En Afrique, l’opportunité est souvent trop belle pour l’entrepreneur

L’Afrique est le continent de tous les espoirs pour de nombreux entrepreneurs, porteurs de projets et hommes/femmes d’affaires. La jeunesse de la population, l’abondance des ressources et le nombre encore très faible des solutions aux problèmes des africains concourent à offrir de très belles opportunités aux  entrepreneurs.

Disons que depuis quelques mois (ou années) vous avez travaillé jour et nuit dans le sens de la réalisation de votre plus gros projet. Vous avez démontré au monde et à votre entourage que vous êtes déterminé à réussir ce que vous avez entamé. Vous avez même réussi à mettre en place des routines et des mécanismes qui vous permettent de générer des revenus. Vous êtes de plus en plus cité comme un modèle par les médias, sur les réseaux sociaux, … Et bien, bravo !

Votre détermination et votre dévotion à votre projet/cause sont si remarquables qu’il ne se passe pas un jour sans que vous ne recevez des félicitations et encouragement de la part de proches, de compétiteurs, de clients, de fournisseurs, …
Et bien à ce stade vous constaterez que vous recevrez aussi de plus en plus de propositions. Ce sont des opportunités qui sembles tellement intéressantes que vous êtes tenté de les accepter à la chaîne.

STOP !

Faites une pause. En tant qu’entrepreneur, vous devez revenir sur terre et prendre en compte ce qui suit. De nombreux articles de blogs et  livres vous parleront surement de ce que je m’apprête à dire. La différence est que j’ai décidé d’aborder ce sujet en me basant sur mon expérience personnelle et sur ce que j’observe chez les jeunes entrepreneurs africains que je côtoie au quotidien. Pour la plupart, ils sont tous sur la voie de la réussite et sont très actifs dans leurs communautés. Jamais l’Afrique n’a connu un si grand nombre de jeunes entrepreneurs et qui de plus sont pour la plupart très engagés.

Jean-Patrick EHOUMAN partage son expérience avec des jeunes entrepreneurs ivoiriens lors d'un atelier à la BAD.
Partage de mon expérience avec des jeunes entrepreneurs ivoiriens lors d’un atelier d’échange sur l’employabilité des jeunes africains au siège de la Banque Africaine de Développement [Crédits Photo : Tosh JUMA ]
LA VOIE DE LA RÉUSSITE

L’un des signes qui indiquent que vous êtes sur la voie de la réussite c’est le nombre important d’opportunités qui se présentent de plus en plus à vous. Et pourtant lorsque vous êtes sur cette voie de la réussite, la vérité est que vous êtes toujours très loin de cette réussite-là-même. Vous avez donc intérêt à ne pas vous dissiper.

Le chemin est souvent long avant de toucher le « jackpot » ou de célébrer votre première première vente. Mais le fait-même que vous ayez emprunté ce chemin fait de vous, quelqu’un de différent, quelqu’un que l’on remarque. Mais sur ce chemin, vous seul savez à quel point l’issu est incertain. Vous faites tout pour rester toujours concentrer sur l’objectif en vous assurant d’abattre le travail quotidien requis pour atteindre cet objectif. Personne ne sait que vous faites à un adversaire qui n’a pas de forme : Le doute. Au contraire, mon démontré que vous êtes épaulé par un allié de grande envergure : La confiance.

Rester concentré et sûr de vous-même est très déterminant pour votre réussite. Sinon vous paierez très cher le prix de l’échec. Même si pour l’entrepreneur, l’échec ne doit pas être une fatalité, il vaut mieux échouer assez tôt que de s’arrêter après plusieurs mois de travail acharné. De plus en Afrique, dans bien d’environnements, l’échec est sensé « faire honte ».

CES OPPORTUNITÉS SONT-ELLES VRAIMENT POUR VOUS ?

Ces opportunités à ne pas en finir et qui semblent correspondre à des choses susceptibles de vous aider dans la réalisation de votre projet, ne sont pour la plupart que des éléments perturbateurs qui finalement vous éloigneront de votre objectif et des actions à mener pour l’atteindre si vous leur accordez une trop grande place dans votre agenda. Aussi belles qu’elles puissent paraître, ces opportunités n’existent que pour vous perturber et vous empêcher de vous concentrer sur l’essentiel : Votre plan initial.

Bien souvent, la personne ou l’entité qui vient vers vous avec ses propositions ne sait pas vraiment la vision que vous avez. Pire, elle n’a aucune idée des réels sacrifices que vous faites pour avancer ainsi que les difficultés que vous rencontrez au quotidien.

Votre optimisme et votre sérénité avec lesquels vous progressez portent à croire que tout est facile pour vous. Vous représentez pour ces personnes, une ressource fiable dans la réalisation de leur propre projet. C’est la raison pour laquelle elles viennent vers vous. Sans être forcément explicites, elles souhaitent ajouter de la valeur à leur propre projet en s’appuyant sur votre image, votre expertise, votre carnet d’adresse, … En soit, il n’y a pas de mal que les autres soient attirer par ces choses que vous pouvez leur apporter. Ne dit-on pas que « Mieux vaut faire envie que faire pitié. » ?

Pour ces personnes, la valeur que l’opportunité engendrera pour elles-mêmes ou leurs projets, est beaucoup plus importante que ce que vous-même pourrez éventuellement en tirer. D’ailleurs elles estiment que vous avez déjà ce que vous recherchez dans la vie. Pour vous, agir dans le sens de favoriser l’avancée des autres n’est pas prenant et ne vous demande pas d’effort. Normal ! c’est vous qu’on voit dans les journaux, à la télé, … En gros, vous n’êtes pas dans le besoin, mais plutôt tellement à l’aise dans votre progression que vous pouvez accorder du temps à un autre projet rien que pour faciliter la vie des autres.

