Les raisons pour lesquelles, les entreprises d’Afrique ne sont toujours pas sur le web

De nos jours, un site web est très important pour une entreprise. C’est un puissant outil de communication qui peut à lui seul éviter à l’entrepreneur d’investir dans les canaux publicitaires traditionnels. La présence des entreprises africaines sur le web est un facteur déterminant pour l’augmentation du contenu africain en ligne.

Mais à ce jour, le ratio d’entreprises d’Afrique présentent en ligne est très faible. Pourtant la plupart ont plus ou moins entendu parler du web. Pourquoi n’ont-elles pas encore fait le pas ? Peut être qu’elle n’en ont pas besoin. Essayons de comprendre ce qu’il en est à partir des éléments ci-dessous.

les africains ne sont pas encore sur le web

Si l’on s’en tient au données de Internet World Stats, il y a à ce jour environ 118 848 060 d’Africains sur le net. Ce qui fait 11,5% de la population totale du continent. Quand on sait que 44% (toujours d’après Internet World Stats) de ces internautes viennent du Nigeria (165 millions d’habitants, environ 15,6% de la population du continent), on comprend bien qu’il y a très peu d’africains qui ont accès au web. Un pays comme la Côte d’Ivoire n’a que 968 000 internautes pour une population estimée à 21 Millions. Avec ce faible taux de pénétration, les chefs d’entreprise peuvent considérer que le web n’est finalement pas un canal pertinent pour promouvoir une activité. Les quelques africains qui sont en ligne sont bien souvent des influenceurs.

Partons de quelques hypothèses qui sont vraies dans plusieurs régions d’Afrique :

Avec ces deux points, on peut déjà se dire que finalement les personnes ayant accès au web sont de réels influenceurs dans leur communautés respectives. Ils peuvent donc aider pour la promotion d’un produit. Ainsi, il est fort à parier que si quelqu’un qui a accès à l’internet apprécie votre produit via le web, il en parlera autour de lui. Et s’il en parle autour de lui, votre produit aura plus de facilité à se faire connaitre et à être adopté. En partant, bien sûr, du fait que cette personne soit très écoutée dans sa communauté.

TABLEAU ISSU DE INTERNETWORLDSTATS.COM – 31 Mars 2011
Regions

Population ( 2011 Est.)

Utilisateurs d’Internet 31 Décembre 2000

Utilisateurs d’Internet 31 Mars 2011

Penetration (% de la Population)

Croissance 2000-2011

 % d’utilisateurs

Afrique 1,037,524,058 4,514,400 118,609,620 11.4 % 2,527.4 % 5.7 %
Asie 3,879,740,877 114,304,000 922,329,554 23.8 % 706.9 % 44.0 %
Europe 816,426,346 105,096,093 476,213,935 58.3 % 353.1 % 22.7 %
Moyen-Orient 216,258,843 3,284,800 68,553,666 31.7 % 1,987.0 % 3.3 %
Amérique du Nord 347,394,870 108,096,800 272,066,000 78.3 % 151.7 % 13.0 %
Amerique Latine / Carib. 597,283,165 18,068,919 215,939,400 36.2 % 1,037.4 % 10.3 %
Oceanie / Australie 35,426,995 7,620,480 21,293,830 60.1 % 179.4 % 1.0 %
TOTAL Mondial 6,930,055,154 360,985,492 2,095,006,005 30.2 % 480.4 % 100.0 %

Pour l’entrepreneur africain, il est vrai que le mobile doit être une priorité par rapport du web. Mais rien n’empêche de partir du web pour « gagner » sur le mobile. On peut imaginer par exemple une promotion sur le web

  • qui nécessite l’inscription du numéro de téléphone.
  • Une fois l’inscription validée, l’internaute reçoit par exemple un SMS qu’il peut partager avec ses amis en leur envoyant à son tour des SMS.

Je vous laisse imaginer la suite si réellement le produit représente un intérêt pour les utilisateurs. Les réseaux sociaux représentent un excellent canal pour les entreprises. Avec un ton amical, elles peuvent profiter de l’interconnexion des utilisateurs pour promouvoir leurs activités de manière virale. En Décembre 2011, Facebook comptait plus de 37 millions d’Africains [Source : Internet World Stats]. C’est énorme, car cela signifie que sur « 10 africains connectés », il y a environ 4 qui utilisent Facebook.

A quoi peut bien servir un site ?

Si vous décidez d’offrir vos services de designer ou de développeur web à une PME africaine, vous devrez être en mesure d’expliquer, à votre futur client, la valeur ajoutée que vous apportez par rapport aux médias traditionnels. L’entrepreneur africain étant à la base sceptique vis-à-vis du web, vous devez avoir un argumentaire bien étoffé. Vous pouvez par exemple lui faire comprendre qu’un site web sert :

  • de carte de visite grand format : Contrairement aux cartes de visite traditionnelles, l’on peut y ajouter beaucoup plus d’informations sur l’entreprise.
  • d’outil de présentation du contenu d’un catalogue pour les entreprises qui en possèdent. On parle même de « site catalogue »
  • de canal de communication avec des futurs clients : Il permet de poser des questions sur l’activité, les produits et services, l’entreprises et le staff.
  • à démontrer son expertise via un blog par exemple, l’on peut arriver à séduire facilement ces futurs clients. C’est le cas de PDA Store, une boite qui vend des mobiles en Cote d’Ivoire. A travers son blog, PDA Store donne des conseils sur les usages et l’entretient des mobiles. Tout y passe. De l’application smartphone coup-de-coeur à la manière la plus efficace de sécuriser ses comptes sur android.

La cybercriminalité fait fuire tout le monde

La cybercriminalité fait des victimes et tue beaucoup de business dans plusieurs pays d’Afrique. Elle empêche par exemple le décollage du E-commerce. Les autorités des pays africains manquent de moyens face à ce fléau. L’africain moyen sait par exemple qu’il est en danger sur internet. Mais, il ne sait pas forcément à qui s’adresser ou comment se protéger. Ce manque d’information conduit à un certain paranoïa.

Chez AllDenY par exemple, nous approchons (physiquement) les pme ivoiriennes pour leur proposer nos services de création de site web (+ gestion et autres services). Mais avant même de proposer nos services, nous prenons le soin de demander à l’entrepreneur les raisons pour lesquelles il n’avait jusque là pas fait le pas du « online ». Sur environ 1500 entreprises interrogées, la première raison évoquée est « la peur de se faire escroquer« .

