Voici pourquoi j’ai postulé à YALI, le programme de Jeunes Leaders africains du Président Barack Obama

Le « pourquoi » de votre implication dans une oeuvre ou une action est fonction de votre niveau d’engagement dans cette action/initiative. Implicitement votre engagement déteint sur les résultats que vous produirez. Je souhaite partager avec vous le « POURQUOI » de ma participation à l’aventure Young African Leaders Initiative (YALI). A travers ce « pourquoi », vous découvrirez les raisons de ma forte implication dans ce programme et ce que j’ai pu tirer de ces 6 semaines de cours et des deux sommets qui ont suivi.

Au fond, même s’il existe un « pourquoi », ce que je vais vous dévoiler ici ce sont tous ces « sous-pourquoi ». Cet ensemble de petites raisons qui ne sont pas forcément liées, mais qui lorsqu’elles ont été réunies, m’ont permis de me dire : « ça y est, je me lance ».

14658127397_1ba9e409d7_z

La principale raison, pour laquelle, j’ai participé à YALI, se découvre à partir de ma vie de ces 5 dernières années. 5 années durant lesquelles je me suis donné pour mission de « dynamiser à mon humble niveau l’écosystème des technologies en Côte d’Ivoire, afin d’emmener les uns et les autres à améliorer leur vies grâce à ces technologies ».

Dans cette mission qui se matérialise par la création d’Akendewa (Organisation dont la nouvelle mission est de « co-créer un environnement favorable a une économie numerique » ? ) ainsi que mon travail au sein de cette organisation, je me suis exposé à des choses nouvelles. Parmi ces choses, il faut compter ma position de « modèle » pour une catégorie de jeunes ivoiriens et africains. Et c’est là que tout commence.

Nous sommes en Janvier 2013, et je découvre sur internet des informations concernant la participation de jeunes leaders africains à une rencontre à la Maison Blanche avec le président Obama. Je décide donc de chercher à savoir ce qui a valu leur sélection. En gros « pourquoi eux ? ». Dans mes recherches je tombe sur un appel à candidature pour un programme qui implique une formation universitaire, un sommet présidentiel avec le Président Obama ainsi qu’un accompagnement sur plusieurs années. Je venais de découvrir YALI (Young African Leaders Initiative) dans sa nouvelle forme.

A ce moment là, ma première préoccupation est « Dans nos pays (et aussi ailleurs), il y a toujours cette histoire de ‘fils/fille de’ lorsqu’il s’agit de faire bénéficier ce type de programme à des jeunes ». Pour en avoir le cœur net, je m’attarde sur les critères de sélection. Après avoir lu ces critères, je me dis, « on y va pour la compétition ». En effet, les critères de sélection mentionnent le fait que ce programme est compétitif et qu’il suit un processus de sélection bien défini.

Je décide donc d’entrer en compétition pour faire partie de YALI parce que je me dis « Voici une ultime occasion pour moi de savoir si ce que j’ai accompli ces 5 dernières années a eu un échos ou un éventuel impact ». Pour moi, si je ne suis pas sélectionné, alors il faudrait que je réorganise ma stratégie qui vise à  accomplir la mission sus-mentionnée, que je ma suis donné à travers Akendewa.

La seconde raison de ma candidature réside dans le fait qu’en 2006, j’avais arrêté mon boulot d’ingénieur de développement pendant 3 mois, pour me préparer à rentrer dans une université américaine. Je ne suis pas allé au bout de mon souhait malgré ces séjours passé à Tampa Bay (en Floride) pour découvrir le monde universitaire américain, qui je ne vous le cache pas, me fascine. YALI dans sa nouvelle forme représentait donc une opportunité pour moi d’en rajouter sur mes connaissances et savoir-faire à travers une perspective américaine.

J’ai donc postulé d’une part pour savoir si les actions communautaires et sociales que j’avais accompli à travers Akendewa étaient pertinentes et d’autre part je me disais qu’il y avait là une opportunité pour moi de vivre la vie d’étudiant que j’avais souhaité vivre 8 années plus tôt.

Mais ces raisons à elles seules n’étaient pas suffisantes quand on sait qu’une preuve de la pertinence d’Akendewa était le « Prix CEPS-UNESCO pour l’Entrepreneuriat des Jeunes et la Culture de la Paix en Afrique » que nous avons remporté en Octobre 2013. Et aussi, si je désire tant revivre la vie d’étudiant, il me suffit de faire un dossier pour un cursus dans l’une des universités de mon choix.

Meme si ce prix reste la distinction la plus importante qu’a recu Akendewa, je disais que cette fois-ci nos actions communautaires allaient être reconnues par le département d’Etat américain. Ce qui constituait pour moi, une reconnaissance complémentaire à ce Prix que nous avions remporté. Aussi, pour l’université, j’allais me retrouver dans une situation ou j’allais bénéficier de l’une des meilleure formation pour entrepreneur sans avoir à payer la scolarité . Et quand on sait combien coûte l’université aux USA, on est bien content d’y avoir accès sans sortir le moindre sous.

Ceci dit, il me fallait des raisons supplémentaires pour définitivement m’assurer que Young African Leaders Initiative était quelque chose à laquelle je devait impérativement participer. Parmi ces raisons figurent le fait que j’aillais me confronter à d’autre jeunes leaders d’afrique dont je ne savais pas grand chose et dont je n’avais aucune idée de la culture, de leurs challenges et des solutions qu’ils apportaient aux problèmes de leurs communautés.

Côtoyer ces personnes allait me permettre d’agrandir mon réseau. Pour tout entrepreneur, le réseau est tout aussi important que les clients que l’ont satisfait grâce à nos produits et services. YALI allait me permettre d’avoir des partenaires dans des pays comme le Mozambique, l’Uganda, la Mauritanie, l’Angola, … Des pays dans lesquels je n’ai jamais mis pieds et pour lesquels je n’avais pas encore eu l’occasion d’envisager même y aller.

Enfin, j’ai participé à YALI parce qu’en plus des raisons citées un accès au financement pour des projets était possible. Le programme consacre plus de $5 millions pour soutenir financièrement les porteurs de projets prometteurs. Pourquoi ne pas tenter ma chance.

J’imagine que chacun des participants de ce programme a ses raisons personnelles qui l’ont poussé à postuler à ce programme, mais en ce qui me concerne, le tableau que je viens de vous exposer à travers mes propres raisons était la base de mon engagement.

La suite de cette aventure que j’ai décidé de vous raconter vous aidera à comprendre comment chacune de ces raisons a conditionné mon engagement dans ce programme.

Le Samsung Galaxy S5 lancé à Abidjan, mais pour qui ?

L’un des freins de la « digitalisation » de l’Afrique, reste le cout d’acquisition des appareils par les africains. Des marques telles que Samsung et ces concurrents venus principalement d’Asie travaillent tout de même à offrir des appareils correspondants aux bourses des populations de ce continent.

Mais quand vient le moment du lancement d’un appareil tel que le Samsung Galaxy S5, dans un pays Africain, peut-on attendre des africains qu’ils fassent de longs rangs, commencés la veille de la cérémonie, dans le but de faire partie des premiers à posséder ce fameux smartphone ?

Samsung GALAXY S5

A environ 420 000frcfa l’unité, le Samsung Galaxy S5 ne peut vraiment générer une telle affluence contrairement à ce que l’on a l’habitude de voir dans les pays occidentaux. Mais, …. Et je dis bien « mais », cela ne signifie pas pour autant que les africains ne sont pas intéressés par ces innovations. Bien au contraire, il suffit de voir le monde qu’il y avait au « café de Rome » d’Abidjan ce 25 Avril 2014 lors de la cérémonie de lancement national du nouveau smartphone de Samsung pour s’en rendre compte.

