République de la libre circulation de l’information : internet

Dans deux jours (le 14 Décembre) se tiendra à Dubaï une conférence de l‘Union Internationale des Télécommunications (organe de l’ONU) sur la gouvernance de l’internet.

Pendant que nous utilisons, avec insouciance,  l’une des meilleures créations de l’Homme Moderne, un groupe de personnes tentent par tous les moyens de « contrôler/filtrer » et donc censurer cet outil. Ce groupe est constitué par 193 états de tous les continents. Ils ont décidé de « prendre le contrôle » de l’internet.

Imaginez un instant que vous soyez obligé de payer pour accéder à wikipédia. Imaginez un instant que vous soyez obligé de payer un droit pour que les personnes hors de votre pays puissent accéder au contenu de votre blog/site/application.
Aussi absurde que cela puisse paraître, c’est pour ce genre de résolutions que plusieurs gouvernements souhaitent voter dans leur soucis de « contrôler/filtrer » l’internet.

Comment des personnes/entités qui, à ce jour, n’ont toujours pas compris l’utilité de ce nouveau médias peuvent vouloir le « contrôler/filtrer » ?
Les ingénieurs/hackers/développeurs/entrepreneurs qui depuis la naissance de ce « réseau de réseaux interconnectés » ont réussi à le mettre au centre de « la nouvelle économie« , savent qu’il est primordial de maintenir ce médias dans son état actuel.

L’Afrique plus que les autres a besoin que l’internet reste « libre ». Je pense donc qu’il s’agit d’une très mauvaise idée de la part des décideurs de ce monde de vouloir « controler/filtrer » l’internet.

Merci aux entreprises telles que Google et Mozilla qui mènent des actions pour le maintien d’un internet libre. En attendant les conclusions de cet important sommet de l’UIT sur la « Gouvernance de l’internet » à Dubaï, je viens donc par ce post leur joindre ma voix. Si vous aussi, vous partagez cet avis, n’hésitez pas à laisser un commentaire dans ce sens.

Du manque d’applications web et mobiles afro-africains vers une africa web/apps store

« En informatique, une application Web (aussi appelée site  WebApp) est un logiciel applicatif manipulable à partir d’un navigateur Web. De la même manière que les sites Web, une application Web est généralement placée sur un serveur et se manipule  l’aide d’un navigateur Web, via un réseau informatique (Internet, intranet, réseau local, etc.). » – Wikipedia.

Il y a quelques semaines je me demandais pourquoi nous avions si peu d’applications Web/mobile produites par des africains d’une part et des applications résolvant des problèmes spécifiques au contexte africain d’autre part. En plus de mon expérience personnel, j’ai effectué des appels à témoin dans la semaine qui vient de s’écouler via Twitter et facebook. Voici un résumé de ce qu’il en ressort :

Des pays sur liste noire

Les réseaux mobiles de certains pays d’Afrique tels que la Côte d’Ivoire n’ont toujours pas accès aux Apple App Store et autres appShop. Vous pouvez donc posséder un Iphone dans ces pays sans pouvoir profiter des quelques 350 000 applications de l’App Store. Il en est de même pour l’android market. Avec cette situation, les développeurs locaux ne risquent pas de se lancer dans la production d’applications pour ces plateformes.

Du coté des Opérateurs (les Telcos)

Les opérateurs mobiles sont désormais au coeur de l’activité économique dans les pays africains. Vous trouverez très peu d’événements dans lesquels ils ne sont pas sponsors ou partenaires. Ils ont donc le « pouvoir » de toucher une grande partie de la population en très peu de temps. Malheureusement il existe très peu d’actions qui visent à encourager le développement d’applications spécifiques à l’Afrique. La plupart des opérateurs ne possède à ce jour pas de politique/projet qui vise à mettre à disposition des utilisateurs, des applications développées par des développeurs locaux. Un projet comme Orange Tunisie AppShop gagnerait à être répliqué. Tout le monde en sortirait gagnant. Pour les opérateurs c’est une opportunité d’avoir une source de revenu supplémentaire sans réellement produire. Pour les développeurs c’est une occasion de vivre de leur art. Pour les utilisateurs, un choix de plus en plus large et enfin pour l’industrie dans sont ensemble cela ne peut être que bénéfique. Pour l’instant, la majorité des opérateurs mobiles préfère produire eux même leurs propres applications.