Les exemples d’escroqueries et autres actes de « e-vandalisme » ne manquent pas. Il ne se passe pas un seul jour sans que un cas soit signalé. J’ai moi même pu faire le constat sur un site web qui reprenait pratiquement le même nom de domaine qu’une banque ivoirienne. La seule différence était un tirait (banquexxxxxx.com au lieu de banquexxxxx.com). ce site avait réussi à récupérer les accès de certains utilisateurs qui avaient essayé de se connecter à leur espace client via le site piraté.

Le problème du webmastering et des prestataires de services

Il est bien d’avoir un site web. Mais, s’il n’est pas fréquemment mis à jour, ou fourni en contenu, ils donnera plutôt une image négative de l’entreprise. Le métier de webmaster (freelance ou agence) a encore des beaux jours en Afrique. En proposant leurs services de webmastering, ils prennent l’engagement d’intervenir sur les changements du contenu. Pourtant, encore de nombreuses entreprises se plaignent du manque de réactivités de leurs webmasters. Et comme les entrepreneurs communiquent entre eux, cette situation crée une certaine réticence générale vis-à-vis des webmasters.

Il y a donc un travail supplémentaire à faire du coté des webmasters. Au delà des impayés et autres soucis que peuvent poser des clients peu scrupuleux, les webmasters gagneraient à se comporter avec beaucoup plus de professionnalisme. Car la quantité des contrats futurs est souvent fonction du taux de satisfactions des précédents clients.

Au vu de toutes ces choses, l’entrepreneur se demande souvent si le web, cet outil de communication dont tout le monde parle, vaut réellement le « coût ». Cette situation se vérifie plus chez les nouveaux entrepreneurs pour qui la moindre sortie d’argent est calculée. Certains entrepreneurs ne sont pas à l’abris d’une surfacturation car n’ayant pas la mesure de ce que coûte le travail que le développeur ou le webmaster réalise pour eux. La vérité est qu’en Afrique, il est difficile de répondre à la question « combien coute un site web ? institutionnel ? e-commerce ? « .

L’opportunité

Certains entrepreneurs vous diront qu’il ne savent pas quoi mettre sur le site que vous souhaitez leur créer. D’autres encore n’ont pas de dépliant ou de prospectus à partir duquel vous pouvez vous inspirer pour rédiger le contenu de leurs sites. Ce problème est finalement une opportunité pour les développeurs et surtout les webmasters qui peuvent aisément fournir une offre triple-play (conception – contenu – maintenance).

C’est aussi une opportunité pour des agences qui pourraient se spécialiser dans l’accompagnement des entrepreneurs pour la rédaction de la documentation sur leurs offres commerciales. Cet accompagnement aura son sens si en plus de la documentation, ces agences proposent des services (soit directement, soit par le biais d’un prestataire partenaire) de création de carte de visite et autres support à travers un package.

Le fait que les entreprises africaines ne soient pas encore en ligne représente une grosse opportunité pour les développeurs (freelance, agence). Il y a tout un continent à mettre en ligne. Et certains, dont des agences, l’ont compris. Parmi ces agences, l’on compte Google.

Et oui ! Encore négligé par les autres géants du web, l’Afrique a été pris d’assaut par la firme de Montain View. En plus de sa mission d’accompagnement des développeurs et des producteurs de contenu africains, Google à entrepris d’aller à la rencontre des entrepreneurs à travers le programme « Get Your Business Online« . Déjà déployé en Europe (France, ireland, Grande-Bretagne, ..) en Amérique (USA, Canada, ….) en Asie (Inde, ….), ce programme est désormais à la disposition des entreprises africaines (Kenya, Nigeria, Ghana, …).

Enfin

Je pense vraiment que ce serait dommage pour les développeurs africains de ne pas profiter de cette opportunité. Je n’ai rien contre le fait que Google ou d’autres géants se soient positionner. Mais, c’est une réelle opportunité que ses développeurs africains, qui chaque jour essaient de vivre de l’art qu’ils ont choisit, pourraient rater. Ils ont l’avantage d’être proches des entreprises africaines. Ils ont aussi l’avantage de ne pas souffrir de la lourdeur d’une multinationale. Reste à eux de prendre cette grosse part du Gâteau qui est à leur disposition. Dans quelques années ce sera trop tard. Car en plus de fournir un travail de qualité, les entreprises comme Google ont le chic de rendre leurs services abordables à tous.

J’ai surement omis des raisons qui empêchent les entreprises d’Afrique d’être en ligne. Via un commentaire, vous pouvez partager celles que vous avez identifiées.

Les Parts de marché de souscripteurs au mobile pour MTN, orange, Moov, Comium et Green en Côte d’Ivoire

Le monde de la téléphonie mobile en Côte d’Ivoire à connu un nouvel entrant ces dernières semaines. Il s’agit de AirCom qui se positionne avec son produit « Café Mobile« . En attendant de voir comment il compte séduire les mobilenautes ivoiriens, jettons un regard sur ceux qui se partage déjà le marché. Ci-dessous une représentation de graphique du partage du marché par MTN, Orange Côte d’Ivoire, Moov, Comium et Green au 4eme trimestre 2010.

Visiblement, MTN mène la barque avec 37% de part de marché pour un total de 5 381 000 d’utilisateur suivi de Orange qui enregistre 4 589 000 d’utilisateurs.Comium et Green ferment la marche avec respectivement 1 057 509 et 684 424 d’utilisateurs [ Source : c. Blycroft 2010 ]

 

[easychart type= »pie » title= » Part de marché des opérateurs (nombre de souscripteurs) de téléphonie de Côte d’Ivoire au 4ème Trimestre 2010  » groupnames= »MTN,Orange,Moov,Comium,Green » group1values= »37.00″ group2values= »32.00″ group3values= »19.00″ group4values= »7.00″ group5values= »5.00″ chartfadecolor= »FFFFFF »]

En terme de croissance, par rapport à l’année 2009, 26,6% de souscripteurs ont été enregistré pour l’ensemble du marché. Orange remporte le gros lot avec de 44,9% contre 21,6% pour MTN. La plus faible croissance étant enregistrée par Green (13,1%), précédé de Comium (17,6%). Ci-dessous un graphique représentant ces croissances.

[easychart type= »vertbar » height= »300″ title= »Croissance du nombre de souscripteurs au 4ème Trimestre 2010″ groupnames= »Comium, Green, Moov, MTN, Orange »  valuenames= »Année 2010 en pourcentage par rapport à 2009″ group1values= »19% » group2values= »13.1% » group3values= »17.6% » group4values= »21.6% » group5values= »44.9% »]

 

Par rapport au reste de l’Afrique, La Côte d’Ivoire représente environ 3% du marché avec 14,57 millions de souscripteurs. Le este de l’Afrique de l’ouest représentant 27% du marché africain avec 150,3 millions de souscription, contre 70% pour le reste de l’Afrique (387,76%).

