Nous manquons de l’essentiel : le contenu

Il y a quelques mois j‘abordais dans un billet le manque de contenu africain disponible sur le web et les mobiles. Les choses n’ont pas réellement changé. Par contre le besoin est de plus en plus important. Il devient donc urgent de s’attaquer au problème par des initiatives.

La valeur se trouve dans le contenu
En 2011 les technologies sont devenus accéssibles par la plupart d’entre nous. il est très facile de se lancer dans une aventure entrepreneuriale sans se soucier de la technologie. D’ailleurs, monter un business basé sur la réalisation simple de site internet c’est presque monter un business qui ne rapportera pas. Tant les solutions du style « créer votre site en ligne en 5 minutes » sont nombreuses.

Par contre, une fois le site, la plateforme crée, il faudra penser à l’essentiel : le contenu. C’est là que ce trouve la valeur de votre site. l’on ne reviendra pas tous les jours sur votre site parce qu’il est beau ou parce qu’il implémente les toutes dernières technologies. Les internautes seront fidèles à votre site s’il y trouvent un plaisir, un enseignement, de l’humour, …, un certain intéret lorsqu’il le parcourent.

Facebook est valorisée à plusieurs milliards de dollars car on y trouve un plaisir à lire les status des un et des autres. Google est le N°1 et vaut encore plus que Facebook, car lorsqu’on y cherche des choses, on les trouve. Et pour arriver à nous servir ces contenus, il a fallu que des personnes prennent le temps pour les intégrer dans les bases de données de ces sites.

Finalement, qu’est ce que c’est ?
Le contenu, c’est donc cet ensemble d’information que l’on a pris le temps d’intégrer à un site, une plateforme, une application. Dans le cas des sites commes facebook, les concepteurs ont eu la finesse d’esprit de faire accomplir cette tache par les utilisateurs eux meme. Ce n’est pas un secret, nous travaillons tous pour facebook. Si nous ne perdions pas un peu de notre temps à écrire des status, des commentaires et à télécharger nos photos, facebook serait comme un gros bateau de croisière vide en pleine mer.

Il y a 10 ans ce sont les concepteurs des sites qui eux meme prenaient le temps de mettre le contenu sur le site. Vous savez par exemple que les fondateurs de yahoo, ont utilisé 8 mois de leur vie à travailler plus de 10 heures par jours pour mettre la description de tous les nouveaux sites qui se créaient dans une base de données. Il ont ainsi en moins d’une année constitué une énorme base de données qui a finalement pris de la valeur. Les choses ont évoluée et il existe de nouvelle manière de créer une base de données de cette envergure.

Le contenu africain pourrait etre l’actualité hyper-locale. Vous ne le savez peut etre pas, mais relater le quotidien de vos quartiers intéresse des personnes qui pour la plupart sont loin de ces quartiers. Je suis par exemple pret à parier que ce qui se passe dans le quartier d’enfance de Didier Drogba intéresse de nombreux marseillais, anglais et bientôt des chinois. De la meme manière des chiffres sur les habitudes de consommation des africains ont une réelle valeur quand on sait qu’ils pourraient intéresser des manufacturiers. Vous pouvez aussi mettre à disposition des sonorités folkloriques. Les possibilités sont nombreuses et lorsque vous vous lancerez vous en découvrirez encore plus.

Les africains doivent s’atteler à créer du contenu pour l’Afrique
Si l’on s’en tient aux statistiques de l’an dernier, le contenu africain en ligne représente moins de 10% du contenu global. Il y a donc une grosse marge de progression qui peut etre réalisée.

En créant du contenu, nous valoriserons l’industrie technologique de notre continent. Implicitement, nous attirerons les investissements étrangers qui faciliteront la naissance de nouveaux modèles économiques. Et qui dit nouveaux modèles économiques, dit emplois et recul de la pauvreté. Cela peut paraitre simpliste mais c’est une évidence et un processus logique quand on sait comment se valorise les contenus. Ce sont des choses qui ne s’appennent pas dans les grandes écoles de commerce, mais sur le terrain.

Les africains doivent se presser de créer eux meme leur propre contenu sinon quelqu’un d’autre le ferait à leur place. Et ce n’est pas sure que dans ce cas l’on aura la réalité. Les économies du monde entier sont de plus en plus intimement liées aux technologies de l’information. Et cela n’est pas pret de changer. Bien au contraire, l’on peut parier sur le fait que ces technologies prendront une place centrale dans les économies. Ainsi, si vous n’avez pas le controle de l’information qui vous concerne, vous n’aurez pas le controle de la valeur qu’elle génére. Les gouvernements prendront du temps à adopter une politique incitative, mais les entrepreneurs ont là une belle opportunité.

Cette opportunité qui engendrerait de nombeux emplois n’est pas négligeable. Il suffit de regarder ce qui se passe dans les régions du monde ayant déjà une certaine avance. En 2005 lorsque j’étais développeur d’applications mobile chez le leader français de l’époque, j’ai découverts de drôles de musiciens. Un nouveau type de musiciens qui travaillaient du matin au soir dans un studio spécial. Leur travail consistant à reprendre toute sorte de tube de sorte à ce qu’il se rapprochent des originaux (à l’écoute) tout en faisant attention aux lois liées à la propriété intellectuelle. Ces tubes étaient ensuite intégrés dans des bases de données accéssibles aux applications développées par les ingénieurs. Ainsi, l’utilisateur à partir des applications, arrivait à télécharger ces tubes pour en faire des sonneries pour leur mobile. Ou encore des ringtones qui eux remplaçaient la sonnerie entendu par l’appelant lorsqu’il essayait de les joindre. Je me souviens que c’était un véritable succès. Car bien des tubes scoraient à plus de 500 téléchargements par jour. Et quand on sait que le téléchargement vaut en moyenne 2Euros, ça va très vite.

Qui pourrait le faire ?
L’entrepreneur type qui pourrait créer du contenu pour le web ou les mobiles, c’est vous. Oui, vous et moi. Pour démarer dans le business du contenu, vous n’avez pas besoin d’avoir effectué des études spécifiques. Vous avez juste besoin de savoir ranger des informations avec un minimum de structure.

Qu’est ce que ça faudrait ?
Une fois les informations rangées, il vous restera à savoir les présenter en tenant compte des besoins des internautes ou des entreprises qui raffolent d’information. C’est aussi le lieu de rajouter de la valeur afin de les vendre encore plus chère.