Les développeurs

Bon nombre de développeurs africains n’ont pas encore la mesure du changement qu’ils peuvent apporter à leur environnement en produisant des applications simples mais utiles pour résoudre les problèmes de la vie quotidienne en Afrique. L’Afrique du Sud, le Nigeria, et maintenant le Kenya et le Ghana font partie des quelques pays ayant entrepris la « révolution des développeurs africains« . Pour la campagne électorale de l’élection présidentielle au Nigeria par exemple, le Candidat (et désormais Président) Goodluck a utilisé une application mobile qui fonctionne sur la plupart des smartphones. L’Ong Ushahidi possède une application mobile et un SMSSync.

Initiatives à promouvoir et à répliquer

  • Apps World Africa : Vise à explorer le capacité des applications à soutenir le développement dans les pays du tiers-monde.
  • PivotEast : un concours pour les développeurs d’application de l’Afrique de l’Est
  • Apps<4>africa : est un concours qui vise à mettre en lumière le talent des développeurs locaux du Kenya, de l’Uganda, du Rwanda et de la Tanzania et à exposer leurs capacité à utiliser les technologies pour un meilleur monde.
  • Android Developer Challenge – Afrique Subsaharienne : Afin d’accompagner les programmes de développement des développeurs africains, Google lance le concours Android Developer Challenge pour l’Afrique subsaharienne avec, à la clé, des récompenses pour les meilleures applications pour mobile. les gagnants des différentes catégories et chacun recevra 25 000 dollars américains
  • MobileHackAf : marathon de développement d’applications mobiles pour les pays d’afrique francophone.
  • ….

Des pistes

  • Certaines start-up et entreprises technologiques africaines sont déjà à mesure de produire des applications à fort impact. Il serait assez intéressant que les opérateurs mettent en place une procédure qui vise à valider et à intégrer les applications développées par des tiers.
  • Les Ong, associations et autre groupements actifs des technologies devraient aussi se rapprocher des opérateurs pour leur soumettre des campagnes de sensibilisation et de formation pour les développeurs locaux.
  • Les ingénieurs et développeurs expérimenté de la diaspora devraient partager leurs expériences.
  • Pour ma part je m’engage à organiser des sessions de formation dans la ville d’Abidjan (et éventuellement dans d’autres villes, si le temps et les moyens le permettent.) pour emmener les développeurs locaux à produire leurs propres applications en se basant sur les spécifications des différentes plateformes (Android, app store, …). Un challenge à la clé ne ferait pas de mal. Pour un tel projet une collaboration avec l’un des opérateurs mobile est nécessaire.

Finalement, J’ai décidé de lancer AFRICAPPSTORE, un portail pour présenter les applications web et mobiles développées pour l’Afrique. Pour l’instant il n’y a que la version en anglais qui est disponible.

Android Developer Challenge – Afrique SubsaharienneAndroid Developer Challenge – Afrique Subsaharienne

Plus qu’une opportunité, cette première initiative globale de Google, propriétaire de Android, est a saluer. En effet c’est une nette occasion pour des développeurs d’Afrique de rentrer en possession de $25 000 US (environ 11.468.393,54 Frcfa au moment ou j’écris ces lignes) et montrer au reste du monde ce qu’ils ont au bout des doigts.

En effet, à travers adcafrica (le hastag du concours sur Twitter), Android souhaite accompagner les programmes de développement et faire connaître des applications étonnantes et merveilleuses créées par des développeurs africains.

