Retour sur la conférence Web Diversity 2010

Le Vendredi 21 à la maison des métallos (Paris 11ème) j’étais l’un des intervenants d’une conférence dénommée : WebDiversity. Cette conférence fut organisée par l’Ong Internet Sans Frontières dont la mission est de promouvoir et de préserver la liberté d’expression sur Internet à travers 3 axes :

  • L’éducation,
  • La lutte contre la fracture numérique dans les pays en voie de développement,
  • La sensibilisation aux enjeux liés à la préservation et à la promotion de la liberté d’expression sur Internet dans le monde.

Approché par Archippe Yepmou (vice-président de l’Ong) je n’ai pas hésiter un seul instant car adhérant entièrement aux objectifs de cette conférence. Ce fut l’occasion pour moi de parler de ce qui m’a motivé à lancer Barcamp Abidjan et surtout expliquer comment m’est venu l’idée de réunir des jeunes entrepreneurs ivoiriens pour la création de l’ONG Akendewa.

Jean-Patrick Ehouman, invité de mondoblog
Jean-Patrick Ehouman, invité de mondoblog ©Atelier des médias, RFI

L’intervention de Edwy Plénel (Fondateur de MédiaPart) a beaucoup retenu mon attention. En effet il a expliqué la peur qu’on certains de l’internet est  par le fait qu’il ne l’aient pas encore compris.

Web Diversity 2010 fut couvert par différents acteurs médias dont la radio RFI qui a enregistré son émission « l’atelier des médias » ce jour même sur les lieux de la conférence. Vous trouverez un résumé de l’émission ici. Je fut ainsi l’invité de rubrique « Mondoblog » animée par Cédric Kalonji. Vous trouverez l’interview ici.

Je pense qu’une telle rencontre serait la bienvenue dans nos pays africains qui n’ont pas encore abordé de débat sur la régulation de l’Internet.

La prochaine bulle technologique sera mobile dans une vallée d’AfriqueLa prochaine bulle technologique sera mobile dans une vallée d’Afrique

Il faut ne pas être de ce monde pour ignorer ce que j’appellerai la « mobilisation » qui nous envahit. Tout devient question de mobilité. Les appareils, les plateformes, les applications. L’opportunité est donc bien réelle et encore plus en Afrique. Et comme tout secteur porteur, le mobile commence à voir sa bulle spéculative se dessiner.

Les bulles sont le symbole d’une ruée vers un secteur porteur ou tout simplement à la mode. Mais quand elles éclatent, elles génèrent beaucoup de malheur. Et se sont ceux qui ont le moins de connaissance du domaine en question qui subissent le plus. Bien souvent à partir de mauvais conseils ils ont investir dans des société/projets qui n’avaient presque pas de chance d’être rentables ou souscrit à des OPA en carton.

Evan Williams (créateur/co-créateur de Blogger et de Twitter) disait : “There are a lot of good ideas out there, but not all of them need to be a company.” Ce qui donne à quelque chose près : « il y a beaucoup de bonnes idées ici, mais toutes n’ont pas nécessairement besoin de se transformer en entreprise/société/business ».

La dernière bulle technologique, connue sous le nous le nom de « dotCom bubble » (la bulle des point-com) à fait des dégâts énormes. Au vu des dernières innovations je peux définitivement dire qu’une révolution technologique se prépare. Et nulle doute qu’elle sera liée au mobile. il ne s’agit pas de téléphone mobile uniquement ou d’ordinateur portable. Il s’agit de nouveaux usages de ses appareils qui oscillent entre le smart-phone (serait-il déjà has-been ?) et l’ordinateur. l’ipad est surement le pionier. Mais les autres constructeurs ont déja des prototypes aboutis.

Même si avec les smartphone l’on peut peut plus ou moins utiliser l’Internet, avec ses nouveaux appareils, se sera une commodité. Des entrepreneurs tel que Christian Geissendoerfer, créateur de Yoose (application qui permet de collecter/utiliser des coupons avec le téléphone portable. et qu’il m’a fait tester en 2008) vont enfin voir leur efforts récompensés au meilleur prix.

L’Afrique dans tout cela ? Avec plus de 10% des 4 milliards d’utilisateurs de téléphone portable dans le monde le continent africain reste le dernier réservoir de clientèle non fournie. C’est aussi la région ou la croissance est à deux chiffres avec un taux de pénétration d’environ 40%. Cela induit deux choses. La première c’est qu’il y a encore de la marge pour vendre des appareils. Et la seconde encore plus intéressante est que tout reste à faire en terme d’application. Une aubaine pour les entrepreneurs locaux (y compris ceux qui on le moins de moyen financier). Les quelques chiffre de Gartners en disent long (voir les statistiques à gauche).

Avec les applications, pas besoin de beaucoup de moyen pour les mettre en place. Et donc dans quelques temps de nombreux développeurs africains pourraient se transformer en entrepreneurs pour saisir l’opportunité. D’ailleurs chez AlldenY nous prédisposons nos applications à des version mobile. Il s’en suivra un effet de masse et donc des investisseurs ignorant le contexte mais convaincus par les succès des premières applications. Tout sera réuni pour voir fleurir une bulle spéculative dans une silicon valley à l’africaine. Elle sera surement différente par le fait qu’elle se trouvera dans différents pays (Kenya, Afrique du sud, Nigeria, Ghana) en même temps. La Côte d’Ivoire n’a pas encore dit son dernier mot et donc sera surement au rendezvous.

