Patrick Kouamé : Trouver son chemin à Abidjan c’est possible grace à O-one

Lorsque j’ai entendu parler de la disponibilité d’un navigateur GPS à Abidjan en Septembre 2009, je fus très surpris. La première question qui m’est venu à l’esprit est : « qui est ce fou (admiratif) qui c’est embarqué dans une aventure pareille ? ».

Il s’agit de Patrick Kouamé et de son frère.

« Diplômé de l’Ecole Supérieure de Commerce de Paris, Patrick possède plus de 10 d’expérience sur le continent africain. Il apporte une capacité d’analyse, de structuration et de gestion de projets d’envergure, d’abord à Paris comme banquier d’affaires spécialisé sur l’Afrique, puis comme Directeur Général pendant 5 ans d’Alink Telecom, un fournisseur de services Internet, transmission de données et VoIP présent sur 12 pays. » [0-one : http://www.0-one.net/index.php?option=com_content&view=article&id=60&Itemid=70]

Patrick a entrepris de retracer toutes les routes d’Abidjan et de plusieurs autres villes de la Cote d’Ivoire et d’Afrique. Une fois les routes/rues retracées, il a numérisé les cartes obtenues en y intégrant plus de 15 000 points d’information. Un point d’information c’est par exemple la position d’une pharmacie assez connue. Ou encore un simple restaurant dans une rue très peu fréquentée. Il a ainsi pris le temps de faire apparaitre le maximum d’endroit sur ses cartes.

Une fois sa base de données de points d’information établie, il s’est approché de fournisseurs de terminaux en marque blanche. Il a pu ainsi intégrer ces données dans ces terminaux par le biais d’une application de navigation également en marque blanche. Résultat, nous avons le premier navigateur GPS de Cote d’Ivoire. Et il est fonctionnel ! Vous pouvez donc vous procurer cet appareil et vous faire guider lorsque vous viendrez à Abidjan.

Les Frères Kouamé ne se sont pas arrêtés en si bon chemin car ils ont mis en place la meme solution pour le Sénégal et bien d’autre pays. C’est un excellent exemple entrepreneurial car les manufacturiers occidentaux n’étant pas encore disposés à mettre en place des cartes pour nos pays, O-one a réussi à combler le vide.

La tache n’a pas été simple pour les frères Kouamé car lorsqu’ils parcouraient les rues d’Abidjan avec leurs appareils photos et leurs fiches d’identification, certains les ont pris pour des fêlés. Cette situation a durée pendant plus de 2 ans. Tout ceci c’est fait avec des fonds propres. Un risque qui porte actuellement ses fruits car O-one vend des données et des cartes à de nombreuses entreprises internationales. O-one est à ce jour la première entreprise sur le continent à avoir mis en place un GPS de navigation pour des régions dépourvu de nom et numéro de rue. Et ça fait plaisir de savoir que c’est du made-in-Cote-d-Ivoire.

ça aurait pu mal se passer

Lâché par les sponsors internationnaux à quelques jours de l’énvènement

Si vous avez déjà organisé un évènement non-commercial avec pour seules ressources les contributions des sponsors, vous devez donc connaitre cet état de stress permanent qui jusqu’au jour meme de l’évènement vous ronge. Barcamp Abidjan 2011 était très attendu par la communauté des technophile de Cote d’Ivoire. Pour anticiper nos besoins en finance, nous avons approché différentes entreprises et organisations dès les premiers jours de la préparation. Pour les éventuels sponsors, nous proposions en échange, une exposition maximale à travers nos différents canaux de publications ainsi qu’un espace sur le lieu de l’évènement. Parmi ces entreprises que nous avons approché, se trouvent les tops du web mondial. Bien d’entre elles ont accepté de sponsorisé barcamp abidjan 2011 au vu de l’audience attendu. Sauf que dans la dernière semaine avant l’évènement, ces structures nous ont laché. Nous nous retrouvions donc un peut deçu. Pire encore, financièrement, nous avions un certain vide.