2011, le bilan de mon engagement en Afrique

image par wallpaper buzz

Voici une nouvelle année qui vient de s’écouler. Je reste optimiste quand à des évolutions importantes dans l’industrie des technologies de l’internet et du mobile en Afrique. Avant d’exposer mes résolutions, j’ai jugé opportun de partager le bilan 2011 de mes actions et projets technologiques en Afrique.

Depuis 2008 je me suis engagé dans la promotion des technologies de l’internet et du mobile en Afrique. Cet engagement se traduit par l’Ong Akendewa dont je suis l’initiateur et le Président en exercice. Mon engagement, c’est aussi la société AllDenY que j’ai lancé en Côte d’Ivoire et que je dirige depuis ces 3 dernières années. Les choses vont 2 fois moins vites que je l’avais imaginé. Mais à travers ces deux organisations, j’ai appris beaucoup plus que j’avais envisagé. Ainsi de l’entrepreneur normal, j’ai désormais une casquette d’activiste et bien plus dans l’écosystème des technologies en Afrique (francophone).

Une vie de blogueur
En 2011, j »ai écris plus d’articles de blog que j’avais l’habitude de faire. J’en ai écris 130 sur mon blog personnel dont 70 à propos de l’entrepreneuriat, 15 à propos du blogging et 45 à propos de l’Afrique. Ce qui fait environ 1 article tous les 3 jours en moyenne. J’en ai publié sur le blog d’Akendewa, AllDenY et Fratmat. Mais pour ces trois autres blogs je n’ai publié qu’une vingtaine de billet. J’ai aussi publié 248 articles sur Techmissus. Ce qui fait au total un peu plus de 400 articles que j’ai pu écrire pour toute l’année 2011.

Evènements
J’ai aussi participé en tant que intervenant à quelques événements. Je peux citer entre autres :

L’engagement social à travers Akendewa
2011 fut l’année qui a fait connaître Akendewa sur le plan international. Dans la tristesse, l’on pourrait dire. Car c’est l’action, de nos bénévoles, relayée par les médias internationaux pendant la crise humanitaire en Côte d’Ivoire qui nous a fait connaître.

C’est aussi une année pendant laquelle nous avons dû effectuer divers changements au niveau des responsabilités (responsable communication, secrétariat général, …) pour dynamiser notre fonctionnement. Nous avons aussi effectué de nombreuses optimisations au niveau de nos interactions avec les membres et les sympathisans.

Le projet #civSocial, surement le plus connu d’Akendewa à permis de sauver 82 vies pendant la crise. Ainsi nous l’avons étandu pour en faire une chaine de solidarité en ligne pour les personnes souffrant de maladies très graves. Vous aurez plus d’information à ce sujet dans le courant de Janvier. Il faut pour l’instant retenir que cette extension à aidé à sauver deux malades dont la petite Noula.

Nous avons expérimenté les formations en langue en ligne à travers un module sur le Lingala et un autre sur le Bambara.

Akendewa a aussi connu des échecs tel que la mise en sommeil des projets SI2OA et Observatoire.

AllDenY
Pendant la crise en Côte d’Ivoire, nous avons essayé au mieux de maintenir les services de nos clients. Ainsi, à la sortie de cette crise, nous avons pu conserver une partie de nos contrats. Certaines pme ayant cessé leurs activités suite à la crise.

En règle général, pour nos projets internes en Côte d’Ivoire, nous avons tout arrêté pendant la crise. Nous en avons relancé quelques uns avant la fin 2011. Mais suite aux différents changement en Côte d’Ivoire, nous sommes plus en phase de redéfinition que d’implémentation.

J’ai initié Watsaa pour expérimenter la diffusion des titres des rédactions africaines via des pages  de mutualisation. Finalement ce type de diffusion sans interactions ne convient pas forcément à l’environnement africain. J’ai aussi initié Techmissus pour publier l’actualité des technologies et des réseaux sociaux. Ces deux projets m’ont beaucoup occupé pendant l’arrêt de nos activités dû à la crise en Côte d’Ivoire. Mais ils sont resté en mode expérimental.

Pour conclure
Ce bilan reste un résumé. Si vous souhaitez en savoir plus sur l’un des points, vous pourrez le demander en commentant cet article. Pour finir, je dirai que 2011 fut une année pendant laquelle j’ai eu du mal à m’occuper de choses que j’avais conçu ou prévu. Mais c’est aussi une année qui m’a permis de découvrir à quel point Akendewa pouvait être utile. Dans un prochain billet j’exposerai mes résolutions pour la nouvelle année 2012. Et ce sera sans surprise si une grande partie d’entre elles concerne Akendewa et des actions communautaires.

 

Edith Brou : j’ai crée mon métier, et j’en vis !

Bien souvent dans les technologies, l’on parle de développeur autodidacte, de concepteur autodidacte, aujourd’hui, j’ai le plaisir de vous présenter Edith Brou, « professionnel du web autodidacte ».

Issue d’une formation en économie, elle a tout sacrifié pour se lancer dans le bloging, et toutes les choses liées au web. Je l’ai rencontré via twitter entre février et Mai 2009. En préparation du barcamp abidjan 2009, je postais assez souvent des tweets du style « y’a-t-il des utilisateurs de twitter à #Abidjan ». C’était une façon pour moi de me faire des contacts vivant à Abidjan. Ou tout simplement des personnes intéressées par les technologies en Cote d’Ivoire. Une fois, elle répondit a l’un de mes tweet en disant : « moi je suis à Abidjan et je suis sur twitter. »

Quelques mois plus tard, elle a gagné le concours Africa Startup Challenge que j’avais organisé avec Joel Nlepe. Malheureusement ce concours ne fut pas un succès car nous avions omis certaines choses par manque d’expérience. A la suite de ce concours, nous avons (et nous continuons) à collaborer via l’association Akendewa que nous avons co-fondé avec 9 autres personnes.