Par exemple, lister les petits commerces d’un quartier est déjà pas mal. Si l’on estime que vous vendez 200frcfa chaque élément de la liste, vous pourriez monter jusqu’à 1000frcfa si vous y rajoutez une photo (meme prise avec un téléphone portable), et un numéros de téléphone fonctionnel. Vous pourriez aller encore plus loin (2000frcfa) si vous y ajoutez un comparatif. Imaginons que vous metez en parallèle le chiffre d’affaire et la localisation vis-à-vis des axes routiers centraux. Disons que vous décidez de ne plus vendre la liste mais de permettre aux intéressés de souscrire à un abonnement afin que pour chaque nouvel enseigne intégrée, ils puissent recevoir une notification. Vous avez là une nouvelle entrée d’argent qui demande encore moins d’effort.

Allez, au boulot ! Mettons l’Afrique en ligne.

La republique twitterofile de Côte d’Ivoire : les hommes politiques et les médias sociaux

Ce matin j’ai souhaité produire quelques chiffres sur les usages de twitter en Côte d’Ivoire. Je vais donc vous faire :

  • Une liste des tags les plus utilisé par les ivoiriens (avec des stats)
  • Une liste des hommes politiques utilisant twitter + facebook +blog (avec url, stats)
  • Une liste de personnes/personnalités ((hommes politiques, artistes, …)) qui gagneraient à utiliser twitter + facebook (avec ce que je pense qu’ils pourraient gagner)

Et comme pour ces choses, l’on ne peut pas y arriver tout seul, je demande votre aide. Si vous connaissez donc des profils d’hommes politiques de Côte d’Ivoire sur les réseaux sociaux, merci de les indiquer afin que nous construisons ensemble une liste représentative. Aussi n’hésitez pas à indiquer ce que vous pensez qu’ils pourraient gagner à mieux utiliser les réseaux sociaux. Enfin, si vous avez identifiés des personnalités politiques qui pourraient tirer avantages de ces nouveaux médias, merci de partager vos trouvailles avec vos propres impressions.

Les raisons pour lesquelles, les entreprises d’Afrique ne sont toujours pas sur le web

De nos jours, un site web est très important pour une entreprise. C’est un puissant outil de communication qui peut à lui seul éviter à l’entrepreneur d’investir dans les canaux publicitaires traditionnels. La présence des entreprises africaines sur le web est un facteur déterminant pour l’augmentation du contenu africain en ligne.

Mais à ce jour, le ratio d’entreprises d’Afrique présentent en ligne est très faible. Pourtant la plupart ont plus ou moins entendu parler du web. Pourquoi n’ont-elles pas encore fait le pas ? Peut être qu’elle n’en ont pas besoin. Essayons de comprendre ce qu’il en est à partir des éléments ci-dessous.

les africains ne sont pas encore sur le web

Si l’on s’en tient au données de Internet World Stats, il y a à ce jour environ 118 848 060 d’Africains sur le net. Ce qui fait 11,5% de la population totale du continent. Quand on sait que 44% (toujours d’après Internet World Stats) de ces internautes viennent du Nigeria (165 millions d’habitants, environ 15,6% de la population du continent), on comprend bien qu’il y a très peu d’africains qui ont accès au web. Un pays comme la Côte d’Ivoire n’a que 968 000 internautes pour une population estimée à 21 Millions. Avec ce faible taux de pénétration, les chefs d’entreprise peuvent considérer que le web n’est finalement pas un canal pertinent pour promouvoir une activité. Les quelques africains qui sont en ligne sont bien souvent des influenceurs.

Partons de quelques hypothèses qui sont vraies dans plusieurs régions d’Afrique :

Avec ces deux points, on peut déjà se dire que finalement les personnes ayant accès au web sont de réels influenceurs dans leur communautés respectives. Ils peuvent donc aider pour la promotion d’un produit. Ainsi, il est fort à parier que si quelqu’un qui a accès à l’internet apprécie votre produit via le web, il en parlera autour de lui. Et s’il en parle autour de lui, votre produit aura plus de facilité à se faire connaitre et à être adopté. En partant, bien sûr, du fait que cette personne soit très écoutée dans sa communauté.

TABLEAU ISSU DE INTERNETWORLDSTATS.COM – 31 Mars 2011
Regions

Population ( 2011 Est.)

Utilisateurs d’Internet 31 Décembre 2000

Utilisateurs d’Internet 31 Mars 2011

Penetration (% de la Population)

Croissance 2000-2011

 % d’utilisateurs

Afrique 1,037,524,058 4,514,400 118,609,620 11.4 % 2,527.4 % 5.7 %
Asie 3,879,740,877 114,304,000 922,329,554 23.8 % 706.9 % 44.0 %
Europe 816,426,346 105,096,093 476,213,935 58.3 % 353.1 % 22.7 %
Moyen-Orient 216,258,843 3,284,800 68,553,666 31.7 % 1,987.0 % 3.3 %
Amérique du Nord 347,394,870 108,096,800 272,066,000 78.3 % 151.7 % 13.0 %
Amerique Latine / Carib. 597,283,165 18,068,919 215,939,400 36.2 % 1,037.4 % 10.3 %
Oceanie / Australie 35,426,995 7,620,480 21,293,830 60.1 % 179.4 % 1.0 %
TOTAL Mondial 6,930,055,154 360,985,492 2,095,006,005 30.2 % 480.4 % 100.0 %

Pour l’entrepreneur africain, il est vrai que le mobile doit être une priorité par rapport du web. Mais rien n’empêche de partir du web pour « gagner » sur le mobile. On peut imaginer par exemple une promotion sur le web

  • qui nécessite l’inscription du numéro de téléphone.
  • Une fois l’inscription validée, l’internaute reçoit par exemple un SMS qu’il peut partager avec ses amis en leur envoyant à son tour des SMS.

Je vous laisse imaginer la suite si réellement le produit représente un intérêt pour les utilisateurs. Les réseaux sociaux représentent un excellent canal pour les entreprises. Avec un ton amical, elles peuvent profiter de l’interconnexion des utilisateurs pour promouvoir leurs activités de manière virale. En Décembre 2011, Facebook comptait plus de 37 millions d’Africains [Source : Internet World Stats]. C’est énorme, car cela signifie que sur « 10 africains connectés », il y a environ 4 qui utilisent Facebook.

A quoi peut bien servir un site ?

Si vous décidez d’offrir vos services de designer ou de développeur web à une PME africaine, vous devrez être en mesure d’expliquer, à votre futur client, la valeur ajoutée que vous apportez par rapport aux médias traditionnels. L’entrepreneur africain étant à la base sceptique vis-à-vis du web, vous devez avoir un argumentaire bien étoffé. Vous pouvez par exemple lui faire comprendre qu’un site web sert :

  • de carte de visite grand format : Contrairement aux cartes de visite traditionnelles, l’on peut y ajouter beaucoup plus d’informations sur l’entreprise.
  • d’outil de présentation du contenu d’un catalogue pour les entreprises qui en possèdent. On parle même de « site catalogue »
  • de canal de communication avec des futurs clients : Il permet de poser des questions sur l’activité, les produits et services, l’entreprises et le staff.
  • à démontrer son expertise via un blog par exemple, l’on peut arriver à séduire facilement ces futurs clients. C’est le cas de PDA Store, une boite qui vend des mobiles en Cote d’Ivoire. A travers son blog, PDA Store donne des conseils sur les usages et l’entretient des mobiles. Tout y passe. De l’application smartphone coup-de-coeur à la manière la plus efficace de sécuriser ses comptes sur android.