Bien heureux, cette années, les quelques sponsors locaux que nous avons approché, ont tenu parole et ont rempli leurs engagements. Nous sommes très reconnaissant envers :

Le ministère de la Promotion de la Jeunesse et du Service Civique a assurer
En sponsorisant barcamp Abidjan 2011, et surtout en honorant de sa présence, Mr Alain Lobognon, Ministre de la promotion de la jeunesse, a donné une nouvelle dimension à cet évènement. D’un soutien sans faille, de l’organisation à la tenue de barcamp abidjan 2011, cette autorité a montré que nous étions en train d’agir pour l’intéret publique.

Approché grace à Twitter (son pseudo : @alainlobog), le Ministre a jouer le jeux en discutant librement et publiquement pour après nous inviter à le rencontrer dans son bureau. Lui meme, utilisateur averti de tablette, réseaux sociaux et autres technologies, a jugé opportun de nous soutenir car il reste convaincu que c’est en stimulant la communauté des technophiles que l’Afrique pourra gagner son paris dans cette nouvelle ère numérique. Nous saluons donc cet accompagnement grace auquel nous avons pu sortir l’un des intervenants, Francis Pisani, d’un soucis lié à son visa d’entrée en Cote d’Ivoire. Et comme pour nous garantir notre future collaboration, le Ministre nous a assuré que pour la prochaine édition, il mettra tout en oeuvre afin que nous ayons un lieu beaucoup plus grand.

Du monde et encore plus de monde

Un barcamp est sensé réunir les professionnels, les amateurs et les passionnés des technologies autour d’un thème prédéfini. Le succès de l’évènement se mesure bien souvent à la satisfaction des participants. En terme d’audience, il y a très peu d’impératif. Mais toujours est-il que lorsqu’il y a de l’affluence, nous sommes en face d’un indicateur supplémentaire pour l’intéret vis-à-vis du thème et aussi la qualité de l’évènement. L’audience est aussi révélatrice du dynamisme des organisateurs et de l’écosystème dans lequel ils se trouvent.

150 personnes pour commencer
La première édition de Barcamp Abidjan (2009) a attiré environ 150 personnes. Nous avons tout de meme été satisfait car ce format de rencontre constituait une première pour un environnement habitué au formalisme et aux conférences classiques. Le fait que l’évènement ait eu lieu à l’Institut National Polytechnique a permis d’établir un premier contact fort avec les étudiants. Nous avions la conviction qu’ils se feraient porte-parole de ce nouvel évènement qui venait placer les participants au centre.

500 participants, c’est déjà pas mal
Avec le buzz précédant la seconde édition, nous savions que le nombre de participants allait au moins doubler par rapport à l’édition 2009. Nous étions par contre loin d’imaginer que un peu moins de 500 personnes viendraient assister à cet évènement. Il s’est naturellement positionné comme le plus grand évènement technologique (nous ne parlons pas ici des ces évènements qui ressemblent plus à des foire-expo) en Cote d’Ivoire. Avec la participation d’une équipe de Google Afrique, et le liveStream sur le web, l’évènement fut suivit par de nombreuses personnes n’ayant pas pu effectuer le déplacement.

Nous avons accueilli plus de 700 personnes pendant deux jours
Pour cette troisième édition, nous n’avons pas été surpris de voir défiler encore plus de monde. Nous avons ainsi enregistré plus de 700 personnes. En majorité des moins de 30ans et des technophiles. Mais aussi pour la première fois, nous avons vu la participation des autorités. Mr Alain Lobognon, Ministre de la Promotion de la Jeunesse et du Service Civique, qui nous a apporté son soutien pendant l’organisation, a été présent dès 8h30 du matin alors que nous l’attendions pour 9h00. C’est un signal fort qu’il a envoyer à la communauté comme pour dire que « nous sommes avec vous et nous croyons en ce que vous faites ». Nous sommes confiant pour l’avenir car pensons qu’il relayera ce qu’il a vu et entendu à ses pairs. Ce qu’il a vu, c’est une salle pleine à craquer. une salle initialement prévu pour 200 personnes mais dans laquelle, il devenait impossible de circuler. Ce qu’il a vu ce sont ces participants et intervenant venu de France, du Bénin, du Togo, du Ghana, du Mali et d’Allemagne.

