Vous devrez investir dans mon projet

Vous avez décidé d’entreprendre dans l’industrie de l’internet et du mobile (idem pour tout autre industrie), malgré vos moyens limités. Vous serez donc un jour ou l’autre emmené à rechercher des investisseurs. Ces investisseurs reçoivent des centaines de dossiers comme le votre tous les mois. il vous faudra donc être convainquant pour qu’ils vous suivent. Vous passerez donc une partie de votre temps à demander à ces investisseurs d’investir dans votre projet. Pour cela, il vous faudra certains éléments tel que votre « Elevator Pitch » qui emmènera un investisseur potentiel à vous accorder un rendez-vous suite à un premier contact que vous n’aurez peut être pas prévu.

Daymond John - (Crédits photo : inc magazine)
Daymond John – (Crédits photo : inc magazine)

Il ne s’agira pas seulement de dire à ce dernier « MR X, vous devriez investir dans mon projet parce qu’il est bien et va rapporter beaucoup d’argent« . Il faudra vous démarquer des autres entrepreneurs par des arguments pertinents et plein de sens lors de ces deux minutes que la chance, Dieu, vos gris-gris, … ont bien voulu vous accorder. Vous devrez donc dire :

  • Ce qu’est votre produit/service

Il n’est pas question de vous lancer dans une explication technique sur le fonctionnement de votre produit. Mais plutôt dire en une ou deux phrases ce à quoi il sert, le problème récurent qu’il vient résoudre et les personnes concernées par se problème. Ainsi vous pouvez par exemple dire que « J’ai mis en place un système qui permet de mettre à disposition des informations sur les véhicules importés d’Europe vers l’Afrique. Ce système sera utilisé par les importateurs de véhicules africains qui passent beaucoup de temps à rechercher la bonne affaire une fois en Europe.« .
On comprend là que vous venez résoudre un problème relatif à l’industrie automobile dans une région qui possède essentiellement des voitures et pièces importées. Vous agissez par la même occasion sur l’industrie du transport et de la logistique. Cet exemple vient juste de me passer par la tête mais je pense qu’il peut représenter un énorme business. Libre à vous de l’exploiter.

  • Pourquoi est ce que les gens utiliseraient votre service ?

Il y a moins de trois semaines, le géant google a décidé d’arrêter le développement de son service « Wave » qui représente une belle démonstration du savoir-faire des ingénieurs de la firme de Montain View. L’une des raisons de cet arrêt est que ce service n’a pas trouvé son publique.

Vous pouvez donc mettre en place quelque chose de révolutionnaire, mais si personne n’en voit l’utilité alors aucun investisseur ne vous accompagnera. Il faut donc pouvoir expliquer à cet investisseur que vous avez rencontrer (sans être préparé), les raisons pour lesquels des gens accepteraient d’utiliser votre service. En restant dans notre exemple on pourrait dire  : « Les importateurs de voiture accepteront de payer un abonnement à mon service car ça leur permettrait d’anticiper sur les types de voiture les plus demandées. Ils agiront ainsi de manière efficace sur le taux d’invendus de leurs parcs. »

Bien sûr des raisons encore plus pertinentes peuvent être évoquées. Dans notre cas l’idée de ce système n’a que quelques minutes d’existence donc on peu se dire que l’on peu faire mieux.

  • Si votre produit/service rapportera de l’argent

C’est très simple. Un investisseur doit être vu comme une boite noire dont la sortie a pour objectif de multiplier l’entrée par 5, 10 voir 100. Si vous ne pouvez pas justifier et garantir ce résultat alors aucun investisseur sérieux ne vous suivra. La sortie n’est pas obligatoire au bout de quelques mois. Bien au contraire elle est souvent prévue pour au moins la 3ème ou la 5ème année.

Il vous faut donc avoir testé à petite échelle la rentabilité de votre produit. Dans notre exemple, l’on pourrait se rapprocher des professionnels de l’importation de véhicule à Abidjan et leur proposer quelques informations que l’on aura pris le temps de recueillir. S’il paient alors l’on n’est pas loin de quelque chose de rentable. Il s’agit aussi de s’assurer que le temps, l’énergie, et l’argent que l’on dépense pour recueillir ces informations est largement en dessous de ce que l’on gagnera.