Lors de cette cérémonie, visiblement la démonstration de l’étanchéité de Galaxy S5 en a bluffé plus d’un. Aussi, l’on a pu découvrir que Samsung Côte d’Ivoire  et ses distributeurs travaillent à faciliter l’acquisition de ce bijoux technologique par les africains. En effet, pour ce Galaxy S5, il est possible de l’acquérir à crédit avec un remboursement d’environ 40 500frcfa/mois. Rdv dans quelques mois pour voir si cette mesure incitative a rencontré l’adhésion des consommateurs ivoiriens.

Avec notre équipe de Techmissus, nous sommes en attente d’un spécimen pour pratiquer des tests approfondis. Nous vous en dirons dès nouvelles dès que ce sera fait.

Enfin, le Samsung Galaxy S5, encore un excellent smartphone,  mais tout de même loin des bourses des africains (classe moyenne y compris).

 

Pourquoi je suis retourné « au pays » pour entreprendre [1/2]

Si vous êtes africain de la diaspora, et que vous souhaitez entreprendre “AU PAYS”, je ne peux que vous y encourager. En Afrique, il y a tellement de choses à « Faire » que les opportunités pour entreprendre ne manquent pas. Mieux, dans bien de domaines la compétition reste tellement faible qu’avec un minimum d’audace et de sérieux, vous avez toutes les chances de réussir. Réussir oui, mais à condition de comprendre et maîtriser l’environnement dans lequel vous évoluez.

jpe

Ayant moi même entrepris en Côte d’Ivoire, j’ai pu identifier certains des éléments qui favorisent le succès, et ceux qui risquent de diminuer vos chances de réussite. Ces choses que j’ai identifié à partir de mon expérience personnelle, je souhaite les partager avec vous sous forme de recommandations. Bien qu’elles ne soient pas dans l’absolu, exhaustives et applicables à tout le monde et dans tous les pays, je pense qu’elles constituent un bon point de départ.

De 2005 à 2008 j’ai travaillé en tant que développeur d’applications puis ingénieur d’études et développement sur les technologies Java/J2E liées au mobile et au Web. En gros dans le monde de l’édition de logiciel. Cela m’a permis de découvrir et de maîtriser (pour certains) les domaines fonctionnels des Télécoms, de la banque-finance, de l’énergie, du transport et des médias. Après ces 3 années, j’ai décidé de créer ma propre boite.

Plus jeune, j’étais plutôt entreprenant. J’ai commencé certaines choses à l’école primaire, au collège, au lycée et pendant mes études universitaires. Mais jusque là, il s’agissait d’initiatives sans risque financier ou d’actions bénévoles dans le monde associatif. Donc rien qui ait pu faire de moi un entrepreneur. D’ailleurs durant toutes ces années, je rêvais de devenir « Mathématicien » ou encore « Medecin ».

Je trouvais (et aujourd’hui encore) à ces métiers une certaine noblesse et une capacité à « apporter de la valeur dans la vie des autres ». J’étais fasciné par les expériences de Sigmund Freud et les recherches des grands prix de Mathématiques et de physiques, qui grâce à eux l’on arrivait à résoudre de nombreux problèmes du quotidien. Peut être avais-je été complètement absorbé par cette série d’encyclopédies que m’avait offertes ma mère. Ces 5 gros livres verts traitaient des travaux de mathématiciens, philosophes et physiciens. Mais à l’époque, je ne pensais pas un seul instant que ces livres avaient une influence sur moi, tant je m’en détachais après mes petites séances de lecture.

Monter ma boite en région Parisienne fût assez facile grâce à une formation délivrée par la Chambre de Commerce de Créteil. 5 jours à apprendre les bases de la gestion d’une SARL m’ont permis de mieux appréhender des notions telles que la capitalisation, , …., la TVA et la valeur financière d’une entreprise. Après cette instructive formation, je n’avais juste qu’à suivre les instructions et fournir les différents documents nécessaires à l’enregistrement de mon entreprise.

Il est vrai que lorsqu’on est Ingénieur d’Etudes dans le domaine du logiciel (surtout dans les technologies Java/J2E), on gagne plutôt bien sa vie. Et même si l’on souhaite créer son propre business, on est tenté de passer quelques années à économiser pour se mettre à l’abri d’un éventuel échec. Surtout lorsqu’on est jeune, africain et qu’on sait qu’on a de la chance d’avoir un tel emploi dans un contexte économique défavorable.

Pour ma part, après 3 ans en tant qu’employé, j’estimais que je n’avais plus une seule minute à perdre. Le pire, c’est que lorsque j’ai commencé mes démarches administratives pour l’ouverture de ma boite, je me suis dit « … Mais pourquoi n’ai-je pas commencé 5 ans (avant de finir les études) plus tôt … ». Je reviendrai sur mon expérience d’entrepreneur en France dans un autre billet.

Contrairement à l’aisance avec laquelle j’ai pu crée mon entreprise en France et avoir mes premiers contrats, lorsque j’ai décidé de faire la même chose Côte d’Ivoire, j’ai dû surmonter de nombreux obstacles auxquels je ne m’attendais pas du tout. J’ai alors eu à passer ce que j’appelle mon « MBA du TERRAIN en Afrique – option Entrepeneuriat dans les Technologies ».
En effet, je me suis toujours dit qu’il me faudrait au moins 3 ans pour comprendre parfaitement l’environnement dans lequel je souhaitais m’aventurer. Je suis ainsi parti sur la base selon laquelle aucune formation académique ne pourrait me faire atteindre cet objectif. J’ai donc fait la démarche en allant “sur le terrain”. Et au lieu de rester spectateur, j’ai lancé la société AllDenY et initié l’Ong Akendewa à Abidjan (Côte d’Ivoire). Cet article que vous lisez en ce moment fait donc partie d’une série qui concerne ce que j’ai vécu et ressenti lorsque je mettais en place AllDenY. Je reviendrai sûrement sur le parcours d’Akendewa dans une autre série d’articles.

La découverte de Yopougon, la cité ivoirienne

Tout à commencé en Novembre 2007. Je revenais pour la première fois en Cote d’Ivoire après 7 ans d’absence. Pour ce retour, j’ai passé 3 semaines à Yopougon (Abidjan). Ce fut une très belle expérience car la commune de Yopougon est assez particulière. J’estime que c’est la commune qui représente le mieux la Côte d’Ivoire.
Jusqu’à ce que j’obtienne mon Bac pour ensuite partir en France, j’avais vécu successivement à Aboisso (l’endroit ou je suis née, dans le sud-est de la Côte d’Ivoire), Treichville (Une commune d’Abidjan), Marcory (Une commune d’Abidjan), Plateau (Une commune d’Abidjan), à Séguéla (dans le nord du pays), à Tiapoum (petit village dans le sud-est de la cote d’ivoire, faisant frontière fluviale avec le ghana), à Adjamé (Une commune d’Abidjan) et aux 2 Plateaux. Ha, ça en fait des déménagements ! Avant de quitter la Côte d’Ivoire je n’avais donc pas connu la Commune de Yopougon sauf quand il fallait que j’aille rendre visite des amis.
 
Pourtant pour ce premier retour « Au Pays », j’avais décidé d’y vivre. Pourquoi Youpougon ? Tout simplement, parce qu’à mes yeux, cette commune d’abidjan est un modèle réduit de la Côte d’Ivoire. Les quartiers sont le reflet des régions ivoiriennes. Yopougon est une ville dans la ville. Il faudrait surement que j’y consacre un post pour parler de l’activité importante des petites entreprises et des commerces.

 

Il y a des choses à faire

Avant de quitter la Côte d’Ivoire, je me souviens que lorsque je parlais d’internet à mes proches, pour eux, c’était quelque chose de lointain, et propre à l’occident. Mais en 2007, j’ai redécouvert une Côte d’Ivoire dans laquelle tout le monde parle de technologies. Principalement grâce à la forte pénétration du mobile et aussi, malheureusement, à cause de la cybercriminalité. Au vu de cet engouement que j’avais constaté, je me suis dit qu’il y avait quelque chose à faire dans le domaine des technologies de l’internet et du mobile.