Barcamp Abidjan 2011 sur le web
Ce fut une réalité. Les internautes ont pu suivre en temps réel et ce presque sans interruption, les deux jours de barcamp Abidjan 2011. Nous avons enregistré plus d’une centaine de connexion à notre canal de streaming.

Au vu de l’affluence de cette édition, nous pensons tous que la prochaine devrait avoir lieu dans un endroit beaucoup plus grand.

Des histoires émouvantes

Cette 3ème édition de barcamp Abidjan nous a permi de voir, toucher, entendre des personnes qui ont survécu à la crise humanitaireJpehouman.com : Barcamp abidjan 2011 - Des histoires émouvantes en Côte d’Ivoire grâce aux technologies. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il y avait de l’émotion. Cette émotion fut partagée par l’ensemble des participants. Personnellement, je me suis rendu compte des bienfaits de #civSocial seulement quand ces personnes se sont exprimées. C’est l’histoire de Kalya et de Fatima.

Kalya, le bébé #civSocial
Parmi ces personnes, Kalya, un bébé née par télémedecine grâce à l’assistance d’un medecin ivoirien, Dr Zon. Kalya et sa mère ont assisté cette année à Barcamp Abidjan 2011. Elles nous ont expliqué comment les choses se sont passées. L’heureuse maman nous a fait savoir qu’elle a suivi les instructions du Dr Zon par téléphone et a réussi à accoucher toute seule. L’enfant et elle meme en sont sortis indemnes.

Fatima : Affaiblie par les balles, fortifiée par la communauté
Aussi émouvant que l’histoire du bébé #civSocial, le témoignage de Fatima restera dans les annales. Cette jeune femme bléssée par balle à pu être évacuée puis sauvée grace à la solidarité organisée autour du projet #civSocial. A l’allure rayonnante avec laquelle elle s’est présentée, l’ont avait du mal à croire ce qui lui était arrivé quelques mois plus tôt. Mais la magie de la collaboration entre les bénévoles de Akendewa, les medecins chirurgiens et les secours d’urgence, a eu raison de cet accident qui, nous l’espérons, n’est plus qu’un mauvais souvenir pour Fatima.

« … Je ne m’y connais pas en informatique, mais après tout ça, j’ai décidé d’apprendre … »
Ce sont les quelques mots que nous a sorti le Dr Zon lors de barcamp Abidjan 2011. Il en ressort que les technologies peuvent etrejpehouman.com : Barcamp Abidjan 2011 - Des histoires émouvantes (Fatima) déterminantes pour la communauté. C’est le lieu de réfléchir sur une plateforme/formation pour les professionnels de la santé quand à l’usage des Technologies dans certaines situations. Je pense que l’équipe de Akendewa s’y attellera dès que possible. Ces témoignages ont permis, aux participants de cette troisième édition de Barcamp Abidjan, de s’accorder sur le fait que nous avons tous un intérêt à produire des systèmes/applications/technologies qui seraient utiles à la communauté.

Puis nous nous sommes penché sur le contenu africain en ligne

Lors de la deuxième édition, Akendewa avait presque un an. Ces membres avaient déjà acquis une certaine notoriété dans l’espace tech en Cote d’Ivoire. Si certains faisaient déjà le bonheurs des internautes locaux, d’autres séduisaient au delà des frontières de la Cote d’IVoire.

Placé sous le thème de « Les contenus africains face à l’écosystème du Web« , la deuxième édition de Barcamp Abidjan a plus que tenu ses promesses en réussissant à faire venir toute une équipe de Google Afrique. Nous avons ainsi pu aborder le problème de l’absence de contenu africain en ligne. Ce fut aussi le lieu de parler des opportunités pour d’éventuels entrepreneurs qui souhaiteraient se lancer dans la production de contenu. Le contenu étant ce qui a le plus de valeur dans la plupart des systèmes d’information, il était donc important d’insister sur le fait que plus les africains mettront en ligne leur quotidien, leur productions, leur histoire, …, plus l’intérêt pour l’Afrique sera forte.