  • Votre stratégie vis-à-vis de la concurrence

Il arrive que certains entrepreneurs croient qu’ils n’ont pas de concurrence. Il faut pourtant savoir que la concurrence peut être directe ou indirecte. Elle est toujours positive à mon sens car elle permet d’améliorer le service. Elle peut aussi naître à la suite du lancement d’un nouveau produit ou concept. Finalement il existe toujours une concurrence. Et c’est à vous l’entrepreneur d’expliquer à l’investisseur ce que vous pensez faire de cette concurrence telle qu’elle fut. Dans notre exemple on pourrait penser a des concurrents qui feraient la même application. Dans ce cas au moment de signer avec les professionnels de l’industrie cible on pourrait leur demander l’exclusivité sur certains modèles de voiture que nous aurons préalablement identifié comme très demandés par les clients de ces professionnels. Bien entendu nous serons disposer à offrir un service supplémentaire que nous pourrons facilement définir en prenant en compte leurs besoins quotidiens.

Enfin, il faut garder à l’esprit que plus la plupart des investisseurs parient plus sur l' »Homme » que sur le produit. Pour eux c’est l’entrepreneur qui est capable de faire le succès du produit. Et donc votre engagement et votre capacité à réagir sont deux facteurs déterminants au moment de choisir de vous accompagner ou pas. N’hésitez donc pas à présenter vos initiatives antérieures à votre projet. Elles peuvent constituer des preuves de engagement vis-à-vis de vos projets ou même des éléments justifiant votre capacité à trouver des solutions face à des obstacles.

Le Samsung Galaxy S5 lancé à Abidjan, mais pour qui ?

L’un des freins de la « digitalisation » de l’Afrique, reste le cout d’acquisition des appareils par les africains. Des marques telles que Samsung et ces concurrents venus principalement d’Asie travaillent tout de même à offrir des appareils correspondants aux bourses des populations de ce continent.

Mais quand vient le moment du lancement d’un appareil tel que le Samsung Galaxy S5, dans un pays Africain, peut-on attendre des africains qu’ils fassent de longs rangs, commencés la veille de la cérémonie, dans le but de faire partie des premiers à posséder ce fameux smartphone ?

Samsung GALAXY S5

A environ 420 000frcfa l’unité, le Samsung Galaxy S5 ne peut vraiment générer une telle affluence contrairement à ce que l’on a l’habitude de voir dans les pays occidentaux. Mais, …. Et je dis bien « mais », cela ne signifie pas pour autant que les africains ne sont pas intéressés par ces innovations. Bien au contraire, il suffit de voir le monde qu’il y avait au « café de Rome » d’Abidjan ce 25 Avril 2014 lors de la cérémonie de lancement national du nouveau smartphone de Samsung pour s’en rendre compte.

Lors de cette cérémonie, visiblement la démonstration de l’étanchéité de Galaxy S5 en a bluffé plus d’un. Aussi, l’on a pu découvrir que Samsung Côte d’Ivoire  et ses distributeurs travaillent à faciliter l’acquisition de ce bijoux technologique par les africains. En effet, pour ce Galaxy S5, il est possible de l’acquérir à crédit avec un remboursement d’environ 40 500frcfa/mois. Rdv dans quelques mois pour voir si cette mesure incitative a rencontré l’adhésion des consommateurs ivoiriens.

Avec notre équipe de Techmissus, nous sommes en attente d’un spécimen pour pratiquer des tests approfondis. Nous vous en dirons dès nouvelles dès que ce sera fait.

Enfin, le Samsung Galaxy S5, encore un excellent smartphone,  mais tout de même loin des bourses des africains (classe moyenne y compris).

 

Assisterons-nous à une colonisation digitale en Afrique ?

Ceci est le deuxième billet que je publie dans la tribune Télécoms de Jeune Afrique Economie dont j’ai la charge depuis quelques semaines. Il s’agit de la version enligne du magazine. Dans ce billet, j’ai souhaité attirer l’attention sur le fait que l’innovation technologique en Afrique viendrait des idées (et donc des cerveaux) locales. Il y a lieu donc de se soustraire d’une éventuelle « colonisation digitale« . J’ai aussi voulu présenter la responsabilité des Etats. Vous pouvez lire l’article en intégralité en cliquant sur le lien ci-dessous :

http://economie.jeuneafrique.com/tribune/404-tribune-telecoms/11304-lafrique-face-a-limmigration-digitale.html

Et vous qu’en pensez-vous ? Les carottes sont-elles déjà cuites ?

