Mon secret pour ne jamais procrastiner

Si comme moi vous souhaitez entreprendre dans les technologies (ou tout autre domaine) ou créer des applications, la première chose qu’il faut éviter, c’est sans doute la procrastination. Ce qui suit se trouve dans le livre « Et si vous arrêtez de procastiner » de Alban Brice Bredou. Il s’agit d’un passage que j’ai écrit pour contribuer à ce ebook qu’il a publié depuis ce 6 Mars 2014.  Voici donc l’un de mes petits secrets pour éviter de procrastiner

En règle générale, je tiens une To-do list dans une note Evernote. Il s’agit d’une très grosse To-do list qui commence le 1er Janvier et se termine le 31 Décembre. Et j’y marque tout, y compris les choses liées à ma vie privée. Chaque point est relié à une autre note dans laquelle je fais apparaitre des détails. Et je me réfère à cette todo list au moins une fois par jour.

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Pour certaines notes, je crée un événement dans Google agenda que je synchronise avec Asana (un outil de gestion de projets très pratique pour les entreprises et entrepreneurs des technologies). Tous ces différents outils sont autant présents dans mon ordinateur que dans mes deux téléphones (ios et android). Aussi, tous les dimanches, je consacre au moins 2 heures de temps à faire le point sur ce que j’ai fait, ce que j’aurais dû faire, ce que je n’ai pas fait, et ce je devrais impérativement faire avant telle ou telle date.

Enfin, chaque matin je bois environ un 1/2 litre d’eau pour avoir la pêche.

Pour télécharger ce ebook, rdv sur le site de Alban : http://www.bredoualbanbrice.net/et-si-vous-arretiez-de-procrastiner-livre-blanc-a-telecharger/

Pourquoi je suis retourné « au pays » pour entreprendre [1/2]

Si vous êtes africain de la diaspora, et que vous souhaitez entreprendre “AU PAYS”, je ne peux que vous y encourager. En Afrique, il y a tellement de choses à « Faire » que les opportunités pour entreprendre ne manquent pas. Mieux, dans bien de domaines la compétition reste tellement faible qu’avec un minimum d’audace et de sérieux, vous avez toutes les chances de réussir. Réussir oui, mais à condition de comprendre et maîtriser l’environnement dans lequel vous évoluez.

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Ayant moi même entrepris en Côte d’Ivoire, j’ai pu identifier certains des éléments qui favorisent le succès, et ceux qui risquent de diminuer vos chances de réussite. Ces choses que j’ai identifié à partir de mon expérience personnelle, je souhaite les partager avec vous sous forme de recommandations. Bien qu’elles ne soient pas dans l’absolu, exhaustives et applicables à tout le monde et dans tous les pays, je pense qu’elles constituent un bon point de départ.

De 2005 à 2008 j’ai travaillé en tant que développeur d’applications puis ingénieur d’études et développement sur les technologies Java/J2E liées au mobile et au Web. En gros dans le monde de l’édition de logiciel. Cela m’a permis de découvrir et de maîtriser (pour certains) les domaines fonctionnels des Télécoms, de la banque-finance, de l’énergie, du transport et des médias. Après ces 3 années, j’ai décidé de créer ma propre boite.

Plus jeune, j’étais plutôt entreprenant. J’ai commencé certaines choses à l’école primaire, au collège, au lycée et pendant mes études universitaires. Mais jusque là, il s’agissait d’initiatives sans risque financier ou d’actions bénévoles dans le monde associatif. Donc rien qui ait pu faire de moi un entrepreneur. D’ailleurs durant toutes ces années, je rêvais de devenir « Mathématicien » ou encore « Medecin ».

Je trouvais (et aujourd’hui encore) à ces métiers une certaine noblesse et une capacité à « apporter de la valeur dans la vie des autres ». J’étais fasciné par les expériences de Sigmund Freud et les recherches des grands prix de Mathématiques et de physiques, qui grâce à eux l’on arrivait à résoudre de nombreux problèmes du quotidien. Peut être avais-je été complètement absorbé par cette série d’encyclopédies que m’avait offertes ma mère. Ces 5 gros livres verts traitaient des travaux de mathématiciens, philosophes et physiciens. Mais à l’époque, je ne pensais pas un seul instant que ces livres avaient une influence sur moi, tant je m’en détachais après mes petites séances de lecture.

Monter ma boite en région Parisienne fût assez facile grâce à une formation délivrée par la Chambre de Commerce de Créteil. 5 jours à apprendre les bases de la gestion d’une SARL m’ont permis de mieux appréhender des notions telles que la capitalisation, , …., la TVA et la valeur financière d’une entreprise. Après cette instructive formation, je n’avais juste qu’à suivre les instructions et fournir les différents documents nécessaires à l’enregistrement de mon entreprise.

Il est vrai que lorsqu’on est Ingénieur d’Etudes dans le domaine du logiciel (surtout dans les technologies Java/J2E), on gagne plutôt bien sa vie. Et même si l’on souhaite créer son propre business, on est tenté de passer quelques années à économiser pour se mettre à l’abri d’un éventuel échec. Surtout lorsqu’on est jeune, africain et qu’on sait qu’on a de la chance d’avoir un tel emploi dans un contexte économique défavorable.

Pour ma part, après 3 ans en tant qu’employé, j’estimais que je n’avais plus une seule minute à perdre. Le pire, c’est que lorsque j’ai commencé mes démarches administratives pour l’ouverture de ma boite, je me suis dit « … Mais pourquoi n’ai-je pas commencé 5 ans (avant de finir les études) plus tôt … ». Je reviendrai sur mon expérience d’entrepreneur en France dans un autre billet.

Contrairement à l’aisance avec laquelle j’ai pu crée mon entreprise en France et avoir mes premiers contrats, lorsque j’ai décidé de faire la même chose Côte d’Ivoire, j’ai dû surmonter de nombreux obstacles auxquels je ne m’attendais pas du tout. J’ai alors eu à passer ce que j’appelle mon « MBA du TERRAIN en Afrique – option Entrepeneuriat dans les Technologies ».
En effet, je me suis toujours dit qu’il me faudrait au moins 3 ans pour comprendre parfaitement l’environnement dans lequel je souhaitais m’aventurer. Je suis ainsi parti sur la base selon laquelle aucune formation académique ne pourrait me faire atteindre cet objectif. J’ai donc fait la démarche en allant “sur le terrain”. Et au lieu de rester spectateur, j’ai lancé la société AllDenY et initié l’Ong Akendewa à Abidjan (Côte d’Ivoire). Cet article que vous lisez en ce moment fait donc partie d’une série qui concerne ce que j’ai vécu et ressenti lorsque je mettais en place AllDenY. Je reviendrai sûrement sur le parcours d’Akendewa dans une autre série d’articles.

La découverte de Yopougon, la cité ivoirienne

Tout à commencé en Novembre 2007. Je revenais pour la première fois en Cote d’Ivoire après 7 ans d’absence. Pour ce retour, j’ai passé 3 semaines à Yopougon (Abidjan). Ce fut une très belle expérience car la commune de Yopougon est assez particulière. J’estime que c’est la commune qui représente le mieux la Côte d’Ivoire.
Jusqu’à ce que j’obtienne mon Bac pour ensuite partir en France, j’avais vécu successivement à Aboisso (l’endroit ou je suis née, dans le sud-est de la Côte d’Ivoire), Treichville (Une commune d’Abidjan), Marcory (Une commune d’Abidjan), Plateau (Une commune d’Abidjan), à Séguéla (dans le nord du pays), à Tiapoum (petit village dans le sud-est de la cote d’ivoire, faisant frontière fluviale avec le ghana), à Adjamé (Une commune d’Abidjan) et aux 2 Plateaux. Ha, ça en fait des déménagements ! Avant de quitter la Côte d’Ivoire je n’avais donc pas connu la Commune de Yopougon sauf quand il fallait que j’aille rendre visite des amis.
 
Pourtant pour ce premier retour « Au Pays », j’avais décidé d’y vivre. Pourquoi Youpougon ? Tout simplement, parce qu’à mes yeux, cette commune d’abidjan est un modèle réduit de la Côte d’Ivoire. Les quartiers sont le reflet des régions ivoiriennes. Yopougon est une ville dans la ville. Il faudrait surement que j’y consacre un post pour parler de l’activité importante des petites entreprises et des commerces.

 

Il y a des choses à faire

Avant de quitter la Côte d’Ivoire, je me souviens que lorsque je parlais d’internet à mes proches, pour eux, c’était quelque chose de lointain, et propre à l’occident. Mais en 2007, j’ai redécouvert une Côte d’Ivoire dans laquelle tout le monde parle de technologies. Principalement grâce à la forte pénétration du mobile et aussi, malheureusement, à cause de la cybercriminalité. Au vu de cet engouement que j’avais constaté, je me suis dit qu’il y avait quelque chose à faire dans le domaine des technologies de l’internet et du mobile.

Il existait (et il en existe de plus en plus) certes de grandes entreprises de téléphonie mobile, des boite de télécommunication, des PME spécialisés dans l’intégration de solutions, mais ce qui manquait :

  • Un véritable écosystème d’entrepreneurs qui innovent dans l’applicatif ou dans les contenus locaux
  • Des formations pointues à l’issue desquelles, les apprenants seraient tout de suite opérationnels
  • ….

Bien entendu, ce sont des choses qui peuvent paraître évidentes pour certaines personnes qui côtoient certaines réalité au quotidien.

Malheureusement, je n’avais pas vraiment le temps d’en savoir plus sur l’environnement local car étant venu pour des vacances, mon séjour n’a duré que 3 semaines. Je me suis donc promis de revenir « Au Pays » assez rapidement. Du coup, l’année qui a suivi, sans grands moyens, j’ai décidé de créer une start-up en Côte d’Ivoire en espérant faire des bénéfices assez rapidement.

J’avais un projet de base qui consistait en une grande plateforme social d’information. Mais parallèlement, pour vivre et faire vivre les personnes qui travaillaient avec moi, la boite avait une seconde activité en attendant que le projet de base soit terminé et mis en production. Cette seconde activité consistait à mettre à disposition de mes clients européens une équipe de développeurs basée à Abidjan. Rien d’innovant vu que les modèles d’out-sourcing sont déjà standardisés. Pourtant cette activité a rapidement tourné à l’échec. Ce fut même une catastrophe. J’en parlerai dans un article dans cette série.

Au vu de cet échec, j’ai décidé de concentrer mes forces sur les besoins locaux. Et c’est à partir de cette décision que mon apprentissage véritable du terrain (africain) va commencer.

….. (à suivre « de très près »)

 

Le dimanche pour l’entrepreneur, c’est le début de la semaine

Techmissus-sundayLa journée du Dimanche ne représente pas la même chose pour un Chrétien et un Muslman, un Juif, un bouddhiste, …., un non croyant. De la même manière elle ne peut représenter la même chose pour un salarié/employé et un entrepreneur.