Face au plagiats et à la copie non légales des contenus en Cote d’Ivoire, certains participants ont jugé opportun de mettre sur pieds un syndicat des producteurs de contenu de Cote d’Ivoire. Nous nous étions donné rendez-vous en Février 2011 pour la troisième édition. Malheureusement, nous avons été obligé de modifier cette date à cause de la crise politico-militaire en Cote d’ivoire.

Il y a deux ans : « Quand l’Afrique fait son web »

Je cherchais le meilleur moyen de rapprocher les professionnels et les amateurs des Technologies en Afrique

J’ai donc pensé qu’en reunissant les passionnés lors d’un évènement serait un très bon début. En cherchant, comment orienter le déroulement de cet évènement, je me suis dis qu’il serait plus aisé de commencer par un format standard. Ainsi, j’ai choisi d’organiser un Barcamp à Abidjan. Quelques Barcamp avaient déjà été organisés dans certaines grandes villes d’Afrique. C’était donc le premier en Cote d’Ivoire. Pendant l’organisation de cette première édition j’ai pu rencontrer des passionnés et travailleurs indépendants parmi lesquels onze (11) d’entre eux ont participé à la création de Akendewa.

Un format de rencontre simple et facile à organiser

L’avantage avec un Barcamp, c’est qu’il est assez simple et surtout facile à organiser. En terme de budget, l’on peut organiser un Barcamp avec moins de 150Euros (100 000frcfa). De la meme manière, l’on peut prévoir un budget plus important. Ce qui compte c’est que pendant l’évènement, les participants puissent interagir les uns avec les autres de la manière la plus simple possible. Et ce fut le cas lors de cette première édition dont le thème fut « Quand l’Afrique fait son Web« . Ce thème venait comme pour dire que les africains devraient commencer à prendre en main certaines choses. La vérité est qu’il avaient déjà entrepris d’être acteurs dans l’évolutions et les bons usages des technologies sur leur continent.

Le E-commerce en Cote d’ivoire (acte 1) : Ce qu’il faut savoir

Malgré son presque million d’utilisateurs de l’internet, la Cote d’Ivoire est l’un des grands absents du commerce en ligne de l’Afrique. Après 3 ans d’échanges et d’interactions avec des internautes, des entrepreneurs, des étudiants et des compagnies disant fournir des moyens de paiements, j’ai décidé de partager quelques informations que j’ai pu recueillir ici et là.

Loin du reste du monde

C’est la situation dans laquelle la Cote d’Ivoire se trouve lorsque l’on considère le commerce « internationale » en ligne. Un habitant de la Cote d’Ivoire n’a accès à presqu’aucun moyen de paiement en ligne populaire. Il est ainsi impossible pour un résident de la Cote d’Ivoire de créer un compte Paypal même dans le cadre d’une activité légale. C’est une restriction volontaire de Paypal pour se « prémunir des risques de fraudes » qui sont très élevés en Cote d’Ivoire.

Et lorsque vous n’avez pas accès à Paypal, vous n’avez pas accès à Ebay, Amazon, …. Et si vous n’avez pas accès à ces services, vous n’avez donc pas accès à ce qu’il y a de mieux dans le commerce en ligne.

Si vous ne souhaitez pas utiliser ces grosses plateformes, mais que vous préférez créer la votre, le problème reste inchangé car vous n’aurez pas la possibilité d’avoir un compte marchand chez paypal. La question qui vous vient surement à l’esprit est : « comment puis-je alors vendre en ligne si je n’ai pas la possibilité d’utiliser paypal ? ». Nous aborderons cette question plus bas. Mais avant, place à un non-problème qui pour certains représente un frein.

