Pourquoi je suis retourné « au pays » pour entreprendre [1/2]

Si vous êtes africain de la diaspora, et que vous souhaitez entreprendre “AU PAYS”, je ne peux que vous y encourager. En Afrique, il y a tellement de choses à « Faire » que les opportunités pour entreprendre ne manquent pas. Mieux, dans bien de domaines la compétition reste tellement faible qu’avec un minimum d’audace et de sérieux, vous avez toutes les chances de réussir. Réussir oui, mais à condition de comprendre et maîtriser l’environnement dans lequel vous évoluez.

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Ayant moi même entrepris en Côte d’Ivoire, j’ai pu identifier certains des éléments qui favorisent le succès, et ceux qui risquent de diminuer vos chances de réussite. Ces choses que j’ai identifié à partir de mon expérience personnelle, je souhaite les partager avec vous sous forme de recommandations. Bien qu’elles ne soient pas dans l’absolu, exhaustives et applicables à tout le monde et dans tous les pays, je pense qu’elles constituent un bon point de départ.

De 2005 à 2008 j’ai travaillé en tant que développeur d’applications puis ingénieur d’études et développement sur les technologies Java/J2E liées au mobile et au Web. En gros dans le monde de l’édition de logiciel. Cela m’a permis de découvrir et de maîtriser (pour certains) les domaines fonctionnels des Télécoms, de la banque-finance, de l’énergie, du transport et des médias. Après ces 3 années, j’ai décidé de créer ma propre boite.

Plus jeune, j’étais plutôt entreprenant. J’ai commencé certaines choses à l’école primaire, au collège, au lycée et pendant mes études universitaires. Mais jusque là, il s’agissait d’initiatives sans risque financier ou d’actions bénévoles dans le monde associatif. Donc rien qui ait pu faire de moi un entrepreneur. D’ailleurs durant toutes ces années, je rêvais de devenir « Mathématicien » ou encore « Medecin ».

Je trouvais (et aujourd’hui encore) à ces métiers une certaine noblesse et une capacité à « apporter de la valeur dans la vie des autres ». J’étais fasciné par les expériences de Sigmund Freud et les recherches des grands prix de Mathématiques et de physiques, qui grâce à eux l’on arrivait à résoudre de nombreux problèmes du quotidien. Peut être avais-je été complètement absorbé par cette série d’encyclopédies que m’avait offertes ma mère. Ces 5 gros livres verts traitaient des travaux de mathématiciens, philosophes et physiciens. Mais à l’époque, je ne pensais pas un seul instant que ces livres avaient une influence sur moi, tant je m’en détachais après mes petites séances de lecture.

Monter ma boite en région Parisienne fût assez facile grâce à une formation délivrée par la Chambre de Commerce de Créteil. 5 jours à apprendre les bases de la gestion d’une SARL m’ont permis de mieux appréhender des notions telles que la capitalisation, , …., la TVA et la valeur financière d’une entreprise. Après cette instructive formation, je n’avais juste qu’à suivre les instructions et fournir les différents documents nécessaires à l’enregistrement de mon entreprise.

Il est vrai que lorsqu’on est Ingénieur d’Etudes dans le domaine du logiciel (surtout dans les technologies Java/J2E), on gagne plutôt bien sa vie. Et même si l’on souhaite créer son propre business, on est tenté de passer quelques années à économiser pour se mettre à l’abri d’un éventuel échec. Surtout lorsqu’on est jeune, africain et qu’on sait qu’on a de la chance d’avoir un tel emploi dans un contexte économique défavorable.

Pour ma part, après 3 ans en tant qu’employé, j’estimais que je n’avais plus une seule minute à perdre. Le pire, c’est que lorsque j’ai commencé mes démarches administratives pour l’ouverture de ma boite, je me suis dit « … Mais pourquoi n’ai-je pas commencé 5 ans (avant de finir les études) plus tôt … ». Je reviendrai sur mon expérience d’entrepreneur en France dans un autre billet.