Mon opinion sur ce jour un peu spécial dans la plupart des pays du monde est que, le dimanche matin, c’est la fin de la semaine, et le dimanche après-midi représente le début de la semaine qui suit. Cette demi-journée (l’après-midi) doit aussi service à :

  1. Planifier : N’attendez pas le Lundi matin pour faire le « planning de la semaine ». La semaine « administrative » commence le Lundi à 7h30 et à ce moment-là vous devez savoir tout ce qu’il y a à faire pour les 5 prochains jours « ouvrés ». C’est toujours 2 à 3 heures de gagnés. L’expérience montre qu’ au cours de la semaine, certains ajustements sont nécessaires. Mais vaut mieux ajuster que « planifier dans l’urgence » .
  2. Faire des bilans : En règle général, je passe du temps sur les fichiers de comptes (finances, publications, impacts dans les réseaux sociaux, prospects, nouveaux clients, audiences de nos sites et applications, …). Et même lorsque je sais que rien n’est « rentré » dans la semaine qui vient de s’écouler, je regarde tout de même ces fichiers pour me rendre comptes de l’évolution des choses.
  3. Émettre des hypothèses : Si vous souhaitez toujours avoir fournir/produire ce dont les autres ont besoin, je vous conseil d’enchaîner les hypothèses. N’avancez pas comme ceux qui pensent tout savoir. Élevez plutôt votre approche du service en acceptant que « rien n’est évident ». Lorsque vous avec des applications ou logiciels qui sont en ligne (ou en service) vous devez imaginer de nouveaux usages ou de nouvelles fonctionnalités. Lorsque vous manquez d’inspiration, vous n’avez qu’à vous référer aux critiques et retours des utilisateurs. Et si là encore vous n’en n’avez pas, allez vers les utilisateurs et demandez leur ce qu’ils pensent de ce que vous avez « créeé« 
  4. Lire  : oui, il faut lire, lire et toujours lire ! C’est en lisant que je suis passé de mon profil de développeur à celui d’entreprneur. C’est grâce à mes lecture que j’ai apris l’importance de
  5. Ecrire : Ecrivez ce que vous planifiez. Faites vos bilans à l’écrits. Vos hypothèses ne s’affineront que lorsque vous prendrez le temps de les écrire dans votre « cahier d’hypothèses », ou « fichier d’hypothèses », ou « post-it d’hypothèses » ou encore « tableau d’hypothèses ». Mais au delà de ces choses, écrivez toutes ces choses qui vous passent par la tête. En vous relisant, vous apprendrez à mieux vous connaître, car bcp ignorent encore la force créative qui sommeille en eux.

Bonne début de semaine !

Meilleur employé, meilleur entrepreneur

Envie de vous lancer dans votre propre projet afin de ne plus avoir de compte à rendre à votre supérieur hiérarchique, ou encore mettre enJpehouman - Meilleur employe, meilleur entrepreneur oeuvre votre propre vision des choses ?

Vous êtes peut être la personne qui mettra sur le marché le produit de l’année prochaine. Mais avant tout, vérifiez que vous avez la capacité d’accomplir votre travail. Vous savez, c’est cet ensemble de tâches que votre supérieur hiérarchique vous confie et que vous devez réaliser dans un certain délais.

Il est très important de faire cette vérification car en plus d’avoir à réaliser beaucoup plus de taches, votre prochain statut d’entrepreneur vous mettra dans une position dans laquelle vos erreurs et manquements seront moins tolérés que ceux d’un employé qui travaille pour le compte d’une entreprise.

(tout ce qui se trouve entre les marquages [nouveau] et [/nouveau] a été rajouté ce 19 Septembre 2013. Tout le reste a été publié le 21 Aout 2011. Donc deux (2) ans avant)

[nouveau]* Disons que vous êtes sans emploi, vous me demanderez surement comment vérifier que vous êtes bon employé. Et bien, vous avez des tonnes de moyens de le faire. Il s’agit principalement de vérifier votre capacité à être discipliné et à faire les choses dans les temps. Si vous souhaitez par exemple vous lancer dans le business des applications mobiles, vous pouvez vérifier que vous êtes bon employé en participant à un projet Open Source. Dans ce type de projet, vous prenez l’engagement publique (devant les autres contributeurs) d’accomplir une tâche avant une date déterminée. Dans ce cas, votre employeur, sera le jugement que vous porteront les autres acteurs du projet.

Dans la position d’un futur entrepreneur qui veut vérifier qu’il est bon employé, votre employeur devra être votre priorité absolue. Quelle que soit les perspectives financières, l’aventure entrepreneuriale se juge par l’atteinte d’objectifs. On parle d’accomplissements. Et pour y arriver, vous aurez à déployer une quantité d’énergie que vous n’avez jamais eu à produire. Vous devrez actionner votre « mode dépassement de soi ». Raison pour laquelle vous n’aurez qu’une seule priorité. Pour tous les autres aspects de votre vie, il faudra vous mettre en mode freelance (engagement occasionnel) ou tout simplement déléguer. Vous reprendrez les choses en mains lorsque vous aurez « atteint vos objectifs ».

Nous avons tous qu’un seul employeur lorsqu’il s’agit de vérifier qu’on est bon employé. Pour certains, il s’agit d’un parent invalide qui a besoin d’une assistance à vie. Pour d’autres, ce sont leurs enfants pour qui ils doivent être présents dans leur éducation. Il est donc quasi impossible d’avoir deux employeurs. Si vous en avez deux, auquel des deux donnerez-vous la priorité ? Vous connaissez le dicton qui dit « impossible de suivre deux lièvres à la fois ».

Si vous vous retrouvez dans une situation dans laquelle vous avez l’impression d’avoir deux employeurs, marquez sur papier les exigences et les résultats attendu par ces deux employeurs. Et FAITES UN CHOIX. Tant que vous n’aurez pas fait ce choix, vous serez à la limite de la médiocrité du point de vue de vos deux employeurs. Ils vous diront que vous n’en faites pas assez. Etes-vous prèt à passer pour un(e) médiocre ?

Lorsque vous vous dévouez à votre employeur, c’est à votre emploi que vous vous dévouez. Chaque jour sera un jour ou vous gagnerez de l’expérience. Et vous serez en route pour être un très bon employé. [/nouveau]*

Et plus vous serez meilleur employé, plus vous serez prêt pour vous lancer à votre propre compte. Vous ne deviendrez donc bon/meilleur entrepreneur que lorsque vous serez devenu meilleur employé.

Quel statut juridique choisir lorsqu’on souhaite entreprendre dans les technologies en Afrique

Partout dans le monde, lorsque vous souhaitez créer une entreprise, vous avez le choix entre plusieurs formes juridiques. Dans les pays d’Afrique, c’est aussi le cas.

Avec son profil de nouvel eldorado des technologies, l’Afrique verra un grand nombre de création d’entreprises technologiques dans les 5 années à venir.

Nous savons tous que les statuts juridiques sont très importants pour la stratégie des entreprises technologiques. Il est donc nécessaire de prendre un soin particulier pour choisir celui qui convient le mieux à la vision que l’on a.

Comment les autres vous voit
Disons que vous venez apporter des solutions aux problèmes des particuliers par le biais de services mobile B2C à valeur ajoutée. La première question que vous devez vous poser, doit concerner les rapports que les utilisateurs locaux ont avec les prestataires déjà sur le marché.

Par exemple il n’est pas rare qu’en Afrique, les utilisateurs jugent les fournisseurs de services technologiques par leur capacité à distribuer des T-shirt ou autres gadgets. Et ce pendant la période précédent la mise à disponibilité du service. Ainsi, plus de petits cadeaux vous offrirez, plus de clients vous aurez pour déramer votre service. Et croyez-moi, en Afrique ça marche bien mieux qu’ailleurs car les telco comme Orange et MTN ont habitué les populations à ces pratiques. Dans ce cas vous êtes dans l’obligation de commencer avec un capital conséquent. ce qui implique une forme juridique de type SARL ou au dessus.

Aussi certaines entreprises d’Etats ou autres « grandes boites » exigent de travailler avec des entreprises de type SARL ou de statuts juridique au dessus.

Mais si vous n’avez pas tous ces moyens
Vous avez d’autres atouts et des possibilités liées à l’environnement africain. C’est l’exemple de la proximité et de la confiance basée sur le fait que l’on vous connaisse. Vous devez donc comprendre que vous pouvez offrir unquel statut juridique pour mon entreprise technologique en Afrique premier service qui nécessite le contact directe avec chacun des utilisateurs. Cela vous prendra du temps certes, mais ces personnes resteront pendant longtemps vos amis et ambassadeurs. De par nos cultures africaines, le bouche-à-oreille demeure le meilleur outil pour la publicité ou la promotion d’un produit.

Si vous accepter ce parcours du combattant, je vous conseillerai de commencer par une entreprise individuelle. Cette dernière nécessite très peu de temps pour sa gestion et surtout un minimum d’engagement financier auquel vous aurez préféré l’engagement par votre temps.

Combien tout cela coûte ?
En Côte d’Ivoire par exemple, la création d’une SARL vous demandera pas moins de 1 500 000 (plus de 2300€) tandis que pour une entreprise individuelle, vous dépenserez 10 fois (si l’on veut être large) moins dans le cas d’une entreprise individuelle.

Mon conseil
A moins d’avoir déjà des clients et l’assurance d’être rentable assez tôt (dès les premiers jours), je conseillerai toujours à un nouvel entrepreneur dans les technologies de commencer son business en Afrique avec une société individuelle. Ce conseil vient de mon expérience personnelle et de l’oeil d’observateur que j’ai pu avoir durant ces 4 dernières années en Afrique. Il n’est peut être pas valable partout en Afrique.

Si vous avez les moyens financiers, vous pouvez décider de les utiliser, mais l’expérience montre que pour l’instant les parcours de réussite dans l’écosystème des technologies ne sont pas encore bien établis A quoi bon prendre donc un si grand risque ?

Une fois que vous avez choisi votre statut juridique et que vous avez pu avoir l’autorisation d’exercer, sachez qu’a partir de cet instant vous devrez faire face à de nombreuses difficultés typiques à l’Afrique. C’est le cas des moments d’indisponibilité du réseau internet, des chances presque inexistantes de remporter une appel d’offre. Mais lorsque vous abordez ces difficultés avec philosophie, vous pouvez facilement réussir car en Afrique quoi qu’on dise, certaines choses vont très vite. Et beaucoup plus vite que partout ailleurs.

Pourquoi je fais tout ceci en Afrique ?

Récemment, j’ai discuté avec un journaliste qui devait faire un sujet sur Akendewa, jokkolabs et d’autres communautés et hub technologiques d’Afrique. Pendant l’interview, il m’a posé une question que jusque là personne ne m’avait posé : « Pourquoi fais-tu tout ceci (en Afrique) ? »

Vous remarquerez que cette question à l’air d’une question existentielleCe monsieur voulait savoir pourquoi quelqu’un qui a installé une société de création de logiciel et d’application web, s’est engagé à 200% dans quelque chose (Emuler/dynamiser l’écosystème de l’internet et du mobile en Afrique [francophone]) qui est sensée être la responsabilité de nos gouvernants.