La cybercriminalité fait fuire tout le monde

La cybercriminalité fait des victimes et tue beaucoup de business dans plusieurs pays d’Afrique. Elle empêche par exemple le décollage du E-commerce. Les autorités des pays africains manquent de moyens face à ce fléau. L’africain moyen sait par exemple qu’il est en danger sur internet. Mais, il ne sait pas forcément à qui s’adresser ou comment se protéger. Ce manque d’information conduit à un certain paranoïa.

Chez AllDenY par exemple, nous approchons (physiquement) les pme ivoiriennes pour leur proposer nos services de création de site web (+ gestion et autres services). Mais avant même de proposer nos services, nous prenons le soin de demander à l’entrepreneur les raisons pour lesquelles il n’avait jusque là pas fait le pas du « online ». Sur environ 1500 entreprises interrogées, la première raison évoquée est « la peur de se faire escroquer« .

Les exemples d’escroqueries et autres actes de « e-vandalisme » ne manquent pas. Il ne se passe pas un seul jour sans que un cas soit signalé. J’ai moi même pu faire le constat sur un site web qui reprenait pratiquement le même nom de domaine qu’une banque ivoirienne. La seule différence était un tirait (banquexxxxxx.com au lieu de banquexxxxx.com). ce site avait réussi à récupérer les accès de certains utilisateurs qui avaient essayé de se connecter à leur espace client via le site piraté.

Le problème du webmastering et des prestataires de services

Il est bien d’avoir un site web. Mais, s’il n’est pas fréquemment mis à jour, ou fourni en contenu, ils donnera plutôt une image négative de l’entreprise. Le métier de webmaster (freelance ou agence) a encore des beaux jours en Afrique. En proposant leurs services de webmastering, ils prennent l’engagement d’intervenir sur les changements du contenu. Pourtant, encore de nombreuses entreprises se plaignent du manque de réactivités de leurs webmasters. Et comme les entrepreneurs communiquent entre eux, cette situation crée une certaine réticence générale vis-à-vis des webmasters.

Il y a donc un travail supplémentaire à faire du coté des webmasters. Au delà des impayés et autres soucis que peuvent poser des clients peu scrupuleux, les webmasters gagneraient à se comporter avec beaucoup plus de professionnalisme. Car la quantité des contrats futurs est souvent fonction du taux de satisfactions des précédents clients.

Au vu de toutes ces choses, l’entrepreneur se demande souvent si le web, cet outil de communication dont tout le monde parle, vaut réellement le « coût ». Cette situation se vérifie plus chez les nouveaux entrepreneurs pour qui la moindre sortie d’argent est calculée. Certains entrepreneurs ne sont pas à l’abris d’une surfacturation car n’ayant pas la mesure de ce que coûte le travail que le développeur ou le webmaster réalise pour eux. La vérité est qu’en Afrique, il est difficile de répondre à la question « combien coute un site web ? institutionnel ? e-commerce ? « .

L’opportunité

Certains entrepreneurs vous diront qu’il ne savent pas quoi mettre sur le site que vous souhaitez leur créer. D’autres encore n’ont pas de dépliant ou de prospectus à partir duquel vous pouvez vous inspirer pour rédiger le contenu de leurs sites. Ce problème est finalement une opportunité pour les développeurs et surtout les webmasters qui peuvent aisément fournir une offre triple-play (conception – contenu – maintenance).

C’est aussi une opportunité pour des agences qui pourraient se spécialiser dans l’accompagnement des entrepreneurs pour la rédaction de la documentation sur leurs offres commerciales. Cet accompagnement aura son sens si en plus de la documentation, ces agences proposent des services (soit directement, soit par le biais d’un prestataire partenaire) de création de carte de visite et autres support à travers un package.

Le fait que les entreprises africaines ne soient pas encore en ligne représente une grosse opportunité pour les développeurs (freelance, agence). Il y a tout un continent à mettre en ligne. Et certains, dont des agences, l’ont compris. Parmi ces agences, l’on compte Google.

Et oui ! Encore négligé par les autres géants du web, l’Afrique a été pris d’assaut par la firme de Montain View. En plus de sa mission d’accompagnement des développeurs et des producteurs de contenu africains, Google à entrepris d’aller à la rencontre des entrepreneurs à travers le programme « Get Your Business Online« . Déjà déployé en Europe (France, ireland, Grande-Bretagne, ..) en Amérique (USA, Canada, ….) en Asie (Inde, ….), ce programme est désormais à la disposition des entreprises africaines (Kenya, Nigeria, Ghana, …).

Enfin

Je pense vraiment que ce serait dommage pour les développeurs africains de ne pas profiter de cette opportunité. Je n’ai rien contre le fait que Google ou d’autres géants se soient positionner. Mais, c’est une réelle opportunité que ses développeurs africains, qui chaque jour essaient de vivre de l’art qu’ils ont choisit, pourraient rater. Ils ont l’avantage d’être proches des entreprises africaines. Ils ont aussi l’avantage de ne pas souffrir de la lourdeur d’une multinationale. Reste à eux de prendre cette grosse part du Gâteau qui est à leur disposition. Dans quelques années ce sera trop tard. Car en plus de fournir un travail de qualité, les entreprises comme Google ont le chic de rendre leurs services abordables à tous.

J’ai surement omis des raisons qui empêchent les entreprises d’Afrique d’être en ligne. Via un commentaire, vous pouvez partager celles que vous avez identifiées.

Edith Brou : j’ai crée mon métier, et j’en vis !

Bien souvent dans les technologies, l’on parle de développeur autodidacte, de concepteur autodidacte, aujourd’hui, j’ai le plaisir de vous présenter Edith Brou, « professionnel du web autodidacte ».