La logistique et le système d’adressage

C’est bien connu que pour le e-commerce, il faut une adresse de facturation et surtout une autre pour la livraison. Cette dernière est la plus importante lorsqu’il s’agit de produits matériels. Si vous achetez de l’audio (une chanson du groupe Magic Système par exemple) vous n’avez pas besoin que l’on vous le livre à domicile. un simple clique pour le téléchargement vous suffirait. Par contre si vous tombez sur une belle occasion d’appareil électroménager, vous apprécierez qu’il vous soit livré chez vous à la maison. Pour cela il faut que le livreur ait un moyen aisé de trouver votre domicile.

Dans les pays industrialisés, cela ne constitue pas un problème. Mais dans plusieurs pays sous-développés tel que la Cote d’Ivoire, cette situation devient rapidement un problème. Pourquoi ? Parce qu’il n’existe tout simplement pas de système d’adressage efficace. Les rues ne possèdent ni noms, ni numéros. Dans les premières communes d’Abidjan, certaines rues ont eu la chance d’avoir un nom, mais cela reste marginal.

J’ai donc commencé par traiter cette situation de non-problème car force est de constater que d’énormes progrès on été fait. Vous pouvez vérifier de vous meme la cartographie de la Cote d’Ivoire sur le google Map. Des numéros ont été alloués aux rues. Je ne pourrai vous dire si ces derniers sont du fait des autorités ou de l’initiative entrepreneuriale de Google. Parallèlement, des personnes ont déjà prouvé que le système de points relais est efficace et adapté. Il s’agit, par exemple, de livrer les colis concernant une zone ou un quartier à un point très connu de ce quartier. On pense souvent à un super-marché ou à une pharmacie. C’est donc une opportunité pour des entrepreneurs. Il suffit de développer cette idée (qui fonctionne) et d’y rajouter de la valeur pour avoir une solution à ce problème d’adressage qui soit utile et fonctionnelle.

Que peut-on vendre en ligne aux ivoiriens ?

A la question de savoir s’il y a matière à vendre en ligne, je vous réponds en vous indiquant deux groupes facebook qui rien qu’à leur nombre de membres et les interactions de ces derniers, nous donner une réponse affirmative.

Ces groupes facebook sont de véritables Craig-list locaux. Vous y trouverez de tout. Du peigne à cheveux à la dernière Audi. Si vous y faites un tour, il y a de forte chance que vous y passiez du temps, rien qu’en lisant les conversations (sous forme de commentaires) des membres lorsqu’ils font des négociations. Il y règne même un langage bien originale. Vous diriez par exemple « ordinateur portable nouveau dans carton » pour dire « ordinateur portable neuf dans son emballage ». Vous avez  une variante commerciale du Nouchi (l’argot ivoirien) qui est utilisée par les habitués. Mais attention là aussi, vous trouverez des spéculateurs.

Grace à ces deux groupes facebook susmentionnés, il est évident qu’il y a matière à vendre. Mieux, suite à une conversation que j’ai eu l’an dernier avec des contacts sur facebook, nous avons pu établir que l’on peut tout vendre mais à condition que les tarifs en ligne soient beaucoup plus bas que ceux que l’on trouve en boutique. Car ce qu’il faut savoir c’est que, aller jusqu’à la boutique est un plaisir pour l’ivoirien moyen. Surtout s’il s’agit d’une grande surface, c’est pour lui l’occasion de se faire « voir/remarquer ».

L’on peut aussi vendre de l’immatériel aux ivoiriens. imaginez que vous fournissez du contenu à forte valeur ajoutée. Vous pourriez éventuellement trouver un modèle assez simple pour monétiser ce contenu. De la même manière , certaines expertises pourraient être vendu aux internautes ivoiriens.

Certaines choses restent tout de même difficile à vendre en ligne en Côte D’Ivoire. Il s’agit par exemple des voitures ; à l’opposé des pays occidentaux qui possèdent quelques règles sur les ventes de véhicules. Ici, lorsque vous acheter une voiture chez un particulier, c’est un peu à vos risques et périls. Il devient donc assez risqué pour l’internaute ivoirien de se lancer à la recherche d’une voiture via le web.

Quels sites/plateformes utiliser ?

Dès lors que l’on sait que l’on peut vendre un peut de tout, il devient trivial d’avoir un site, ou une plateforme pour exposer ses produits. Les deux exemples précédents montre que facebook représente une belle opportunité pour ceux qui souhaitent vendre en ligne.