IL N’Y A QUE VOUS QUI SAVEZ CE QUI EST BIEN POUR VOUS

Vous êtes peut être un étudiant sans source de revenu fiable, quelqu’un ayant perdu son dernier emploi depuis plusieurs mois, une mère célibataire avec à votre charge un ou plusieurs enfants, ou encore avez un compte en banque bloqué par les autorités fiscales ou judiciaires. Mais vous êtes assez courageu(x/se) et professionnel(le) pour ne pas exposer ces difficultés à votre environnement de travail. Pour vous ce qui compte c’est le projet pour lequel vous êtes dévoué. Et rien ne doit vous perturber dans votre progression. Pas même la situation de précarité dans laquelle vous vous retrouvez par moment (ou depuis un moment).

FAIRE LA DIFFERENCE

Il y a tout de même la possibilité de faire le distinguo entre réelles opportunités et sollicitation perturbatrices. Je suis convaincu qu’il n’y a pas une seule manière de procéder pour arriver à faire le bon choix. Je vais donc partager avec vous la méthode que j’utilise pour faire la différence entre une réelle opportunité et une proposition qui pourrait m’éloigner de ma mission.

Je ne pense pas être la personne à qui l’on propose le plus d’opportunité dans mon environnement, mais quelques uns de mes accomplissements ainsi que ceux d’Akendewa (c’est l’occasion pour moi de faire un clein d’oeil à tous mes collaborateurs et bénévoles d’Akendewa) font que je reçois de plus en plus de sollicitation pour collaboration.

patricia zoundi
Patricia Zoundi, Prix de l’Excellence de la République de Côte d’Ivoire, catégorie « Jeunes Entrepreneurs »

Par exemple en 2013 un passage à l’émission « Plus d’Afrique » de la chaine Française à fait que j’ai reçu des centaines de messages via facebook et par email. La plupart n’ont pas forcément aboutit à des collaborations ou des partenariats. Par contre, le Prix Tremplin de l’UNESCO-CEPS pour l’Entreprenariat des Jeunes et la Culture de la Paix que j’ai reçu en 2013 a été déterminant pour ma sélection au programme Mandela Washington Fellowship YALI 2014. Et ma participation au programme Mandela Washington Fellowship YALI en 2014 est par exemple à la base de plusieurs conférences que j’ai pu délivré dans différents pays africains. J’ai bien d’autres exemple me concernant, mais aussi des exemples relatifs à des confrères(soeurs) entrepreneurs ivoiriens ou africains. Je pense par exemple à Patricia Zoundi-Yao qui a été « Prix National d’Excellence de la Présidence de la République de Côte d’Ivoire » dans la catégorie « Entreprenariat Jeune » en 2014. Et aussi « Chevalier de l’ordre national et du mérite burkinabé en 2014 ». Je suis très fier de Patricia, et je ne cesse de la présenter en exemple à toutes les jeunes filles africaines qui veulent entreprendre. D’ailleurs je lui ai proposé d’être l’une des mentors de Founder Institute Abidjan. Opportunité qu’elle a saisi sans hésiter.

Ok, Je vous parlerai de Patricia, de founder Institute et d’autres confrères dans un prochain post. Place à ces fameuses recommandations que je souhaite vous faire, afin d’avoir un maximum d’éléments qui vous facilite la prise de décision lorsque vous êtes face à des propositions/opportunités.

MES RECOMMANDATIONS

Face à ce flux d’opportunité voici les recommandations que je vous fais :

  1. Vérifiez que vous avez écrit dans un document, le plan stratégique correspondant à votre projet et même à votre carrière d’entrepreneur. Si vous ne l’avez jamais fait, aujourd’hui est surement le meilleur jour pour le faire. N’attendez pas demain. Trouvez du temps pour le faire avant que la journée ne se termine. Nombreux sont les entrepreneurs qui négligent ce type de document. Or, une fois que vous avez mis en place votre Business Model et éventuellement votre Business Plan, il est très important d’avoir une véritable feuille de route avec des éléments chiffrés qui vous sert de pilier dans votre progression.
  2. Relisez ce plan chaque semaine afin de l’étoffer et l’optimiser en fonction des avancées que vous faites. Même s’il est intéressant de « pivoter » lorsque ça coince, attention à ne pas finalement vous retrouver avec un nouveau plan stratégique chaque semaine. N’hésitez donc pas à vous créer une alerte dans votre agenda électronique ou via Google Calendar ou encore un papier bien visible coller au mur ou à la porte de votre bureau et qui vous rappellerait que vous devez lire ce plan. L’idéal serait même que durant la semaine vous relisez rapidement certains points tels que : la Mission, la Vision et les Objectifs à long terme.
  3. Chaque fois qu’une opportunité se présente à vous, demandez quelques jours/heures de réflexion à votre potentiel partenaire avant de vous engager ou de non. Si l’on veut vous faire bénéficier d’une opportunité, je doute fort que l’on vous oblige à donner votre accord le jour (ou à au moment même) même ou l’on vous l’expose. Si c’est le cas, je vous recommande de fuir ce type d’opportunité. Vous devez toujours montrer à vos partenaires que vous avancez selon un plan bien précis et que chaque collaboration dans laquelle vous entrez doit être en accord avec ce plan.
  4. A tête reposée prenez le temps de confronter l’opportunité à votre plan stratégique. Disons par exemple que votre projet est de créer une école. Si vous recevez une proposition de devenir Directeur des études (avec salaire alléchant) d’une école éventuellement concurrente, demandez-vous ceci : « en quoi passez les 12 prochains mois de votre vie à travailler pour mon concurrent m’aidera à mieux lancer mon école ? ». Dans l’exercice de cette fonction ne serrez-vous pas emmener à exposer certains éléments de votre propre plan stratégique ? ou peut-être ce poste vous permettra de maîtriser le fonctionnement de votre futur école. Aurez-vous assez de temps pour continuer à travailler sur votre projet ? Autant de question que vous devez mettre à l’écrit avant de décrocher le téléphone pour rappeler la personne qui vous a fait la proposition.
  5. Rappelez la personnes qui vous a exposé cette opportunité et prenez le temps de lui donner deux ou trois raisons qui auraient motivé votre décision finale. Il n’est pas question de ne pas recontacter cette personne juste parce que vous ne souhaitez pas vous engager. Votre image en dépend, car aux yeux de cette personne, cette démarche ne fera que rajouter de valeur à votre personnalité.