Issue d’une formation en économie, elle a tout sacrifié pour se lancer dans le bloging, et toutes les choses liées au web. Je l’ai rencontré via twitter entre février et Mai 2009. En préparation du barcamp abidjan 2009, je postais assez souvent des tweets du style « y’a-t-il des utilisateurs de twitter à #Abidjan ». C’était une façon pour moi de me faire des contacts vivant à Abidjan. Ou tout simplement des personnes intéressées par les technologies en Cote d’Ivoire. Une fois, elle répondit a l’un de mes tweet en disant : « moi je suis à Abidjan et je suis sur twitter. »

Quelques mois plus tard, elle a gagné le concours Africa Startup Challenge que j’avais organisé avec Joel Nlepe. Malheureusement ce concours ne fut pas un succès car nous avions omis certaines choses par manque d’expérience. A la suite de ce concours, nous avons (et nous continuons) à collaborer via l’association Akendewa que nous avons co-fondé avec 9 autres personnes.

Edith a commencé par son blog pour ensuite avoir de plus en plus d’influence dans la webosphère locale via Facebook, Twitter et lesjpehouman.com : Les afritechpreneurs à l'oeuvre - Edith Brou autres réseaux sociaux. Sur son blog, elle épingle l’actualité locale en mettant l’accent sur les technologies. Elle enchaine les analyses, les interviews, et les présentations. Grace à ses nombreuses interactions avec les internautes ivoiriens elle s’est vu confier des profils professionnels d’entreprises locales sur facebook et twitter. En 2010 elle a accédé à un poste de chef de projet web dans l’une des plus grandes agences web de la Cote d’Ivoire. En très peu de temps elle a fait ses preuves au sein de cette boite. En témoignent les deux flashMob qu’elle a organisé cette année pour des clients grand compte de cette société.

Sans formation académique spécifique aux métiers du web, Edith c’est hissé au sommet de l’animation de communautés virtuelles (Community Management) dans la webosphère ivoirienne. Elle représente un modèle pour toutes les personnes fascinées par ce nouveau métier. D’ailleurs le week-end avant cet articles, elle intervenait à une conférence dont le thème était « Community Manager : un métier d’avenir ».

Une autre qualité d’Edith que l’on trouvera rarement chez les acteurs de cette industrie naissante, c’est son professionnalisme et sa capacité à honorer ses engagements quelques soient les situations. Pendant que j’écrivais ce billet par exemple, elle ressortait de trois jours d’hospitalisation consécutifs à un palu. La particularité de cette phase malheureuse c’est que l’hospitalisation s’est produite quelque minutes après cette fameuse conférence sur le « Community Management » tenu dans l’une des universités privées d’Abidjan. Vous comprendrez donc que malgré des problèmes de santé, elle a réussi à parler et à répondre aux questions des étudiants pendant plus de deux heures. Ces signes ne trompent pas. Ce sont ceux d’un engagement sans faille qui répondent à une volonté d’atteindre des objectifs ambitieux.

En créant le webzine Ayana, en Mai 2011, Edith s’est définitivement propulsée dans le petit cercle des entrepreneurs du web ivoirien. En quelques mois ce site est devenu la référence des magazines féminin en ligne de Cote d’Ivoire. Edith et ses associées, y traitent de tous les sujets (santé, amour, argent, humour, …) en nous servant en interview différentes personnalités locales.

Avec ce parcours, je vois Edith dans quelques années en train de conquérir les autres pays d’Afrique Francophone. Elle représente l’entrepreneuriat au féminin dans une industrie à majorité dominée par des hommes. Son positionnement dans l’industrie du web est surtout la réponse positive au taux de chômage important dans nos pays d’Afrique. Partie d’une passion, elle en a fait un metier. Et il est grand temps que les plus jeunes intègrent cette nouvelle manière de se soustraire du chômage.

Edith Brou sur :

  • son blog personnel : http://godivoire.blogspot.com
  • sur twitter : http://www.twitter.com/edithbrou
  • sur facebook : http://www.facebook.com/edith.brou

 

Le E-commerce en Cote d’ivoire (acte 1) : Ce qu’il faut savoir

Malgré son presque million d’utilisateurs de l’internet, la Cote d’Ivoire est l’un des grands absents du commerce en ligne de l’Afrique. Après 3 ans d’échanges et d’interactions avec des internautes, des entrepreneurs, des étudiants et des compagnies disant fournir des moyens de paiements, j’ai décidé de partager quelques informations que j’ai pu recueillir ici et là.

Loin du reste du monde

C’est la situation dans laquelle la Cote d’Ivoire se trouve lorsque l’on considère le commerce « internationale » en ligne. Un habitant de la Cote d’Ivoire n’a accès à presqu’aucun moyen de paiement en ligne populaire. Il est ainsi impossible pour un résident de la Cote d’Ivoire de créer un compte Paypal même dans le cadre d’une activité légale. C’est une restriction volontaire de Paypal pour se « prémunir des risques de fraudes » qui sont très élevés en Cote d’Ivoire.

Et lorsque vous n’avez pas accès à Paypal, vous n’avez pas accès à Ebay, Amazon, …. Et si vous n’avez pas accès à ces services, vous n’avez donc pas accès à ce qu’il y a de mieux dans le commerce en ligne.

Si vous ne souhaitez pas utiliser ces grosses plateformes, mais que vous préférez créer la votre, le problème reste inchangé car vous n’aurez pas la possibilité d’avoir un compte marchand chez paypal. La question qui vous vient surement à l’esprit est : « comment puis-je alors vendre en ligne si je n’ai pas la possibilité d’utiliser paypal ? ». Nous aborderons cette question plus bas. Mais avant, place à un non-problème qui pour certains représente un frein.

La logistique et le système d’adressage

C’est bien connu que pour le e-commerce, il faut une adresse de facturation et surtout une autre pour la livraison. Cette dernière est la plus importante lorsqu’il s’agit de produits matériels. Si vous achetez de l’audio (une chanson du groupe Magic Système par exemple) vous n’avez pas besoin que l’on vous le livre à domicile. un simple clique pour le téléchargement vous suffirait. Par contre si vous tombez sur une belle occasion d’appareil électroménager, vous apprécierez qu’il vous soit livré chez vous à la maison. Pour cela il faut que le livreur ait un moyen aisé de trouver votre domicile.

Dans les pays industrialisés, cela ne constitue pas un problème. Mais dans plusieurs pays sous-développés tel que la Cote d’Ivoire, cette situation devient rapidement un problème. Pourquoi ? Parce qu’il n’existe tout simplement pas de système d’adressage efficace. Les rues ne possèdent ni noms, ni numéros. Dans les premières communes d’Abidjan, certaines rues ont eu la chance d’avoir un nom, mais cela reste marginal.