Edith a commencé par son blog pour ensuite avoir de plus en plus d’influence dans la webosphère locale via Facebook, Twitter et lesjpehouman.com : Les afritechpreneurs à l'oeuvre - Edith Brou autres réseaux sociaux. Sur son blog, elle épingle l’actualité locale en mettant l’accent sur les technologies. Elle enchaine les analyses, les interviews, et les présentations. Grace à ses nombreuses interactions avec les internautes ivoiriens elle s’est vu confier des profils professionnels d’entreprises locales sur facebook et twitter. En 2010 elle a accédé à un poste de chef de projet web dans l’une des plus grandes agences web de la Cote d’Ivoire. En très peu de temps elle a fait ses preuves au sein de cette boite. En témoignent les deux flashMob qu’elle a organisé cette année pour des clients grand compte de cette société.

Sans formation académique spécifique aux métiers du web, Edith c’est hissé au sommet de l’animation de communautés virtuelles (Community Management) dans la webosphère ivoirienne. Elle représente un modèle pour toutes les personnes fascinées par ce nouveau métier. D’ailleurs le week-end avant cet articles, elle intervenait à une conférence dont le thème était « Community Manager : un métier d’avenir ».

Une autre qualité d’Edith que l’on trouvera rarement chez les acteurs de cette industrie naissante, c’est son professionnalisme et sa capacité à honorer ses engagements quelques soient les situations. Pendant que j’écrivais ce billet par exemple, elle ressortait de trois jours d’hospitalisation consécutifs à un palu. La particularité de cette phase malheureuse c’est que l’hospitalisation s’est produite quelque minutes après cette fameuse conférence sur le « Community Management » tenu dans l’une des universités privées d’Abidjan. Vous comprendrez donc que malgré des problèmes de santé, elle a réussi à parler et à répondre aux questions des étudiants pendant plus de deux heures. Ces signes ne trompent pas. Ce sont ceux d’un engagement sans faille qui répondent à une volonté d’atteindre des objectifs ambitieux.

En créant le webzine Ayana, en Mai 2011, Edith s’est définitivement propulsée dans le petit cercle des entrepreneurs du web ivoirien. En quelques mois ce site est devenu la référence des magazines féminin en ligne de Cote d’Ivoire. Edith et ses associées, y traitent de tous les sujets (santé, amour, argent, humour, …) en nous servant en interview différentes personnalités locales.

Avec ce parcours, je vois Edith dans quelques années en train de conquérir les autres pays d’Afrique Francophone. Elle représente l’entrepreneuriat au féminin dans une industrie à majorité dominée par des hommes. Son positionnement dans l’industrie du web est surtout la réponse positive au taux de chômage important dans nos pays d’Afrique. Partie d’une passion, elle en a fait un metier. Et il est grand temps que les plus jeunes intègrent cette nouvelle manière de se soustraire du chômage.

Edith Brou sur :

  • son blog personnel : http://godivoire.blogspot.com
  • sur twitter : http://www.twitter.com/edithbrou
  • sur facebook : http://www.facebook.com/edith.brou

 

Israel Yoroba (Yoro) : Le journalisme en ligne a un visage en Côte d’Ivoire

Le moins que l’on puisse dire de Israel, c’est qu’il a su donner un souffle nouveau au journalisme en ligne en Cote d’Ivoire. Révélé en 2009 lors du concours francophone du meilleur blogueur francophone, Israel séduit par sa capacité à traiter l‘actualité locale d’une manière assez simple. Son style d’écriture caractérisé par des phrases courtes et facile à comprendre lui a permis d’etre adopter par les internautes ivoiriens.

Avant 2009, Israel était engagé à traiter l’actualité de la Cote d’Ivoire sur son blog avec une telle simplicité qu’il a tout de suite été remarqué par différents médias. Journaliste de formation, il a pu exercer dans des journaux papiers locaux et internationaux (le monde, TV5, …) avant de se consacrer au web. Lorsqu’il remporte le concours du meilleur blogueur francophone en 2009, il se voit offrir une bourse d’étude de 2 ans à l’école Supérieure de Journalisme de Lille. Une référence en matière de formation de haut niveau pour le journalisme.

jpehouman.com : Africtechpreneurs à l'oeuvre - Israel Yoroba
jpehouman.com : Les afritechpreneurs à l'oeuvre - ISRAEL YOROBA

Mais, avant de commencer cette formation, Israel nous a gratifié du premier site d’information de proximité en Cote d’Ivoire, Avenue225.com. Dans sa vision, il a estimé que ce qui intéresse le plus les lecteurs, c’est ce qui se passe près de chez eux. Ce site fait partie d’un projet plus grand qu’il a initié. Il s’agit de AvenueAfrique.com. Imaginez un instant que chaque quartier, chaque bloc de maison d’afrique puisse avoir son actualité publié sur le web. Nous sommes là en face de l’un des projets de production de contenu des plus utiles qu’est connu l’Afrique Francophone. Dans le projet AvenueAfrique, les rapporteurs d’information/journaliste sont appelés « avenants ». Ils ont en tout et pour tout comme outil de travail, un téléphone portable avec appareil photo intégré. Ils arrivent ainsi à immortaliser des instants précieux avec des photos de basse résolution mais qui illustrent bien leurs écrits.

Vous remarquerez que Avenue225.com porte le code téléphonique international de la Cote d’Ivoire. De la meme manière est née Avenue226.com, Avenue228.com et bien d’autres avenue dans différents pays d’Afrique Francophone. Pour aller encore plus loin dans la proximité, Israel a initié une web-radio au sein meme de chaque avenue. Ainsi, une fois par semaine, il rapporte l’actualité grace à l’audio. C’est un contenu de très haute qualité qu’il met à disposition des internautes quand on sait qu’il couvre les points les plus marquant de l’actualité tout en faisant des interviews et des petits reportages. L’avantage avec les avenues de Israel, est que l’on y trouve aussi des informations que les journalistes classiques ne prennent pas le temps de rapporter.

La qualité du travail de Israel au sein des Avenues lui a permis d’obtenir plusieurs partenariats et accompagnements importants. C’est aussi le lieu de parler de l’engagement qu’il avait avec ses avenants. Parti de rien, et n’ayant pas de quoi rémunérer des journalistes professionnels, il s’est entouré d’étudiants et d’amateur qu’il a lui meme formé pendant plusieurs jours. Il a procédé de la sorte pour chacun des pays possédant une Avenue. Aussi, après plusieurs mois, chaque avenant se voit offrir un ordinateur portable, en plus des indemnités perçu pendant la première année de collaboration. Ce schéma de rémunération est à saluer quand on sait qu’il s’agit d’un projet débuté sans financement.

La dimension sociale de l’aventure entrepreneuriale de Israel est désormais un modèle qui fonctionne et qui gagnerait à etre reproduit avec bien entendu de la valeur ajoutée.