EN AFRIQUE POUR L’INSTANT TOUT LE MONDE CHERCHE LE BON FILON

Vous et moi savons que l’Afrique est un continent prometteur sur lequel presque tout est à faire. C’est aussi un endroit ou la plupart des jeunes entrepreneurs ne sont pas encore entrés dans ce que je pourrais appeler « l’arène du business du village mondial ».

En gros, pour l’instant la plupart des initiatives et projets entrepreneuriaux sont pilotés par des personnes pleines d’envie mais qui souvent manquent d’expérience à la hauteur de ce qu’elles souhaitent réaliser. Donc beaucoup d’entrepreneurs amateurs (dans la démarche) ou dont l’éthique et la manière de travailler ne sont pas forcement les meilleures cartes qu’elle ont à mettre sur la table lorsqu’ils vous proposent une collaboration. Ceci n’est pas spécifique à l’Afrique en tant que tel. C’est plutôt lié au fait que beaucoup de choses sont nouvelles pour la plupart des gens.

A coté de cela, vous avez un grand nombre d’opportunités provenant de personnes (physiques et morales) qui sont dans le monde des affaires depuis plusieurs années. Les dernières évolutions des différents écosystèmes leur ont fait perdre un peu de leur dynamisme tout en fragilisant leurs chiffres d’affaires.

Pour ces personnes, les jeunes entrepreneurs qui font preuve de dynamisme même lorsqu’ils ne sont pas encore entré en phase de rentabilité ou même de mise sur le marché de leur produit/service, représentent finalement de la ressource humaine capable de rehausser leurs business qui avaient commencé à prendre du plomb dans l’aile. Leurs propositions ne sont pas toujours très claires et vous pouvez être souvent tentez de les suivre en vous basant uniquement sur cette image ancienne de champions de leur domaine que vous avez d’eux.

Si votre projet est donc quelques chose que vous souhaitez faire vivre au delà de votre cercle d’amis, de votre ville ou de votre pays, il est très important d’avoir une démarche très professionnelle qui sera aussi l’un des piliers de la marque que vous souhaitez faire naître.

LA RÉELLE OPPORTUNITÉ C’EST VOUS-MÊME

Lorsque l’on vient vers vous avec une opportunité, il y a une chose d’inévitable qui se produit. Que vous soyez débutant ou quelqu’un ayant déjà fait ses preuves, vous vous sentez toujours un petit (beaucoup, pour certains) peu « flatté » que l’on ait pensé à vous. Et souvent ce sentiment peut très facilement l’emporter sur votre capacité à discerner ce qui peut vous aider de ce qui peut vous faire perdre du temps. Il faut donc beaucoup de lucidité pour arriver à dire « non » à toutes ces pseudo belles opportunités qui pourraient se présenter à vous.

Les opportunités, il y en aura toujours, et des surprises agréables sur lesquelles vous pourrez vous appuyer pour développer votre activité ou mieux exprimer votre leadership, il y en aura de plus en plus au fur et à mesure que vous avancerez. Or ce qui vous fait avancer, c’est votre aptitude à poser des actes dans le sens de ce que vous avez défini au préalable.

Que ce soit votre projet en lui même ou les actions planifiées pour atteindre une audience toujours plus grande, gardez à l’esprit que l’on vient toujours vers vous parce que vous avez démontré une cohérence et un minimum de structuration dans votre progression. C’est finalement vous qui ête l’opportunité ! Ne laissez pas une pseudo belle opportunité dénaturer cette image que vous renvoyez aux autres.

POUR CONCLURE

Enfin, il faut comprendre que très peu d’opportunités sont bonnes pour vous. Si vous avez une vision claire et un plan stratégique fluide et explicite, vous n’aurez pas de mal à faire la différence entre les réelles opportunités et les sollicitations qui finalement joueraient contre vous.

Si vous avez lu cet article jusqu’à la fin, c’est que vous avez surement une initiative ou un projet qui fait que l’on vous propose souvent des opportunités. Je suis intéressé de discuter des choix que vous devez faire pour cette nouvelle année 2016 face à d’éventuelles opportunités. Je vous propose donc d’ouvrir la conversation en exposant ces opportunités ici en commentaire ou par email si vous souhaitez garder votre anonymat vis-à-vis des autres lecteurs.

Et même si vous ne vous écroulez pas sous un grand nombre d’opportunité, c’est toujours intéressant de savoir ce que vous pensez de ce sujet.

[Merci à Tosh JUMA pour cette très belle photo de moi qu’il a prise lors de cet atelier au siège de la BAD à Abidjan]

Accélérateurs, Incubateurs, Tech Hubs : qu’est ce que les entrepreneurs africains en attendent

12120008_880798995339104_1545780717042919483_oLes mots (ou concepts) ACCELERATEURs, INCUBATEURs, TECH HUBs, sont dans tous les discours depuis quelques mois.

Que ce soit les hommes/femmes politiques, les entrepreneurs ou même les jeunes et les journalistes, ces mots sont utilisés en longueur de journée pour illustrer une certaine révolution dans le monde de l’emploi et des startups.

Pour les uns, ces concepts servent à agrémenté les discours de prévisions irréalistes de création d’emploi, pour d’autre voici encore une nouvelle source d’espoir dans des environnement hostile à la création de valeur de la part de ceux qui sont au plus bas de l’échelle, et pour d’autre encore, il s’agit d’une matière à buzz pour attirer encore plus de lecteurs.
Mais au fond, savons-nous réellement ce que ces mots/concepts impliquent ?
Avons-nous pris le temps de les implémenter correctement ?