J’ai donc commencé par traiter cette situation de non-problème car force est de constater que d’énormes progrès on été fait. Vous pouvez vérifier de vous meme la cartographie de la Cote d’Ivoire sur le google Map. Des numéros ont été alloués aux rues. Je ne pourrai vous dire si ces derniers sont du fait des autorités ou de l’initiative entrepreneuriale de Google. Parallèlement, des personnes ont déjà prouvé que le système de points relais est efficace et adapté. Il s’agit, par exemple, de livrer les colis concernant une zone ou un quartier à un point très connu de ce quartier. On pense souvent à un super-marché ou à une pharmacie. C’est donc une opportunité pour des entrepreneurs. Il suffit de développer cette idée (qui fonctionne) et d’y rajouter de la valeur pour avoir une solution à ce problème d’adressage qui soit utile et fonctionnelle.

Que peut-on vendre en ligne aux ivoiriens ?

A la question de savoir s’il y a matière à vendre en ligne, je vous réponds en vous indiquant deux groupes facebook qui rien qu’à leur nombre de membres et les interactions de ces derniers, nous donner une réponse affirmative.

Ces groupes facebook sont de véritables Craig-list locaux. Vous y trouverez de tout. Du peigne à cheveux à la dernière Audi. Si vous y faites un tour, il y a de forte chance que vous y passiez du temps, rien qu’en lisant les conversations (sous forme de commentaires) des membres lorsqu’ils font des négociations. Il y règne même un langage bien originale. Vous diriez par exemple « ordinateur portable nouveau dans carton » pour dire « ordinateur portable neuf dans son emballage ». Vous avez  une variante commerciale du Nouchi (l’argot ivoirien) qui est utilisée par les habitués. Mais attention là aussi, vous trouverez des spéculateurs.

Grace à ces deux groupes facebook susmentionnés, il est évident qu’il y a matière à vendre. Mieux, suite à une conversation que j’ai eu l’an dernier avec des contacts sur facebook, nous avons pu établir que l’on peut tout vendre mais à condition que les tarifs en ligne soient beaucoup plus bas que ceux que l’on trouve en boutique. Car ce qu’il faut savoir c’est que, aller jusqu’à la boutique est un plaisir pour l’ivoirien moyen. Surtout s’il s’agit d’une grande surface, c’est pour lui l’occasion de se faire « voir/remarquer ».

L’on peut aussi vendre de l’immatériel aux ivoiriens. imaginez que vous fournissez du contenu à forte valeur ajoutée. Vous pourriez éventuellement trouver un modèle assez simple pour monétiser ce contenu. De la même manière , certaines expertises pourraient être vendu aux internautes ivoiriens.

Certaines choses restent tout de même difficile à vendre en ligne en Côte D’Ivoire. Il s’agit par exemple des voitures ; à l’opposé des pays occidentaux qui possèdent quelques règles sur les ventes de véhicules. Ici, lorsque vous acheter une voiture chez un particulier, c’est un peu à vos risques et périls. Il devient donc assez risqué pour l’internaute ivoirien de se lancer à la recherche d’une voiture via le web.

Quels sites/plateformes utiliser ?

Dès lors que l’on sait que l’on peut vendre un peut de tout, il devient trivial d’avoir un site, ou une plateforme pour exposer ses produits. Les deux exemples précédents montre que facebook représente une belle opportunité pour ceux qui souhaitent vendre en ligne.

Je ne pourrai en dire autant pour twitter et les autres réseaux sociaux car les ivoiriens ne les utilisent pas encore pour la promotion de leurs activités, encore moins pour vendre. Pourtant, twitter a fait ses preuves en terme de vente et de promotion hyper-localisées. Il faudra surement encore patienter le temps que les utilisateurs prennent  la pleine mesure de cet outil.

Qu’en est-il des sites e-commerce eux même ? il y a ici et là quelques initiatives. c’est le cas du site Shopping du portail abidjan.net (http://shopping.abidjan.net/). Pour ce dernier, lorsque vous regardez de près, vous vous apercevez qu’il est nécessaire d’être en possession d’une certaine unité (monnaie interne) pour y faire vos achats. Ces unités sont à acheter au préalable. On voit donc déjà que cela peut créer un blocage au niveau de l’utilisateur. Si Paypal était, par exemple, disponible dans ce pays, ce système d’unité n’aurait pas sa raison d’être. Mais à défaut, c’est un moyen ingénieux qui a été trouvé pour que les choses se fassent.

Nous avons donc, en fasse de nous un problème très important pour lequel la solution actuelle reste presque inadaptée , si l’on pense à l’implémenter à grande échelle. Le problème du moyen de paiement est finalement le dernier obstacle au commerce en ligne en Cote d’Ivoire, du moins de mon point de vue. Nous avons montrez plus haut que la livraison ne posait plus de problème. Aussi, avons-nous illustré le fait qu’il y a de la matière. Les sites/plateformes sont finalement des choses à la portée de certains développeurs locaux. A défaut, il y a toujours la possibilité d’utiliser des sms dédiés au commerce en ligne. Mais une fois que tout ceci est réuni, comment l’utilisateur pourrait payer et comment le marchand pourrait encaisser ?

Paypal est-il le seul moyen de paiement ?

La réponse est « non » ! Paypal n’est pas le seul moyen de paiement, mais c’est le moyen le plus abouti. Et c’est celui qui s’interface avec le plus de cartes bancaires. C’est aussi celui qui est le plus sécurisé. Depuis quelques années, de nombreuses alternatives à Paypal ont émergées. Ainsi, dans certains pays du tiers-mondes, ces solutions ont été adoptées et fonctionnent très bien. Pourquoi pas en Cote d’Ivoire ?

Bien souvent une volonté politique a favorisée l’adoption de ces moyens. Mais nous devons tout de même, reconnaitre que ces moyens sont aboutis. C’est le cas de M-Pesa au Kenya.

Un moyen de paiement électronique abouti dans le cadre du commerce en ligne, implique que son intégration sur les différentes plateforme soit aisée. Cette facilité d’intégration sur les plateformes est garantie par ce que l’on appelle une API.

Qu’est ce qu’une API et pourquoi en avons nous besoin ?

Une API par définition est une Interface fournie par un programme informatique. C’est donc quelque chose qui permet d’interagir avec un programme/système informatique. Elle donne la possibilité à celui qui veut l’utiliser d’écrire des programmes (éventuellement) selon une structure prédéfinie afin que ces derniers puisse échanger/consulter les informations du système qui l’expose. Ainsi donc, c’est parce que Paypal expose une API qu’il est très aisé de l’intégré sur les sites web ou sur d’autres systèmes informatiques. Il faut savoir aussi que le principe d’API implique une prise en charge de la sécurité (éviter les accès avec de mauvaises intentions). En général vous ne pourrez accéder qu’à un certain type d’informations bien identifiées.