Ne plus être filicité pour vos idées

« C’est une très bonne idée ! » il s’agit là, de l’une des phrases que l’on entend dans toutes les organisations (entreprise, association, communauté, groupe d’amis, …).Très bonne idée ! Fuyez ce compliment comme la peste ! car son seul but est de vous maintenir loin de l’action et de l’exécution, tant votre ego d’être humain est sensible et capable d’inhiber tout passage à l’acte.
Lorsque vous aurez entrepris de ne plus être félicité pour vos idées, vous serez sûrement dans l’action. Vous aurez déjà matérialisé vos idées avant d’en faire l’annonce ou d’en parler autour de vous. La matérialisation dans certains cas consiste à marquer sur une feuille de papier comment vous allez vous y prendre tout en détaillant de manière la plus exhaustive, l’ensemble des obstacles. Dans d’autre cas, il s’agit d’avoir en votre possession un prototype fonctionnel.
Acceptez donc d’être celui qui n’a pas d’idées, mais qui les matérialise.

Retourner en Afrique et être acteur de la révolution technologique en cours

Ce matin encore des milliers d’ingénieurs africains de la diaspora se sont rendus à leur lieu de travail. Ils sont à New York, Paris, Tokyo, Sydney, … Ils ont surement pensé aux problèmes techniques de la veille à résoudre. Mais plus encore, ils ont cette forte envie d’être utiles à l’humanité en tant qu’innovateurs. Mais ce rêve reste irréalisable (en partie) tant qu’ils sont loin de cette révolution technologique qui se passe actuellement sur le continent africain.

Bien souvent, ils ont cette impulsion qui leur dit « prends tes clics et tes clacs et rentre au pays« . Mais à coté, l’actualité socio-politique « du pays » les ramène à la réalité. Cette réalité est mêlée de peurs et d’appréhensions (je ne serai qu’un technicien alors qu’ici, à l’étranger, je suis un cadre supérieur – j’aurai du mal à m’adapter à la manière de travailler – certains sont partis et on échoué …).

Et le temps passe. Les années arrivent à bout des ambitions et des désires du coeur. Avant qu’il ne soit trop tard, faites le pari.

  • Prenez plusieurs semaines/mois de vacance,
  • rendez-vous dans le pays africain de votre choix,
  • proposez ce que vous savez faire le mieux,
  • écoutez, apprenez et adaptez-vous aux exigences locales,
  • prenez du plaisir,

Et si les choses se passent mal,

  • retournez dans le pays étranger ou vous exerciez,
  • racontez votre histoire à ceux qui n’ont pas encore osé,
  • écrivez un livre (ne vous attendez pas forcément à un succès) ou tenez un blog.

Après ça, je pense que vous aurez envie de retourner pour recommencer l’aventure avec une vision plus claire. Tentez l’aventure technologique africaine. C’est maintenant que ça se passe.

 

 

Nous manquons de l’essentiel : le contenu

Il y a quelques mois j‘abordais dans un billet le manque de contenu africain disponible sur le web et les mobiles. Les choses n’ont pas réellement changé. Par contre le besoin est de plus en plus important. Il devient donc urgent de s’attaquer au problème par des initiatives.

La valeur se trouve dans le contenu
En 2011 les technologies sont devenus accéssibles par la plupart d’entre nous. il est très facile de se lancer dans une aventure entrepreneuriale sans se soucier de la technologie. D’ailleurs, monter un business basé sur la réalisation simple de site internet c’est presque monter un business qui ne rapportera pas. Tant les solutions du style « créer votre site en ligne en 5 minutes » sont nombreuses.

Par contre, une fois le site, la plateforme crée, il faudra penser à l’essentiel : le contenu. C’est là que ce trouve la valeur de votre site. l’on ne reviendra pas tous les jours sur votre site parce qu’il est beau ou parce qu’il implémente les toutes dernières technologies. Les internautes seront fidèles à votre site s’il y trouvent un plaisir, un enseignement, de l’humour, …, un certain intéret lorsqu’il le parcourent.