Je ne pourrai en dire autant pour twitter et les autres réseaux sociaux car les ivoiriens ne les utilisent pas encore pour la promotion de leurs activités, encore moins pour vendre. Pourtant, twitter a fait ses preuves en terme de vente et de promotion hyper-localisées. Il faudra surement encore patienter le temps que les utilisateurs prennent  la pleine mesure de cet outil.

Qu’en est-il des sites e-commerce eux même ? il y a ici et là quelques initiatives. c’est le cas du site Shopping du portail abidjan.net (http://shopping.abidjan.net/). Pour ce dernier, lorsque vous regardez de près, vous vous apercevez qu’il est nécessaire d’être en possession d’une certaine unité (monnaie interne) pour y faire vos achats. Ces unités sont à acheter au préalable. On voit donc déjà que cela peut créer un blocage au niveau de l’utilisateur. Si Paypal était, par exemple, disponible dans ce pays, ce système d’unité n’aurait pas sa raison d’être. Mais à défaut, c’est un moyen ingénieux qui a été trouvé pour que les choses se fassent.

Nous avons donc, en fasse de nous un problème très important pour lequel la solution actuelle reste presque inadaptée , si l’on pense à l’implémenter à grande échelle. Le problème du moyen de paiement est finalement le dernier obstacle au commerce en ligne en Cote d’Ivoire, du moins de mon point de vue. Nous avons montrez plus haut que la livraison ne posait plus de problème. Aussi, avons-nous illustré le fait qu’il y a de la matière. Les sites/plateformes sont finalement des choses à la portée de certains développeurs locaux. A défaut, il y a toujours la possibilité d’utiliser des sms dédiés au commerce en ligne. Mais une fois que tout ceci est réuni, comment l’utilisateur pourrait payer et comment le marchand pourrait encaisser ?

Paypal est-il le seul moyen de paiement ?

La réponse est « non » ! Paypal n’est pas le seul moyen de paiement, mais c’est le moyen le plus abouti. Et c’est celui qui s’interface avec le plus de cartes bancaires. C’est aussi celui qui est le plus sécurisé. Depuis quelques années, de nombreuses alternatives à Paypal ont émergées. Ainsi, dans certains pays du tiers-mondes, ces solutions ont été adoptées et fonctionnent très bien. Pourquoi pas en Cote d’Ivoire ?

Bien souvent une volonté politique a favorisée l’adoption de ces moyens. Mais nous devons tout de même, reconnaitre que ces moyens sont aboutis. C’est le cas de M-Pesa au Kenya.

Un moyen de paiement électronique abouti dans le cadre du commerce en ligne, implique que son intégration sur les différentes plateforme soit aisée. Cette facilité d’intégration sur les plateformes est garantie par ce que l’on appelle une API.

Qu’est ce qu’une API et pourquoi en avons nous besoin ?

Une API par définition est une Interface fournie par un programme informatique. C’est donc quelque chose qui permet d’interagir avec un programme/système informatique. Elle donne la possibilité à celui qui veut l’utiliser d’écrire des programmes (éventuellement) selon une structure prédéfinie afin que ces derniers puisse échanger/consulter les informations du système qui l’expose. Ainsi donc, c’est parce que Paypal expose une API qu’il est très aisé de l’intégré sur les sites web ou sur d’autres systèmes informatiques. Il faut savoir aussi que le principe d’API implique une prise en charge de la sécurité (éviter les accès avec de mauvaises intentions). En général vous ne pourrez accéder qu’à un certain type d’informations bien identifiées.

Vous comprenez donc, que pour tout concurrent ou alternative à paypal, il est primordial de posséder une API pour facilité sa vulgarisation au sein de la communauté des webmasters. De plus, le webmaster n’est pas sensé s’y connaitre en technique. C’est pour cela qu’il doit exister un système de code à placer dans un formulaire prédéfini de sorte que le site utilise l’API en toute transparence pour le webmaster. Dès lors, le webmaster n’aura que 5 minutes de travail à faire pour utiliser une plateforme de paiement. Juste le temps de rajouter les codes qui l’identifient dans tous les systèmes de paiement. Il pourra alors rajouter autant de systèmes de paiement possibles, pour couvrir le maximum d’utilisateurs. Et tout ceci sans avoir à connaitre le moindre programme informatique.