Vous comprenez donc, que pour tout concurrent ou alternative à paypal, il est primordial de posséder une API pour facilité sa vulgarisation au sein de la communauté des webmasters. De plus, le webmaster n’est pas sensé s’y connaitre en technique. C’est pour cela qu’il doit exister un système de code à placer dans un formulaire prédéfini de sorte que le site utilise l’API en toute transparence pour le webmaster. Dès lors, le webmaster n’aura que 5 minutes de travail à faire pour utiliser une plateforme de paiement. Juste le temps de rajouter les codes qui l’identifient dans tous les systèmes de paiement. Il pourra alors rajouter autant de systèmes de paiement possibles, pour couvrir le maximum d’utilisateurs. Et tout ceci sans avoir à connaitre le moindre programme informatique.

Quels moyens de paiement électronique pour le webmaster ivoirien ?

S’il existe des alternatives à Paypal, sont-elles à la portée du webmaster ivoirien ? non. Laissez-moi vous présenter ce que nous avons et je pense que vous conviendrez avec moi que ces moyens ne sont pas à la portée des webmasters ivoiriens.

  • MTN Mobile Money : Lorsque vous vous rendez sur le site de l’opérateur mobile jaune, vous pouvez lire « Mobile Money est le nouveau service de MTN qui vous permet de recevoir et d’envoyer de l’argent à moindre coût partout en Cote d’Ivoire … ». Si ce service s’appelait « MTN Money Transfert », je pense qu’il ne porterait pas à confusion. Nous sommes donc plus en face d’un moyen de transfert d’argent que d’un moyen de paiement électronique, qui pourrait servir au commerce en ligne. Mais attention, ce service qui n’est pas venu avec la prétention d’être « un moyen de paiement électronique », permet tout de même d’effectuer des achats chez des marchands (physique). Tout se passe donc comme, si l’acheteur effectuait un transfert d’argent de l’acheteur vers le marchand. Les transactions étant plafonnées à 300 000 Fcfa pour des frais maximum de 4000 Fcfa. Et ça marche dans le monde physique ! Qu’en est-il de la vie en ligne ? Et bien, les choses ne fonctionnent pas « comme elle devraient ». L’on ne peut intégrer ce fonctionnement à un site web. Le principe du transfert d’argent de l’acheteur vers le marchand ne peut donc être utilisé « aisément » par le webmaster lambda. Si vous avez bien suivi le chapitre sur les API, on est en face de quelque chose qui ne possède finalement pas d’API. J’ai eu a échanger avec des responsables de MTN Money, qui ont essayé de me faire croire qu’une API existait, qu’il traitaient les sites marchands au cas par cas. Je vous laisse faire votre propre jugement, lorsque vous savez que le principe même de API implique que l’on ne se souci pas de l’entité qui l’utilisera. Normal, vu que tout est balisé et la sécurité est prise en charge au moment de la mise à disposition de l’API.
  • Inconvénients pour le e-commerce : restreint aux utilisateurs de mtn, indisponibilité d’une API
  • Orange Money : nous sommes dans le même schéma que le celui de MTN. Ces deux solutions s’appuient sur des banques identifiées à cet effet par la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest( BCEAO).
  • Inconvénients pour le e-commerce : restreint aux utilisateurs de orange, indisponibilité d’une API
  • Celpaid : Lorsque j’ai découvert Celpaid pour la première fois, je me suis dis : « ça y est, nous avons notre moyen de paiement ». Mais en poussant un peu mes investigations, je me suis rendu compte que j’étais en face de quelque chose qui à mon avis aura du mal à séduire les webmasters. Je comprendrai donc que cette solution ne vise pas ces webmasters. Qu’est ce que c’est que Celpaid ? c’est un moyen de paiement électronique, un vrai, qui utilise une technologie mobile basée sur le son. ça se complique ! En effet, lorsque l’acheteur désire payer, il sort son téléphone mobile, que lque soit son réseau téléphonique, rentre son code, puis envoie une requête de paiement. Il doit alors attendre de recevoir un appel automatique. C’est à ce moment-là qu’il doit rapprocher son mobile du terminal de paiement du marchand. Une communication s’établie entre le terminal de paiement et le mobile. Et la transaction est par la suite validée ou annulée. Et c’est la même chose avec l’ordinateur. Il faut que l’acheteur rapproche son téléphone des enceintes de l’ordinateur. Imaginez que votre ordinateur ne possède pas d’enceinte ni de casque ou même de carte son, vous ne pourrez pas utiliser Celpaid.
  • Inconvénients pour le e-commerce : usage du son – process trop compliqué.
  • E-Tranzact : reste la solution qui aurait pu challenger efficacement Paypal. Il s’agit d’une solution technologique (dans le style de visa et mastercard) qui s’appuie sur des banques pour leur fournir des cartes bancaires prépayées. Lorsqu’un webmaster souhaite l’intégrer, il est dans l’obligation de contacter l’équipe technique de e-tranzact qui doit lui fournir des fichiers à installer sur le serveur du site. En gros un travail énorme pour un webmaster censé ne pas s’y connaitre en technique. Aussi , pour que l’utilisateur puisse payer sur le site du webmaster, il doit être en possession d’une carte bancaire e-tranzact. Une solution mobile avait été envisagée avec l’un des opérateurs de téléphonie de la place (ce n’est ni Orange, ni MTN) afin que les utilisateurs puissent effectuer des opérations avec leurs mobiles.
  • Inconvénients pour le e-commerce : intégration lourde pour le webmaster – nécessitée de posséder une carte e-tranzact pour l’acheteur.
  • Les cartes prépayées de Visa : Même si vous avez une carte visa, vous êtes dans l’impossibilité d’utiliser Paypal.

 

Pour finir

A travers ces lignes, j’ai souhaité attirer votre attention sur le fait que nous avons un dernier réel problème qui empêche la vulgarisation du commerce électronique en Cote d’Ivoire : les moyens de paiements. Tant que nous n’en aurons pas un digne de ce nom, le e-commerce aura du mal à décoller. En attendant, si chacun des acteurs cités ici prenait la peine de fournir une API correcte pour facilité l’intégration, ce serait déjà un premier pas.

Une autre solution serait que tous ce mettent d’accord pour utiliser une solution telle que E-tranzact. Les banques devraient ainsi accepter de distribuer des cartes à leurs clients. On se retrouverait ainsi a avoir un commerce électronique interne dynamique qui obligeraient les partenaires externes à s’aligner. La encore il faudrait que la société e-tranzact fournisse une API solide pour permettre aux développeurs de créer des solutions mobiles. Car je ne crois pas en la carte bancaire pour l’africain. Du moins pas avant de très longues années. Mais, qui dit solution mobile dit Compagnies de téléphonies mobiles. A l’analyse de tout ce qui se passe, elles n’ont visiblement aucune intention d’autoriser des développeurs à produire des applications ou solutions innovantes capables de fonctionner dans leurs réseaux. Voyez-vous même à quoi sommes-nous  réduits ?