Facebook est valorisée à plusieurs milliards de dollars car on y trouve un plaisir à lire les status des un et des autres. Google est le N°1 et vaut encore plus que Facebook, car lorsqu’on y cherche des choses, on les trouve. Et pour arriver à nous servir ces contenus, il a fallu que des personnes prennent le temps pour les intégrer dans les bases de données de ces sites.

Finalement, qu’est ce que c’est ?
Le contenu, c’est donc cet ensemble d’information que l’on a pris le temps d’intégrer à un site, une plateforme, une application. Dans le cas des sites commes facebook, les concepteurs ont eu la finesse d’esprit de faire accomplir cette tache par les utilisateurs eux meme. Ce n’est pas un secret, nous travaillons tous pour facebook. Si nous ne perdions pas un peu de notre temps à écrire des status, des commentaires et à télécharger nos photos, facebook serait comme un gros bateau de croisière vide en pleine mer.

Il y a 10 ans ce sont les concepteurs des sites qui eux meme prenaient le temps de mettre le contenu sur le site. Vous savez par exemple que les fondateurs de yahoo, ont utilisé 8 mois de leur vie à travailler plus de 10 heures par jours pour mettre la description de tous les nouveaux sites qui se créaient dans une base de données. Il ont ainsi en moins d’une année constitué une énorme base de données qui a finalement pris de la valeur. Les choses ont évoluée et il existe de nouvelle manière de créer une base de données de cette envergure.

Le contenu africain pourrait etre l’actualité hyper-locale. Vous ne le savez peut etre pas, mais relater le quotidien de vos quartiers intéresse des personnes qui pour la plupart sont loin de ces quartiers. Je suis par exemple pret à parier que ce qui se passe dans le quartier d’enfance de Didier Drogba intéresse de nombreux marseillais, anglais et bientôt des chinois. De la meme manière des chiffres sur les habitudes de consommation des africains ont une réelle valeur quand on sait qu’ils pourraient intéresser des manufacturiers. Vous pouvez aussi mettre à disposition des sonorités folkloriques. Les possibilités sont nombreuses et lorsque vous vous lancerez vous en découvrirez encore plus.

Les africains doivent s’atteler à créer du contenu pour l’Afrique
Si l’on s’en tient aux statistiques de l’an dernier, le contenu africain en ligne représente moins de 10% du contenu global. Il y a donc une grosse marge de progression qui peut etre réalisée.

En créant du contenu, nous valoriserons l’industrie technologique de notre continent. Implicitement, nous attirerons les investissements étrangers qui faciliteront la naissance de nouveaux modèles économiques. Et qui dit nouveaux modèles économiques, dit emplois et recul de la pauvreté. Cela peut paraitre simpliste mais c’est une évidence et un processus logique quand on sait comment se valorise les contenus. Ce sont des choses qui ne s’appennent pas dans les grandes écoles de commerce, mais sur le terrain.

Les africains doivent se presser de créer eux meme leur propre contenu sinon quelqu’un d’autre le ferait à leur place. Et ce n’est pas sure que dans ce cas l’on aura la réalité. Les économies du monde entier sont de plus en plus intimement liées aux technologies de l’information. Et cela n’est pas pret de changer. Bien au contraire, l’on peut parier sur le fait que ces technologies prendront une place centrale dans les économies. Ainsi, si vous n’avez pas le controle de l’information qui vous concerne, vous n’aurez pas le controle de la valeur qu’elle génére. Les gouvernements prendront du temps à adopter une politique incitative, mais les entrepreneurs ont là une belle opportunité.

Cette opportunité qui engendrerait de nombeux emplois n’est pas négligeable. Il suffit de regarder ce qui se passe dans les régions du monde ayant déjà une certaine avance. En 2005 lorsque j’étais développeur d’applications mobile chez le leader français de l’époque, j’ai découverts de drôles de musiciens. Un nouveau type de musiciens qui travaillaient du matin au soir dans un studio spécial. Leur travail consistant à reprendre toute sorte de tube de sorte à ce qu’il se rapprochent des originaux (à l’écoute) tout en faisant attention aux lois liées à la propriété intellectuelle. Ces tubes étaient ensuite intégrés dans des bases de données accéssibles aux applications développées par les ingénieurs. Ainsi, l’utilisateur à partir des applications, arrivait à télécharger ces tubes pour en faire des sonneries pour leur mobile. Ou encore des ringtones qui eux remplaçaient la sonnerie entendu par l’appelant lorsqu’il essayait de les joindre. Je me souviens que c’était un véritable succès. Car bien des tubes scoraient à plus de 500 téléchargements par jour. Et quand on sait que le téléchargement vaut en moyenne 2Euros, ça va très vite.