Cela fait maintenant 3ans que j’ai initié Akendewa à Abidjan. Et je consacre de plus en plus de temps à cette communauté au détriment de services commerciaux que je propose dans ma société. J’ai donc eu un moment d’hésitation avant de répondre. J’avoue que je ne savais pas quoi dire, tant je trouvais, sur le moment, que je m’étais détourné de ce qui m’avait fait revenir à Abidjan la première fois. Mettez vous à ma place. Imaginez que vous souhaitez vous rendre au nord et l’on vous retrouve sur le chemin de l’ouest en vous demandant ce que vous faites sur ce chemin. Mais, j’ai finalement retrouver ma langue lorsque les motivations de mes actions communautaires me sont revenues clairement à l’esprit.

Je fais tout ceci en Afrique, tout simplement, parce que je souhaite emmener les autres à créer des choses que je n’aurai jamais le temps de créer moi même. En tant qu’entrepreneur, le gros de mon temps doit servir à créer des choses qui générent des bénéfices tout en améliorant la vie des autres. Je ne peux donc pas passer tout mon temps à être bénévole. Par contre, je suis convaincu qu’un peu de bénévolat de la part de chacun peut aider à batir des oeuvres qui profitent à tout le monde. En effet, si chaque entrepreneur ou passionné des technologies participe un temps soit peu à la dynamisation de l’écosystème des TIC, voici ce qui va se passer (successivement – certes, certains points pouraient être rajoutés) :

  • de plus en plus de passionnés
  • baisse des tarifs d’accès à l’internet et à l’information
  • de plus en plus de personnes sachant utiliser le coté business des technologies
  • de plus en plus d’entrepreneurs
  • de plus en plue d’emplois
  • recul de la pauvreté
  • recul des famines et maladies
  • ….

Vous ne rêvez pas, les technologies de l’information peuvent aider l’afrique à sortir de sa précarité chronique. Il faut juste que les africains les utilisent plus pour le travail, le commerce, … Et moins pour perdre du temps.

Des signes qui ne trompent pas
Chaque fois que je vois un membre de notre communauté créer son propre blog, je me dis que c’est un pas de plus vers la dynamisation de l’écosystème des technologies dans nos pays africains [francophone]. Chaque fois qu’un novice me demande ce qu’est une application web/mobile/android, je me dis que ce que nous avons prêché ces 3 dernières années ont trouvé des oreilles. Mieux, lorsque grâce à twitter+facebook nous arrivons à sauver des vies, je me dis que les technologies de l’information sont une ultime chance pour l’Afrique. Bon courage à toutes les personnes engagées pour ces choses.

Puissent ces mots en inspirer plus d’un. Aucun accomplissement n’est possible sans inspiration. Même pas des lignes de codes produites par un développeur enfermé tout seul chez lui pendant des jours, sans contact physique avec l’extérieur. Je ne parle pas de moi bien sûr 😉

 

18 recommendations to those in the African diaspora wanting to get involved in the technology sector back home

I wrote this post in french. It has been translated by John James (BBC Correspondent, Ivory Coast). John is the guy behind the Drogbas’s Country blog.

If you’re part of the African diaspora and you want to do business back home, I’d be one of the first to encourage you. Having done the same thing myself, I’ve been able to identify several things that will boost your chances of success, or at least reduce the risks of failure. The advice that I’ve written below come from personal experience. These won’t of course be exhaustive or apply to every situation, but I think you’ll find them useful as a starting point.

From 2005 to 2008 I worked as an application developer and then a research and development engineer with Java/J2E with a focus on mobile technology and the web. I gained particular experience in the banking, energy and media sectors. Then, I made the leap to start my own business. I’ve been business-minded since college, at school and during my university studies. But till then, these had been actions with friends and held little financial risk. Creating my start-up in France was made easier thanks to some training given by the Chamber of Commerce in Creteil (south east Paris). But when it came to setting up the business in Cote d’Ivoire, there were a number of obstacles.

It’s then I had to study for what I call my “MBA in on the ground IT business in Africa”. I always thought that it would take at least three years to really get to know the business environment in which I was launching. I knew that no formal academic study would give me the knowledge I would need. So, I decided to get stuck in at the coal face. Instead of being a mere spectator, I launched AllDeny and then the NGO Akendewa. I plan to come back on my journey in another series of articles.

Below you’ll find a non-exhaustive list of the things that are worth bearing in mind to avoid the mistakes that I made:

Set yourself up as a sole trader

You can set your business up as a limited liability company and get more credibility with the big players in your country. But how much is the extra credibility really worth if you don’t have any income at the start? If you’re an entrepreneur, it means that you know about taking calculated risks. Believe me, you’ll gain by committing the minimum amount of money possible at the start while you deepen your knowledge of the business environment in the country you’ve chosen. The taxes and other charges are very high in the majority of African countries, above all in francophone Africa.

In the case of Cote d’Ivoire for example, you’ll have to spend at least 2,000,000 fcfa (around 3,000 euros) to properly set-up your company, whereas with a sole proprietorship, the start-up costs won’t be anymore than 100 euros (65,000 cfa). To avoid later tussles with the tax officials, do everything you need to, to have traceable receipts. In Cote d’Ivoire, these are called “factures normalisées”.

Take the time to study your sector

You can’t just export an idea that works well in the West and think it’ll be an automatic success in Africa. Africans have very different ways of living and thinking. There’s no point for example setting up a payment service that uses voicemail, because in Africa, very few people use their voice mail – almost none are activated. However sophisticated and well-developed your technological solution is, it won’t succeed if it’s out of step with local needs. Of course, you can always create new needs and change the way your future consumers behave, but believe me, the risk of failure will be high, as will the costs if you need to educate and change your potential customers.

If your business offers a service for local enterprises, I advise you to come up with several different input forms so that your clients can clearly communicate to you their needs. The majority of small and medium sized businesses in Africa find it difficult to clearly grasp their technological needs. Unlike Europe or America, company bosses may not even a minimum understanding of technology and may not be able to describe what they need.

One of our clients once asked us to find a dedicated server for their website. After several conversations, I realised that he had wanted to carry out certain Unix commands on the shared server that hosted his site. But he found that he didn’t have permission to carry out these commands. If we’d have set-up a dedicated server, we could have sent him a large bill and made a healthy profit. But, the client in question would then have faced numerous security issues which would have required a degree of skilled intervention and extra cost that in fact was totally unnecessary. You can imagine how our relations would have then deteriorated, without even discussing the poor reputation that we could then have gained.

When coming back to your home country, don’t hesitate to bring your old equipment with you

This will help you to avoid looking for equipment in a place where the prices will be far higher and the selection limited. For example, if you need a particular type of printer, it’s far from clear that you’ll find the one you need in your homeland. Arriving already equipped is also a way to save money while at the same time making sure you have the best equipment. In country, you also risk finding equipment that has a host of hidden problems.

It’s worth being aware that the taxes on IT equipment are very high in certain African countries. Kenya is the exception in this domain thanks to a clued-up government. But most countries including Cote d’Ivoire use IT equipment imports as a way to increase tax revenue, something that has a big impact on the price of these goods. This situation doesn’t look like it will end soon as countries depend heavily on these customs duties.

Sub-let your office from another business or individual

There are quite a few businesses and individuals who have space to spare. If you decide to rent your own office (equally for your home), you’ll have to pay at least five months rent upfront as a deposit. There’s no shame in lodging with someone else. On the contrary, this will help you concentrate on the key thing; the service that you intend proposing to the market.

Africa could benefit by copying the garage start-ups in the US (e.g. Apple). Like in the 1970s with the PC and the 1990s with the internet, this current decade will see technology giants come from obscure beginnings. In Kenya there’s already the example of Ushahidi, which was set-up in 48 hours by David Kobia and which has since become a veritable gold mine.

Take on the services of a cook for your and your team’s meals

If you have at least five people in your business team, it’s a good idea to employ the services of someone to shop and cook your meals. Of course, this person will take a cut and you’ll need to watch out for overcharging. But still, these sorts of services are more and more popular in Africa’s main cities. Take the time to establish things on a good basis and help everyone participate in the choice of meals. If you can make the process fun, your collaborators will enjoy getting involved. Some of them will even bring along vegetables and fruits as their contribution.

Avoid signing staff contracts in the first year

At the start, it is best to employ your staff on a freelance basis. Avoid establishing fixed contracts. Of course, you shouldn’t keep your staff in a precarious position. But experience shows that our homelands aren’t overflowing with a strong professional ethic. The majority of employees only pick up such things when they’re in their first year of employment.

There is also a big problem with regards to the respect (even understanding) of the idea of upholding delivery schedules. Certain people struggle to understand that you can lose a contract (even one already signed) if delivery is late.

Put in place a transport budget

This will avoid hearing “boss, I didn’t have enough money to come to work”. The key idea here is to send a strong signal to your colleagues so that they understand the importance of being conscientiousness. Take the time to work out how each employee comes into work in order to help decide the best way for him/her to get there. Even better, you can give them an advance each week equal to the transport costs for that period.

There are also possibilities for providing transport. Find out if you can sign-up to something for your workers. It might also be possible to set-up car-sharing schemes for the company. Encourage those who transport their colleagues with fuel vouchers and other gifts. It’s the thought that counts. This can also help improve the team spirit at the business.

Personally, I don’t hesitate to transport my collaborators all the way to their homes. It’s a good occasion to chew the fat and get to know each other. But be careful not to go too far in your relations outside of work. This can turn against you. Don’t use your employees to do your personal errands – don’t abandon the positive things you picked up in the West. Your employees aren’t your domestic servants or your personal assistants, unless you’ve specifically employed them for this.

Use free software

I’ve seen that even the largest companies in Africa often use pirated versions of Windows and others software without a licence. It’s best to avoid these sorts of practices – if your produce is aimed at western markets, you’ll run into the problem of using unlicensed software. If you don’t have the means, use free software. You’ll need to put in a bit of time to get up and running on the free software. But you’ll make important savings. If you haven’t had experience of this software before, do your research and put in the effort in the first month to really get to know these tools.

There are numerous schools in our countries training competent users of these free software tools and this is an opportunity to seize. I’m not saying that you need to abandon other software, but as the next section makes clear, you need to be a role model in your organisation. If you haven’t the money to pay for software, it’s best to use free software legally. Coming from the diaspora, you shouldn’t be one of those promoting violations of copyright and intellectual property.

Keep in mind that you represent a leadership role model

As an African entrepreneur, you should keep in mind that you represent a leadership role model. Africans are little by little starting to become interested in leadership outside the domain of politics. You have a responsibility to embody the moral values that others that come after you can follow.

Personally, I started an adventure to build the local IT community at the same time as my professional activity in Abidjan. With 10 local entrepreneurs, we put in place Akendewa to “emulate the mobile and internet industry in Africa”. At the beginning this was just a simple gathering of people passionate about technology, but it’s become a real platform which has had an impact in almost every part of life in Africa. We were able to save lives thanks to the #civsocial project and we keep encouraging the technological activities of companies and individuals. You have the possibility of being part of such a movement, which exist in each African country.