Les développeurs ont la possibilité de créer des applications pour les catégories suivantes :

  • Divertissement / Multimédia / Jeux
  • Réseau social / Communication
  • Productivité / Outils / Contenu Local / Geo

Ce concours est divisé en 3 régions :

  • Afrique de l’Ouest et Centrale,
  • Afrique de l’Est,
  • Afrique Australe

27 (3 meilleures par région et par catégorie) applications seront sélectionnées pour la finale. Leurs responsables recevront des appareil Android et auront six semaines pour améliorer leurs applications. Ci-dessous le programme :

  • 14 avril : ouverture du concours
  • 1er juin : ouverture des soumissions
  • 1er juillet : clôture des soumissions pour la première étape à 23h59 GMT
  • 15 juillet : annonce des finalistes
  • 30 août : clôture des soumissions pour la finale à 23h59 GMT
  • 12 septembre : annonce des gagnants

Pour en savoir plus : http://code.google.com/intl/fr-FR/android/adcafrica/

Orange Tunisie lance le Premier Apps Store africain, Orange appshopOrange Tunisie lance le Premier Apps Store africain, Orange appshop

Premier AppShop en Afrique par Orange Tunisie
Premier AppShop en Afrique par Orange Tunisie

Ce 31 Mai Orange Tunisie procédera au lancement du premier AppShop Africain. En effet avec la collaboration de la société Youvas dont le site sera lancé dans quelques jours, ce premier applications store africain permettra au client orange d’accéder à une multitude d’applications développées par des développeurs Tunisiens. Suite à un échange que j’ai eu avec Nader Bhouri de Youvas, j’ai pu me rendre compte du travail colossal accompli par Nader et ses collaborateurs à travers un programme sur 14 mois qui vise à « lancer des startup et des auto-entrepreneur ». Youvas dont Orange Tunisie est le principal client, produit des applications en marque blanche parmi lesquels il faut compter la plateforme qui va servir pour le AppShop.

Les clients orange auront ainsi le choix entre des applications payantes et gratuites qu’ils pourront trouver sur le portail mobile (m.orange.tn) dans un premier temps. Après une première phase, Orange envisage étendre l’accès à tous les terminaux de son réseau mondial.

Pour les développeurs tunisiens c’est une grosse opportunité qui s’offre à eux car ils pourront ainsi soumettre leurs applications au catalogue sur le site http://devleoppeur.orange.tn. Puis après validation, il percevront 70% des revenus générés par leurs applications.

Tout ceci a commencé par un programme de formation et de sensibilisation intense que Orange Tunisie à mener l’an dernier auprès des développeurs locaux et des étudiants ingénieurs. Avec 8 workshops à travers les principales villes du pays, ce programme avait réuni pas moins de 600 participants. Il eut aussi des formations dans les université et les écoles d’ingénieurs notamment à l’École Nationale d’Ingénieurs de Tunisie en Novembre 2010.

Orange Tunisie a lancé ses services 2G et 3G en Février 2010 et à ce jour il en sont à 71% de couverture pour la 3G. Et selon Nadia Mkhinini, responsable des Produits et Services, 42% des terminaux du réseau Orange Tunisie sont capables de supporter des applications et 15% d’entre eux supporte la 3G. Mais il faut noter que pour l’instant le nombre de smartphone reste encore faible (5%). Pour Nader Bhouri, ce faible pourcentage représente un paris certain sur l’avenir. Nadia M. mentionne aussi que pour le lancement, 50 applications locales seront disponibles. Orange Tunisie pense que d’ici la fin de l’année, il y aura 20 000 utilisateurs avec pour chacun en moyenne un à deux téléchargement d’application par mois.

La balle est donc dans le camp des développeurs Tunisiens ainsi que les entreprises technologiques locales qui ont ici une opportunité de montrer leurs compétences techniques au reste du monde.