Quels moyens de paiement électronique pour le webmaster ivoirien ?

S’il existe des alternatives à Paypal, sont-elles à la portée du webmaster ivoirien ? non. Laissez-moi vous présenter ce que nous avons et je pense que vous conviendrez avec moi que ces moyens ne sont pas à la portée des webmasters ivoiriens.

  • MTN Mobile Money : Lorsque vous vous rendez sur le site de l’opérateur mobile jaune, vous pouvez lire « Mobile Money est le nouveau service de MTN qui vous permet de recevoir et d’envoyer de l’argent à moindre coût partout en Cote d’Ivoire … ». Si ce service s’appelait « MTN Money Transfert », je pense qu’il ne porterait pas à confusion. Nous sommes donc plus en face d’un moyen de transfert d’argent que d’un moyen de paiement électronique, qui pourrait servir au commerce en ligne. Mais attention, ce service qui n’est pas venu avec la prétention d’être « un moyen de paiement électronique », permet tout de même d’effectuer des achats chez des marchands (physique). Tout se passe donc comme, si l’acheteur effectuait un transfert d’argent de l’acheteur vers le marchand. Les transactions étant plafonnées à 300 000 Fcfa pour des frais maximum de 4000 Fcfa. Et ça marche dans le monde physique ! Qu’en est-il de la vie en ligne ? Et bien, les choses ne fonctionnent pas « comme elle devraient ». L’on ne peut intégrer ce fonctionnement à un site web. Le principe du transfert d’argent de l’acheteur vers le marchand ne peut donc être utilisé « aisément » par le webmaster lambda. Si vous avez bien suivi le chapitre sur les API, on est en face de quelque chose qui ne possède finalement pas d’API. J’ai eu a échanger avec des responsables de MTN Money, qui ont essayé de me faire croire qu’une API existait, qu’il traitaient les sites marchands au cas par cas. Je vous laisse faire votre propre jugement, lorsque vous savez que le principe même de API implique que l’on ne se souci pas de l’entité qui l’utilisera. Normal, vu que tout est balisé et la sécurité est prise en charge au moment de la mise à disposition de l’API.
  • Inconvénients pour le e-commerce : restreint aux utilisateurs de mtn, indisponibilité d’une API
  • Orange Money : nous sommes dans le même schéma que le celui de MTN. Ces deux solutions s’appuient sur des banques identifiées à cet effet par la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest( BCEAO).
  • Inconvénients pour le e-commerce : restreint aux utilisateurs de orange, indisponibilité d’une API
  • Celpaid : Lorsque j’ai découvert Celpaid pour la première fois, je me suis dis : « ça y est, nous avons notre moyen de paiement ». Mais en poussant un peu mes investigations, je me suis rendu compte que j’étais en face de quelque chose qui à mon avis aura du mal à séduire les webmasters. Je comprendrai donc que cette solution ne vise pas ces webmasters. Qu’est ce que c’est que Celpaid ? c’est un moyen de paiement électronique, un vrai, qui utilise une technologie mobile basée sur le son. ça se complique ! En effet, lorsque l’acheteur désire payer, il sort son téléphone mobile, que lque soit son réseau téléphonique, rentre son code, puis envoie une requête de paiement. Il doit alors attendre de recevoir un appel automatique. C’est à ce moment-là qu’il doit rapprocher son mobile du terminal de paiement du marchand. Une communication s’établie entre le terminal de paiement et le mobile. Et la transaction est par la suite validée ou annulée. Et c’est la même chose avec l’ordinateur. Il faut que l’acheteur rapproche son téléphone des enceintes de l’ordinateur. Imaginez que votre ordinateur ne possède pas d’enceinte ni de casque ou même de carte son, vous ne pourrez pas utiliser Celpaid.
  • Inconvénients pour le e-commerce : usage du son – process trop compliqué.
  • E-Tranzact : reste la solution qui aurait pu challenger efficacement Paypal. Il s’agit d’une solution technologique (dans le style de visa et mastercard) qui s’appuie sur des banques pour leur fournir des cartes bancaires prépayées. Lorsqu’un webmaster souhaite l’intégrer, il est dans l’obligation de contacter l’équipe technique de e-tranzact qui doit lui fournir des fichiers à installer sur le serveur du site. En gros un travail énorme pour un webmaster censé ne pas s’y connaitre en technique. Aussi , pour que l’utilisateur puisse payer sur le site du webmaster, il doit être en possession d’une carte bancaire e-tranzact. Une solution mobile avait été envisagée avec l’un des opérateurs de téléphonie de la place (ce n’est ni Orange, ni MTN) afin que les utilisateurs puissent effectuer des opérations avec leurs mobiles.
  • Inconvénients pour le e-commerce : intégration lourde pour le webmaster – nécessitée de posséder une carte e-tranzact pour l’acheteur.
  • Les cartes prépayées de Visa : Même si vous avez une carte visa, vous êtes dans l’impossibilité d’utiliser Paypal.