Unless you’ve got tons of energy and a plan over several years, I would advise against setting up a new association or club in the country you decide to invest in. Just get involved with what’s already in existence and launch initiatives under its banner. If you can’t find an association that fits, then perhaps you can launch your association/organisation/club. But as soon as you’ve started, be ready to respond to the concerns of everyone who takes an interest in the initiative. Among these people you’ll find the right people to help you with your own projects.

One morning in 2010, I received a message from a certain Cyriac Gbogou. He wanted to encourage me in my work with Akendewa and also Yefite!, a community guide to great African hotspots that we launched under the AllDenY banner. In fact, he’d been following our online activities for a while and had decided to join forces with us. After several exchanges on Facebook, he started to work on behalf of Akendewa without having met any of its founder members. Several months later, everyone who knew about Akendewa knew Cyriac and how much he’d taken on board the vision of the organisation.

Be careful of espionage

Do be careful with the work you’re undertaking. A common practice is that people get themselves employed somewhere just to know what you’re doing and then to copy it. It boils down to espionage. Protect yourself from your colleagues by giving them access only to the information they need to carry out their work.

The art of delegation is of course one of the key things for any entrepreneur to cultivate, but if you create software and applications, I advise you to write the initial code yourself and then make use of an API that your collaborators can then use. With time, you can identify those you can see yourself working with for a long time, and open a bit more your secrets.

In any case, you do of course need to give your colleagues what they need to help advance the work. It’s not about holding back all the information – something that will lead to inevitable failure.

Don’t move back to your home country

I imagine that you may be shocked by this one. Me too. But the truth is that you have more chance of success in a country that isn’t your own. This doesn’t mean you’re forbidden from returning to your home country as your investment destination. When you head back, the family will be very happy to see you. But without wanting to, they can then become a distraction to you and stop you achieving your objectives. You risk losing time by meeting their needs at the same time as trying to make your business function.

And, let’s be honest, in Africa the entrepreneur is often considered as the big boss. Any big boss will of course have a certain financial power, so people think you’ve got plenty of resources. You’ll have a hard time explaining that you’re trying to create value and not expenses.

Personally, I’ve had some difficulties with certain members of my family who struggle to accept that they may see me on television talking about IT before I’ve passed by to spend a day with them visiting. Where it’s possible, I do try to meet as many people as possible. But if – like me – you have a large family, you risk losing a lot of time. It’s best to keep these visits to your holiday periods.

There are some countries in Africa that are more dynamic when it comes to IT than others. When I think about the evolution of the sector and the plans drawn up by different countries, it’s clear that certain countries will be more propitious for start-ups. If you don’t have too much money at the start, I advise you to head to one of the countries that I’ll recommend in a future article called “The diaspora and the IT ecosystem in Africa”.

Never trust verbal agreements

This applies to your collaborators as well as your eventual partners and local clients. Voluntary amnesia is a common disease. Keep a physical record of the agreements you draw up – it will help you avoid later disappointments.

When you present the written agreements to your collaborators and partners, they’ll see how important you regard the promises. The step of drawing up the agreements will show your seriousness and oblige your collaborator to make sure they fulfil his/her part of the deal. If you don’t do this and leave your collaborators fairly free, you’ll find that they’re not very committed to the work. But if you take the time to write things down in an official document, you’ll be surprised by the difference in productivity. It’s not a question of exploiting people. For example, with the heat in Africa you will need to allow your collaborators to take at least an hour for lunch.

Make sure you get hold of a copy of the law on the workplace in the country that you move into. Contrary to what some people think, the judicial administration in most African countries is very zealous when it comes to the non-respect of professional contracts. You’ll need to make use of a legal advisor in case of problems.

Keep you project plans secret

Don’t give away your project plans to someone who says they’ll find you local markets or international partners. Keep secret your implementation plan. Draw up project presentations that are clear, but don’t expose this level of detail. Certain people will have no scruple in using your documents as if they’d written them themselves. And when the damage is done, you will have little chance of upholding your property rights.

I can remember an unfortunate incident that happened to a Swiss entrepreneur originally from Cote d’Ivoire, who had updated a computer with an operating system based on Unix (the same base as Linux and mac OS). I spoke to him in August 2009 in Abidjan. And during the presentation of his product at Hotel Ivoire in Abidjan, he had one of his three prototypes stolen despite the presence of security.

Say goodbye to poor collaborators

Without any hesitation and for the fundamental survival of your business activity, say goodbye to collaborators who don’t respect working hours, deadlines and the rules that you establish. Any indulgence for incompetence will cost you dear. Unless you have a big budget for training your collaborators, don’t waste time with personnel who don’t bring much to the business.

Technology is a sector that’s part of a global market. Even if you’re in Africa, your competition could be European, American or Indian. I know of several European companies that create application for Africans. And coming from the diaspora, you know that these European details pay plenty of attention to the details.

Even if your solutions are simple, try to avoid spending time supporting your staff in their work. For this, work with collaborators who know the importance of doing a good job. They should be ready to take the time to document almost all that they plan to accomplish.

Don’t come back to settle in your homeland

In any case, not in the first year. This could seem like it’s against the spirit of getting involved in entrepreneurship in Africa, but it’s best to be honest. Africa is an incredible continent. But someone who left several years ago will have undergone some sort of modification in the way they see things back home. I wouldn’t say that he’s forgotten everything, but several years in a new environment changes you.

To avoid disillusion, entrepreneurs from the African diaspora should take the time to rediscover Africa. Personally, I started with visits of 3-4 weeks per year. Four years later, the weeks have become months. You need to take the time to make real contacts and develop a strong understanding of the market. Most importantly of all, you’ll come to understand the “new needs of Africa”. It’s these new needs that you should help answer with your business. Once you’re aware of them, you are in a stronger position to decide on the merits of a definitive return home.

Stay humble and respectful, but not submissive

Once you go back, you’ll find that some people will try to catalogue you as “their kid” and will want you to call them “big brother” or “big sister”. Don’t let these people influence your decision making.

Where possible, try to find a balance in your relations with people. Don’t hesitate to return favours – perhaps people will say that they help you for nothing, but as an entrepreneur you know that nothing is for free. Being prepared to say ‘No’ won’t lose your friends if these people respect you. On the contrary, when someone distances themselves from you because you said no, you are separating yourself from someone who would have slowed down your progress and reduced your professionalism.

Keep a blog

As incredible as it may seem, Africa needs you as a content producer. The different sections of IT in Africa are very poorly documented. It’s difficult to know what’s going on. By keeping a blog, you are providing information that will be invaluable to others. What do you gain? Everything! You’ll have the chance to position yourself as an expert of the section that you yourself have chosen. You’ll agree with me that an entrepreneur who knows the ins and outs of his sector will have a future advance over (future) competitors.

Take the time (25 – 40 minutes each day) to write about what’s happened. After several months, you’ll see that what you have written constitutes a real resource of knowledge.

Personally, two years ago, I reoriented my personal website (this one) towards blogging to share my entrepreneurial experiences with other internet-users. This has allowed me to build contacts throughout Africa, even Anglophone Africa. Even if the blog is in French (I did try initially to publish in English, which lasted several months), numerous English-speaking readers and entrepreneurs in Anglophone Africa read what I write thanks to Google Translate. Some have even told me that they translate my tweets. We are of course talking about my publications on IT in Africa and my initiatives. The result of this interest is that I will soon be one of the speakers at the Mobile Web Africa conference, which is the most important mobile event on the continent. This will allow me to make known what we’re up to.

Get involved in mobile technology

Keep an eye out on this blog for a new series of articles entitled “The diaspora and the IT ecosystem in Africa”, in which I’ll speak about the opportunities offered by mobile technology in Africa. I’ll use this to get into the detail of the biggest technological industry in Africa. I also plan to speak about what’s going on in Kenya, Nigeria, South Africa and some French-speaking African countries.

Conclusion

Africa can appear to be difficult terrain for entrepreneurs. Yet, it’s the place where the ROI (Return On Investment) is the largest in the world. Everything depends on the way in which you can attract the confidence of the main operators and also your capacity to adapt to the different habits.

As I said at the start of this post, there are obviously numerous recommendations that could be made and I’m interested in hearing your own. Don’t hesitate to comment on this post with your recommendations or suggestions to people in the diaspora who are thinking of coming back home for business.

 

 

 

18 recommandations à la diaspora qui souhaite entreprendre dans les technologies en Afrique

Si vous êtes africain de la diaspora, et que vous souhaitez entreprendre « au pays », je ne peux que vous encourager. Ayant moi même fais le pas, j’ai pu identifier des éléments qui favorisent le succès, ou du moins ceux qui diminuent les risques d’échec. Les recommandations que j’ai identifiées ci-dessous sont issues de mon expérience personnelle. Bien qu’elles ne soient pas exhaustives et universelles, je pense qu’elles constituent un bon point de départ.

De 2005 à 2008 j’ai travaillé en tant que développeur d’applications puis ingénieur d’études et développement sur les technologies Java/J2E liées au mobile et au Web. Cela m’a permis de connaître les domaines fonctionnels de la banque, de l’énergie et des médias. Par la suite, j’ai décidé de créer ma propre boite. J’ai toujours été entreprenant au collège, au lycée et pendant mes études universitaires. Mais jusque là il s’agissait d’actions associatives sans risque financier. Monter ma boite en France fût assez facile grâce à une formation délivrée par la chambre de commerce de Créteil. Mais lorsqu’il a fallu monter une entreprise en Côte d’Ivoire, j’ai dû surmonter de nombreux obstacles.

J’ai alors eu à passer ce que j’appelle mon « MBA Entrepeneuriat Technologique du Terrain pour l’Afrique« . En effet, je me suis toujours dit qu’il me faudrait au moins 3 ans pour mieux comprendre l’environnement dans lequel je souhaitais m’aventurer. Je suis ainsi parti sur la base selon laquelle aucune formation académique ne pourrait me faire atteindre cet objectif. J’ai donc fait la démarche en allant sur le « terrain ». Et au lieu de rester spectateur, j’ai lancé AllDenY puis l’Ong Akendewa. Je reviendrai sûrement sur ce parcours dans une autre série d’articles.

En Novembre 2007, je suis revenu pour la première fois en Cote d’Ivoire après 7 ans d’absence. J’y ai passé 3 semaines et je me suis dit qu’il y avait quelque chose à faire dans le domaine des technologies. L’année qui a suivi, sans grands moyens, j’ai décidé de créer une start-up en espérant faire des bénéfices assez rapidement. La première activité de cette boite était de mettre en place une équipe de développeurs pour mes clients se trouvant en Europe.