Israel ne s’est pas arrêté sur ses Avenues. Bien au contraire, de retour de la France, et à quelques jours de l’obtention de son diplome Supérieur de Journalisme, il a lancé une agence Web en Cote d’Ivoire. Il s’agit de E-Voir. Cette agence à signé son entrée dans l’environnement technologique ivoirien en organisant la première université d’été du web en Cote d’Ivoire. Cet évènement dénommée « Summer E-School » c’est déroulé du 7 au 10 Septembre 2011 à l’Université de l’Atlantique d’Abidjan. Pendant 4 Jours, une douzaine d’experts et de professionnels du web et des technologies ont transmis leur savoir-faire à quelques 200 participants. Ce fut un évènement mémorable avec un buzz sans précédent. De nombreux participants ont décidé de ce « lancer » dans l’aventure du web et/ou du mobile afin de relever les défis que leurs ont présentés les intervenants. J’y ai moi meme présenté une session dont le but était de permettre aux participants de créer leur première application facebook en moins de 25 minutes.

Nous espérons que l’agence E-Voir. pourra se faire une place dans le paysage des PME ivoirienne et que Yoro poussera le bouchon encore plus loin avec ces équipes d’avenants.

Retrouvez Israel sur :

  • twitter : http://www.twitter.com/yoroba
  • facebook : https://www.facebook.com/israelyoroba
  • son site personnel : http://leblogdeyoro.ivoire-blog.com
  • Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Isra%C3%ABl_Gu%C3%A9bo

Patrick Kouamé : Trouver son chemin à Abidjan c’est possible grace à O-one

Lorsque j’ai entendu parler de la disponibilité d’un navigateur GPS à Abidjan en Septembre 2009, je fus très surpris. La première question qui m’est venu à l’esprit est : « qui est ce fou (admiratif) qui c’est embarqué dans une aventure pareille ? ».

Il s’agit de Patrick Kouamé et de son frère.

« Diplômé de l’Ecole Supérieure de Commerce de Paris, Patrick possède plus de 10 d’expérience sur le continent africain. Il apporte une capacité d’analyse, de structuration et de gestion de projets d’envergure, d’abord à Paris comme banquier d’affaires spécialisé sur l’Afrique, puis comme Directeur Général pendant 5 ans d’Alink Telecom, un fournisseur de services Internet, transmission de données et VoIP présent sur 12 pays. » [0-one : http://www.0-one.net/index.php?option=com_content&view=article&id=60&Itemid=70]

Patrick a entrepris de retracer toutes les routes d’Abidjan et de plusieurs autres villes de la Cote d’Ivoire et d’Afrique. Une fois les routes/rues retracées, il a numérisé les cartes obtenues en y intégrant plus de 15 000 points d’information. Un point d’information c’est par exemple la position d’une pharmacie assez connue. Ou encore un simple restaurant dans une rue très peu fréquentée. Il a ainsi pris le temps de faire apparaitre le maximum d’endroit sur ses cartes.

Une fois sa base de données de points d’information établie, il s’est approché de fournisseurs de terminaux en marque blanche. Il a pu ainsi intégrer ces données dans ces terminaux par le biais d’une application de navigation également en marque blanche. Résultat, nous avons le premier navigateur GPS de Cote d’Ivoire. Et il est fonctionnel ! Vous pouvez donc vous procurer cet appareil et vous faire guider lorsque vous viendrez à Abidjan.

Les Frères Kouamé ne se sont pas arrêtés en si bon chemin car ils ont mis en place la meme solution pour le Sénégal et bien d’autre pays. C’est un excellent exemple entrepreneurial car les manufacturiers occidentaux n’étant pas encore disposés à mettre en place des cartes pour nos pays, O-one a réussi à combler le vide.

La tache n’a pas été simple pour les frères Kouamé car lorsqu’ils parcouraient les rues d’Abidjan avec leurs appareils photos et leurs fiches d’identification, certains les ont pris pour des fêlés. Cette situation a durée pendant plus de 2 ans. Tout ceci c’est fait avec des fonds propres. Un risque qui porte actuellement ses fruits car O-one vend des données et des cartes à de nombreuses entreprises internationales. O-one est à ce jour la première entreprise sur le continent à avoir mis en place un GPS de navigation pour des régions dépourvu de nom et numéro de rue. Et ça fait plaisir de savoir que c’est du made-in-Cote-d-Ivoire.

ça aurait pu mal se passer

Lâché par les sponsors internationnaux à quelques jours de l’énvènement

Si vous avez déjà organisé un évènement non-commercial avec pour seules ressources les contributions des sponsors, vous devez donc connaitre cet état de stress permanent qui jusqu’au jour meme de l’évènement vous ronge. Barcamp Abidjan 2011 était très attendu par la communauté des technophile de Cote d’Ivoire. Pour anticiper nos besoins en finance, nous avons approché différentes entreprises et organisations dès les premiers jours de la préparation. Pour les éventuels sponsors, nous proposions en échange, une exposition maximale à travers nos différents canaux de publications ainsi qu’un espace sur le lieu de l’évènement. Parmi ces entreprises que nous avons approché, se trouvent les tops du web mondial. Bien d’entre elles ont accepté de sponsorisé barcamp abidjan 2011 au vu de l’audience attendu. Sauf que dans la dernière semaine avant l’évènement, ces structures nous ont laché. Nous nous retrouvions donc un peut deçu. Pire encore, financièrement, nous avions un certain vide.

Bien heureux, cette années, les quelques sponsors locaux que nous avons approché, ont tenu parole et ont rempli leurs engagements. Nous sommes très reconnaissant envers :

Le ministère de la Promotion de la Jeunesse et du Service Civique a assurer
En sponsorisant barcamp Abidjan 2011, et surtout en honorant de sa présence, Mr Alain Lobognon, Ministre de la promotion de la jeunesse, a donné une nouvelle dimension à cet évènement. D’un soutien sans faille, de l’organisation à la tenue de barcamp abidjan 2011, cette autorité a montré que nous étions en train d’agir pour l’intéret publique.

Approché grace à Twitter (son pseudo : @alainlobog), le Ministre a jouer le jeux en discutant librement et publiquement pour après nous inviter à le rencontrer dans son bureau. Lui meme, utilisateur averti de tablette, réseaux sociaux et autres technologies, a jugé opportun de nous soutenir car il reste convaincu que c’est en stimulant la communauté des technophiles que l’Afrique pourra gagner son paris dans cette nouvelle ère numérique. Nous saluons donc cet accompagnement grace auquel nous avons pu sortir l’un des intervenants, Francis Pisani, d’un soucis lié à son visa d’entrée en Cote d’Ivoire. Et comme pour nous garantir notre future collaboration, le Ministre nous a assuré que pour la prochaine édition, il mettra tout en oeuvre afin que nous ayons un lieu beaucoup plus grand.