L’Afrique et le logiciel libre en fête à AbidjanL’Afrique et le logiciel libre en fête à Abidjan

l’ Association Ivoirienne pour Linux et les Logiciels Libres (AI3L) à pour objectif de promouvoir le système Linux et en général les logiciels libres. L’action de l’ai3l se focalise sur 4 axes :

• Informer les étudiants sur l’option que constitue le logiciel libre et ses avantages en insistant sur l’apport de ces derniers dans l’éducation

• Fournir des informations utiles et pertinentes sur les logiciels libres

• Distribuer des CDs avec des logiciels libres

• Donner des informations sur FOSSFA, le projet Fossway et Idlelo 4, la 4ème Conférence Africaine sur le Logiciel Libre

Ce samedi 8 Mai 2010 cette association organise la journée du logiciel libre en Côte d’Ivoire. C’est une très bonne initiative d’autant plus que les africains gagneraient à utiliser les logiciels libre et surtout le système Ubuntu que je recommande fortement.

Metier : développeur d’application, vie de rêve ?

Ceci est le premier d’une série d’article sur les métiers de l’internet et du mobile.
La réponse à cette question serait un grand OUI ! surement parce que je suis développeur d’application et que j’aime mon métier. Il ne s’agit pas de l’aspect technique du métier. Bien au contraire il s’agit de cette possibilité d’apprendre et de connaitre le métier du client.

En effet mettre en place un système qui permet à un client de faire son travail via un ordinateur (et l’internet pour certains) nécessite de bien comprendre le métier de ce dernier. Pendant toute la durée de la collaboration, le développeur pose de nombreuses questions et organise les réponses en données et en procédures grâce à des documents de « spécifications ». Ce sont des documents dans lesquels le développeur retranscrit ce qu’il a compris du cahier des charges du client. Il s’y trouve aussi l’ensemble des enchainements que vont pouvoir effectuer chacune des parties atomiques de son système. Ces enchainements reflètent les actions que réalise le client dans le monde physique pour l’accomplissement d’une tâche.

Pour illustrer, prenons l’exemple de certaines choses que j’ai eu à réaliser dans une banque de la place : les calculettes pour crédit à la consommation. Il s’agit de simulateurs que vous pouvez trouver de nos jours sur les pages d’accueil de banques ou d’organismes de crédit tel que cofidis. Vous n’avez qu’à y rentrer certaines informations personnelles et en quelques cliques vous savez si oui ou non vous avez droit à un crédit et si oui jusqu’à combien vous pouvez prétendre. Et tout ceci en moins de 10mn (bien moins selon votre capacité à utiliser le clavier). Ces calculettes à interface simple d’utilisation, sont en fait des applications (ensembles de programmes informatiques) qui peuvent nécessiter plusieurs mois de travail avant d’être opérationnelles. Pour les mêmes données en entrée, elles retournent toujours le même résultat. Ce résultat s’obtient en effectuant des opération telles que :

  • La vérification du taux d’endettement actuel et calcul du même taux en cas d’acceptation
  • La vérification de la capacité à rembourser un crédit au vu des revenus
  • La vérification d’antécédants judiciaires suite à des défauts de remboursement de prêts précédents.
  • …….

Vous pouvez vous rendre compte que la liste ci-dessous énumère des actions spécifiques au domaine bancaire. il n’y a rien de technologique dans l’histoire. En sommes le développeur automatise les actions de l’agent de banque en s’appuyant sur des données fournies par des systèmes tiers s’ils existes déjà. Sinon soit lui même les crée soit un autre développeur s’en chargera. Sans donc avoir effectué une formation dans le domaine de la banque, on se retrouve à connaitre le domaine du crédit à la consommation.

Personnellement, grâce à des missions de développeur, j’ai pu apprendre des choses telles que :

  • le e-commerce et la monétisation d’applications mobiles,
  • le marketing en ligne,
  • le SEO (Search Engine Optimisation)
  • le crédit à la consommation,
  • l’affacturage,
  • la gestion de projet,
  • L’analyse technique boursière
  • …..

Cela ne fait pas du développeur un expert dans chacun des métiers pour lesquels il a travaillé. Pour quelques un de ces métiers, et suivant le temps qu’il y aura passé il peut s’en sortir avec un excellent niveau. D’ailleurs de nos jours, de nombreux développeurs effectuent des reconversion dans des métiers pour lesquels ils ont développer des outils.

La cerise sur le gâteau c’est que bien souvent les développeurs travaillent en équipe et on est donc bien loin du cliché « informaticien solitaire devant perdu dans son écran avec sa pizza et son soda ». On aurais pu aborder d’autres aspect sympa de ce métier mais j’espère que cette illustration vous verra penser que « c’est pas si mal que ça d’être un développeur ».

Pour le prochain métier si vous avez une préférence n’hésitez pas à le faire savoir.