Sinon, les entrepreneurs et porteurs de projets africains, puisque c’est d’eux qu’ils s’agit, qu’est ce qu’ils en attendent ? qu’est ce qu’ils penses de ces concepts ?
Rejoins-nous pour donner ton opinion et écouter celles d’experts, de membres de l’administration, de jeunes porteurs de projets et des journalistes/blogeurs, ce Mercredi 21 Octobre à 18h (l’heure c’est l’heure) au siège d’ Akendewa. Continuer la lecture de Accélérateurs, Incubateurs, Tech Hubs : qu’est ce que les entrepreneurs africains en attendent

Le Samsung Galaxy S5 lancé à Abidjan, mais pour qui ?

L’un des freins de la « digitalisation » de l’Afrique, reste le cout d’acquisition des appareils par les africains. Des marques telles que Samsung et ces concurrents venus principalement d’Asie travaillent tout de même à offrir des appareils correspondants aux bourses des populations de ce continent.

Mais quand vient le moment du lancement d’un appareil tel que le Samsung Galaxy S5, dans un pays Africain, peut-on attendre des africains qu’ils fassent de longs rangs, commencés la veille de la cérémonie, dans le but de faire partie des premiers à posséder ce fameux smartphone ?

Samsung GALAXY S5

A environ 420 000frcfa l’unité, le Samsung Galaxy S5 ne peut vraiment générer une telle affluence contrairement à ce que l’on a l’habitude de voir dans les pays occidentaux. Mais, …. Et je dis bien « mais », cela ne signifie pas pour autant que les africains ne sont pas intéressés par ces innovations. Bien au contraire, il suffit de voir le monde qu’il y avait au « café de Rome » d’Abidjan ce 25 Avril 2014 lors de la cérémonie de lancement national du nouveau smartphone de Samsung pour s’en rendre compte.

Lors de cette cérémonie, visiblement la démonstration de l’étanchéité de Galaxy S5 en a bluffé plus d’un. Aussi, l’on a pu découvrir que Samsung Côte d’Ivoire  et ses distributeurs travaillent à faciliter l’acquisition de ce bijoux technologique par les africains. En effet, pour ce Galaxy S5, il est possible de l’acquérir à crédit avec un remboursement d’environ 40 500frcfa/mois. Rdv dans quelques mois pour voir si cette mesure incitative a rencontré l’adhésion des consommateurs ivoiriens.

Avec notre équipe de Techmissus, nous sommes en attente d’un spécimen pour pratiquer des tests approfondis. Nous vous en dirons dès nouvelles dès que ce sera fait.

Enfin, le Samsung Galaxy S5, encore un excellent smartphone,  mais tout de même loin des bourses des africains (classe moyenne y compris).

 

Pourquoi je suis retourné « au pays » pour entreprendre [1/2]

Si vous êtes africain de la diaspora, et que vous souhaitez entreprendre “AU PAYS”, je ne peux que vous y encourager. En Afrique, il y a tellement de choses à « Faire » que les opportunités pour entreprendre ne manquent pas. Mieux, dans bien de domaines la compétition reste tellement faible qu’avec un minimum d’audace et de sérieux, vous avez toutes les chances de réussir. Réussir oui, mais à condition de comprendre et maîtriser l’environnement dans lequel vous évoluez.

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Ayant moi même entrepris en Côte d’Ivoire, j’ai pu identifier certains des éléments qui favorisent le succès, et ceux qui risquent de diminuer vos chances de réussite. Ces choses que j’ai identifié à partir de mon expérience personnelle, je souhaite les partager avec vous sous forme de recommandations. Bien qu’elles ne soient pas dans l’absolu, exhaustives et applicables à tout le monde et dans tous les pays, je pense qu’elles constituent un bon point de départ.

De 2005 à 2008 j’ai travaillé en tant que développeur d’applications puis ingénieur d’études et développement sur les technologies Java/J2E liées au mobile et au Web. En gros dans le monde de l’édition de logiciel. Cela m’a permis de découvrir et de maîtriser (pour certains) les domaines fonctionnels des Télécoms, de la banque-finance, de l’énergie, du transport et des médias. Après ces 3 années, j’ai décidé de créer ma propre boite.

Plus jeune, j’étais plutôt entreprenant. J’ai commencé certaines choses à l’école primaire, au collège, au lycée et pendant mes études universitaires. Mais jusque là, il s’agissait d’initiatives sans risque financier ou d’actions bénévoles dans le monde associatif. Donc rien qui ait pu faire de moi un entrepreneur. D’ailleurs durant toutes ces années, je rêvais de devenir « Mathématicien » ou encore « Medecin ».

Je trouvais (et aujourd’hui encore) à ces métiers une certaine noblesse et une capacité à « apporter de la valeur dans la vie des autres ». J’étais fasciné par les expériences de Sigmund Freud et les recherches des grands prix de Mathématiques et de physiques, qui grâce à eux l’on arrivait à résoudre de nombreux problèmes du quotidien. Peut être avais-je été complètement absorbé par cette série d’encyclopédies que m’avait offertes ma mère. Ces 5 gros livres verts traitaient des travaux de mathématiciens, philosophes et physiciens. Mais à l’époque, je ne pensais pas un seul instant que ces livres avaient une influence sur moi, tant je m’en détachais après mes petites séances de lecture.

Monter ma boite en région Parisienne fût assez facile grâce à une formation délivrée par la Chambre de Commerce de Créteil. 5 jours à apprendre les bases de la gestion d’une SARL m’ont permis de mieux appréhender des notions telles que la capitalisation, , …., la TVA et la valeur financière d’une entreprise. Après cette instructive formation, je n’avais juste qu’à suivre les instructions et fournir les différents documents nécessaires à l’enregistrement de mon entreprise.