 

Pour finir

A travers ces lignes, j’ai souhaité attirer votre attention sur le fait que nous avons un dernier réel problème qui empêche la vulgarisation du commerce électronique en Cote d’Ivoire : les moyens de paiements. Tant que nous n’en aurons pas un digne de ce nom, le e-commerce aura du mal à décoller. En attendant, si chacun des acteurs cités ici prenait la peine de fournir une API correcte pour facilité l’intégration, ce serait déjà un premier pas.

Une autre solution serait que tous ce mettent d’accord pour utiliser une solution telle que E-tranzact. Les banques devraient ainsi accepter de distribuer des cartes à leurs clients. On se retrouverait ainsi a avoir un commerce électronique interne dynamique qui obligeraient les partenaires externes à s’aligner. La encore il faudrait que la société e-tranzact fournisse une API solide pour permettre aux développeurs de créer des solutions mobiles. Car je ne crois pas en la carte bancaire pour l’africain. Du moins pas avant de très longues années. Mais, qui dit solution mobile dit Compagnies de téléphonies mobiles. A l’analyse de tout ce qui se passe, elles n’ont visiblement aucune intention d’autoriser des développeurs à produire des applications ou solutions innovantes capables de fonctionner dans leurs réseaux. Voyez-vous même à quoi sommes-nous  réduits ?

La solution ultime serait que l’autorité oblige les opérateurs de téléphonie a permettre aux applications des développeurs tiers de fonctionner dans leurs réseaux. Ce qui impliquerait une mise à disposition d’une API (y compris celle pour les paiements mobiles) solide. La vie serait alors plus facile. Mais il faut être en Afrique pour réaliser que les choses les plus simples sont souvent complexifiées par un groupe de personnes. On peut même se demander les objectifs de ces personnes.

En attendant, la Cote d’Ivoire passe à coté d’une opportunité jamais égalée. C’est une opportunité du fait que le commerce en ligne pourrait générer de nouveaux entrepreneurs donc de nouveaux emplois. Un autre avantage du e-commerce est la réduction du nombre de déplacements des potentiels clients.

Les afritechpreneurs d’Afrique francophone envoient un nouveau signal via Barcamp Lomé

Barcamp Lomé 2010

Les 11 et 12 Décembre 2010 se tiendra le premier barcamp Lomé. Cette initiative de l’OPIM (Organisme pour la Promotion de l’Internet et du Mobile au Togo) vient s’ajouter à Barcamp Goré et Barcamp Abidjan (que j’ai initié en 2009) dans la liste des rencontre technologique en Afrique francophone.

Ces rencontres liées à l’internet et au mobile sont des non-conférences à base d’ateliers-événements participatifs où le contenu est fourni par les participants qui doivent tous, à un titre ou à un autre, apporter quelque chose au Barcamp.