Ci-après une liste (non exhaustive) de points à prendre en compte pour éviter les erreurs que j’ai pu commettre :

Enregistrez-vous en entreprise individuelle

Vous pourriez vous installer en SARL pour avoir la crédibilité auprès des grands comptes locaux. Mais que vaudra cette crédibilité si aucune entrée d’argent ne se fait dans les premiers mois ? Si vous êtes entrepreneur, c’est que vous avez conscience que vous devez prendre des risques calculés. Croyez-moi, vous gagnerez à impliquer le minimum d’argent avant d’avoir une connaissance approfondie de l’environnement des affaires dans le pays que vous aurez choisi. Les taxes et autres impôts sont très élevés dans la plupart des pays (surtout en Afrique Francophone).

Dans le cas de la Côte d’Ivoire, par exemple, vous devriez débourser pas moins de 2.000.000frcfa (environ 3.000€) avant que votre entreprise ne puisse fonctionner dans les normes. Alors qu’avec une entreprise individuelle, vous ne dépenserez pas plus de 100€ (65.000frcfa) au cas où votre entreprise est créée en Côte d’Ivoire. Pour évitez les ennuis avec l’administration fiscale, effectuez les démarches nécessaires pour obtenir tout ce qu’il faut afin de pouvoir émettre des factures traçables. En Côte d’Ivoire, elles sont appelées « factures normalisées ».

Prenez du temps pour étudier votre secteur d’activité 

Vous ne pourrez pas juste exporter un concept occidental en Afrique et espérer qu’il ait du succès. Les habitudes des africains sont très différentes de ceux des occidentaux. Vous ne pourrez, par exemple, pas mettre en place un service payant fonctionnant à partir de la messagerie vocale pour les particuliers. Tout simplement parce qu’en Afrique, l’on n’utilise peu la messagerie vocale. Rare sont les africains qui activent leur messagerie vocale.

Votre solution technologique, aussi sophistiquée et fonctionnelle soit-elle, ne pourra rencontrer le succès si elle n’est pas en phase avec les besoins locaux. Vous avez toujours la possibilité de créer une nouvelle habitude. Mais vous conviendrez avec moi que le risque sera très élevé et il vous faudra dépenser beaucoup d’argent pour éduquer les utilisateurs.

Si votre activité implique des prestations de service pour des entreprises, je vous conseillerai de mettre en place plusieurs formulaires (avec chacun un spécimen rempli) qui aideront vos clients à soumettre clairement leurs attentes. La plupart des PME en Afrique ont un peu de mal à exprimer clairement leurs besoins technologiques. Contrairement à l’Europe ou l’Amérique, les responsables des entreprises n’ont pas forcément le minimum de connaissance des technologies afin de savoir ce qui leur faut.

L’un de nos clients nous a une fois demandé de lui trouver un Serveur dédié pour son seul site web. Après plusieurs échanges, je me suis rendu compte qu’il avait souhaité exécuter des commandes Unix sur le serveur mutualisé sur lequel se trouvait son site. Sauf que les accès qu’il avait ne lui donnaient pas le droit d’exécuter ces commandes. Le problème a été résolu en autorisant juste ces commandes pour ses accès. L’on aurait pu lui faire prendre ce serveur dédié et gagner une grosse commission au passage. Mais, le client en question serait alors face à de nombreux problèmes de sécurité nécessitant une compétence qu’il n’aurait pas pu se payer. Vous imaginez la suite de nos rapports dans ce cas-là ? Que dire de la mauvaise étiquette qui nous aurait été collée ?

En revenant au pays, n’hésitez pas à vous munir de votre matériel d’occasion reconditionné

Cela vous évitera d’être à la recherche de matériel, car sur place les prix sont très élevés et le choix en matière de matériel informatique peu étendu.
Par exemple, si vous avez besoin d’un type particulier d’imprimante, vous n’aurez pas forcément la chance d’en trouver au pays.
C’est aussi une occasion pour vous de faire des économies tout en acquérant du bon matériel. Sur place, ce sera trop tard car vous pouvez tomber sur du matériel comportant des vices cachés.

Il faut également savoir que les taxes sur le matériel informatique sont très élevées dans certains pays. Le Kenya reste une exception compte tenu de sa politique incitative. Par contre les pays comme la Côte d’Ivoire souhaitent faire rentrer de l’argent dans les caisses de l’Etat à travers ces taxes, ce qui a une grande influence sur les prix de plus en plus élevés. Cette situation risque de perdurer car l’État compte énormément sur les taxes douanières pour sa relance.

Sous-louez un bureau dans les locaux d’une entreprise déjà installée ou chez un particulier

Il y a pas mal d’entreprises et de particuliers qui ont de l’espace non exploité. Il faut savoir que si vous décidez de louer directement un bureau (la même chose s’applique pour les logements) vous aurez à payer pas moins de 5 mois de caution. Il n’y a pas de honte à être hébergé. Bien au contraire, cela vous donne le temps de vous organiser et de vous concentrer sur l’essentiel : le service que vous venez proposer.

Contrairement à l’Europe qui n’a pas vu passé son époque des « start-ups sorties du garage, comme les USA, l’Afrique a là son opportunité. En effet, comme au début des années 70 avec l’ordinateur personnel, et au milieu des années 90 pour l’Internet, cette deuxième décennie qui commence va voir naître des géants sortis de très bas. Au Kenya, c’est l’exemple de Ushahidi qui a été mis en place en 48h par David Kobia avant de devenir au fil du temps une grosse mine d’or.

Offrez-vous un traiteur pour vos repas et ceux de vos collaborateurs

Si vous êtes plus de 5 membres de l’entreprise, vous gagnerez à utiliser les services d’une personne, moyennant un petit intéressement, pour “faire le marché” et préparer vos repas. Gardez juste en tête que “faire le marché” implique des “retenus”. Il s’agit de la monnaie qui ne vous reviendra jamais. A vous de connaître le juste prix et d’évaluer les dépenses avec votre prestataire.

Par Wayan Vota

Ces services de traiteurs personnels sont de plus en plus répandus dans les capitales africaines. Je vous conseillerai de prendre le temps d’expliquer à vos collaborateurs leur bien-fondé. Faîtes-les participer au choix des plats à l’avance. Si vous arrivez à rendre le processus amusant, vos collaborateurs seront eux même très engagés. Certains n’hésiteront pas ramener des légumes et des fruits en guise de participation.

Évitez de signer des CDD ou CDI dans la première année

Au commencement, il est plus judicieux de prendre des collaborateurs en contrat freelance. Evitez donc de signer des CDD ou CDI à vos employés.
Attention, il n’est pas question de mettre des personnes dans une situation de précarité! Mais force est d’avouer que la conscience professionnelle n’est pas une chose qui est automatique dans nos pays. Du coup la plupart des gens l’apprennent seulement durant leurs premières années (d’embauche).

Il existe aussi un gros problème quant au respect (je dirai même “la compréhension”) des délais de livraison. Certaines personnes n’arrivent pas à comprendre que vous puissiez perdre un marché (que vous aviez déjà conclu) suite à des retards de livraison.

Mettez en place un budget transport

Vous éviterez ainsi d’entendre “chef je n’ai pas d’argent pour me rendre au travail”. L’idée ici est d’envoyer un signal à vos collaborateurs afin qu’ils comprennent l’importance de l’assiduité. Prenez le temps de « tracer » l’itinéraire de chacun de vos collaborateurs pour définir avec lui le meilleur trajet à utiliser. Pour être plus efficace, vous pouvez leur remettre à l’avance l’équivalent les frais de déplacement comptant pour une semaine.

Il existe aussi des transports en commun pour travailleurs. Renseignez-vous afin de souscrire des abonnements pour vos collaborateurs. Dans la mesure du possible, organiser le covoiturage dans votre entreprise. Encourager ceux qui acceptent de conduire les autres avec des bons pour leur carburant ainsi que divers petits cadeaux. C’est le geste qui compte. Le covoiturage a pour avantage d’améliorer l’esprit d’équipe que vous souhaitez voir régner dans votre entreprise.

Personnellement je n’hésite pas à ramener mes collaborateurs jusqu’à leurs domiciles. C’est l’occasion de discuter de choses de la vie afin de mieux se connaître. Mais attention à ne pas aller trop loin dans les rapports hors cadre du travail. Cela risque de se retourner contre vous. N’utiliser pas vos employés pour faire vos courses personnelles. C’est là qu’il faut ressortir les choses positives que vous avez apprises en occident. Vos employés ne sont pas vos domestiques ou vos assistants personnels à moins que vous n’embauchiez quelqu’un pour ces tâches particulières.

Utilisez des logiciels libres et gratuits

J’ai pu remarqué que même les plus grandes entreprises dans nos pays utilisent des versions piratées de Windows et d’autres logiciels pour lesquels ils ne veulent pas acheter la licence. Il vaut mieux éviter cela car si vos productions s’adressent aux marchés occidentaux, le problème d’acquisition de ces licences se posera. Si vous n’avez pas les moyens, utiliser les logiciels libres et gratuits. Un investissement en temps peut être nécessaire. Mais dans tous les cas vous économiserez. Si vous ne vous y connaissez pas, n’hésitez pas à vous renseigner et surtout à consacrer le premier mois de votre installation à la prise en main de ses outils.

De nombreuses écoles, dans nos pays, forment des techniciens capables de travailler sur les logiciels libres : voilà une opportunité à saisir. Je ne dis pas de mettre de coté les logiciels payants, mais comme l’indique le point qui suit, vous êtes finalement un modèle de leadership à travers votre entreprise. Et si vous n’avez pas les moyens de vous offrir un logiciel payant, il vaudrait mieux vous tourner vers des logiciels libres et gratuits.
Venu de la diaspora, vous ne devriez pas être la personne qui promeut les violations des droits d’auteur et de la propriété intellectuelle.

Gardez en tête que vous représentez un modèle de leadership

En tant qu’entrepreneur africain, vous devez gardez en tête que vous représenter un modèle de leadership.Les africains commencent peu à peu à s’intéresser aux formes de leadership autres que celles de la politique. Vous avez donc la responsabilité de véhiculer des valeurs morales sur lesquelles vos suivants devront s’appuyer.

Personnellement je me suis lancé dans une aventure communautaire en parallèle avec mon activité professionnelle à Abidjan. Avec 10 entrepreneurs locaux, nous avons donc mis en place Akendewa pour « émuler l’industrie de l’Internet et du mobile en Afrique ». Ce qui au départ n’était qu’une simple organisation pour passionnés des technologies, est devenu une véritable plateforme qui permet à ces acteurs d’agir dans tous les domaines de la vie en Afrique. Nous avons ainsi pu sauver des vies grâce au projet #civSocial et n’arrêtons pas d’encourager les initiatives technologiques des entreprises et des individus. Vous avez la possibilité de rejoindre un tel mouvement car il en existe dans chaque pays Africain.

A moins d’avoir beaucoup d’énergie et un plan sur plusieurs années, je ne vous conseillerai pas de créer une association ou un club supplémentaire dans le pays que vous aurez choisi. Vous aurez juste à intégrer un déjà existant et à lancer des initiatives sous son couvert. Si vous n’en trouvez pas qui vous corresponde, alors vous pouvez aisément lancer votre propre association /organisation/club. Mais dès lors que vous êtes lancé, accepter de répondre aux préoccupations de chacune des personnes qui s’intéressent à vos initiatives. C’est parmi ces personnes là que se trouvent celles qui porteront vos projets.