Il existait (et il en existe de plus en plus) certes de grandes entreprises de téléphonie mobile, des boite de télécommunication, des PME spécialisés dans l’intégration de solutions, mais ce qui manquait :

  • Un véritable écosystème d’entrepreneurs qui innovent dans l’applicatif ou dans les contenus locaux
  • Des formations pointues à l’issue desquelles, les apprenants seraient tout de suite opérationnels
  • ….

Bien entendu, ce sont des choses qui peuvent paraître évidentes pour certaines personnes qui côtoient certaines réalité au quotidien.

Malheureusement, je n’avais pas vraiment le temps d’en savoir plus sur l’environnement local car étant venu pour des vacances, mon séjour n’a duré que 3 semaines. Je me suis donc promis de revenir « Au Pays » assez rapidement. Du coup, l’année qui a suivi, sans grands moyens, j’ai décidé de créer une start-up en Côte d’Ivoire en espérant faire des bénéfices assez rapidement.

J’avais un projet de base qui consistait en une grande plateforme social d’information. Mais parallèlement, pour vivre et faire vivre les personnes qui travaillaient avec moi, la boite avait une seconde activité en attendant que le projet de base soit terminé et mis en production. Cette seconde activité consistait à mettre à disposition de mes clients européens une équipe de développeurs basée à Abidjan. Rien d’innovant vu que les modèles d’out-sourcing sont déjà standardisés. Pourtant cette activité a rapidement tourné à l’échec. Ce fut même une catastrophe. J’en parlerai dans un article dans cette série.

Au vu de cet échec, j’ai décidé de concentrer mes forces sur les besoins locaux. Et c’est à partir de cette décision que mon apprentissage véritable du terrain (africain) va commencer.

….. (à suivre « de très près »)

 

Cyriac Gbogou intègre l’équipe de Wikimédia : jeunes africains, soyez inspirés

_DSC0416_aJe voudrais partager avec vous une très bonne nouvelle qui je pense sera source d’inspiration pour bien de jeunes africains.
Ce post, est un hommage à Cyriac Gbogou à qui je souhaite transmettre toutes mes félicitations car il intègre désormais l’équipe de Wikimedia (la société propriétaire de Wikipedia).

Il travaillera sur le projet « KUMUSHA TAKES WIKI ».

Le but de ce projet etant l’accompagnement de communautés africaines souhaitant décrire et partager des connaissances relatives à leur environnement de vie (campements, quartiers, villages, banlieues, centres-villes…).Le projet vise à faciliter la production et la mise à disposition de tous de contenus divers relatifs aux communautés (textes, images, vidéos, données géographiques…) sous licence libre. Pour en savoir plus http://meta.m.wikimedia.org/wiki/Kumusha_Takes_Wiki/fr

Pour ceux qui ne le sauraient pas, CYRIAC fait partie de cette jeune génération africaine qui par son activisme et son sens du partage et de l’entraide, honore le continent à travers de bons usages des technologies du web et du mobile. En côte d’Ivoire d’ou il est originaire, nous l’appelons affectueusement « Chef du village » ou « cheffou » pour s’être illustré à plusieurs reprises dans des projets communautaires. Il a notamment été le Secrétaire Général de l’organisation AKENDEWA (l’organisation lauréate du Prix UNESCO-CEPS 2013 pour l’Entrepreneuriat des Jeunes et la Culture de la Paix en Afrique) dont il est toujours membre.

J’espère que ceci inspirera les jeunes africains qui liront cet article.

Une fois encore, Bravo Cyriac !

Sur le web l’image de la Côte d’Ivoire n’est pas réelle

Pour un internaute qui ne connait pas la Côte d’Ivoire, il est difficile de trouver des données pertinentes sur des sujets tels que le tourisme, la richesse culturelle, …,l’écosystème entrepreuneriale de ce pays. La plupart des pays d’Afrique subsaharienne sont dans le même cas.

Quel est l’image de la Côte d’Ivoire sur le web ?
Lorsque je recherche « Côte d’Ivoire », sur Google, les premiers résultats sont :

  • 1- le portail du gouvernement,
  • 2 – wikipedia,
  • 3 – wikipedia (encore),
  • 4 – afrik.com,
  • 5 – jeuneafrique.com.

Lorsque je m’intéresse au termes les plus recherchés [source : Google ] par les internautes français à propos de la cote d’ivoire ces 12 derniers mois, il s’avère que :

  • 70% des personnes qui ont recherchés le mot « Abidjan » se sont intéressés à l’expression « paris Abidjan »
  • 45% se sont intéressés à l’expression « vol abidjan »
  • 30% se sont intéressés à l’expression « hôtel abidjan »
  • 15% se sont intéressés à l’expression « abidjan »

Il est donc claire que les français souhaitent avoir des informations sur le tourisme, les voyages et les arnaques à Abidjan. Or, l’on leur sert « la politique en cote d’ivoire« , « les conflits en cote d’ivoire« , « Gbagbo« , « Ouattara« , « Drogba« , « Yaya Touré » par le biais d’articles de journaux.

Une chose est sûre, à ce jour, l’image de la cote d’Ivoire se trouve dans les mains de Jeune Afrique, Afrik.com, … Ce sont eux qui expliquent aux internautes ce que c’est que la Côte d’Ivoire et ce que l’on y trouve. On sait tous que pour ces rédactions en ligne, la priorité est donnée aux informations liées aux conflits, maladies, …, car ça permet de vendre. Certes il arrive que ces rédactions parlent de choses bcp plus gaies, mais faites un tour et vous verrez que ces informations sont minoritaires. Qui donc veut bien servir les sujets qui intéressent réellement les internautes ? Bien souvent comme aujourd’hui, le site du gouvernement ivoirien est hors service. Piraté ? serveur non-disponible ? … ? L’internaute s’en remettra une fois encore aux rédactions internationales (bbc, jeune afrique, …), wikipedia et de plus en plus les blogueurs.

Est-ce ce dont nous avons besoin ?
Je ne pense pas que c’est ce que souhaitent les autorités et les ivoiriens. Ce que tout le monde désire (et j’espère ne pas me tromper) c’est que, lorsqu’on cherche « Côte d’Ivoire« , l’on tombe en premier sur un site comme « discoverireland.com » (pour l’irelande – 3 118 liens entrant d’après alexa qui témoigne du succès de ce site). La particularité de ce genre de site c’est qu’ils ont du contenu original qui intéresse. Bien que l’irelande soit un pays anglophone, ce site est entièrement en français et propose une vingtaine d’autres langues. Grâce à ce site, vous savez :

  • ce qu’il y a à voir …
  • comment organiser votre voyage …,
  • comment fonctionne le système d’hébergement …
  • ce qu’il y a à faire …

… en Ireland.

Et nos portails dans tout ça ?
Peut être devrions-nous dire : « nos agrégateurs » ou encore « copieurs de contenu« . Certes quelques rédactions en ligne font l’effort de produire du contenu original (je pense à Avenu225, Fratmat.info, quelques journaux locaux, …) mais la tendance est à la réplication de contenu sans apport de valeur. Pour ces rédactions, qui font des efforts, il s’agit de contenu bien souvent qui ne s’adresse pas aux personnes qui ne connaissent pas le pays. Ce qui reste finalement du contenu pour des internautes locaux qui en savent un brin sur leur pays. Aussi, à coté de ces productions, il manque l’essentiel : la stratégie. Sur le web, le contenu est ROI certes, mais un Roi isolé n’a finalement aucune influence/puissance. Il manque donc à ces rédactions de pouvoir planifier leur offensive sur la toile. Et surtout de la mener avec une stratégie sur le long terme.

Qu’est-ce qu’il faut et pourquoi ?
Imaginez que l’ont saisisse « cote d’ivoire » sur google et que les 5 premiers liens soient : 1 – comment venir en Côte d’Ivoire ? 2 – découvrir le patrimoine culturelle de la Côte d’ivoire, 3 – Les prochains évènements importants à Abidjan, 4 – ce que disent les ivoiriens, 5 – la politique touristique de la cote d’ivoire. Cette situation serait profitable à la cote d’ivoire car l’on pourrait facilement décider de venir dans le pays en se basant sur des informations précises à propos des richesses culturelles et humaines de ce pays. Les opportunités de business, bien présentées sur le web, sont des aimants  à investisseurs. Les images et les vidéos de présentations, ne sont pas en reste. Cest choses ont le pouvoir de séduire les vacanciers et les touristes les plus indécis. On est tous d’accord que toutes ces choses positives font un grand bien à l’économie d’un pays.

