Les décideurs de l’avenir technologique de l’Afrique francophone doivent être des ingénieux, sinon …

SL370779
une manifestation de l’association pour le logiciel libre en Côte d’Ivoire

En Afrique Francophone, il devient urgent de former de véritables techniciens et ingénieux qui seraient des concepteurs/réalisateurs de systèmes d’information/informatique. Ainsi, dans 5 à 10 ans ces derniers seront capables de prendre des décisions stratégiques pour que cette partie de l’Afrique puisse être à même d’utiliser ces technologies pour son développement économique et social.

Je risque de paraître pessimiste, mais à ce jour nous avons peu de « Decidants » qui arrivent à cerner les réels enjeux que représentent ces technologies. Partant de là, il est difficile pour eux d’entamer de grandes transformations.

La société civile et les différents types d’activistes digitaux, que je salue au passage sont pour l’instant les acteurs qui travaillent dans le sens de cette formation (citée plus haut).

On ne peut pour l’instant compter sur les écoles et universités africaines qui sont d’une autre époque. Pourtant cette société civile, n’est pas soutenue comme il faudrait. Elle risque de s’essouffler si rien n’est fait pour amplifier son oeuvre. Mais qui pourrait le faire ? …..

Sur le web l’image de la Côte d’Ivoire n’est pas réelle

Pour un internaute qui ne connait pas la Côte d’Ivoire, il est difficile de trouver des données pertinentes sur des sujets tels que le tourisme, la richesse culturelle, …,l’écosystème entrepreuneriale de ce pays. La plupart des pays d’Afrique subsaharienne sont dans le même cas.

Quel est l’image de la Côte d’Ivoire sur le web ?
Lorsque je recherche « Côte d’Ivoire », sur Google, les premiers résultats sont :

  • 1- le portail du gouvernement,
  • 2 – wikipedia,
  • 3 – wikipedia (encore),
  • 4 – afrik.com,
  • 5 – jeuneafrique.com.

Lorsque je m’intéresse au termes les plus recherchés [source : Google ] par les internautes français à propos de la cote d’ivoire ces 12 derniers mois, il s’avère que :

  • 70% des personnes qui ont recherchés le mot « Abidjan » se sont intéressés à l’expression « paris Abidjan »
  • 45% se sont intéressés à l’expression « vol abidjan »
  • 30% se sont intéressés à l’expression « hôtel abidjan »
  • 15% se sont intéressés à l’expression « abidjan »

Il est donc claire que les français souhaitent avoir des informations sur le tourisme, les voyages et les arnaques à Abidjan. Or, l’on leur sert « la politique en cote d’ivoire« , « les conflits en cote d’ivoire« , « Gbagbo« , « Ouattara« , « Drogba« , « Yaya Touré » par le biais d’articles de journaux.

Une chose est sûre, à ce jour, l’image de la cote d’Ivoire se trouve dans les mains de Jeune Afrique, Afrik.com, … Ce sont eux qui expliquent aux internautes ce que c’est que la Côte d’Ivoire et ce que l’on y trouve. On sait tous que pour ces rédactions en ligne, la priorité est donnée aux informations liées aux conflits, maladies, …, car ça permet de vendre. Certes il arrive que ces rédactions parlent de choses bcp plus gaies, mais faites un tour et vous verrez que ces informations sont minoritaires. Qui donc veut bien servir les sujets qui intéressent réellement les internautes ? Bien souvent comme aujourd’hui, le site du gouvernement ivoirien est hors service. Piraté ? serveur non-disponible ? … ? L’internaute s’en remettra une fois encore aux rédactions internationales (bbc, jeune afrique, …), wikipedia et de plus en plus les blogueurs.

Est-ce ce dont nous avons besoin ?
Je ne pense pas que c’est ce que souhaitent les autorités et les ivoiriens. Ce que tout le monde désire (et j’espère ne pas me tromper) c’est que, lorsqu’on cherche « Côte d’Ivoire« , l’on tombe en premier sur un site comme « discoverireland.com » (pour l’irelande – 3 118 liens entrant d’après alexa qui témoigne du succès de ce site). La particularité de ce genre de site c’est qu’ils ont du contenu original qui intéresse. Bien que l’irelande soit un pays anglophone, ce site est entièrement en français et propose une vingtaine d’autres langues. Grâce à ce site, vous savez :

  • ce qu’il y a à voir …
  • comment organiser votre voyage …,
  • comment fonctionne le système d’hébergement …
  • ce qu’il y a à faire …

… en Ireland.

Et nos portails dans tout ça ?
Peut être devrions-nous dire : « nos agrégateurs » ou encore « copieurs de contenu« . Certes quelques rédactions en ligne font l’effort de produire du contenu original (je pense à Avenu225, Fratmat.info, quelques journaux locaux, …) mais la tendance est à la réplication de contenu sans apport de valeur. Pour ces rédactions, qui font des efforts, il s’agit de contenu bien souvent qui ne s’adresse pas aux personnes qui ne connaissent pas le pays. Ce qui reste finalement du contenu pour des internautes locaux qui en savent un brin sur leur pays. Aussi, à coté de ces productions, il manque l’essentiel : la stratégie. Sur le web, le contenu est ROI certes, mais un Roi isolé n’a finalement aucune influence/puissance. Il manque donc à ces rédactions de pouvoir planifier leur offensive sur la toile. Et surtout de la mener avec une stratégie sur le long terme.

Qu’est-ce qu’il faut et pourquoi ?
Imaginez que l’ont saisisse « cote d’ivoire » sur google et que les 5 premiers liens soient : 1 – comment venir en Côte d’Ivoire ? 2 – découvrir le patrimoine culturelle de la Côte d’ivoire, 3 – Les prochains évènements importants à Abidjan, 4 – ce que disent les ivoiriens, 5 – la politique touristique de la cote d’ivoire. Cette situation serait profitable à la cote d’ivoire car l’on pourrait facilement décider de venir dans le pays en se basant sur des informations précises à propos des richesses culturelles et humaines de ce pays. Les opportunités de business, bien présentées sur le web, sont des aimants  à investisseurs. Les images et les vidéos de présentations, ne sont pas en reste. Cest choses ont le pouvoir de séduire les vacanciers et les touristes les plus indécis. On est tous d’accord que toutes ces choses positives font un grand bien à l’économie d’un pays.

Comment le faire ?
Pour y arriver, deux possibilités : l’initiative conjointe de plusieurs privés ou tout simplement une volonté politique. Mais à ce stade, il est difficile d’imaginer qu’un gouvernement d‘Afrique francophone puisse planifier un tel chantier. Si l’on s’intéresse à l’initiative privé, l’on doit garder en tête qu’il s’agit d’un réel business.

Allez au boulot !