Un matin de septembre 2010, j’ai reçu un message d’un certain Cyriac Gbogou. Il souhaitait m’encourager pour Akendewa et pour Yefite!, le guide Communautaire des bons endroits africains que nous avons ouvert chez AllDenY. La vérité c’est qu’il suivait nos activités en ligne depuis un moment et venait de décider de se joindre à nous. Après plusieurs échanges sur Facebook, il a commencé à travailler pour akendewa sans avoir rencontré un seul de ses membres fondateurs. Quelques mois plus tard, tout ceux qui connaissent Akendewa, savent qui est Cyriac tant il s’est approprié la mission et la vision de l’organisation.

Faites très attention à l’espionnage

Prenez des précautions vis-à-vis de ce que vous réalisez. Une pratique courante est que des personnes se font embaucher juste pour savoir ce que vous faites afin de vous copier : en gros c’est de l’espionnage. Protégez-vous de vos collaborateurs en leur donnant accès, uniquement, aux informations dont ils ont besoin pour travailler.

L’art de savoir déléguer est certes l’une des choses les plus importantes que l’entrepreneur doit cultiver, mais si vous créer des logiciels ou des applications, je vous conseillerai par exemple d’écrire vos premiers programmes vous même puis de mettre en place une API que vos collaborateurs pourront étendre. Et avec le temps, vous pourrez identifier des collaborateurs disposés à aller loin avec vous. À ces derniers, vous pourrez ouvrir peu à peu vos portes secrètes.

Dans tous les cas, il faudra que vous mettiez à disposition tout ce qu’il faut pour que vos collaborateurs puissent avancer dans leur travail. Ce n’est pas le lieu de faire de la rétention d’information. Vous en sortirez perdant.

Ne retournez pas dans votre pays d’origine

J’imagine que vous n’êtes pas tout à fait d’accord avec cette première recommandation. Moi non plus. La vérité c’est que vous avez plus de chance de réussir dans un pays autre que le votre. Cela ne vous empêche pas de choisir votre pays d’origine comme destination pour votre aventure entrepreneuriale.
Lorsque vous retournez dans votre pays d’origine, la famille et les amis sont très contents de vous revoir. Sans le vouloir, ils peuvent constituer une distraction vis-à-vis de vos objectifs. Vous risquez donc de perdre du temps à vouloir les satisfaire en même temps que vous essayerez de faire fonctionner l’entreprise que vous venez de créer.

Et qu’on ne se le cache pas, en Afrique l’on considère souvent que l’entrepreneur est un chef d’entreprise. Implicitement un chef d’entreprise est sensé avoir un certain pouvoir financier. Par conséquent, l’on estimera que vous détenez ce pouvoir. Aussi, vous aurez beaucoup de difficultés à expliquer que vous êtes dans une dynamique de création de valeur et de richesse plus que de dépenses.

Personnellement j’ai eu des soucis avec certains membres de ma famille qui n’acceptaient pas le fait que je ne leur consacre pas une journée de visite alors qu’ils me voyaient « passer à la télé locale pour parler d’informatique ». Dans la mesure du possible, j’essaie de rencontrer le maximum de personnes. Mais si, comme moi, vous avez une très large famille, vous risquez de perdre beaucoup de temps. Le mieux étant de programmer ces visites lorsque vous venez pour des vacances.

Il y a des pays en Afrique, dans lesquels le secteur des technologies de l’information est plus dynamique que dans d’autres. Lorsque j’analyse les évolutions de ce secteur ainsi que les plans des différents Etats vis-à-vis de l’industrie des technologies, il est clair que certains pays ont déjà un cadre propice pour les start-ups. Si vous n’avez pas beaucoup d’argent pour démarrer, je vous recommanderai de vous diriger vers ces pays auxquels je consacrerai prochainement un article de la série « La diaspora face à l’écosystème des Tic en Afrique ».

Ne faites JAMAIS d’accords verbaux

Tant avec vos collaborateurs qu’avec d’éventuels partenaires ou clients locaux. L’amnésie volontaire est pratique courante. Garder une trace des accords que vous passez avec les uns et les autres est important. Cela vous évitera bien des déboires.

Lorsque vous présenterez des accords écrits à vos collaborateurs ou à vos partenaires, ils se rendront compte de l’importance que vous accordez à ces accords. Cette démarche qui témoigne de votre engagement ferme, obligera le collaborateur à remplir sa part du contrat avec sérieux. Au premier abord, si vous laissez une certaine liberté à vos collaborateurs, vous aurez l’impression qu’ils ne sont pas engagés. Mais si vous prenez le temps de « rendre officiel » vos accords par l’écrit, vous serrez vous-même surpris par la montée de leur productivité. Il ne s’agit pas de les exploiter. Par exemple, il règne une telle chaleur dans la plupart des pays d’Afrique, qu’il serait maladroit d’obliger vos collaborateurs à prendre des pauses-déjeuner de moins d’une heure.

N’hésitez pas à vous procurer le code du travail du pays que vous aurez choisi. Contrairement à ce que peuvent croire certains, l’administration juridique dans la plupart des pays africains est très réactive lorsqu’il s’agit de non respect d’engagements contractuels dans le cadre professionnel.
Il vous faudra bénéficier des services d’un conseiller juridique, dans le cadre de vos recours.

Gardez les plans de vos projets secrets

Ne donnez jamais les plans de vos projets à qui que ce soit sous prétexte qu’il va vous trouver des marchés locaux ou des partenaires internationaux.
Gardez secret les détails d’implémentation de vos projets. Pensez à rédiger des présentations et des fiches-projets assez explicites mais qui n’exposent pas ces détails.

Certains n’auront aucun scrupule à utiliser vos documents comme s’ils en étaient les auteurs. Et lorsque le mal sera fait, vous n’aurez pas de réelles possibilités pour en réclamer la propriété.

J’ai encore en souvenir un évènement malheureux rencontré par un entrepreneur Suisse d’origine ivoirienne. Ce monsieur a mis au point un ordinateur et un système d’exploitation basé sous Unix (la même base logiciel que Linux et mac OS ). Je m’étais entretenu avec lui en Août 2009 à Abidjan. Et lors de d’une présentation de son produit à l’hôtel Ivoire d’Abidjan, il s’est fait voler l’un de ces trois prototypes qui étaient pourtant surveiller par les forces de l’ordre.

Séparez-vous des mauvais collaborateurs

Sans hésitation et pour la survie de votre aventure entrepreunariale, séparez-vous des collaborateurs qui ne respectent pas les horaires de travail, les délais, les règles que vous aurez établies. L’indulgence peut vous perdre lorsqu’il s’agit d’incompétence. A moins que vous ayez un budget conséquent pour la formation technique de vos collaborateurs, je vous suggère de ne pas perdre de temps avec les collaborateurs qui ne font pas le poids.

Les technologies représentent un secteur de compétitivité universelle. Même si vous êtes en Afrique, sachez que vos concurrents peuvent être européens, américains ou indiens. Je connais quelques entreprises européennes qui créent des applications pour les africains. Et venant de la diaspora, vous savez aussi bien que moi que les techniciens européens « font attention aux détails ».

Même si vous réaliser des solutions simples, faites en sorte d’éviter de passer du temps pour du support. Pour cela, engagez-vous avec des collaborateurs qui ont compris l’importance du travail bien fait. Ces derniers devront prendre le soin de documenter aussi largement que possible l’ensemble des réalisations qu’ils auront à accomplir.

Ne revenez pas vous installer « au pays »

En tout cas pas dans la première année. Cela peut paraître contraire à l’esprit avec lequel je promeus l’entrepreneuriat en Afrique. Mais, il vaut mieux être franc. L’Afrique est un continent merveilleux. Mais quelqu’un qui l’a quitté depuis plusieurs années, a forcément subit une modification dans sa manière de comprendre les choses du continent. Je ne dis pas qu’il a tout oublié, mais plusieurs années dans un nouvel environnement « change son homme ».

Pour éviter les désillusions, les entrepreneurs de la diaspora doivent prendre le temps de redécouvrir l’Afrique. Personnellement j’ai commencé par des séjours de 3 à 4 semaines par an. 4 ans plus tard, les semaines sont devenues des mois. Vous prendrez ainsi le temps de vous faire de vrais contacts et comprendre ce qui marche. Et le plus important, vous apprendrez aussi « les nouveaux besoins des africains ». Ce sont à ces nouveaux besoins que vous devriez apporter une solution via votre entreprise. Une fois que vous aurez toute cette connaissance, vous pourriez vous même juger de l’intérêt de votre retour définitif au pays.

Restez humble et respectueux mais pas soumis

Vous remarquerez que certaines personnes essayeront de vous cataloguer comme étant leur « petit(e) » et qu’en retour, elles souhaiteront que vous les appeliez « grand Frère » ou « grande soeur ». Ne laissez pas ces choses influer sur votre fermeté face à des décisions.

Tant que possible cherchez à équilibrer les rapports que vous aurez avec les gens. N’hésitez pas à donner en retour lorsque l’on vous rend service. L’on peut bien vous faire croire que l’aide qu’on vous apporte est gratuit. Mais en tant qu’entrepreneur, vous savez très bien que rien n’est gratuit. Aussi, dire « non », ne vous fera jamais perdre des amis ou des personnes qui ont du respect pour vous. Bien au contraire, lorsque quelqu’un s’éloignera de vous parce que vous lui auriez dit « non », vous vous serez séparé d’une personne qui aurait pu ralentir votre progression ou réduire votre professionnalisme.

Tenez un blog

Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, l’Afrique a besoin de vous en tant que producteur de contenu. Les différents segments de l’industrie des technologies en Afrique sont très peu documentés. Difficile de savoir ce qui s’y passe. En tenant un blog, vous fournirez des informations très utiles pour les internautes. Qu’est ce que vous y gagnez ? Et bien tout ! Car vous avez une opportunité de vous positionner en tant qu’expert du segment que vous aurez choisi. Et vous êtes d’accord avec moi qu’un entrepreneur qui connaît les subtilités de son secteur a une avance significative sur ses (futurs) concurrents.

Prenez le temps (25 à 40 minutes par jour) d’écrire sur tout ce qui vous arrive. Au bout de quelques mois, vous verrez que vous aurez constitué une base de connaissance à valeur ajoutée.

Personnellement, il y a 2ans, j’ai réorienté mon site personnel (celui-ci) en blog pour partager mon aventure entrepreneuriale avec les internautes. Cela m’a permis d’avoir des contacts à travers toute l’Afrique. Et quand je dis toute l’Afrique, je parle aussi de la partie anglophone. Même si mon blog est en Français (j’ai pourtant essayé de publier en anglais pendant plusieurs mois) de nombreux observateurs et entrepreneur d’Afrique anglophone lise mes publications en utilisant l’outil de traduction de Google. Certains m’ont même fait savoir qu’il leur est arrivé de traduire certains de mes tweets. Il s’agit bien entendu de mes publications concernant les technologies en Afrique et de mes initiatives. La résultante de cet intérêt, est que je suis désormais l’un des intervenants de la série de conférence Mobile Web Africa qui reste l’évènement mobile le plus important sur le continent. C’est pour moi une occasion de faire connaître ce que nous faisons.

