Pourquoi je fais tout ceci en Afrique ?

Récemment, j’ai discuté avec un journaliste qui devait faire un sujet sur Akendewa, jokkolabs et d’autres communautés et hub technologiques d’Afrique. Pendant l’interview, il m’a posé une question que jusque là personne ne m’avait posé : « Pourquoi fais-tu tout ceci (en Afrique) ? »

Vous remarquerez que cette question à l’air d’une question existentielleCe monsieur voulait savoir pourquoi quelqu’un qui a installé une société de création de logiciel et d’application web, s’est engagé à 200% dans quelque chose (Emuler/dynamiser l’écosystème de l’internet et du mobile en Afrique [francophone]) qui est sensée être la responsabilité de nos gouvernants.

Cela fait maintenant 3ans que j’ai initié Akendewa à Abidjan. Et je consacre de plus en plus de temps à cette communauté au détriment de services commerciaux que je propose dans ma société. J’ai donc eu un moment d’hésitation avant de répondre. J’avoue que je ne savais pas quoi dire, tant je trouvais, sur le moment, que je m’étais détourné de ce qui m’avait fait revenir à Abidjan la première fois. Mettez vous à ma place. Imaginez que vous souhaitez vous rendre au nord et l’on vous retrouve sur le chemin de l’ouest en vous demandant ce que vous faites sur ce chemin. Mais, j’ai finalement retrouver ma langue lorsque les motivations de mes actions communautaires me sont revenues clairement à l’esprit.

Je fais tout ceci en Afrique, tout simplement, parce que je souhaite emmener les autres à créer des choses que je n’aurai jamais le temps de créer moi même. En tant qu’entrepreneur, le gros de mon temps doit servir à créer des choses qui générent des bénéfices tout en améliorant la vie des autres. Je ne peux donc pas passer tout mon temps à être bénévole. Par contre, je suis convaincu qu’un peu de bénévolat de la part de chacun peut aider à batir des oeuvres qui profitent à tout le monde. En effet, si chaque entrepreneur ou passionné des technologies participe un temps soit peu à la dynamisation de l’écosystème des TIC, voici ce qui va se passer (successivement – certes, certains points pouraient être rajoutés) :

  • de plus en plus de passionnés
  • baisse des tarifs d’accès à l’internet et à l’information
  • de plus en plus de personnes sachant utiliser le coté business des technologies
  • de plus en plus d’entrepreneurs
  • de plus en plue d’emplois
  • recul de la pauvreté
  • recul des famines et maladies
  • ….

Vous ne rêvez pas, les technologies de l’information peuvent aider l’afrique à sortir de sa précarité chronique. Il faut juste que les africains les utilisent plus pour le travail, le commerce, … Et moins pour perdre du temps.

Des signes qui ne trompent pas
Chaque fois que je vois un membre de notre communauté créer son propre blog, je me dis que c’est un pas de plus vers la dynamisation de l’écosystème des technologies dans nos pays africains [francophone]. Chaque fois qu’un novice me demande ce qu’est une application web/mobile/android, je me dis que ce que nous avons prêché ces 3 dernières années ont trouvé des oreilles. Mieux, lorsque grâce à twitter+facebook nous arrivons à sauver des vies, je me dis que les technologies de l’information sont une ultime chance pour l’Afrique. Bon courage à toutes les personnes engagées pour ces choses.

Puissent ces mots en inspirer plus d’un. Aucun accomplissement n’est possible sans inspiration. Même pas des lignes de codes produites par un développeur enfermé tout seul chez lui pendant des jours, sans contact physique avec l’extérieur. Je ne parle pas de moi bien sûr 😉