Puis nous nous sommes penché sur le contenu africain en ligne

Lors de la deuxième édition, Akendewa avait presque un an. Ces membres avaient déjà acquis une certaine notoriété dans l’espace tech en Cote d’Ivoire. Si certains faisaient déjà le bonheurs des internautes locaux, d’autres séduisaient au delà des frontières de la Cote d’IVoire.

Placé sous le thème de « Les contenus africains face à l’écosystème du Web« , la deuxième édition de Barcamp Abidjan a plus que tenu ses promesses en réussissant à faire venir toute une équipe de Google Afrique. Nous avons ainsi pu aborder le problème de l’absence de contenu africain en ligne. Ce fut aussi le lieu de parler des opportunités pour d’éventuels entrepreneurs qui souhaiteraient se lancer dans la production de contenu. Le contenu étant ce qui a le plus de valeur dans la plupart des systèmes d’information, il était donc important d’insister sur le fait que plus les africains mettront en ligne leur quotidien, leur productions, leur histoire, …, plus l’intérêt pour l’Afrique sera forte.

Face au plagiats et à la copie non légales des contenus en Cote d’Ivoire, certains participants ont jugé opportun de mettre sur pieds un syndicat des producteurs de contenu de Cote d’Ivoire. Nous nous étions donné rendez-vous en Février 2011 pour la troisième édition. Malheureusement, nous avons été obligé de modifier cette date à cause de la crise politico-militaire en Cote d’ivoire.

Le E-commerce en Cote d’ivoire (acte 1) : Ce qu’il faut savoir

Malgré son presque million d’utilisateurs de l’internet, la Cote d’Ivoire est l’un des grands absents du commerce en ligne de l’Afrique. Après 3 ans d’échanges et d’interactions avec des internautes, des entrepreneurs, des étudiants et des compagnies disant fournir des moyens de paiements, j’ai décidé de partager quelques informations que j’ai pu recueillir ici et là.

Loin du reste du monde

C’est la situation dans laquelle la Cote d’Ivoire se trouve lorsque l’on considère le commerce « internationale » en ligne. Un habitant de la Cote d’Ivoire n’a accès à presqu’aucun moyen de paiement en ligne populaire. Il est ainsi impossible pour un résident de la Cote d’Ivoire de créer un compte Paypal même dans le cadre d’une activité légale. C’est une restriction volontaire de Paypal pour se « prémunir des risques de fraudes » qui sont très élevés en Cote d’Ivoire.

Et lorsque vous n’avez pas accès à Paypal, vous n’avez pas accès à Ebay, Amazon, …. Et si vous n’avez pas accès à ces services, vous n’avez donc pas accès à ce qu’il y a de mieux dans le commerce en ligne.

Si vous ne souhaitez pas utiliser ces grosses plateformes, mais que vous préférez créer la votre, le problème reste inchangé car vous n’aurez pas la possibilité d’avoir un compte marchand chez paypal. La question qui vous vient surement à l’esprit est : « comment puis-je alors vendre en ligne si je n’ai pas la possibilité d’utiliser paypal ? ». Nous aborderons cette question plus bas. Mais avant, place à un non-problème qui pour certains représente un frein.

La logistique et le système d’adressage

C’est bien connu que pour le e-commerce, il faut une adresse de facturation et surtout une autre pour la livraison. Cette dernière est la plus importante lorsqu’il s’agit de produits matériels. Si vous achetez de l’audio (une chanson du groupe Magic Système par exemple) vous n’avez pas besoin que l’on vous le livre à domicile. un simple clique pour le téléchargement vous suffirait. Par contre si vous tombez sur une belle occasion d’appareil électroménager, vous apprécierez qu’il vous soit livré chez vous à la maison. Pour cela il faut que le livreur ait un moyen aisé de trouver votre domicile.

Dans les pays industrialisés, cela ne constitue pas un problème. Mais dans plusieurs pays sous-développés tel que la Cote d’Ivoire, cette situation devient rapidement un problème. Pourquoi ? Parce qu’il n’existe tout simplement pas de système d’adressage efficace. Les rues ne possèdent ni noms, ni numéros. Dans les premières communes d’Abidjan, certaines rues ont eu la chance d’avoir un nom, mais cela reste marginal.

J’ai donc commencé par traiter cette situation de non-problème car force est de constater que d’énormes progrès on été fait. Vous pouvez vérifier de vous meme la cartographie de la Cote d’Ivoire sur le google Map. Des numéros ont été alloués aux rues. Je ne pourrai vous dire si ces derniers sont du fait des autorités ou de l’initiative entrepreneuriale de Google. Parallèlement, des personnes ont déjà prouvé que le système de points relais est efficace et adapté. Il s’agit, par exemple, de livrer les colis concernant une zone ou un quartier à un point très connu de ce quartier. On pense souvent à un super-marché ou à une pharmacie. C’est donc une opportunité pour des entrepreneurs. Il suffit de développer cette idée (qui fonctionne) et d’y rajouter de la valeur pour avoir une solution à ce problème d’adressage qui soit utile et fonctionnelle.

Que peut-on vendre en ligne aux ivoiriens ?

A la question de savoir s’il y a matière à vendre en ligne, je vous réponds en vous indiquant deux groupes facebook qui rien qu’à leur nombre de membres et les interactions de ces derniers, nous donner une réponse affirmative.

Ces groupes facebook sont de véritables Craig-list locaux. Vous y trouverez de tout. Du peigne à cheveux à la dernière Audi. Si vous y faites un tour, il y a de forte chance que vous y passiez du temps, rien qu’en lisant les conversations (sous forme de commentaires) des membres lorsqu’ils font des négociations. Il y règne même un langage bien originale. Vous diriez par exemple « ordinateur portable nouveau dans carton » pour dire « ordinateur portable neuf dans son emballage ». Vous avez  une variante commerciale du Nouchi (l’argot ivoirien) qui est utilisée par les habitués. Mais attention là aussi, vous trouverez des spéculateurs.

Grace à ces deux groupes facebook susmentionnés, il est évident qu’il y a matière à vendre. Mieux, suite à une conversation que j’ai eu l’an dernier avec des contacts sur facebook, nous avons pu établir que l’on peut tout vendre mais à condition que les tarifs en ligne soient beaucoup plus bas que ceux que l’on trouve en boutique. Car ce qu’il faut savoir c’est que, aller jusqu’à la boutique est un plaisir pour l’ivoirien moyen. Surtout s’il s’agit d’une grande surface, c’est pour lui l’occasion de se faire « voir/remarquer ».