Entreprenez dans les technologies mobiles

Je vous donne RDV dans le prochain article de la série « La diaspora face à l’écosystème des Tic en Afrique », dans lequel je parlerai des opportunités offertes par l’environnement technologique du mobile en Afrique. J’en profiterai pour faire un tour d’horizon sur les spécificités de ce qui est la plus grande industrie technologique d’Afrique. Ce sera aussi l’occasion de vous parler des choses qui se font au Kenya, au Nigeria, en Afrique du Sud et dans certains pays d’Afrique francophone.

 

Pour conclure

L’Afrique est un terrain qui peut paraître difficile pour les entrepreneurs. Mais, c’est pourtant un endroit où le ROI (Return On Investment = « Retour Sur Investissement ») est largement reste très élevé comparé à la plupart des autres régions du monde. Tout est dans la manière dont vous allez acquerir la confiance des opérateurs et aussi votre capacité d’adaptation aux habitudes des personnes.

Comme je le disais au début de ce post, il existe sûrement de nombreuses recommandations que l’on pourrait faire. Je serai ravi de lire les vôtres. N’hésitez donc pas à commenter ce post avec vos recommandations ou suggestions aux personnes de la diaspora qui souhaitent revenir au pays pour entreprendre.

Merci à Melissa Jhonson qui a pris le temps de relire et corriger cet article. Vous pouvez suivre son « regard sur le monde, l’Afrique et … » sur son blog http://famchocolat.wordpress.com/

Les raisons pour lesquelles, les entreprises d’Afrique ne sont toujours pas sur le web

De nos jours, un site web est très important pour une entreprise. C’est un puissant outil de communication qui peut à lui seul éviter à l’entrepreneur d’investir dans les canaux publicitaires traditionnels. La présence des entreprises africaines sur le web est un facteur déterminant pour l’augmentation du contenu africain en ligne.

Mais à ce jour, le ratio d’entreprises d’Afrique présentent en ligne est très faible. Pourtant la plupart ont plus ou moins entendu parler du web. Pourquoi n’ont-elles pas encore fait le pas ? Peut être qu’elle n’en ont pas besoin. Essayons de comprendre ce qu’il en est à partir des éléments ci-dessous.

les africains ne sont pas encore sur le web

Si l’on s’en tient au données de Internet World Stats, il y a à ce jour environ 118 848 060 d’Africains sur le net. Ce qui fait 11,5% de la population totale du continent. Quand on sait que 44% (toujours d’après Internet World Stats) de ces internautes viennent du Nigeria (165 millions d’habitants, environ 15,6% de la population du continent), on comprend bien qu’il y a très peu d’africains qui ont accès au web. Un pays comme la Côte d’Ivoire n’a que 968 000 internautes pour une population estimée à 21 Millions. Avec ce faible taux de pénétration, les chefs d’entreprise peuvent considérer que le web n’est finalement pas un canal pertinent pour promouvoir une activité. Les quelques africains qui sont en ligne sont bien souvent des influenceurs.

Partons de quelques hypothèses qui sont vraies dans plusieurs régions d’Afrique :

Avec ces deux points, on peut déjà se dire que finalement les personnes ayant accès au web sont de réels influenceurs dans leur communautés respectives. Ils peuvent donc aider pour la promotion d’un produit. Ainsi, il est fort à parier que si quelqu’un qui a accès à l’internet apprécie votre produit via le web, il en parlera autour de lui. Et s’il en parle autour de lui, votre produit aura plus de facilité à se faire connaitre et à être adopté. En partant, bien sûr, du fait que cette personne soit très écoutée dans sa communauté.

TABLEAU ISSU DE INTERNETWORLDSTATS.COM – 31 Mars 2011
Regions

Population ( 2011 Est.)

Utilisateurs d’Internet 31 Décembre 2000

Utilisateurs d’Internet 31 Mars 2011

Penetration (% de la Population)

Croissance 2000-2011

 % d’utilisateurs

Afrique 1,037,524,058 4,514,400 118,609,620 11.4 % 2,527.4 % 5.7 %
Asie 3,879,740,877 114,304,000 922,329,554 23.8 % 706.9 % 44.0 %
Europe 816,426,346 105,096,093 476,213,935 58.3 % 353.1 % 22.7 %
Moyen-Orient 216,258,843 3,284,800 68,553,666 31.7 % 1,987.0 % 3.3 %
Amérique du Nord 347,394,870 108,096,800 272,066,000 78.3 % 151.7 % 13.0 %
Amerique Latine / Carib. 597,283,165 18,068,919 215,939,400 36.2 % 1,037.4 % 10.3 %
Oceanie / Australie 35,426,995 7,620,480 21,293,830 60.1 % 179.4 % 1.0 %
TOTAL Mondial 6,930,055,154 360,985,492 2,095,006,005 30.2 % 480.4 % 100.0 %

Pour l’entrepreneur africain, il est vrai que le mobile doit être une priorité par rapport du web. Mais rien n’empêche de partir du web pour « gagner » sur le mobile. On peut imaginer par exemple une promotion sur le web

  • qui nécessite l’inscription du numéro de téléphone.
  • Une fois l’inscription validée, l’internaute reçoit par exemple un SMS qu’il peut partager avec ses amis en leur envoyant à son tour des SMS.

Je vous laisse imaginer la suite si réellement le produit représente un intérêt pour les utilisateurs. Les réseaux sociaux représentent un excellent canal pour les entreprises. Avec un ton amical, elles peuvent profiter de l’interconnexion des utilisateurs pour promouvoir leurs activités de manière virale. En Décembre 2011, Facebook comptait plus de 37 millions d’Africains [Source : Internet World Stats]. C’est énorme, car cela signifie que sur « 10 africains connectés », il y a environ 4 qui utilisent Facebook.

A quoi peut bien servir un site ?

Si vous décidez d’offrir vos services de designer ou de développeur web à une PME africaine, vous devrez être en mesure d’expliquer, à votre futur client, la valeur ajoutée que vous apportez par rapport aux médias traditionnels. L’entrepreneur africain étant à la base sceptique vis-à-vis du web, vous devez avoir un argumentaire bien étoffé. Vous pouvez par exemple lui faire comprendre qu’un site web sert :

  • de carte de visite grand format : Contrairement aux cartes de visite traditionnelles, l’on peut y ajouter beaucoup plus d’informations sur l’entreprise.
  • d’outil de présentation du contenu d’un catalogue pour les entreprises qui en possèdent. On parle même de « site catalogue »
  • de canal de communication avec des futurs clients : Il permet de poser des questions sur l’activité, les produits et services, l’entreprises et le staff.
  • à démontrer son expertise via un blog par exemple, l’on peut arriver à séduire facilement ces futurs clients. C’est le cas de PDA Store, une boite qui vend des mobiles en Cote d’Ivoire. A travers son blog, PDA Store donne des conseils sur les usages et l’entretient des mobiles. Tout y passe. De l’application smartphone coup-de-coeur à la manière la plus efficace de sécuriser ses comptes sur android.

La cybercriminalité fait fuire tout le monde

La cybercriminalité fait des victimes et tue beaucoup de business dans plusieurs pays d’Afrique. Elle empêche par exemple le décollage du E-commerce. Les autorités des pays africains manquent de moyens face à ce fléau. L’africain moyen sait par exemple qu’il est en danger sur internet. Mais, il ne sait pas forcément à qui s’adresser ou comment se protéger. Ce manque d’information conduit à un certain paranoïa.

Chez AllDenY par exemple, nous approchons (physiquement) les pme ivoiriennes pour leur proposer nos services de création de site web (+ gestion et autres services). Mais avant même de proposer nos services, nous prenons le soin de demander à l’entrepreneur les raisons pour lesquelles il n’avait jusque là pas fait le pas du « online ». Sur environ 1500 entreprises interrogées, la première raison évoquée est « la peur de se faire escroquer« .

Les exemples d’escroqueries et autres actes de « e-vandalisme » ne manquent pas. Il ne se passe pas un seul jour sans que un cas soit signalé. J’ai moi même pu faire le constat sur un site web qui reprenait pratiquement le même nom de domaine qu’une banque ivoirienne. La seule différence était un tirait (banquexxxxxx.com au lieu de banquexxxxx.com). ce site avait réussi à récupérer les accès de certains utilisateurs qui avaient essayé de se connecter à leur espace client via le site piraté.

Le problème du webmastering et des prestataires de services

Il est bien d’avoir un site web. Mais, s’il n’est pas fréquemment mis à jour, ou fourni en contenu, ils donnera plutôt une image négative de l’entreprise. Le métier de webmaster (freelance ou agence) a encore des beaux jours en Afrique. En proposant leurs services de webmastering, ils prennent l’engagement d’intervenir sur les changements du contenu. Pourtant, encore de nombreuses entreprises se plaignent du manque de réactivités de leurs webmasters. Et comme les entrepreneurs communiquent entre eux, cette situation crée une certaine réticence générale vis-à-vis des webmasters.

Il y a donc un travail supplémentaire à faire du coté des webmasters. Au delà des impayés et autres soucis que peuvent poser des clients peu scrupuleux, les webmasters gagneraient à se comporter avec beaucoup plus de professionnalisme. Car la quantité des contrats futurs est souvent fonction du taux de satisfactions des précédents clients.

Au vu de toutes ces choses, l’entrepreneur se demande souvent si le web, cet outil de communication dont tout le monde parle, vaut réellement le « coût ». Cette situation se vérifie plus chez les nouveaux entrepreneurs pour qui la moindre sortie d’argent est calculée. Certains entrepreneurs ne sont pas à l’abris d’une surfacturation car n’ayant pas la mesure de ce que coûte le travail que le développeur ou le webmaster réalise pour eux. La vérité est qu’en Afrique, il est difficile de répondre à la question « combien coute un site web ? institutionnel ? e-commerce ? « .

L’opportunité

Certains entrepreneurs vous diront qu’il ne savent pas quoi mettre sur le site que vous souhaitez leur créer. D’autres encore n’ont pas de dépliant ou de prospectus à partir duquel vous pouvez vous inspirer pour rédiger le contenu de leurs sites. Ce problème est finalement une opportunité pour les développeurs et surtout les webmasters qui peuvent aisément fournir une offre triple-play (conception – contenu – maintenance).

C’est aussi une opportunité pour des agences qui pourraient se spécialiser dans l’accompagnement des entrepreneurs pour la rédaction de la documentation sur leurs offres commerciales. Cet accompagnement aura son sens si en plus de la documentation, ces agences proposent des services (soit directement, soit par le biais d’un prestataire partenaire) de création de carte de visite et autres support à travers un package.

