lancer dans une explication technique sur le fonctionnement de votre produit. Mais plutôt dire en une ou deux phrases ce à quoi il sert, le problème récurent qu’il vient résoudre et les personnes concernées par se problème. Ainsi vous pouvez par exemple dire que « J’ai mis en place un système qui permet de mettre à disposition des informations sur les véhicules importés d’Europe vers l’Afrique. Ce système sera utilisé par les importateurs de véhicules africains qui passent beaucoup de temps à rechercher la bonne affaire une fois en Europe.« .
On comprend là que vous venez résoudre un problème relatif à l’industrie automobile dans une région qui possède essentiellement des voitures et pièces importées. Vous agissez par la même occasion sur l’industrie du transport et de la logistique. Cet exemple vient juste de me passer par la tête mais je pense qu’il peut représenter un énorme business. Libre à vous de l’exploiter.

  • Pourquoi est ce que les gens utiliseraient votre service ?

Il y a moins de trois semaines, le géant google a décidé d’arrêter le développement de son service « Wave » qui représente une belle démonstration du savoir-faire des ingénieurs de la firme de Montain View. L’une des raisons de cet arrêt est que ce service n’a pas trouvé son publique.

Vous pouvez donc mettre en place quelque chose de révolutionnaire, mais si personne n’en voit l’utilité alors aucun investisseur ne vous accompagnera. Il faut donc pouvoir expliquer à cet investisseur que vous avez rencontrer (sans être préparé), les raisons pour lesquels des gens accepteraient d’utiliser votre service. En restant dans notre exemple on pourrait dire  : « Les importateurs de voiture accepteront de payer un abonnement à mon service car ça leur permettrait d’anticiper sur les types de voiture les plus demandées. Ils agiront ainsi de manière efficace sur le taux d’invendus de leurs parcs. »

Bien sûr des raisons encore plus pertinentes peuvent être évoquées. Dans notre cas l’idée de ce système n’a que quelques minutes d’existence donc on peu se dire que l’on peu faire mieux.

  • Si votre produit/service rapportera de l’argent

C’est très simple. Un investisseur doit être vu comme une boite noire dont la sortie a pour objectif de multiplier l’entrée par 5, 10 voir 100. Si vous ne pouvez pas justifier et garantir ce résultat alors aucun investisseur sérieux ne vous suivra. La sortie n’est pas obligatoire au bout de quelques mois. Bien au contraire elle est souvent prévue pour au moins la 3ème ou la 5ème année.

Il vous faut donc avoir testé à petite échelle la rentabilité de votre produit. Dans notre exemple, l’on pourrait se rapprocher des professionnels de l’importation de véhicule à Abidjan et leur proposer quelques informations que l’on aura pris le temps de recueillir. S’il paient alors l’on n’est pas loin de quelque chose de rentable. Il s’agit aussi de s’assurer que le temps, l’énergie, et l’argent que l’on dépense pour recueillir ces informations est largement en dessous de ce que l’on gagnera.

  • Votre stratégie vis-à-vis de la concurrence

Il arrive que certains entrepreneurs croient qu’ils n’ont pas de concurrence. Il faut pourtant savoir que la concurrence peut être directe ou indirecte. Elle est toujours positive à mon sens car elle permet d’améliorer le service. Elle peut aussi naître à la suite du lancement d’un nouveau produit ou concept. Finalement il existe toujours une concurrence. Et c’est à vous l’entrepreneur d’expliquer à l’investisseur ce que vous pensez faire de cette concurrence telle qu’elle fut. Dans notre exemple on pourrait penser a des concurrents qui feraient la même application. Dans ce cas au moment de signer avec les professionnels de l’industrie cible on pourrait leur demander l’exclusivité sur certains modèles de voiture que nous aurons préalablement identifié comme très demandés par les clients de ces professionnels. Bien entendu nous serons disposer à offrir un service supplémentaire que nous pourrons facilement définir en prenant en compte leurs besoins quotidiens.