Il est vrai que lorsqu’on est Ingénieur d’Etudes dans le domaine du logiciel (surtout dans les technologies Java/J2E), on gagne plutôt bien sa vie. Et même si l’on souhaite créer son propre business, on est tenté de passer quelques années à économiser pour se mettre à l’abri d’un éventuel échec. Surtout lorsqu’on est jeune, africain et qu’on sait qu’on a de la chance d’avoir un tel emploi dans un contexte économique défavorable.

Pour ma part, après 3 ans en tant qu’employé, j’estimais que je n’avais plus une seule minute à perdre. Le pire, c’est que lorsque j’ai commencé mes démarches administratives pour l’ouverture de ma boite, je me suis dit « … Mais pourquoi n’ai-je pas commencé 5 ans (avant de finir les études) plus tôt … ». Je reviendrai sur mon expérience d’entrepreneur en France dans un autre billet.

Contrairement à l’aisance avec laquelle j’ai pu crée mon entreprise en France et avoir mes premiers contrats, lorsque j’ai décidé de faire la même chose Côte d’Ivoire, j’ai dû surmonter de nombreux obstacles auxquels je ne m’attendais pas du tout. J’ai alors eu à passer ce que j’appelle mon « MBA du TERRAIN en Afrique – option Entrepeneuriat dans les Technologies ».
En effet, je me suis toujours dit qu’il me faudrait au moins 3 ans pour comprendre parfaitement l’environnement dans lequel je souhaitais m’aventurer. Je suis ainsi parti sur la base selon laquelle aucune formation académique ne pourrait me faire atteindre cet objectif. J’ai donc fait la démarche en allant “sur le terrain”. Et au lieu de rester spectateur, j’ai lancé la société AllDenY et initié l’Ong Akendewa à Abidjan (Côte d’Ivoire). Cet article que vous lisez en ce moment fait donc partie d’une série qui concerne ce que j’ai vécu et ressenti lorsque je mettais en place AllDenY. Je reviendrai sûrement sur le parcours d’Akendewa dans une autre série d’articles.

La découverte de Yopougon, la cité ivoirienne

Tout à commencé en Novembre 2007. Je revenais pour la première fois en Cote d’Ivoire après 7 ans d’absence. Pour ce retour, j’ai passé 3 semaines à Yopougon (Abidjan). Ce fut une très belle expérience car la commune de Yopougon est assez particulière. J’estime que c’est la commune qui représente le mieux la Côte d’Ivoire.
Jusqu’à ce que j’obtienne mon Bac pour ensuite partir en France, j’avais vécu successivement à Aboisso (l’endroit ou je suis née, dans le sud-est de la Côte d’Ivoire), Treichville (Une commune d’Abidjan), Marcory (Une commune d’Abidjan), Plateau (Une commune d’Abidjan), à Séguéla (dans le nord du pays), à Tiapoum (petit village dans le sud-est de la cote d’ivoire, faisant frontière fluviale avec le ghana), à Adjamé (Une commune d’Abidjan) et aux 2 Plateaux. Ha, ça en fait des déménagements ! Avant de quitter la Côte d’Ivoire je n’avais donc pas connu la Commune de Yopougon sauf quand il fallait que j’aille rendre visite des amis.
 
Pourtant pour ce premier retour « Au Pays », j’avais décidé d’y vivre. Pourquoi Youpougon ? Tout simplement, parce qu’à mes yeux, cette commune d’abidjan est un modèle réduit de la Côte d’Ivoire. Les quartiers sont le reflet des régions ivoiriennes. Yopougon est une ville dans la ville. Il faudrait surement que j’y consacre un post pour parler de l’activité importante des petites entreprises et des commerces.

 

Il y a des choses à faire

Avant de quitter la Côte d’Ivoire, je me souviens que lorsque je parlais d’internet à mes proches, pour eux, c’était quelque chose de lointain, et propre à l’occident. Mais en 2007, j’ai redécouvert une Côte d’Ivoire dans laquelle tout le monde parle de technologies. Principalement grâce à la forte pénétration du mobile et aussi, malheureusement, à cause de la cybercriminalité. Au vu de cet engouement que j’avais constaté, je me suis dit qu’il y avait quelque chose à faire dans le domaine des technologies de l’internet et du mobile.

Il existait (et il en existe de plus en plus) certes de grandes entreprises de téléphonie mobile, des boite de télécommunication, des PME spécialisés dans l’intégration de solutions, mais ce qui manquait :

  • Un véritable écosystème d’entrepreneurs qui innovent dans l’applicatif ou dans les contenus locaux
  • Des formations pointues à l’issue desquelles, les apprenants seraient tout de suite opérationnels
  • ….

Bien entendu, ce sont des choses qui peuvent paraître évidentes pour certaines personnes qui côtoient certaines réalité au quotidien.

Malheureusement, je n’avais pas vraiment le temps d’en savoir plus sur l’environnement local car étant venu pour des vacances, mon séjour n’a duré que 3 semaines. Je me suis donc promis de revenir « Au Pays » assez rapidement. Du coup, l’année qui a suivi, sans grands moyens, j’ai décidé de créer une start-up en Côte d’Ivoire en espérant faire des bénéfices assez rapidement.

J’avais un projet de base qui consistait en une grande plateforme social d’information. Mais parallèlement, pour vivre et faire vivre les personnes qui travaillaient avec moi, la boite avait une seconde activité en attendant que le projet de base soit terminé et mis en production. Cette seconde activité consistait à mettre à disposition de mes clients européens une équipe de développeurs basée à Abidjan. Rien d’innovant vu que les modèles d’out-sourcing sont déjà standardisés. Pourtant cette activité a rapidement tourné à l’échec. Ce fut même une catastrophe. J’en parlerai dans un article dans cette série.

Au vu de cet échec, j’ai décidé de concentrer mes forces sur les besoins locaux. Et c’est à partir de cette décision que mon apprentissage véritable du terrain (africain) va commencer.