Le fait que les entreprises africaines ne soient pas encore en ligne représente une grosse opportunité pour les développeurs (freelance, agence). Il y a tout un continent à mettre en ligne. Et certains, dont des agences, l’ont compris. Parmi ces agences, l’on compte Google.

Et oui ! Encore négligé par les autres géants du web, l’Afrique a été pris d’assaut par la firme de Montain View. En plus de sa mission d’accompagnement des développeurs et des producteurs de contenu africains, Google à entrepris d’aller à la rencontre des entrepreneurs à travers le programme « Get Your Business Online« . Déjà déployé en Europe (France, ireland, Grande-Bretagne, ..) en Amérique (USA, Canada, ….) en Asie (Inde, ….), ce programme est désormais à la disposition des entreprises africaines (Kenya, Nigeria, Ghana, …).

Enfin

Je pense vraiment que ce serait dommage pour les développeurs africains de ne pas profiter de cette opportunité. Je n’ai rien contre le fait que Google ou d’autres géants se soient positionner. Mais, c’est une réelle opportunité que ses développeurs africains, qui chaque jour essaient de vivre de l’art qu’ils ont choisit, pourraient rater. Ils ont l’avantage d’être proches des entreprises africaines. Ils ont aussi l’avantage de ne pas souffrir de la lourdeur d’une multinationale. Reste à eux de prendre cette grosse part du Gâteau qui est à leur disposition. Dans quelques années ce sera trop tard. Car en plus de fournir un travail de qualité, les entreprises comme Google ont le chic de rendre leurs services abordables à tous.

J’ai surement omis des raisons qui empêchent les entreprises d’Afrique d’être en ligne. Via un commentaire, vous pouvez partager celles que vous avez identifiées.

Combien coûte un site web en Afrique subsaharienne ?

Dans les pays développés, lorsqu’une entreprise décide de mettre en place un site web pour la présentation de son activité elle sait plus ou moins à qui s’adresser et combien payer. Mais lorsqu’il s’agit des entreprises en Afrique subsaharienne, cela peut devenir un véritable casse-tête. Bien souvent, le plus difficile pour l’entrepreneur (ou le chef d’entreprise) est de déterminer la valeur ajoutée que pourrait apporter un site web à son affaire. C’est à partir de cette information qu’il pourra définir un budget pour une éventuelle réalisation. Le site étant un outil de communication supplémentaire ou complémentaire à ce qu’il possède déjà.

Soit une entreprise africaine de moins de 50 salariés qui fait un bénéfice dans la moyenne des entreprises du pays dans lequel il se trouve. Supposons qu’elle désire avoir un site web. Nous allons d’abord nous intéresser aux développeurs web qui pourraient s’occuper de la réalisation.

Le salaire mensuel d’un développeur web en Afrique subsaharienne
La notion de facturation à l’heure de travail n’est pas très répandue en Afrique. Donc difficile d’établir une méthode universelle pour la facturation. Mais nous allons déterminer la facturation en fonction du nombre de jours de travail. On peut estimer le salaire net moyen d’un développeur web (que l’on appelle « Intégrateur ») diplomé avec au moins 3 ans d’expérience à environ 300 000frcfa (il y a de fortes chances que ce soit 400 000frcfa ou 250 000fcfa). Bien sûr, on ne parle pas ici de développeur de logiciels ou d’applicatifs. Pour ce métier il faut compter au moins 450 000frcfa en moyenne. Donc si nous revenons au cas du développeur web (l’intégrateur), on se retrouve avec un salaire annuel de 3 600 000fcfa. En estimant qu’il y a environ 250 jours de travail effectifs dans l’année nous somme à environ 14 400frcfa/jour qui est (d’après nos hypothèses), le salaire journalier net d’un développeur web. Dans le cas des développeurs indépendants, il faudrait compter 2 fois plus car ils supportent des charges que les salariés ne supportent pas. Ce qui fait 2 x 14 400 = 28 800frcfa.

Site Web

Combien de temps faut-il pour développer un site institutionnel (avec environ 5 pages) ?
Cela dépend énormément des compétences (savoir-faire) du développeur. Et ici on est bien dans quelque chose qui n’est pas spécifique à l’Afrique. Je suis de ceux qui estiment q’un développeur, fût-il africain, à tout ce qu’il lui faut pour être au même niveau qu’un développeur européen ou américain ou encore, indien. Les ressources en ligne constituant la meilleure école. Ainsi, après 3 ans, un développeur doit être capable de développer au moins une page web (de complexité moyenne) par jour. Et pour y arriver il a dû accumuler les bouts de code utiles de sorte qu’il ne soit pas à chaque fois obligé de réinventer la roue. Aussi un développeur est sensé être très rapide au clavier. Si vous êtes développeur et que vous n’en êtes pas à ce niveau, vous devez vous poser des questions. Et surtout, vous gagnerez à vous améliorer avant de commencer à proposer vos services. Enfin pour être un peu large on dira qu’il faut 7 jours pour développer un site institutionnel de 5 pages avec un design original mais assez simple.

Ce que le développeur devrait encaisser
A 28 800frcfa/jour, le développeur (indépendant) devrait encaisser (7 x 28 800) = 252 000frcfa. Nous estimons que 40% (100 800frcfa) de cette somme est réservée aux charges de prospection et aux taxes. Ne perdons pas de vu que le développeur indépendant ne prospecte pas de la même manière qu’une grosse entreprise. Il reste donc 151 200frcfa net pour le développeur. Il y a environ 20,5 jours ouvrés dans le mois. On suppose donc que le développeur ne pourra réaliser que 2 sites maximum par mois. Le reste du temps étant consacré à la prospection et à l’auto-formation. Et oui, un développeur indépendant doit toujours apprendre encore plus. Plus il en saura, meilleurs ses travaux seront, et plus il pourra facturer. Dans tous les cas, on voit bien qu’avec 2 sites par mois, le développeur indépendant s’en sort aussi bien que les salariés qui ont moins d’impératifs.

En réalité
Lorsque je demande à mes amis développeurs africains avec qui je suis connecté (via email, facebook, twitter, …) combien ils prendraient pour un tel site, j’ai à la fin une fourchette comprise entre 500 000frcfa et 1 000 000frcfa. Sauf que s’il leur faut plus de 10 jours avant de livrer, alors ils ne sont pas dans le coup/compétition. 500 000frcfa correspond bien à 2 fois ce que (252 000frcfa) nous avons établi avec nos hypothèses. Le problème est que, très peu de développeurs arrivent à livrer en moins de 7 jours. Or il gagneraient à livrer en 4,5 (ou 5) jours. On revient donc sur le fait de « capitaliser » en terme de bouts de code et autres éléments génériques. Au fond, si l’on se lance dans le business de développement de site web, il faut à la limite, avoir mis en place son propre cms (Content Manager System) afin de consacrer les 5 jours au design et aux spécificités du client.

Le deuxième groupe d’amis qui represente des entreprises technologiques propose lui une facturation à hauteur de 1 000 000frcfa minimum. C’est compréhensif, vu que ces entreprises ont des charges supplémentaires tel que la gestion de leur image et de leurs commerciaux.

Ce que l’on peut rajouter
en fonction des cas, l’on peut facturer au client plusieurs autres éléments :

  • la gestion de son contenu,
  • le nom de domaines,
  • les adresses email,
  • l’hébergement du site web,
  • l’ultra disponibilité,
  • le community management,
  • l’amélioration du design tous les 6 mois,
  • ..

Et c’est là que le développeur peut faire de l’argent. Les activités mentionnées ne demandant pas beaucoup de temps de travail.

Les nouveautés
Depuis quelques temps, à Abidjan, l’on trouve de petites pancartes publicitaires sur les panneaux des feux tricolores. Ces pancartes indiquent que l’auteur propose de créer des sites web à 0 frcfa. Certains de ces auteurs ont été approché par Yoro (Israel Yoroba) . Et il en resulte que ces développeurs ne facturent pas la création du site mais misent tout sur certains des éléments cités dans le chapitre ci-dessus. Ce qui reviendrait à environ 300 000frcfa/an pour le client. Mais, ceux qui ont déjà vu ces sites disent que les templates présentés sont assez simpliste. Mais l’argument de poids de ces développeurs est la mensualisation due des factures. Bien des personnes se sont plains d’eux. Mais je suis plutôt d’accord avec cette méthode. Car, si l’on prend en compte le fait que le client peut ne pas honorer ses mensualités. Tous savons comment le recouvrement est difficile en Afrique. Surtout si le client n’accorde pas beaucoup d’importance au service rendu.

A quoi peut bien servir un site web pour une entreprise en Afrique ?
Dans tout métier, pour transformer un prospect en client, il faut arriver à lui faire comprendre qu’il a besoin de votre produit. Et à ce jeu, les développeurs africains ont encore un peu de mal. En Afrique, les chefs d’entreprise ne font confiances qu’aux affiches publicitaires, à la radio ou à la télé. S’il veulent signer des contrats, les développeurs doivent les emmener à essayer ce nouveau média qu’est le web.

Convaincre les chefs d’entreprise n’est pas facile
En discutant avec des quelques développeurs indépendants basés en Afrique, je me suis aperçu qu’ils ont beaucoup de mal à vivre de leurs métiers. Ils arrivent difficilement à avoir des contrats. Et bien souvent, lorsqu’ils en ont, ils ont du mal à facturer correctement. Les clients ne donnant pas beaucoup d’importance à leur travail. La vérité est qu’ils ont du mal à convaincre les chefs d’entreprise. Pour ces derniers qui ce n’est pas facile me dit-on. Pourtant une poignée s’en sort très bien grâce à des petites astuces.

Les développeurs devraient éduquer les prospects et les clients
Pour un marché naissant comme celui du web en Afrique, les développeurs ont une charge supplémentaire en plus de leur travail technique. Il doivent « éduquer leurs clients ». C’est à dire prendre le temps de leur apprendre le minimum. A savoir ce qu’est le web et toutes ces choses liées aux technologies de l’internet et du mobile. C’est ce travail préalable qui valorisera l’offre de service technique. Une méthode toute simple consiste à tenir un blog ou une newsletter.

Au fond un site internet peut coûter 0fr si le client estime qu’il n’en a pas réellement besoin. Mais, je peux vous assurer que si ce dernier reçoit des appels de client lui indiquant être passer par internet pour trouver le numéro, il sera disposer à vous rémunérer. A partir de cet instant, vous pourriez lui faire payer. A vous de trouver le moyen d’identifier chaque prise de contact générer par le site. De nombreux outils existent pour ça. L’un des moyens est de mettre à disposition des internautes un code (une sorte de code promo) à communiquer à votre client lorsqu’ils l’appelle.

Pour finir
Si vous êtes développeurs, n’hésitez pas à nous partager votre expérience pour ce qui est des soucis que vous rencontrez lorsque vous devez facturer à hauteur du service que vous rendez. Votre expérience sur le recouvrement de vos créances serait la bienvenue. Pour finir, vous pouvez aussi donner votre avis sur la somme moyenne à facturer pour les sites web comme celui indiquée en introduction.