L’on peut aussi vendre de l’immatériel aux ivoiriens. imaginez que vous fournissez du contenu à forte valeur ajoutée. Vous pourriez éventuellement trouver un modèle assez simple pour monétiser ce contenu. De la même manière , certaines expertises pourraient être vendu aux internautes ivoiriens.

Certaines choses restent tout de même difficile à vendre en ligne en Côte D’Ivoire. Il s’agit par exemple des voitures ; à l’opposé des pays occidentaux qui possèdent quelques règles sur les ventes de véhicules. Ici, lorsque vous acheter une voiture chez un particulier, c’est un peu à vos risques et périls. Il devient donc assez risqué pour l’internaute ivoirien de se lancer à la recherche d’une voiture via le web.

Quels sites/plateformes utiliser ?

Dès lors que l’on sait que l’on peut vendre un peut de tout, il devient trivial d’avoir un site, ou une plateforme pour exposer ses produits. Les deux exemples précédents montre que facebook représente une belle opportunité pour ceux qui souhaitent vendre en ligne.

Je ne pourrai en dire autant pour twitter et les autres réseaux sociaux car les ivoiriens ne les utilisent pas encore pour la promotion de leurs activités, encore moins pour vendre. Pourtant, twitter a fait ses preuves en terme de vente et de promotion hyper-localisées. Il faudra surement encore patienter le temps que les utilisateurs prennent  la pleine mesure de cet outil.

Qu’en est-il des sites e-commerce eux même ? il y a ici et là quelques initiatives. c’est le cas du site Shopping du portail abidjan.net (http://shopping.abidjan.net/). Pour ce dernier, lorsque vous regardez de près, vous vous apercevez qu’il est nécessaire d’être en possession d’une certaine unité (monnaie interne) pour y faire vos achats. Ces unités sont à acheter au préalable. On voit donc déjà que cela peut créer un blocage au niveau de l’utilisateur. Si Paypal était, par exemple, disponible dans ce pays, ce système d’unité n’aurait pas sa raison d’être. Mais à défaut, c’est un moyen ingénieux qui a été trouvé pour que les choses se fassent.

Nous avons donc, en fasse de nous un problème très important pour lequel la solution actuelle reste presque inadaptée , si l’on pense à l’implémenter à grande échelle. Le problème du moyen de paiement est finalement le dernier obstacle au commerce en ligne en Cote d’Ivoire, du moins de mon point de vue. Nous avons montrez plus haut que la livraison ne posait plus de problème. Aussi, avons-nous illustré le fait qu’il y a de la matière. Les sites/plateformes sont finalement des choses à la portée de certains développeurs locaux. A défaut, il y a toujours la possibilité d’utiliser des sms dédiés au commerce en ligne. Mais une fois que tout ceci est réuni, comment l’utilisateur pourrait payer et comment le marchand pourrait encaisser ?

Paypal est-il le seul moyen de paiement ?

La réponse est « non » ! Paypal n’est pas le seul moyen de paiement, mais c’est le moyen le plus abouti. Et c’est celui qui s’interface avec le plus de cartes bancaires. C’est aussi celui qui est le plus sécurisé. Depuis quelques années, de nombreuses alternatives à Paypal ont émergées. Ainsi, dans certains pays du tiers-mondes, ces solutions ont été adoptées et fonctionnent très bien. Pourquoi pas en Cote d’Ivoire ?

Bien souvent une volonté politique a favorisée l’adoption de ces moyens. Mais nous devons tout de même, reconnaitre que ces moyens sont aboutis. C’est le cas de M-Pesa au Kenya.

Un moyen de paiement électronique abouti dans le cadre du commerce en ligne, implique que son intégration sur les différentes plateforme soit aisée. Cette facilité d’intégration sur les plateformes est garantie par ce que l’on appelle une API.

Qu’est ce qu’une API et pourquoi en avons nous besoin ?

Une API par définition est une Interface fournie par un programme informatique. C’est donc quelque chose qui permet d’interagir avec un programme/système informatique. Elle donne la possibilité à celui qui veut l’utiliser d’écrire des programmes (éventuellement) selon une structure prédéfinie afin que ces derniers puisse échanger/consulter les informations du système qui l’expose. Ainsi donc, c’est parce que Paypal expose une API qu’il est très aisé de l’intégré sur les sites web ou sur d’autres systèmes informatiques. Il faut savoir aussi que le principe d’API implique une prise en charge de la sécurité (éviter les accès avec de mauvaises intentions). En général vous ne pourrez accéder qu’à un certain type d’informations bien identifiées.

Vous comprenez donc, que pour tout concurrent ou alternative à paypal, il est primordial de posséder une API pour facilité sa vulgarisation au sein de la communauté des webmasters. De plus, le webmaster n’est pas sensé s’y connaitre en technique. C’est pour cela qu’il doit exister un système de code à placer dans un formulaire prédéfini de sorte que le site utilise l’API en toute transparence pour le webmaster. Dès lors, le webmaster n’aura que 5 minutes de travail à faire pour utiliser une plateforme de paiement. Juste le temps de rajouter les codes qui l’identifient dans tous les systèmes de paiement. Il pourra alors rajouter autant de systèmes de paiement possibles, pour couvrir le maximum d’utilisateurs. Et tout ceci sans avoir à connaitre le moindre programme informatique.

Quels moyens de paiement électronique pour le webmaster ivoirien ?

S’il existe des alternatives à Paypal, sont-elles à la portée du webmaster ivoirien ? non. Laissez-moi vous présenter ce que nous avons et je pense que vous conviendrez avec moi que ces moyens ne sont pas à la portée des webmasters ivoiriens.