Comment le faire ?
Pour y arriver, deux possibilités : l’initiative conjointe de plusieurs privés ou tout simplement une volonté politique. Mais à ce stade, il est difficile d’imaginer qu’un gouvernement d‘Afrique francophone puisse planifier un tel chantier. Si l’on s’intéresse à l’initiative privé, l’on doit garder en tête qu’il s’agit d’un réel business.

Allez au boulot !

Guillaume Soro et Alain Lobognon, hommes politiques de Côte d’Ivoire de plus en plus impressionnants sur Twitter

IMPORTANT : Ceci n’est en rien un éloge aux hommes politiques cités, mais une analyse qui vise à exposer un phènomène nouveau dans l’écosystème de l’internet en Côte d’Ivoire. Je ne suis ni de près, ni de loin engager dans les actions de ces hommes politiques dans le cadre de leurs partis politiques.

———————-

@SOROKGUILLAUME @ALAINLOBOG M. Le Ministre vs ne m’avez pas répondu.
@ALAINLOBOG @SOROKGUILLAUME Bonsoir M. le PAN. J’ai pas reçu de MSG. in reply to @SOROKGUILLAUME

@SOROKGUILLAUME @ALAINLOBOG Je te cherche. in reply to @ALAINLOBOG
@ALAINLOBOG @SOROKGUILLAUME Il est 15h52 ici. La mission se passe très bien. in reply to @SOROKGUILLAUME

@SOROKGUILLAUME Ok DM. in reply to @ALAINLOBOG
@ALAINLOBOG @SOROKGUILLAUME Ok. in reply to @SOROKGUILLAUME

—————————-
C’est l’une des conversations plubliques sur twitter qui en dit long sur l’usage des réseaux sociaux par la nouvelle classe politique de Côte d’Ivoire. Etant moi même un boulimique des réseaux sociaux, j’avoue être impressionné par l’appropriation de ces outils par le Ministre Alain Lobognon (@alainlobog) et le Président de l’Assemblée Nationale, son Excellence Guillaume Soro ( @sorokguillaume).

@alainlobog, plus qu’un Ministre, un citoyen qui dénonce et propose
J’ai commencé à suivre les publications de @alainlobog pendant l’élection présidentielle 2010 en côte d’Ivoire. Je me suis encore plus intéressé à lui pendant la crise humanitaire. A l’éqoque j’évitais d’interagir avec les hommes politiques des deux camps en conflit au vu de l’action humanitaire que je menais via le projet #civSocial. J’en profite pour faire un clein d’oeil aux volontaires d’akendewa qui ont permi de sauver 82 vies à travers ce projet.

Pendant la crise qu’a connu la Côte d’Ivoire en 2011, @alainlobog prenait le temps de répondre aux attaques/questions/préocupations des internautes (y compri ceux des journalistes) qui étaient sur Twitter et Facebook. Pour les partisans de son camp, il fut « l’homme à l’information fiable et rassurante ». Il a à plusieurs reprises annoncé à l’avance des choses quei devaient être annoncées officiellement à la Télévision.

Aujourd’hui, il est dans un tout autre régistre. Avec une Côte d’Ivoire unifiée, et en tant que Ministre de la Promotion de la Jeunesse, et du Service Civique, il publie encore plus. Son style est désormais celui d’un homme qui met à jours les disfonctionnements du système tout en proposant des éléments de solution. Il crée la conversation avec des internautes qui autrefois l’attaquaient.

Il n’est pas rare que vous le voyez poster des tweets tard dans la nuit ou très tôt le matin. Il est donc plus dans la peau d’un citoyen normal que d’un homme politique. C’est surement cette manière de procéder qui lui vaut la sympathie des internautes. Pour l’avoir rencontré, ce iPad qui lui colle à la paume, en est surement pour quelque chose.

Au moment ou j’écris cet article, @alainlobog a publié en tout 10 255 tweets. Il y a 3 128 personnes qui le suivent et lui même suit 1 447. Il se trouve dans 65 listes et à touché . Et vous verrez que sur son profil twitter, il précise que « mes tweets n’engage que moi ». Le citoyen comme je le disais plus haut.

@sorokguillaume a décidé d’impliquer les citoyens dans sa mission
Dans un tout autre régistre Le Président de l’Assemblé Nationale, (Excellence) Mr Guillaume Soro est en phanse de donner une image plus « friendly » d’une institution qui ne succitait plus d’intérêt depuis un certain temps. A travers ses publications (y compris sur son site personnel), il invite les citoyens à faire des propositions.

Ces premières apparutions étaient semblables à celles d’un enfant qui apprend ses premiers pas. J’imagine qu’en tant qu’homme politique il avait découvert en ces réseaux sociaux un canal inespérer pour communiquer librement avec les citoyens. L’effet de la découverte y est pour quelque chose. Certains criaient à la catastrophe lorsqu’il était trop personnel dans ces publications.

En très peu de temps il a appris a faire le médiant. De plus en plus, il est en train d’établir un ton amical intégré dans une stratégie de communication surement bien préparée. Il n’a par exemple pas hésité à inviter des internautes à son anniversaire. Et pour pousser encore plus, il y a eu un liveTweet pendant la fête avec un grand nombre de photos publiés.

Décidé à comprendre ce qui se passe réellement dans l’écosystème de l’internet en Côte d’Ivoire, il n’a pas hésité à porter son soutien (en parainnant) à YES12. Un évènement technologique qui s’est déroulé ce mois-ci à Yamoussoukro, Capitale politique de la Côte d’Ivoire. Et pour marquer son, soutien, il a même fait une vidéo.

Au delà des échanges en ligne, ces deux utilisateurs de twitter (je pense que c’est ainsi qu’ils souhaitent être vu par les internautes) sont en quelque sorte en train de « démystifier » le pouvoir politique. Tout ce passe comme s’ils avaient décidé de rapprocher le politique et le citoyen. A tel point que certains internautes se laissent aller et vont souvent « un peu loin ».

Au moment ou j’écris cet article, @sorokguillaume a publié 1 922 tweets. Il es suivit par 3 229 personnes et lui même suit 315 personnes. Il se trouve déjà sur 59 listes. A ce rythme il sera surement l’ivoirien le plus influent sur twitter. Dans un prochain article je m’attarderai sur l’influence de ces hommes politiques.

Jamais deux sans Trois
Dans leur élan, ils essaient d’entrainer un troisième, le Ministre Sidiki Konaté ( @sidikikonate ). Pour l’instant sa présence reste encore timide. Mais c’est bien souvent qu’ils le mentionnent dans leurs tweets.

Pour finir
Avec cette prise de controle en ligne, @sorokguillaume et @alainlogob réussiront-ils à séduire leurs détracteurs ? En tout cas ce n’est pas gagné pour les fervants partisans de l’ancien gouvernement. Pour rappel, ces derniers avaient une bien meilleure présence qui a perdu un peu en structure et en efficacité.

Si on arrive à un point ou les hommes politiques de tout bord utilisent ces réseaux sociaux pour créer la conversation avec les citoyens, ce serait un pas non négligeable pour ce pays qui sort des années les plus sombres de son histoire.

Aussi il serait bien que chaque citoyen garde en tête que les hommes politiques ont des missions et que chacune de leurs actions, fussent-elles sur les réseaux sociaux, sont en phase avec ses missions. Donc ami, sur twitter oui, mais attention à ne pas basculer sans s’en rendre compte.

Vivement qu’il y ait de plus en plus de personnalités africaines sur ces réseaux sociaux.