Contrairement à l’aisance avec laquelle j’ai pu crée mon entreprise en France et avoir mes premiers contrats, lorsque j’ai décidé de faire la même chose Côte d’Ivoire, j’ai dû surmonter de nombreux obstacles auxquels je ne m’attendais pas du tout. J’ai alors eu à passer ce que j’appelle mon « MBA du TERRAIN en Afrique – option Entrepeneuriat dans les Technologies ».
En effet, je me suis toujours dit qu’il me faudrait au moins 3 ans pour comprendre parfaitement l’environnement dans lequel je souhaitais m’aventurer. Je suis ainsi parti sur la base selon laquelle aucune formation académique ne pourrait me faire atteindre cet objectif. J’ai donc fait la démarche en allant “sur le terrain”. Et au lieu de rester spectateur, j’ai lancé la société AllDenY et initié l’Ong Akendewa à Abidjan (Côte d’Ivoire). Cet article que vous lisez en ce moment fait donc partie d’une série qui concerne ce que j’ai vécu et ressenti lorsque je mettais en place AllDenY. Je reviendrai sûrement sur le parcours d’Akendewa dans une autre série d’articles.

La découverte de Yopougon, la cité ivoirienne

Tout à commencé en Novembre 2007. Je revenais pour la première fois en Cote d’Ivoire après 7 ans d’absence. Pour ce retour, j’ai passé 3 semaines à Yopougon (Abidjan). Ce fut une très belle expérience car la commune de Yopougon est assez particulière. J’estime que c’est la commune qui représente le mieux la Côte d’Ivoire.
Jusqu’à ce que j’obtienne mon Bac pour ensuite partir en France, j’avais vécu successivement à Aboisso (l’endroit ou je suis née, dans le sud-est de la Côte d’Ivoire), Treichville (Une commune d’Abidjan), Marcory (Une commune d’Abidjan), Plateau (Une commune d’Abidjan), à Séguéla (dans le nord du pays), à Tiapoum (petit village dans le sud-est de la cote d’ivoire, faisant frontière fluviale avec le ghana), à Adjamé (Une commune d’Abidjan) et aux 2 Plateaux. Ha, ça en fait des déménagements ! Avant de quitter la Côte d’Ivoire je n’avais donc pas connu la Commune de Yopougon sauf quand il fallait que j’aille rendre visite des amis.
 
Pourtant pour ce premier retour « Au Pays », j’avais décidé d’y vivre. Pourquoi Youpougon ? Tout simplement, parce qu’à mes yeux, cette commune d’abidjan est un modèle réduit de la Côte d’Ivoire. Les quartiers sont le reflet des régions ivoiriennes. Yopougon est une ville dans la ville. Il faudrait surement que j’y consacre un post pour parler de l’activité importante des petites entreprises et des commerces.

 

Il y a des choses à faire

Avant de quitter la Côte d’Ivoire, je me souviens que lorsque je parlais d’internet à mes proches, pour eux, c’était quelque chose de lointain, et propre à l’occident. Mais en 2007, j’ai redécouvert une Côte d’Ivoire dans laquelle tout le monde parle de technologies. Principalement grâce à la forte pénétration du mobile et aussi, malheureusement, à cause de la cybercriminalité. Au vu de cet engouement que j’avais constaté, je me suis dit qu’il y avait quelque chose à faire dans le domaine des technologies de l’internet et du mobile.

Il existait (et il en existe de plus en plus) certes de grandes entreprises de téléphonie mobile, des boite de télécommunication, des PME spécialisés dans l’intégration de solutions, mais ce qui manquait :

  • Un véritable écosystème d’entrepreneurs qui innovent dans l’applicatif ou dans les contenus locaux
  • Des formations pointues à l’issue desquelles, les apprenants seraient tout de suite opérationnels
  • ….

Bien entendu, ce sont des choses qui peuvent paraître évidentes pour certaines personnes qui côtoient certaines réalité au quotidien.

Malheureusement, je n’avais pas vraiment le temps d’en savoir plus sur l’environnement local car étant venu pour des vacances, mon séjour n’a duré que 3 semaines. Je me suis donc promis de revenir « Au Pays » assez rapidement. Du coup, l’année qui a suivi, sans grands moyens, j’ai décidé de créer une start-up en Côte d’Ivoire en espérant faire des bénéfices assez rapidement.

J’avais un projet de base qui consistait en une grande plateforme social d’information. Mais parallèlement, pour vivre et faire vivre les personnes qui travaillaient avec moi, la boite avait une seconde activité en attendant que le projet de base soit terminé et mis en production. Cette seconde activité consistait à mettre à disposition de mes clients européens une équipe de développeurs basée à Abidjan. Rien d’innovant vu que les modèles d’out-sourcing sont déjà standardisés. Pourtant cette activité a rapidement tourné à l’échec. Ce fut même une catastrophe. J’en parlerai dans un article dans cette série.