….. (à suivre « de très près »)

 

Le meta-entrepreneur ne peut que réussir dans les technologies en Afrique

jpehouman-le_meta_entrepreneurLe meilleur moyen pour toujours rester dans la course c’est d’être le META. Le meta-entrepreneur c’est l’équivalent de celui qui vendait les outils de prospection et le matériel d’orpaillage lors de la ruée vers l’or de l’ouest américain.

Le meta-entrepreneur est le fournisseur des entrepreneurs de l’écosystème dans lequel lui même évolue. Si vous souhaitez vous illustrer dans le domaine des applications, à défaut de savoir créer des applications très utiles au grand public, créez des outils dont auront besoin les autres développeurs pour la mise en oeuvre de leurs idées innovantes.

Le meta-entrepreneur ne peut que réussir tant que la ruée vers l’or à de beaux jours devant elle. Si vous êtes dans l‘industrie des technologies en Afrique, cette ruée vers l’or ne fait que commencer. Lancez-vous !

L’internaute africain vaut de l’or pour les annonceurs locaux

wooden africa continentLes experts arrivent à établir la valeur de la visite sur un site web, d’un internaute européen ou américain. Mais je pense que celle de l’internaute africain est sous-estimée. Mieux, je pense qu’elle vaut beaucoup plus que celles des autres internautes dans le monde (pour l’instant).

Que vous permettez d’afficher, de conduire à un achat ou d’influencer la connaissance des personnes qui visitent votre site, vous pouvez utiliser la valeur de vos visiteurs pour gagner de l’argent. Dans les pays développés, cette valeur de l’utilisateur est calculée mathématiquement en s’appuyant sur certains principes de la publicité et sur les lois de l’offres et de la demande. On parle souvent de CPM (Cout Par Mille) pour désigner ce que vous rapporte une publicité chaque fois qu’elle s’affiche mille fois sur votre site. Il existe d’autres indicateurs du même type tels que le CPC (cout par clic), CPL, …. Dans le cas des pays développé donc, avec un calcul mathématique simple, l’on peut en temps réel définir la valeur d’un internaute qui visite un site grâce à ces indicateurs.

En Afrique, l’on ne peut se baser sur ces paramètres pour définir « la Valeur de l’internaute ». Du moins pour l’instant. L’internaute africain est très différent de l’internaute Américain ou Européen car il est avant tout un privilégié. Pour avoir accès à internet, il doit bien souvent habiter dans une grande ville, avoir un minimum de ressources financières qui sont forcément au dessus de la moyenne africaine.

Et en afrique, celui qui a les moyens financiers est TRES « écouté » dans sa communauté. Et si en plus des moyens financier, il démontre à ses proches qu’il est au courant de beaucoup des choses qui se passent (dans le pays/la ville), du fait de sa capacité à être informé presqu’en temps réel, il est alors encore plus « écouté ». Et l’on sait tous la force d’une recommandation venant de quelqu’un qui est sensé SAVOIR sur ceux qui n’ont pas la possibilité de s’informer.

L’internaute Africain est donc un influenceur beaucoup plus puissant que l’internaute Européen ou Américains

Les annonceurs africains (qui annoncent en afrique) devraient sérieusement réfléchir à 2 fois avant de dépenser d’énormes sommes d’argent dans des campagnes outdoor qui bien souvent sont dégradant pour l’environnement. Bien entendu, le challenge ici réside en la manière de faire passer le message.

Les publicitaires locaux ont la responsabilité de se former sur les mécanisme d’influence via le web afin de proposer des services réalistes aux annonceurs. Car souvent, il ne s’agit pas uniquement de clic, mais d’acte d’achat offline. Par exemple, plusieurs personnes m’ont contacté pour choisir un téléphone de type Alcatel One Touch après avoir vu toutes les photos et mes publications dans les réseaux sociaux, mentionnant ce constructeur qui sponsorise nos événements. Et je ne pense pas que ces personnes aient une fois cliqué sur les liens qui étaient concernée. Par contre elles étaient prêtes à « m’écouter ». L’africain, ne clique pas forcément, mais il écoute toujours.

Le web est une place de marché dans laquelle la visibilité d’un produit ou d’une information est une source de revenue pour celui qui la lui crée. Zuckerberg est milliardaire en dollars parce qu’il affiche des publicités, et permet de vendre sur son site. Oui, c’est aussi simple que cela. Ce qui n’est pas simple, c’est d’arriver à avoir un grand nombre d’utilisateurs sur un site. Mais avec le nombre croissant d’internautes, les sites qui continueront à produire du contenu local de qualité (recherché par les internautes) s’en sortiront très bien dans quelques années.

Nous sommes en 2013, et la plupart des pays africains ont un taux de pénétration de l’internet en dessous des 15%. Il y a donc beaucoup à faire pour que les africains soient en ligne. Pourtant, je pense que, les africains seront en ligne beaucoup plus vite que ce que les chiffres des « experts » prédisent. Il y a cette rapidité d’adoption des technologies en Afrique que vous ne trouverez pas ailleurs. C’est maintenant qu’il faut profiter de cette grande valeur que représente l’internaute africains. Bientôt nous seront tous en ligne et il sera difficile de « s’écouter ».

République de la libre circulation de l’information : internet

Dans deux jours (le 14 Décembre) se tiendra à Dubaï une conférence de l‘Union Internationale des Télécommunications (organe de l’ONU) sur la gouvernance de l’internet.

Pendant que nous utilisons, avec insouciance,  l’une des meilleures créations de l’Homme Moderne, un groupe de personnes tentent par tous les moyens de « contrôler/filtrer » et donc censurer cet outil. Ce groupe est constitué par 193 états de tous les continents. Ils ont décidé de « prendre le contrôle » de l’internet.

Imaginez un instant que vous soyez obligé de payer pour accéder à wikipédia. Imaginez un instant que vous soyez obligé de payer un droit pour que les personnes hors de votre pays puissent accéder au contenu de votre blog/site/application.
Aussi absurde que cela puisse paraître, c’est pour ce genre de résolutions que plusieurs gouvernements souhaitent voter dans leur soucis de « contrôler/filtrer » l’internet.