La solution ultime serait que l’autorité oblige les opérateurs de téléphonie a permettre aux applications des développeurs tiers de fonctionner dans leurs réseaux. Ce qui impliquerait une mise à disposition d’une API (y compris celle pour les paiements mobiles) solide. La vie serait alors plus facile. Mais il faut être en Afrique pour réaliser que les choses les plus simples sont souvent complexifiées par un groupe de personnes. On peut même se demander les objectifs de ces personnes.

En attendant, la Cote d’Ivoire passe à coté d’une opportunité jamais égalée. C’est une opportunité du fait que le commerce en ligne pourrait générer de nouveaux entrepreneurs donc de nouveaux emplois. Un autre avantage du e-commerce est la réduction du nombre de déplacements des potentiels clients.

Summer e-school : devoir de pédagogie

Summer e-School est la première université d’été de Cote d’Ivoire consacrée au web. Lorsque Israel Yoroba m’en a fait part pour la première fois, je n’ai pu m’empecher de manifester une immense satisfaction. Tant l’initiative va dans le sens de la vision de Akendewa.

Immaginez les enfants d’une nation qui sort de plusieurs années de crise et surtout d’une période post-elctorale digne d’une guerre civile, se mettre tous ensemble au travail. Ils ont tous en tete de relever l’image de leur patrie grace aux technologies. Quand on sait le role qu’ont pu jouer les technologies de l’information pendant cette crise l’on peut comprendre que cet évènement n’est que la continuité de quelque chose qui existait déjà.

Ce qui existait déjà, c’est bien cette grande communauté de passionnés ainsi que cette volonté commune de plusieurs activistes et influenceurs, de tirer les choses vers l’avant. Et ce, sans forcément attendre les autorités.

Ainsi, depuis le 7 Septembre et jusqu’au 10 Septembre 2011, à l’Université de l’Atlantique d’Abidjan, plusieurs internevants annimeront des sessions pratiques sur différents sujets :

  •  « Le web 2.0 au service de la solidarité » par Cyriac Gbogou
  •  « Créer une webradio et/ou webtélé c’est possible ! » par Israel Yoroba
  •  « initiation au blog » par Yehni Djidji
  •  « Contribuer sur wikipedia » par Samuel Guébo
  •  « Liberté d’expression en ligne, cas de Critic Afric », par Arsène Dally
  •  «Comprendre l’Open Source», par Frederic Tapé
  •  « Joomla » par Patrice Boni
  •  « WordPress », Samuel Guébo
  •  « Atelier photographie », par Paul Sika
  •  « Ecrire pour le Web », par Donatien Kangah
  •  Conférence « L’innovation dans la photo », par Paul Sika
  •  « Les magazines en lignes quelle opportunité cas d’Ayana », par Edith Brou
  •  « Application gratuite Google », par Wilfried Akakpo
  •  « Créer votre première application Facebook en moins de 2 Heures », par Jean-Patrick Ehouman (moi même)
  •  « Atelier dessins de presse », par Roland N’Dekploman
  •  « You are entrepreneur » ,par Diaby Mohamed

 

Ce Vendredi 9 Septembre, J’animerai donc une session autour des applications Facebook. Le but étant de lever les barrières dans les esprits des participants. Si vous êtes donc à Abidjan, RDV à 14h à l’Université de l’Atlantique pour 2heures d’interaction sur ces fameuses applications Facebook. C’est pour moi l’occasion de partager du savoir-faire en espérant susciter des vocations.

Le site du Summer e-school : http://school.e-voir.net/

Facebook Hacker Cup 2011 : A vos codes !


Facebook Hacker Cup 2011

Encore une opportunité pour afritechpreneurs !!!

Le Facebook Hacker Cup est une compétition annuelle et mondiale de programmation pendant laquelle des virtuoses de la programmation informatique s’affrontent pour la gloire, de l’argent et aussi pour rentrer dans le Hall Of Famous de Facebook. Pendant le concours, les candidats devront résoudre des problèmes d’algorithmie et seront classés grâce à leur rapidité et la pertinence des solutions proposées.

J’ose espérer que les élèves ingénieurs africain ou même des programmeurs en professionnels ou bénévoles de l’Afrique liront ce billet.

Qu’est ce que c’est ? une compétition annuelle de programmation algorithmique ouvert à tous.

Lieu : Les présélection auront lieu en ligne et la finale au Quartier Général de Facebook en Californie (USA)

Quand : Les candidats peuvent s’enregistrer à partir du 20 Décembre pour les présélections qui auront lieu en Janvier 2011.

La Finale : Les 25 meilleurs du 3ème tour de sélections se verront leur déplacement+séjour pris en charge (par Facebook) pour rejoindre le QG de Facebook en Californie.

Récompenses :

  • $5 000 USD et le titre de champion(ne) du monde pour le/la premi(er/ère).
  • $2 000USD pour la deuxième place.
  • $1 000 USD pour la 3ème place
  • $100 USD pour de la 4ème à la 25ème place.
  • De très beau T-shirt seront distribués au 300 candidats du deuxième tour qui aura lieu en ligne.

Process :

  • 1er tour : Le 7 Janvier 2011 le premier tour de qualification durera 72heures. Chaque candidat recevra 3 problèmes à résoudre. Seulement les candidats qui réussiront au moins un problème seront qualifiés pour le 2nd Tour. Il y a 3 phases dans le premier tour. Chacune dure 3 heures à partir du moment ou vous avez acceptez le problème à résoudre. Les 1 000 premiers plus rapide de chacune de ces trois phases, pourront accéder au 2ème Tour. Donc 3 000 candidats seront sélectionnés.
  • 2ème Tour : qui lui aussi aura lieu en ligne le 22 Janvier. Ces 3 000 candidats, auront 3 heures pour résoudre une liste de problèmes. Les 300 meilleurs recevront un T-shirt officiel de la Hacker Cup. Et les 25 premiers seront qualifiés pour la phase finale.

Il faut noter que c’est l’un des ingénieurs de facebook, Tim Stanke, qui compose les problèmes. et pour plus d’information, suivez l’adresse http://www.facebook.com/hackercup.

N’hésitez donc pas à partager cet article afin que figure quelques noms africains parmi les candidats et pourquoi pas parmi les meilleurs programmeurs du monde. C’est une excellente opportunité pour prouver son talent et par la même se faire offrir éventuellement un emploi de très haut niveau.

Que le meilleur gagne !

11 raisons pour lesquelles les développeurs africains devraient produire des applications mobiles

Il y a des tas de raisons pour lesquelles les développeurs africains devraient se lancer pour mettre en place des applications pour les différentes Apps Store existantes. Voici les 11 que j’estime être les plus pertinentes.