Au vu de cet échec, j’ai décidé de concentrer mes forces sur les besoins locaux. Et c’est à partir de cette décision que mon apprentissage véritable du terrain (africain) va commencer.

….. (à suivre « de très près »)

 

Financez votre projet grâce à vos clients

Si comme moi vous savez que les banques et les organismes de crédit ne sont pas toujours disposés à vous aider à financer vos projets, il vous reste tout de même une multitude de solutions.

Les classiques
Pour certains les proches constituent un soutien non négligeable. Les économies peuvent y passer pour ceux qui ont eu l’occasion d’épargner. Les Business-Angels et les VCs (Capitaux Risqueurs) restent une solution, lorsqu’ils pensent (ils ne détiennent pas toujours la vérité) que votre projet aura du succès. Qu’est ce qui vous reste lorsque vous n’êtes dans aucun de ces cas ? Et bien, il vous reste vos clients !

Le client investisseur
Si votre objectif est de vendre un logiciel que vous êtes en train de concevoir, vous pouvez en attendant fournir des services de maintenance de haute qualité à des entreprises qui sont dans le besoin. Nous sommes ainsi d’accord que si vous vous dites capable de créer un logiciel, alors maintenir des existants devrait être un jeux d’enfant pour vous. Vous ferrez ainsi rentrer de l’argent et par la même occasion vous fidéliserez les premiers clients/utilisateurs du logiciel que vous êtes sur le point de lancer. Bien entendu vous devez leur montrer qu’ils sont privilégiés en leur permettant de tester votre solution en avant-première.

Vous avez surement des doutes sur ce que j’ai avancé, mais si vous osez demander à ces clients de financer une (ou toute) partie de votre logiciel en question, vous obtiendrez très peu de refus. Ils s’agit là de leur présenter un vrai plan sur une certaine période afin de leur montrer que vous avez de la suite dans les idées. Ils seraient si ravis de savoir la sortie de ce logiciel à forte valeur ajoutée (car venant de vous) qu’ils seront près à vous donner ce coup de pousse financier. Vous aurez tout simplement transformé vos clients en Investisseurs. La bonne nouvelle c’est que ces derniers vous mettraient moins de pression que des VCs ou BA traditionnels et les négociations pour les prises de part seront beaucoup plus faciles.

J’ai parlé de logiciels mais ceci s’applique à presque toutes les activités avec des adaptations. Demandez-vous si vos clients sont disposés à se constituer en investisseurs pour l’un de vos projets et vous aurez une indication sur votre capacité à fournir un service de qualité ou un produit qui répondrait aux attentes des potentiels clients.

Les Afritechpreneurs à l’oeuvre : Introduction

Afritechpreneur, n’est pas un terme présent dans les dictionnaires. C’est une contraction de « Entrepreneur des Technologies en Afrique », que j’ai crée de toute pièce pour désigner une personne qui entreprend en Afrique dans le domaine des technologies.

Pour que naisse un environnement dynamique pour l’industrie des technologies dans un pays, une région, une ville, il faut 4 choses :jpehouman : les afritechpreneurs à l'oeuvre

Si un jour la Cote d’Ivoire souhaite prendre part au concert des nations africaines qui pilotent la machine technologique sur ce continent, elle doit tout mettre en oeuvre pour que ces 4 éléments soient réunis et collaborent.

Des personnes ont commencé des choses et essaient de faire bouger l’industrie des technologies dans ce pays. Il devient donc important de promouvoir leur travail et surtout faire connaitre les méthodes qu’elles ont utilisé pour accomplir leurs oeuvres. C’est surement en présentant ces choses que des vocations pourront naitre assez rapidement.

Je souhaite dans cette serie de billets parler de ceux qui font bouger les choses par leur audace que l’on peut percevoir à travers les risques et les paris qu’ils prennent. C’est aussi le lieu de les confronter à leurs confrères/concurrents qui se trouvent dans d’autres région du monde. Je ne serai surement pas exhaustif, mais je ne manquerai pas de produire une nouvelle version dans quelques mois afin de vous faire découvrir encore plus de personnes aux histoires toutes aussi pleine d’inspiration, de volonté et d’audace. Cette liste m’est intimement liée car elle concerne des personnes avec qui j’ai bcp interagis. C’est aussi la liste des entrepreneurs qui échangent beaucoup avec les internautes sur les réseaux sociaux ou à travers des forums et/blog. C’est pour moi la définition meme de l’afritechpreneur.