  • MTN Mobile Money : Lorsque vous vous rendez sur le site de l’opérateur mobile jaune, vous pouvez lire « Mobile Money est le nouveau service de MTN qui vous permet de recevoir et d’envoyer de l’argent à moindre coût partout en Cote d’Ivoire … ». Si ce service s’appelait « MTN Money Transfert », je pense qu’il ne porterait pas à confusion. Nous sommes donc plus en face d’un moyen de transfert d’argent que d’un moyen de paiement électronique, qui pourrait servir au commerce en ligne. Mais attention, ce service qui n’est pas venu avec la prétention d’être « un moyen de paiement électronique », permet tout de même d’effectuer des achats chez des marchands (physique). Tout se passe donc comme, si l’acheteur effectuait un transfert d’argent de l’acheteur vers le marchand. Les transactions étant plafonnées à 300 000 Fcfa pour des frais maximum de 4000 Fcfa. Et ça marche dans le monde physique ! Qu’en est-il de la vie en ligne ? Et bien, les choses ne fonctionnent pas « comme elle devraient ». L’on ne peut intégrer ce fonctionnement à un site web. Le principe du transfert d’argent de l’acheteur vers le marchand ne peut donc être utilisé « aisément » par le webmaster lambda. Si vous avez bien suivi le chapitre sur les API, on est en face de quelque chose qui ne possède finalement pas d’API. J’ai eu a échanger avec des responsables de MTN Money, qui ont essayé de me faire croire qu’une API existait, qu’il traitaient les sites marchands au cas par cas. Je vous laisse faire votre propre jugement, lorsque vous savez que le principe même de API implique que l’on ne se souci pas de l’entité qui l’utilisera. Normal, vu que tout est balisé et la sécurité est prise en charge au moment de la mise à disposition de l’API.
  • Inconvénients pour le e-commerce : restreint aux utilisateurs de mtn, indisponibilité d’une API
  • Orange Money : nous sommes dans le même schéma que le celui de MTN. Ces deux solutions s’appuient sur des banques identifiées à cet effet par la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest( BCEAO).
  • Inconvénients pour le e-commerce : restreint aux utilisateurs de orange, indisponibilité d’une API
  • Celpaid : Lorsque j’ai découvert Celpaid pour la première fois, je me suis dis : « ça y est, nous avons notre moyen de paiement ». Mais en poussant un peu mes investigations, je me suis rendu compte que j’étais en face de quelque chose qui à mon avis aura du mal à séduire les webmasters. Je comprendrai donc que cette solution ne vise pas ces webmasters. Qu’est ce que c’est que Celpaid ? c’est un moyen de paiement électronique, un vrai, qui utilise une technologie mobile basée sur le son. ça se complique ! En effet, lorsque l’acheteur désire payer, il sort son téléphone mobile, que lque soit son réseau téléphonique, rentre son code, puis envoie une requête de paiement. Il doit alors attendre de recevoir un appel automatique. C’est à ce moment-là qu’il doit rapprocher son mobile du terminal de paiement du marchand. Une communication s’établie entre le terminal de paiement et le mobile. Et la transaction est par la suite validée ou annulée. Et c’est la même chose avec l’ordinateur. Il faut que l’acheteur rapproche son téléphone des enceintes de l’ordinateur. Imaginez que votre ordinateur ne possède pas d’enceinte ni de casque ou même de carte son, vous ne pourrez pas utiliser Celpaid.
  • Inconvénients pour le e-commerce : usage du son – process trop compliqué.
  • E-Tranzact : reste la solution qui aurait pu challenger efficacement Paypal. Il s’agit d’une solution technologique (dans le style de visa et mastercard) qui s’appuie sur des banques pour leur fournir des cartes bancaires prépayées. Lorsqu’un webmaster souhaite l’intégrer, il est dans l’obligation de contacter l’équipe technique de e-tranzact qui doit lui fournir des fichiers à installer sur le serveur du site. En gros un travail énorme pour un webmaster censé ne pas s’y connaitre en technique. Aussi , pour que l’utilisateur puisse payer sur le site du webmaster, il doit être en possession d’une carte bancaire e-tranzact. Une solution mobile avait été envisagée avec l’un des opérateurs de téléphonie de la place (ce n’est ni Orange, ni MTN) afin que les utilisateurs puissent effectuer des opérations avec leurs mobiles.
  • Inconvénients pour le e-commerce : intégration lourde pour le webmaster – nécessitée de posséder une carte e-tranzact pour l’acheteur.
  • Les cartes prépayées de Visa : Même si vous avez une carte visa, vous êtes dans l’impossibilité d’utiliser Paypal.

 

Pour finir

A travers ces lignes, j’ai souhaité attirer votre attention sur le fait que nous avons un dernier réel problème qui empêche la vulgarisation du commerce électronique en Cote d’Ivoire : les moyens de paiements. Tant que nous n’en aurons pas un digne de ce nom, le e-commerce aura du mal à décoller. En attendant, si chacun des acteurs cités ici prenait la peine de fournir une API correcte pour facilité l’intégration, ce serait déjà un premier pas.

Une autre solution serait que tous ce mettent d’accord pour utiliser une solution telle que E-tranzact. Les banques devraient ainsi accepter de distribuer des cartes à leurs clients. On se retrouverait ainsi a avoir un commerce électronique interne dynamique qui obligeraient les partenaires externes à s’aligner. La encore il faudrait que la société e-tranzact fournisse une API solide pour permettre aux développeurs de créer des solutions mobiles. Car je ne crois pas en la carte bancaire pour l’africain. Du moins pas avant de très longues années. Mais, qui dit solution mobile dit Compagnies de téléphonies mobiles. A l’analyse de tout ce qui se passe, elles n’ont visiblement aucune intention d’autoriser des développeurs à produire des applications ou solutions innovantes capables de fonctionner dans leurs réseaux. Voyez-vous même à quoi sommes-nous  réduits ?

La solution ultime serait que l’autorité oblige les opérateurs de téléphonie a permettre aux applications des développeurs tiers de fonctionner dans leurs réseaux. Ce qui impliquerait une mise à disposition d’une API (y compris celle pour les paiements mobiles) solide. La vie serait alors plus facile. Mais il faut être en Afrique pour réaliser que les choses les plus simples sont souvent complexifiées par un groupe de personnes. On peut même se demander les objectifs de ces personnes.

En attendant, la Cote d’Ivoire passe à coté d’une opportunité jamais égalée. C’est une opportunité du fait que le commerce en ligne pourrait générer de nouveaux entrepreneurs donc de nouveaux emplois. Un autre avantage du e-commerce est la réduction du nombre de déplacements des potentiels clients.

#CIVSOCIAL au Sommet Européen des Crisis Camp#CIVSOCIAL au Sommet Européen des Crisis Camp

Hier 27 et aujoud’hui 28 Mai se tient le Sommet Européen des Crisis Camp à Paris. Je fais partie des intervenants pour ce forum qui se déroule à La Cantine. J’ai donc pu expliquer ce que J’ai développé comme plateforme web pour #civsocial. Ce projet semble intéresser la plupart des participants. Ci-dessous la présentation utilisée.

 

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