  1. Le développement d’applications mobiles necessite très peu de ressources humaines : Un seul développeur peut à lui seul mettre en place une application mobile en très peu de temps.

    © csaba fikker
  2. Le manque de contenu africain en ligne : A ce jour, l’Afrique est toujours très peu présente en ligne comparé aux autres régions du monde. C’est donc une opportunité de faire partir des pionniers. Il y a de la place pour tout le monde. Et une place de choix pour les premiers arrivants.
  3. Les tendances montre que l’Afrique a fait le choix des appareils mobiles en lieu et place de l’ordinateur. Ainsi, l’on s’attend à un usage de plus en plus important des téléphones mobile et des tablettes.
  4. L’on se soustrait de la recherche de capitaux. la poupularité d’une application mobile attire plus rapidement et inévitablement lesinvestisseurs qui passent du temps à s’informer sur les applications les plus populaires,
  5. Facile a mettre sur le marché. Il suffit de la charger sur le « store » appropriée,
  6. De nombreux tutoriaux sont disponibles pour les principaux terminaux que produisent RIM (blackberry), Apple (iphone, ipad, …), nokia, google (Androïd), facebook, twitter, …
  7. Le principe même des API facilite le développement,
  8. Dans les mois qui suivent de nombreux smartphones low-cost seront disponibles dans les pays africains a des tarif très intéressants,
  9. Vous n’avez pas besoin d’une équipe commerciale pour commencer. La plateforme (appStore par exemple) vous permet de faire la promo de votre application grâce aux outils intégrés. De nombreux blogs spécialisés, listent les applications dès leur sortie. ils en font donc la promo pour vous gratuitement,
  10. Les transactions financière sont facilitées par la plateforme qui vous soustrait de l’intégration (souvent pas très facile) de solutions de paiement,
  11. En 2012, il y aura plus de smartphones que de Pc et Mac (desktop+notebook).

Finalement parce que : ça ne vous coute pas grand chose de développer une application qui résoleverait un problème récurrent identifié en Afrique. A moins que vous souhaitez rester utilisateur.

Et vous, pensez-vous qu’il existe d’autres raisons ? Lesquelles ?

simple, personnelle, minimaliste, la prochaine génération de messagerie par facebook

Depuis quelques heures se tient le Web 2.0 Summit 2010 (à San Francisco) organisé par O’Reilly Media et TechWeb.  Lors de son intervention, Mark Zuckerberg, le PDG de Facebook nous a enfin dévoilé le nouveau client de messagerie tant attendu. Ce fut l’occasion de mentionner que les adresses de messageries qu’utiliseront les utilisateurs seront sur le format xxxxx@facebook.com. Ainsi les formats xxxx@fb.com seraient réservés aux employés de facebook.

Pour commencer ils nous a fait part du fait qu’à ce jour, il y a plus de 4 Milliards de messages envoyés tous les jours via facebook pour un total de plus de 350 millions d’utilisateurs de la messagerie. Contrairement à de nombreuses spéculations, le plus gros réseau social ne vient pas en concurrence frontale à Gmail. Bien au contraire, facebook propose une nouvelle vision de la messagerie entre internautes. Facebook croit que la messagerie moderne sera informelle, immédiate, personnelle, simple et minimaliste. Pour la firme californienne, ce n’est donc pas de l’email. Du moins ça ne se résume pas à cela. Bien au contraire, l’email ne représente qu’une partie du message.

D’après Facebook, « un message n’est pas un email« . Donc pas de « sujet », « cc », … Le système de messagerie proposé devrait fonctionner sans différenciation de la plateforme utilisée. L’on pourrait donc recevoir des messages par le mobile, par IM ou Facebook. L’idée étant de permettre à l’utilisateur de communiquer en temps réel avec ses vrais amis quelque soit là ou ils se trouvent.

Les 3 piliers de la messagerie made in Facebook :

  • La messagerie sans contrainte permettra d’envoyer un message à vos amis quelque soit le service (sms, chat, email, ..) sans qu’ils se soucis de savoir s’il s’agit d’un email, un sms, … Vous n’aurez qu’à choisir leu nom et à leur envoyer un message,
  • L’historisation de la conversation va sur le principe que les messages sont conçu pour la communication entre amis. Ainsi tous vos échange avec l’un de vos amis seront automatiquement mis ensemble à un seul endroit de sorte que vous ne voyez qu’une seule conversation. message,
  • Le social Inbox permettra un classement automatique des messages en fonction des interactions précédentes que vous avez eu avec l’intéressé.

Andres Bosworth, Directeur de l’ingénieurie chez Facebook, précise que facebook veux permettre aux utilisateurs de partager tout ce qu’ils désirent.

Pour faire partie des première personne invitées à tester cette messagerie, rdv à l’adresse http://www.facebook.com/about/messages

Se faire financer : Ce qu’il faut savoir sur sFund, le nouveau fond de facebook, amazon et zynga

Le mois dernier, la société de Capital risque, Kleiner Perkins (souvenez-vous, celle qui était dans presque toutes les aventures avant la fin de la première bulle internet) avait lancé le fond sFunded dans lequel les investisseurs Amazon, Zynga, Facebook, Comcast, Allen & Company et Liberty Media avaient injectés $250 Millions. Mais l’on avait très peu d’informations sur ce nouveau fond à part le fait que les trois géants (FB, AMZ et ZG) souhaitaient faire le retour de l’ascenseur aux jeunes pouces de l’industrie du web social.

Désormais l’on sait que :

  • Les startup qui seront accompagnées par sFund, recevront une assistance de la parts des différentes compagnies de se fond et unaccès privilégié à leurs technologies. Par exemple un accès privilégié à l’API de Facebook et un accès gratuit pendant un an à Amazon Web Services.
  • sFund finance entre $100 000 et $100 millions
  • sFund vient de financer Cafebots à hauteur de $5millions. Cafebots étant une compagnie qui se poisitionne comme la première compagnie dédié à la gestion de la relation amicale. On en saura plus surement lors du lancement de leur Alpha.

Faut-il avoir peur de postuler à ce fond sachant que AmazonZynga ou Facebook pour représenter des concurrents dans une certaine mesure ? On ne peut le dire pour le moment mais il faut bien commencer par quelque chose.

Peut-on se faire financer pour un projet africain ou depuis l’Afique ? Aucune restriction n’a été faite à ce niveau par sFund. Donc la réponse est un grand « OUI ». D’autant que facebook a déjà commencé à collaborer avec les opérateurs téléphoniques africains. Une attention particulière pourrait même être accordée à ces projets pour le fait qu’ils représenteraient une porte d’entrée supplémentaire sur le continent pour ces géants mondiaux toujours en quête d’audience.