Cybercriminels et impunité : l’état de Côte d’Ivoire doit prendre ses responsabilités vis-à-vis de ces « hackers »

Ce matin encore je viens de voir qu’un utilisateur de facebook a plublié un imprimé-écran d’un site ivoirien qu’il a piraté. Il s’agit du site web de Pétro Ivoire, la raffinerie de pétrole de Côte d’Ivoire. Visiblement fier de ce qu’il a fait il marque : « votre site est mal protégé, monsieur de Petro Ivoire et nous on cherche Travail ». vous trouverez ce post sur facebook.

Donc sous prétexte que l’on cherche du travail l’on se donne le droit d’enfreindre les lois ? Moi je dis non, et je dis même pour quelqu’un qui a des compétences en informatique, il faut créer son propre emploi lorsqu’on n’en trouve pas. L’Afrique a besoin d’innovateur et encore plus dans le domaine numérique.

Si vous suivez l’actualité technologique en Côte d’Ivoire, vous remarquerez qu’il y a un fort engouement à propos de la sécurité informatique (systèmes, site web, infrastructures, …). En témoigne le concept « Insécurity Day » qui visiblement « a l’aval des entreprises dont les failles sont exposées et des autorités ivoiriennes ». Dixit Ncho Yao le concepteur de l’évènement.

Mais avec des hors la lois qui se permettent de porter atteinte à l’intégrité des systèmes informatiques sous prétextes que ces systèmes sont mal protégés, je pense que l’Etat ivoirien doit vraiment faire quelque chose. De plus il s’agit d’individus ayant une maitrise assez médiocre des outils de piratage. Nous ne sommes pas en face d’un groupe du calibre d’Anonymous. Et nous savons tous que les hackers qui s’y connaissent comme ceux d’Anonymous ne s’adonnent pas à ces bassesses. Il est donc possible résoudre le problème assez rapidement.

Ce que certains n’ont pas encore compris, c’est qu’un hackers est quelqu’un qui a de la classe, qui innove, améliore, conseille, propose, crée. 

On n’en a pas encore fini avec les brouteurs (arnaque par email, par carte bancaire, paypal, ebay, …, en ligne) que déjà des pseudo-hackers (qui ne sont que des criminels à mon avis) ont entrepris d’accentuer l’image dégradée du web ivoirien. Il est donc de la responsabilité des autorités (ministère des technologies, et ministère de l’intérieur, …) de régler ce problème au plus vite. dans le cas ou elles ont du mal, un simple appel d’offre pourrait aider sachant qu’il y a pas mal d’entreprises et d’organisations qui ont les compétences pour ce genre de chose.

La republique twitterofile de Côte d’Ivoire : les hommes politiques et les médias sociaux

Ce matin j’ai souhaité produire quelques chiffres sur les usages de twitter en Côte d’Ivoire. Je vais donc vous faire :

  • Une liste des tags les plus utilisé par les ivoiriens (avec des stats)
  • Une liste des hommes politiques utilisant twitter + facebook +blog (avec url, stats)
  • Une liste de personnes/personnalités ((hommes politiques, artistes, …)) qui gagneraient à utiliser twitter + facebook (avec ce que je pense qu’ils pourraient gagner)

Et comme pour ces choses, l’on ne peut pas y arriver tout seul, je demande votre aide. Si vous connaissez donc des profils d’hommes politiques de Côte d’Ivoire sur les réseaux sociaux, merci de les indiquer afin que nous construisons ensemble une liste représentative. Aussi n’hésitez pas à indiquer ce que vous pensez qu’ils pourraient gagner à mieux utiliser les réseaux sociaux. Enfin, si vous avez identifiés des personnalités politiques qui pourraient tirer avantages de ces nouveaux médias, merci de partager vos trouvailles avec vos propres impressions.

Emploi – En Côte d’Ivoire, la fonction Publique recrute 200 informaticiens du 19 au 30 Mars 2012

C’est une bonne nouvelle pour les informaticiens ivoiriens que je n’ai pu m’empêcher de relayer même si ceblog ne sert pas de site de recherche d’emplois.

En effet, le ministère de la fonction publique de Côte d’Ivoire vient d’ouvrir une session derecrutement qui aura lieu du 19 au 30 Mars 2012. Ingénieurs, Techniciens, ne ratez pas cette occasion de faire valoir votre potentiel. Ci-dessous une retranscription du communiqué.

COMMUNIQUÉ N°306 mfpra/cab/di du 16 Mars 2012
Sont ouvert au titre de l’année 2012, les concours de recrutement de 200 postes pour l’accès aux emplois d’informaticiens suivants :

  • Ingénieurs Informaticiens [42 postes]
  • Ingénieurs Réseaux et Télécom [14 postes]
  • Ingénieurs des Techniques Informatiques [30 postes]
  • Techniciens Supérieurs en Informatique [114 postes]

Les conditions suivantes sont à remplir :

  • Etre agé de 18 ans au moins et de 40 ans au plus au 31 Décembre 2011
  • Les inscriptions se font en ligne sur le site web du Ministère de la fonction Publique et de la Réforme Administrative (http://www.fonctionpublique.ci – espace concours).
  • Date début d’inscription : Lundi 19 Mars 2012
  • Date de fin d’inscription : Vendredi 30 Mars 2012

[Signé : Mr Gnamien Konan, Ministre de la fonction publique et de la Réforme Administrative de Côte d’Ivoire]
Si vous n’êtes pas concerné, n’hésitez pas à partager cet article pour en faire profiter un proche en recherche d’emploi.

 

 

18 recommandations à la diaspora qui souhaite entreprendre dans les technologies en Afrique

Si vous êtes africain de la diaspora, et que vous souhaitez entreprendre « au pays », je ne peux que vous encourager. Ayant moi même fais le pas, j’ai pu identifier des éléments qui favorisent le succès, ou du moins ceux qui diminuent les risques d’échec. Les recommandations que j’ai identifiées ci-dessous sont issues de mon expérience personnelle. Bien qu’elles ne soient pas exhaustives et universelles, je pense qu’elles constituent un bon point de départ.

De 2005 à 2008 j’ai travaillé en tant que développeur d’applications puis ingénieur d’études et développement sur les technologies Java/J2E liées au mobile et au Web. Cela m’a permis de connaître les domaines fonctionnels de la banque, de l’énergie et des médias. Par la suite, j’ai décidé de créer ma propre boite. J’ai toujours été entreprenant au collège, au lycée et pendant mes études universitaires. Mais jusque là il s’agissait d’actions associatives sans risque financier. Monter ma boite en France fût assez facile grâce à une formation délivrée par la chambre de commerce de Créteil. Mais lorsqu’il a fallu monter une entreprise en Côte d’Ivoire, j’ai dû surmonter de nombreux obstacles.

J’ai alors eu à passer ce que j’appelle mon « MBA Entrepeneuriat Technologique du Terrain pour l’Afrique« . En effet, je me suis toujours dit qu’il me faudrait au moins 3 ans pour mieux comprendre l’environnement dans lequel je souhaitais m’aventurer. Je suis ainsi parti sur la base selon laquelle aucune formation académique ne pourrait me faire atteindre cet objectif. J’ai donc fait la démarche en allant sur le « terrain ». Et au lieu de rester spectateur, j’ai lancé AllDenY puis l’Ong Akendewa. Je reviendrai sûrement sur ce parcours dans une autre série d’articles.

En Novembre 2007, je suis revenu pour la première fois en Cote d’Ivoire après 7 ans d’absence. J’y ai passé 3 semaines et je me suis dit qu’il y avait quelque chose à faire dans le domaine des technologies. L’année qui a suivi, sans grands moyens, j’ai décidé de créer une start-up en espérant faire des bénéfices assez rapidement. La première activité de cette boite était de mettre en place une équipe de développeurs pour mes clients se trouvant en Europe.