Comment des personnes/entités qui, à ce jour, n’ont toujours pas compris l’utilité de ce nouveau médias peuvent vouloir le « contrôler/filtrer » ?
Les ingénieurs/hackers/développeurs/entrepreneurs qui depuis la naissance de ce « réseau de réseaux interconnectés » ont réussi à le mettre au centre de « la nouvelle économie« , savent qu’il est primordial de maintenir ce médias dans son état actuel.

L’Afrique plus que les autres a besoin que l’internet reste « libre ». Je pense donc qu’il s’agit d’une très mauvaise idée de la part des décideurs de ce monde de vouloir « controler/filtrer » l’internet.

Merci aux entreprises telles que Google et Mozilla qui mènent des actions pour le maintien d’un internet libre. En attendant les conclusions de cet important sommet de l’UIT sur la « Gouvernance de l’internet » à Dubaï, je viens donc par ce post leur joindre ma voix. Si vous aussi, vous partagez cet avis, n’hésitez pas à laisser un commentaire dans ce sens.

Les Leaders africains ont-il compris l’opportunité que représente l’internet ?

Avec le taux de pénétration faible de l’internet en Afrique, l’on peut se demander à quoi peut bien servir ce média pour les leaders de ce continent. Sauf que les choses ne resteront pas telles quelles.

Nous aurons de grosses surprises. L‘internet sera mobile en Afrique et en très peu de temps il sera dans nos rues, nos cases, nos champs, nos bars, nos stades. Tout comme la téléphonie mobile est présente dans la vie des africains. Je recommanderai donc à tout leader africain (quelque soit son domaine) de saisir cette opportunité qu’est l’internet.

L’internet sera donc dans nos vies à tel point qu’il sera à l’origine des grands mouvements. Si vous compter en initié un, faites-le désormais en commençant par l’internet. Vous bénéficierez ainsi de la force de diffusion que constitue les utilisateurs de ce nouveau médias dans notre continent.

Quel statut juridique choisir lorsqu’on souhaite entreprendre dans les technologies en Afrique

Partout dans le monde, lorsque vous souhaitez créer une entreprise, vous avez le choix entre plusieurs formes juridiques. Dans les pays d’Afrique, c’est aussi le cas.

Avec son profil de nouvel eldorado des technologies, l’Afrique verra un grand nombre de création d’entreprises technologiques dans les 5 années à venir.

Nous savons tous que les statuts juridiques sont très importants pour la stratégie des entreprises technologiques. Il est donc nécessaire de prendre un soin particulier pour choisir celui qui convient le mieux à la vision que l’on a.

Comment les autres vous voit
Disons que vous venez apporter des solutions aux problèmes des particuliers par le biais de services mobile B2C à valeur ajoutée. La première question que vous devez vous poser, doit concerner les rapports que les utilisateurs locaux ont avec les prestataires déjà sur le marché.

Par exemple il n’est pas rare qu’en Afrique, les utilisateurs jugent les fournisseurs de services technologiques par leur capacité à distribuer des T-shirt ou autres gadgets. Et ce pendant la période précédent la mise à disponibilité du service. Ainsi, plus de petits cadeaux vous offrirez, plus de clients vous aurez pour déramer votre service. Et croyez-moi, en Afrique ça marche bien mieux qu’ailleurs car les telco comme Orange et MTN ont habitué les populations à ces pratiques. Dans ce cas vous êtes dans l’obligation de commencer avec un capital conséquent. ce qui implique une forme juridique de type SARL ou au dessus.

Aussi certaines entreprises d’Etats ou autres « grandes boites » exigent de travailler avec des entreprises de type SARL ou de statuts juridique au dessus.

Mais si vous n’avez pas tous ces moyens
Vous avez d’autres atouts et des possibilités liées à l’environnement africain. C’est l’exemple de la proximité et de la confiance basée sur le fait que l’on vous connaisse. Vous devez donc comprendre que vous pouvez offrir unquel statut juridique pour mon entreprise technologique en Afrique premier service qui nécessite le contact directe avec chacun des utilisateurs. Cela vous prendra du temps certes, mais ces personnes resteront pendant longtemps vos amis et ambassadeurs. De par nos cultures africaines, le bouche-à-oreille demeure le meilleur outil pour la publicité ou la promotion d’un produit.

Si vous accepter ce parcours du combattant, je vous conseillerai de commencer par une entreprise individuelle. Cette dernière nécessite très peu de temps pour sa gestion et surtout un minimum d’engagement financier auquel vous aurez préféré l’engagement par votre temps.

Combien tout cela coûte ?
En Côte d’Ivoire par exemple, la création d’une SARL vous demandera pas moins de 1 500 000 (plus de 2300€) tandis que pour une entreprise individuelle, vous dépenserez 10 fois (si l’on veut être large) moins dans le cas d’une entreprise individuelle.

Mon conseil
A moins d’avoir déjà des clients et l’assurance d’être rentable assez tôt (dès les premiers jours), je conseillerai toujours à un nouvel entrepreneur dans les technologies de commencer son business en Afrique avec une société individuelle. Ce conseil vient de mon expérience personnelle et de l’oeil d’observateur que j’ai pu avoir durant ces 4 dernières années en Afrique. Il n’est peut être pas valable partout en Afrique.

Si vous avez les moyens financiers, vous pouvez décider de les utiliser, mais l’expérience montre que pour l’instant les parcours de réussite dans l’écosystème des technologies ne sont pas encore bien établis A quoi bon prendre donc un si grand risque ?

Une fois que vous avez choisi votre statut juridique et que vous avez pu avoir l’autorisation d’exercer, sachez qu’a partir de cet instant vous devrez faire face à de nombreuses difficultés typiques à l’Afrique. C’est le cas des moments d’indisponibilité du réseau internet, des chances presque inexistantes de remporter une appel d’offre. Mais lorsque vous abordez ces difficultés avec philosophie, vous pouvez facilement réussir car en Afrique quoi qu’on dise, certaines choses vont très vite. Et beaucoup plus vite que partout ailleurs.