Enfin, il faut garder à l’esprit que plus la plupart des investisseurs parient plus sur l' »Homme » que sur le produit. Pour eux c’est l’entrepreneur qui est capable de faire le succès du produit. Et donc votre engagement et votre capacité à réagir sont deux facteurs déterminants au moment de choisir de vous accompagner ou pas. N’hésitez donc pas à présenter vos initiatives antérieures à votre projet. Elles peuvent constituer des preuves de engagement vis-à-vis de vos projets ou même des éléments justifiant votre capacité à trouver des solutions face à des obstacles.

La prochaine bulle technologique sera mobile dans une vallée d’AfriqueLa prochaine bulle technologique sera mobile dans une vallée d’Afrique

Il faut ne pas être de ce monde pour ignorer ce que j’appellerai la « mobilisation » qui nous envahit. Tout devient question de mobilité. Les appareils, les plateformes, les applications. L’opportunité est donc bien réelle et encore plus en Afrique. Et comme tout secteur porteur, le mobile commence à voir sa bulle spéculative se dessiner.

Les bulles sont le symbole d’une ruée vers un secteur porteur ou tout simplement à la mode. Mais quand elles éclatent, elles génèrent beaucoup de malheur. Et se sont ceux qui ont le moins de connaissance du domaine en question qui subissent le plus. Bien souvent à partir de mauvais conseils ils ont investir dans des société/projets qui n’avaient presque pas de chance d’être rentables ou souscrit à des OPA en carton.

Evan Williams (créateur/co-créateur de Blogger et de Twitter) disait : “There are a lot of good ideas out there, but not all of them need to be a company.” Ce qui donne à quelque chose près : « il y a beaucoup de bonnes idées ici, mais toutes n’ont pas nécessairement besoin de se transformer en entreprise/société/business ».

La dernière bulle technologique, connue sous le nous le nom de « dotCom bubble » (la bulle des point-com) à fait des dégâts énormes. Au vu des dernières innovations je peux définitivement dire qu’une révolution technologique se prépare. Et nulle doute qu’elle sera liée au mobile. il ne s’agit pas de téléphone mobile uniquement ou d’ordinateur portable. Il s’agit de nouveaux usages de ses appareils qui oscillent entre le smart-phone (serait-il déjà has-been ?) et l’ordinateur. l’ipad est surement le pionier. Mais les autres constructeurs ont déja des prototypes aboutis.

Même si avec les smartphone l’on peut peut plus ou moins utiliser l’Internet, avec ses nouveaux appareils, se sera une commodité. Des entrepreneurs tel que Christian Geissendoerfer, créateur de Yoose (application qui permet de collecter/utiliser des coupons avec le téléphone portable. et qu’il m’a fait tester en 2008) vont enfin voir leur efforts récompensés au meilleur prix.

L’Afrique dans tout cela ? Avec plus de 10% des 4 milliards d’utilisateurs de téléphone portable dans le monde le continent africain reste le dernier réservoir de clientèle non fournie. C’est aussi la région ou la croissance est à deux chiffres avec un taux de pénétration d’environ 40%. Cela induit deux choses. La première c’est qu’il y a encore de la marge pour vendre des appareils. Et la seconde encore plus intéressante est que tout reste à faire en terme d’application. Une aubaine pour les entrepreneurs locaux (y compris ceux qui on le moins de moyen financier). Les quelques chiffre de Gartners en disent long (voir les statistiques à gauche).

Avec les applications, pas besoin de beaucoup de moyen pour les mettre en place. Et donc dans quelques temps de nombreux développeurs africains pourraient se transformer en entrepreneurs pour saisir l’opportunité. D’ailleurs chez AlldenY nous prédisposons nos applications à des version mobile. Il s’en suivra un effet de masse et donc des investisseurs ignorant le contexte mais convaincus par les succès des premières applications. Tout sera réuni pour voir fleurir une bulle spéculative dans une silicon valley à l’africaine. Elle sera surement différente par le fait qu’elle se trouvera dans différents pays (Kenya, Afrique du sud, Nigeria, Ghana) en même temps. La Côte d’Ivoire n’a pas encore dit son dernier mot et donc sera surement au rendezvous.