Ci-après une liste (non exhaustive) de points à prendre en compte pour éviter les erreurs que j’ai pu commettre :

Enregistrez-vous en entreprise individuelle

Vous pourriez vous installer en SARL pour avoir la crédibilité auprès des grands comptes locaux. Mais que vaudra cette crédibilité si aucune entrée d’argent ne se fait dans les premiers mois ? Si vous êtes entrepreneur, c’est que vous avez conscience que vous devez prendre des risques calculés. Croyez-moi, vous gagnerez à impliquer le minimum d’argent avant d’avoir une connaissance approfondie de l’environnement des affaires dans le pays que vous aurez choisi. Les taxes et autres impôts sont très élevés dans la plupart des pays (surtout en Afrique Francophone).

Dans le cas de la Côte d’Ivoire, par exemple, vous devriez débourser pas moins de 2.000.000frcfa (environ 3.000€) avant que votre entreprise ne puisse fonctionner dans les normes. Alors qu’avec une entreprise individuelle, vous ne dépenserez pas plus de 100€ (65.000frcfa) au cas où votre entreprise est créée en Côte d’Ivoire. Pour évitez les ennuis avec l’administration fiscale, effectuez les démarches nécessaires pour obtenir tout ce qu’il faut afin de pouvoir émettre des factures traçables. En Côte d’Ivoire, elles sont appelées « factures normalisées ».

Prenez du temps pour étudier votre secteur d’activité 

Vous ne pourrez pas juste exporter un concept occidental en Afrique et espérer qu’il ait du succès. Les habitudes des africains sont très différentes de ceux des occidentaux. Vous ne pourrez, par exemple, pas mettre en place un service payant fonctionnant à partir de la messagerie vocale pour les particuliers. Tout simplement parce qu’en Afrique, l’on n’utilise peu la messagerie vocale. Rare sont les africains qui activent leur messagerie vocale.

Votre solution technologique, aussi sophistiquée et fonctionnelle soit-elle, ne pourra rencontrer le succès si elle n’est pas en phase avec les besoins locaux. Vous avez toujours la possibilité de créer une nouvelle habitude. Mais vous conviendrez avec moi que le risque sera très élevé et il vous faudra dépenser beaucoup d’argent pour éduquer les utilisateurs.

Si votre activité implique des prestations de service pour des entreprises, je vous conseillerai de mettre en place plusieurs formulaires (avec chacun un spécimen rempli) qui aideront vos clients à soumettre clairement leurs attentes. La plupart des PME en Afrique ont un peu de mal à exprimer clairement leurs besoins technologiques. Contrairement à l’Europe ou l’Amérique, les responsables des entreprises n’ont pas forcément le minimum de connaissance des technologies afin de savoir ce qui leur faut.

L’un de nos clients nous a une fois demandé de lui trouver un Serveur dédié pour son seul site web. Après plusieurs échanges, je me suis rendu compte qu’il avait souhaité exécuter des commandes Unix sur le serveur mutualisé sur lequel se trouvait son site. Sauf que les accès qu’il avait ne lui donnaient pas le droit d’exécuter ces commandes. Le problème a été résolu en autorisant juste ces commandes pour ses accès. L’on aurait pu lui faire prendre ce serveur dédié et gagner une grosse commission au passage. Mais, le client en question serait alors face à de nombreux problèmes de sécurité nécessitant une compétence qu’il n’aurait pas pu se payer. Vous imaginez la suite de nos rapports dans ce cas-là ? Que dire de la mauvaise étiquette qui nous aurait été collée ?

En revenant au pays, n’hésitez pas à vous munir de votre matériel d’occasion reconditionné

Cela vous évitera d’être à la recherche de matériel, car sur place les prix sont très élevés et le choix en matière de matériel informatique peu étendu.
Par exemple, si vous avez besoin d’un type particulier d’imprimante, vous n’aurez pas forcément la chance d’en trouver au pays.
C’est aussi une occasion pour vous de faire des économies tout en acquérant du bon matériel. Sur place, ce sera trop tard car vous pouvez tomber sur du matériel comportant des vices cachés.

Il faut également savoir que les taxes sur le matériel informatique sont très élevées dans certains pays. Le Kenya reste une exception compte tenu de sa politique incitative. Par contre les pays comme la Côte d’Ivoire souhaitent faire rentrer de l’argent dans les caisses de l’Etat à travers ces taxes, ce qui a une grande influence sur les prix de plus en plus élevés. Cette situation risque de perdurer car l’État compte énormément sur les taxes douanières pour sa relance.

Sous-louez un bureau dans les locaux d’une entreprise déjà installée ou chez un particulier

Il y a pas mal d’entreprises et de particuliers qui ont de l’espace non exploité. Il faut savoir que si vous décidez de louer directement un bureau (la même chose s’applique pour les logements) vous aurez à payer pas moins de 5 mois de caution. Il n’y a pas de honte à être hébergé. Bien au contraire, cela vous donne le temps de vous organiser et de vous concentrer sur l’essentiel : le service que vous venez proposer.

Contrairement à l’Europe qui n’a pas vu passé son époque des « start-ups sorties du garage, comme les USA, l’Afrique a là son opportunité. En effet, comme au début des années 70 avec l’ordinateur personnel, et au milieu des années 90 pour l’Internet, cette deuxième décennie qui commence va voir naître des géants sortis de très bas. Au Kenya, c’est l’exemple de Ushahidi qui a été mis en place en 48h par David Kobia avant de devenir au fil du temps une grosse mine d’or.

Offrez-vous un traiteur pour vos repas et ceux de vos collaborateurs

Si vous êtes plus de 5 membres de l’entreprise, vous gagnerez à utiliser les services d’une personne, moyennant un petit intéressement, pour “faire le marché” et préparer vos repas. Gardez juste en tête que “faire le marché” implique des “retenus”. Il s’agit de la monnaie qui ne vous reviendra jamais. A vous de connaître le juste prix et d’évaluer les dépenses avec votre prestataire.

Par Wayan Vota

Ces services de traiteurs personnels sont de plus en plus répandus dans les capitales africaines. Je vous conseillerai de prendre le temps d’expliquer à vos collaborateurs leur bien-fondé. Faîtes-les participer au choix des plats à l’avance. Si vous arrivez à rendre le processus amusant, vos collaborateurs seront eux même très engagés. Certains n’hésiteront pas ramener des légumes et des fruits en guise de participation.

Évitez de signer des CDD ou CDI dans la première année

Au commencement, il est plus judicieux de prendre des collaborateurs en contrat freelance. Evitez donc de signer des CDD ou CDI à vos employés.
Attention, il n’est pas question de mettre des personnes dans une situation de précarité! Mais force est d’avouer que la conscience professionnelle n’est pas une chose qui est automatique dans nos pays. Du coup la plupart des gens l’apprennent seulement durant leurs premières années (d’embauche).

Il existe aussi un gros problème quant au respect (je dirai même “la compréhension”) des délais de livraison. Certaines personnes n’arrivent pas à comprendre que vous puissiez perdre un marché (que vous aviez déjà conclu) suite à des retards de livraison.

Mettez en place un budget transport

Vous éviterez ainsi d’entendre “chef je n’ai pas d’argent pour me rendre au travail”. L’idée ici est d’envoyer un signal à vos collaborateurs afin qu’ils comprennent l’importance de l’assiduité. Prenez le temps de « tracer » l’itinéraire de chacun de vos collaborateurs pour définir avec lui le meilleur trajet à utiliser. Pour être plus efficace, vous pouvez leur remettre à l’avance l’équivalent les frais de déplacement comptant pour une semaine.

Il existe aussi des transports en commun pour travailleurs. Renseignez-vous afin de souscrire des abonnements pour vos collaborateurs. Dans la mesure du possible, organiser le covoiturage dans votre entreprise. Encourager ceux qui acceptent de conduire les autres avec des bons pour leur carburant ainsi que divers petits cadeaux. C’est le geste qui compte. Le covoiturage a pour avantage d’améliorer l’esprit d’équipe que vous souhaitez voir régner dans votre entreprise.