Merci windows, vive le libre en Afrique !

AI3L (Association Ivoirienne pour linux et les logiciels libres) lors de la SFD 2009
AI3L (Association Ivoirienne pour linux et les logiciels libres) lors de la SFD 2009

Ce Jeudi 2 Aout 2012, en pleine formation avec des journalistes et webmasters de Niamey (Niger), nous avons été obligés de nous arrêter à plusieurs reprises pour régler des problèmes de virus ou de fuite mémoire des machines de ces derniers. A force, le manque de concentration s’était installé. Ce qui a inévitablement conduit a un retard sur le programme établi.

Chaque fois que je délivre une formation en Afrique, je découvre à quel point Windows représente une plaie pour nos techno (ou apprentis techno). Windows est un très bon système d’exploitation et les ingénieurs qui y travaillent sont à la pointe.

Merci Windows
Sur twitter, lorsque j’ai lancé le débat, O.C Omar a mentionné le fait que Microsoft en introduisant Windows, a aidé à la démocratisation de l’ordinateur personnel. En effet, Bill Gates et son équipe ont beaucoup apporté à l’informatique moderne. Et pour cela nous devons tous leur être reconnaissant.

MAIS
En démocratisant l’outil informatique, Microsoft a utiliser Windows comme un piège à souris pour la plupart d’entre nous. Bien heureux, j’ai pu me sortir de ce piège il y a maintenant presque 12ans en passant aux système Linux. Et c’est le cas de nombre de mes confrères. Nous l’avons fait car étant des professionnels de l’informatique. Ce n’est malheureusement pas le cas de tout le monde. Sortir de ce piège ne signifie pas « ne plus toucher à windows« . Il s’agit plutôt d’en faire un usage seulement en cas d’impératif (un client par exemple).

Windows se présente comme un système facile a utiliser mais ne dit pas qu’il exige une maintenance très lourde pour maintenir son intégrité. Ce qui est difficile à assurer de la part d’un utilisateur lambda.

Déjà il faut payer pour l’acquérir. Ce que semble ignorer bon nombre d’Africains qui utilisent des versions piratés du système. Au prix que coute ce système s’ajoute celui de sa suite bureautique (word, excel, powerpoint, …) qui elle aussi est largement piratée dans les pays africains. Avec un tel investissement je pense que les utilisateurs devraient bénéficier d’un antivirus. Et là je ne fais pas allusion à Norton et autres. Je veux parler de quelque chose qui soit natif. Mais ça c’est un autre débat et je respecte la stratégie de Microsoft vis-à-vis des virus et anti-virus.

Enfin, toujours est-il que l’on a finalement une majorité de versions illégales de Windows sur les ordinateurs. Vous en trouverez même dans les bureaux de certains gouvernements africains dont les responsables ne voient pas le problème que ça peut pauser.

Le Problème
Et bien je veux parler de ce problème aujourd’hui. Embarqués dans la situation de dépendance vis-à-vis des logiciels propriétaires (car il n’y a pas que Windows de Microsoft dans l’affaire), nous avons travaillé avec des boites noires. Ces dernières nous ont finalement empêché de stimuler notre curiosité, retirant à bien d’entre nous une éventuelle envie d’innover.

Pour nous autres pays pauvres, qui devons innover selon nos réalités, nous avons besoin d’outils qui favorisent l’épanouissement de notre esprit.
Avec leurs machines sous windows et autres logiciels propriétaires, bien d’Africains passent des heures à essayer de résoudre des problèmes de mémoire (de l’ordinateur) ou d’allumage simple de leurs PC. Dans ces conditions, vous comprenez qu’il n’est pas évident d’apprendre dans le cadre d’une formation dans laquelle chacun vient avec son PC.

Combien d’africains savent qu’ils sont capables de créer leur propre windows (Système d’Exploitation) ? pas beaucoup. Enfermer dans la pseudo grandeur de certains logiciels, ils ne voient qu’un mur infranchissable face à eux. La vérité c’est que ce mur n’existe pas. Il n’y a rien d’autre qu’un simple désert ou une forêt vierge (selon la conception du monde que vous avez).

Vive le libre en Afrique ?
La solution ultime n’est pas obligatoirement dans l’usage des logiciels libres. Il faut avant tous que les africains comprennent que certaines oeuvres de l’esprit sont à partager (dans la limite des lois établies) et que d’autres sont à acquérir par l’achat ou la location.

En ce qui concerne les systèmes d’exploitation, Ubuntu (et bien d’autres) est une très belle alternative à Windows. Certains me diront « je n’ai pas mon word, excel, photoshop, … sur Ubuntu ». Et bien je leur répond qu’il est temps pour eux d’apprendre à utiliser « libreOffice, Gimp, … ». En parlant de Gimp (logiciel d’image) il n’a certes pas toutes les fonctionnalité de Photoshop, mais lorsqu’on apprend à l’utiliser, on réalise des travaux de très haut niveau avec.

Au delà même des usages, les africains gagneraient à se familiariser avec ces logiciels libres pour améliorer leur culture technologique. Un étudiant utilisant un système d’exploitation sous unix/linux serait un jour ou l’autre tenter de comprendre la logique de cet outil. Et ce jour-là il n’aura pas une boite noire en face de lui. Mais plutôt un code libre d’accès qu’il pourra lui même modifier. De petites modifications en petites modifications, il comprendra qu’il est lui même capable (en approfondissant ses connaissances) de réaliser son propre système. Il va de soit que ce système répondrait à ses besoins propres en prenant en compte ses réalités.

Plus il y aura d’africains conscients de ces choses plus l’innovation technologique venant d’Afrique visera des problèmes de plus en plus globaux.