Personnellement je n’hésite pas à ramener mes collaborateurs jusqu’à leurs domiciles. C’est l’occasion de discuter de choses de la vie afin de mieux se connaître. Mais attention à ne pas aller trop loin dans les rapports hors cadre du travail. Cela risque de se retourner contre vous. N’utiliser pas vos employés pour faire vos courses personnelles. C’est là qu’il faut ressortir les choses positives que vous avez apprises en occident. Vos employés ne sont pas vos domestiques ou vos assistants personnels à moins que vous n’embauchiez quelqu’un pour ces tâches particulières.

Utilisez des logiciels libres et gratuits

J’ai pu remarqué que même les plus grandes entreprises dans nos pays utilisent des versions piratées de Windows et d’autres logiciels pour lesquels ils ne veulent pas acheter la licence. Il vaut mieux éviter cela car si vos productions s’adressent aux marchés occidentaux, le problème d’acquisition de ces licences se posera. Si vous n’avez pas les moyens, utiliser les logiciels libres et gratuits. Un investissement en temps peut être nécessaire. Mais dans tous les cas vous économiserez. Si vous ne vous y connaissez pas, n’hésitez pas à vous renseigner et surtout à consacrer le premier mois de votre installation à la prise en main de ses outils.

De nombreuses écoles, dans nos pays, forment des techniciens capables de travailler sur les logiciels libres : voilà une opportunité à saisir. Je ne dis pas de mettre de coté les logiciels payants, mais comme l’indique le point qui suit, vous êtes finalement un modèle de leadership à travers votre entreprise. Et si vous n’avez pas les moyens de vous offrir un logiciel payant, il vaudrait mieux vous tourner vers des logiciels libres et gratuits.
Venu de la diaspora, vous ne devriez pas être la personne qui promeut les violations des droits d’auteur et de la propriété intellectuelle.

Gardez en tête que vous représentez un modèle de leadership

En tant qu’entrepreneur africain, vous devez gardez en tête que vous représenter un modèle de leadership.Les africains commencent peu à peu à s’intéresser aux formes de leadership autres que celles de la politique. Vous avez donc la responsabilité de véhiculer des valeurs morales sur lesquelles vos suivants devront s’appuyer.

Personnellement je me suis lancé dans une aventure communautaire en parallèle avec mon activité professionnelle à Abidjan. Avec 10 entrepreneurs locaux, nous avons donc mis en place Akendewa pour « émuler l’industrie de l’Internet et du mobile en Afrique ». Ce qui au départ n’était qu’une simple organisation pour passionnés des technologies, est devenu une véritable plateforme qui permet à ces acteurs d’agir dans tous les domaines de la vie en Afrique. Nous avons ainsi pu sauver des vies grâce au projet #civSocial et n’arrêtons pas d’encourager les initiatives technologiques des entreprises et des individus. Vous avez la possibilité de rejoindre un tel mouvement car il en existe dans chaque pays Africain.

A moins d’avoir beaucoup d’énergie et un plan sur plusieurs années, je ne vous conseillerai pas de créer une association ou un club supplémentaire dans le pays que vous aurez choisi. Vous aurez juste à intégrer un déjà existant et à lancer des initiatives sous son couvert. Si vous n’en trouvez pas qui vous corresponde, alors vous pouvez aisément lancer votre propre association /organisation/club. Mais dès lors que vous êtes lancé, accepter de répondre aux préoccupations de chacune des personnes qui s’intéressent à vos initiatives. C’est parmi ces personnes là que se trouvent celles qui porteront vos projets.

Un matin de septembre 2010, j’ai reçu un message d’un certain Cyriac Gbogou. Il souhaitait m’encourager pour Akendewa et pour Yefite!, le guide Communautaire des bons endroits africains que nous avons ouvert chez AllDenY. La vérité c’est qu’il suivait nos activités en ligne depuis un moment et venait de décider de se joindre à nous. Après plusieurs échanges sur Facebook, il a commencé à travailler pour akendewa sans avoir rencontré un seul de ses membres fondateurs. Quelques mois plus tard, tout ceux qui connaissent Akendewa, savent qui est Cyriac tant il s’est approprié la mission et la vision de l’organisation.

Faites très attention à l’espionnage

Prenez des précautions vis-à-vis de ce que vous réalisez. Une pratique courante est que des personnes se font embaucher juste pour savoir ce que vous faites afin de vous copier : en gros c’est de l’espionnage. Protégez-vous de vos collaborateurs en leur donnant accès, uniquement, aux informations dont ils ont besoin pour travailler.

L’art de savoir déléguer est certes l’une des choses les plus importantes que l’entrepreneur doit cultiver, mais si vous créer des logiciels ou des applications, je vous conseillerai par exemple d’écrire vos premiers programmes vous même puis de mettre en place une API que vos collaborateurs pourront étendre. Et avec le temps, vous pourrez identifier des collaborateurs disposés à aller loin avec vous. À ces derniers, vous pourrez ouvrir peu à peu vos portes secrètes.

Dans tous les cas, il faudra que vous mettiez à disposition tout ce qu’il faut pour que vos collaborateurs puissent avancer dans leur travail. Ce n’est pas le lieu de faire de la rétention d’information. Vous en sortirez perdant.

Ne retournez pas dans votre pays d’origine

J’imagine que vous n’êtes pas tout à fait d’accord avec cette première recommandation. Moi non plus. La vérité c’est que vous avez plus de chance de réussir dans un pays autre que le votre. Cela ne vous empêche pas de choisir votre pays d’origine comme destination pour votre aventure entrepreneuriale.
Lorsque vous retournez dans votre pays d’origine, la famille et les amis sont très contents de vous revoir. Sans le vouloir, ils peuvent constituer une distraction vis-à-vis de vos objectifs. Vous risquez donc de perdre du temps à vouloir les satisfaire en même temps que vous essayerez de faire fonctionner l’entreprise que vous venez de créer.

Et qu’on ne se le cache pas, en Afrique l’on considère souvent que l’entrepreneur est un chef d’entreprise. Implicitement un chef d’entreprise est sensé avoir un certain pouvoir financier. Par conséquent, l’on estimera que vous détenez ce pouvoir. Aussi, vous aurez beaucoup de difficultés à expliquer que vous êtes dans une dynamique de création de valeur et de richesse plus que de dépenses.

Personnellement j’ai eu des soucis avec certains membres de ma famille qui n’acceptaient pas le fait que je ne leur consacre pas une journée de visite alors qu’ils me voyaient « passer à la télé locale pour parler d’informatique ». Dans la mesure du possible, j’essaie de rencontrer le maximum de personnes. Mais si, comme moi, vous avez une très large famille, vous risquez de perdre beaucoup de temps. Le mieux étant de programmer ces visites lorsque vous venez pour des vacances.

Il y a des pays en Afrique, dans lesquels le secteur des technologies de l’information est plus dynamique que dans d’autres. Lorsque j’analyse les évolutions de ce secteur ainsi que les plans des différents Etats vis-à-vis de l’industrie des technologies, il est clair que certains pays ont déjà un cadre propice pour les start-ups. Si vous n’avez pas beaucoup d’argent pour démarrer, je vous recommanderai de vous diriger vers ces pays auxquels je consacrerai prochainement un article de la série « La diaspora face à l’écosystème des Tic en Afrique ».

Ne faites JAMAIS d’accords verbaux

Tant avec vos collaborateurs qu’avec d’éventuels partenaires ou clients locaux. L’amnésie volontaire est pratique courante. Garder une trace des accords que vous passez avec les uns et les autres est important. Cela vous évitera bien des déboires.

Lorsque vous présenterez des accords écrits à vos collaborateurs ou à vos partenaires, ils se rendront compte de l’importance que vous accordez à ces accords. Cette démarche qui témoigne de votre engagement ferme, obligera le collaborateur à remplir sa part du contrat avec sérieux. Au premier abord, si vous laissez une certaine liberté à vos collaborateurs, vous aurez l’impression qu’ils ne sont pas engagés. Mais si vous prenez le temps de « rendre officiel » vos accords par l’écrit, vous serrez vous-même surpris par la montée de leur productivité. Il ne s’agit pas de les exploiter. Par exemple, il règne une telle chaleur dans la plupart des pays d’Afrique, qu’il serait maladroit d’obliger vos collaborateurs à prendre des pauses-déjeuner de moins d’une heure.

N’hésitez pas à vous procurer le code du travail du pays que vous aurez choisi. Contrairement à ce que peuvent croire certains, l’administration juridique dans la plupart des pays africains est très réactive lorsqu’il s’agit de non respect d’engagements contractuels dans le cadre professionnel.
Il vous faudra bénéficier des services d’un conseiller juridique, dans le cadre de vos recours.

Gardez les plans de vos projets secrets

Ne donnez jamais les plans de vos projets à qui que ce soit sous prétexte qu’il va vous trouver des marchés locaux ou des partenaires internationaux.
Gardez secret les détails d’implémentation de vos projets. Pensez à rédiger des présentations et des fiches-projets assez explicites mais qui n’exposent pas ces détails.

Certains n’auront aucun scrupule à utiliser vos documents comme s’ils en étaient les auteurs. Et lorsque le mal sera fait, vous n’aurez pas de réelles possibilités pour en réclamer la propriété.

J’ai encore en souvenir un évènement malheureux rencontré par un entrepreneur Suisse d’origine ivoirienne. Ce monsieur a mis au point un ordinateur et un système d’exploitation basé sous Unix (la même base logiciel que Linux et mac OS ). Je m’étais entretenu avec lui en Août 2009 à Abidjan. Et lors de d’une présentation de son produit à l’hôtel Ivoire d’Abidjan, il s’est fait voler l’un de ces trois prototypes qui étaient pourtant surveiller par les forces de l’ordre.

Séparez-vous des mauvais collaborateurs

Sans hésitation et pour la survie de votre aventure entrepreunariale, séparez-vous des collaborateurs qui ne respectent pas les horaires de travail, les délais, les règles que vous aurez établies. L’indulgence peut vous perdre lorsqu’il s’agit d’incompétence. A moins que vous ayez un budget conséquent pour la formation technique de vos collaborateurs, je vous suggère de ne pas perdre de temps avec les collaborateurs qui ne font pas le poids.

Les technologies représentent un secteur de compétitivité universelle. Même si vous êtes en Afrique, sachez que vos concurrents peuvent être européens, américains ou indiens. Je connais quelques entreprises européennes qui créent des applications pour les africains. Et venant de la diaspora, vous savez aussi bien que moi que les techniciens européens « font attention aux détails ».

Même si vous réaliser des solutions simples, faites en sorte d’éviter de passer du temps pour du support. Pour cela, engagez-vous avec des collaborateurs qui ont compris l’importance du travail bien fait. Ces derniers devront prendre le soin de documenter aussi largement que possible l’ensemble des réalisations qu’ils auront à accomplir.

Ne revenez pas vous installer « au pays »

En tout cas pas dans la première année. Cela peut paraître contraire à l’esprit avec lequel je promeus l’entrepreneuriat en Afrique. Mais, il vaut mieux être franc. L’Afrique est un continent merveilleux. Mais quelqu’un qui l’a quitté depuis plusieurs années, a forcément subit une modification dans sa manière de comprendre les choses du continent. Je ne dis pas qu’il a tout oublié, mais plusieurs années dans un nouvel environnement « change son homme ».

Pour éviter les désillusions, les entrepreneurs de la diaspora doivent prendre le temps de redécouvrir l’Afrique. Personnellement j’ai commencé par des séjours de 3 à 4 semaines par an. 4 ans plus tard, les semaines sont devenues des mois. Vous prendrez ainsi le temps de vous faire de vrais contacts et comprendre ce qui marche. Et le plus important, vous apprendrez aussi « les nouveaux besoins des africains ». Ce sont à ces nouveaux besoins que vous devriez apporter une solution via votre entreprise. Une fois que vous aurez toute cette connaissance, vous pourriez vous même juger de l’intérêt de votre retour définitif au pays.

Restez humble et respectueux mais pas soumis

Vous remarquerez que certaines personnes essayeront de vous cataloguer comme étant leur « petit(e) » et qu’en retour, elles souhaiteront que vous les appeliez « grand Frère » ou « grande soeur ». Ne laissez pas ces choses influer sur votre fermeté face à des décisions.

Tant que possible cherchez à équilibrer les rapports que vous aurez avec les gens. N’hésitez pas à donner en retour lorsque l’on vous rend service. L’on peut bien vous faire croire que l’aide qu’on vous apporte est gratuit. Mais en tant qu’entrepreneur, vous savez très bien que rien n’est gratuit. Aussi, dire « non », ne vous fera jamais perdre des amis ou des personnes qui ont du respect pour vous. Bien au contraire, lorsque quelqu’un s’éloignera de vous parce que vous lui auriez dit « non », vous vous serez séparé d’une personne qui aurait pu ralentir votre progression ou réduire votre professionnalisme.

Tenez un blog

Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, l’Afrique a besoin de vous en tant que producteur de contenu. Les différents segments de l’industrie des technologies en Afrique sont très peu documentés. Difficile de savoir ce qui s’y passe. En tenant un blog, vous fournirez des informations très utiles pour les internautes. Qu’est ce que vous y gagnez ? Et bien tout ! Car vous avez une opportunité de vous positionner en tant qu’expert du segment que vous aurez choisi. Et vous êtes d’accord avec moi qu’un entrepreneur qui connaît les subtilités de son secteur a une avance significative sur ses (futurs) concurrents.

Prenez le temps (25 à 40 minutes par jour) d’écrire sur tout ce qui vous arrive. Au bout de quelques mois, vous verrez que vous aurez constitué une base de connaissance à valeur ajoutée.

Personnellement, il y a 2ans, j’ai réorienté mon site personnel (celui-ci) en blog pour partager mon aventure entrepreneuriale avec les internautes. Cela m’a permis d’avoir des contacts à travers toute l’Afrique. Et quand je dis toute l’Afrique, je parle aussi de la partie anglophone. Même si mon blog est en Français (j’ai pourtant essayé de publier en anglais pendant plusieurs mois) de nombreux observateurs et entrepreneur d’Afrique anglophone lise mes publications en utilisant l’outil de traduction de Google. Certains m’ont même fait savoir qu’il leur est arrivé de traduire certains de mes tweets. Il s’agit bien entendu de mes publications concernant les technologies en Afrique et de mes initiatives. La résultante de cet intérêt, est que je suis désormais l’un des intervenants de la série de conférence Mobile Web Africa qui reste l’évènement mobile le plus important sur le continent. C’est pour moi une occasion de faire connaître ce que nous faisons.

Entreprenez dans les technologies mobiles

Je vous donne RDV dans le prochain article de la série « La diaspora face à l’écosystème des Tic en Afrique », dans lequel je parlerai des opportunités offertes par l’environnement technologique du mobile en Afrique. J’en profiterai pour faire un tour d’horizon sur les spécificités de ce qui est la plus grande industrie technologique d’Afrique. Ce sera aussi l’occasion de vous parler des choses qui se font au Kenya, au Nigeria, en Afrique du Sud et dans certains pays d’Afrique francophone.

 

Pour conclure

L’Afrique est un terrain qui peut paraître difficile pour les entrepreneurs. Mais, c’est pourtant un endroit où le ROI (Return On Investment = « Retour Sur Investissement ») est largement reste très élevé comparé à la plupart des autres régions du monde. Tout est dans la manière dont vous allez acquerir la confiance des opérateurs et aussi votre capacité d’adaptation aux habitudes des personnes.

Comme je le disais au début de ce post, il existe sûrement de nombreuses recommandations que l’on pourrait faire. Je serai ravi de lire les vôtres. N’hésitez donc pas à commenter ce post avec vos recommandations ou suggestions aux personnes de la diaspora qui souhaitent revenir au pays pour entreprendre.

Merci à Melissa Jhonson qui a pris le temps de relire et corriger cet article. Vous pouvez suivre son « regard sur le monde, l’Afrique et … » sur son blog http://famchocolat.wordpress.com/