Qui pourrait le faire ?
L’entrepreneur type qui pourrait créer du contenu pour le web ou les mobiles, c’est vous. Oui, vous et moi. Pour démarer dans le business du contenu, vous n’avez pas besoin d’avoir effectué des études spécifiques. Vous avez juste besoin de savoir ranger des informations avec un minimum de structure.

Qu’est ce que ça faudrait ?
Une fois les informations rangées, il vous restera à savoir les présenter en tenant compte des besoins des internautes ou des entreprises qui raffolent d’information. C’est aussi le lieu de rajouter de la valeur afin de les vendre encore plus chère.

Par exemple, lister les petits commerces d’un quartier est déjà pas mal. Si l’on estime que vous vendez 200frcfa chaque élément de la liste, vous pourriez monter jusqu’à 1000frcfa si vous y rajoutez une photo (meme prise avec un téléphone portable), et un numéros de téléphone fonctionnel. Vous pourriez aller encore plus loin (2000frcfa) si vous y ajoutez un comparatif. Imaginons que vous metez en parallèle le chiffre d’affaire et la localisation vis-à-vis des axes routiers centraux. Disons que vous décidez de ne plus vendre la liste mais de permettre aux intéressés de souscrire à un abonnement afin que pour chaque nouvel enseigne intégrée, ils puissent recevoir une notification. Vous avez là une nouvelle entrée d’argent qui demande encore moins d’effort.

Allez, au boulot ! Mettons l’Afrique en ligne.

Si j’avais 4 mots à adresser aux afritechpreneurs

IMPORTANT : afritechpreneur désigne un entrepreneur africain (quelqu’un qui vit ou travaille en/pour l’Afrique) des technologies.

À plusieurs reprises l’ont m’a demandé sur facebook ou twitter des conseils et topos pour commencer un buisness (dans les technologies) en Afrique. Pour la plupart ce sont des africains de la diaspora qui souhaitent rentrer et évitez le syndrome de l’entrepreneur hors-sujet. Mais à coté, de plus en plus de personnes vivant sur place projettent de se lancer dans une aventure entrepreneuriale. Avec les 4 conseils suivants qui sont plus ou moins spécifiques à l’Afrique, je vais donner des éléments de réponse qui sont intimement liés à ma propre expérience sur le terrain.

1. Commencer sans attendre, par exemple, la fin d’une situation politico-sociale à priori défavorable à l’investissement. Ses évènements sont partie intégrante de notre vie en Afrique car le continent est jeune. Il faut savoir les accepter et s’organiser pour travailler dans les conditions qu’ils nous imposent. Vous ne serez jamais aussi prêt que lorsque vous aviez décidez la première fois d’entreprendre. C’est à ce moment-là que votre optimisme est à son plus haut niveau. Commencer, c’est aussi prendre le temps de recueillir des informations sur ce dont a besoin la tranche de la population pour laquelle vous avez décidé de lancer votre produit/service.

Quoi qu’il arrive vous ferrez des erreurs (et même de grosses erreurs). Il n’y a pas lieu de s’affoler lorsque cela survient. Bien au contraire ce sont des occasions qui vous permettent d’en savoir plus sur vous même, vos capacités et vos limites.

En Afrique (et surement dans d’autres régions du monde aussi) certaines choses fonctionnent à un rythme qui peut paraitre assez lent lorsqu’on vient de l’occident. Vous gagnerez donc à entamer des procédures et démarches le plus tôt possible. C’est aussi l’occasion de vous constituer un excellent carnet d’adresse.

2. Construire une communauté

Le canal publicitaire le plus puissant en Afrique est le bouche-à-oreille. Prenez donc le temps de parler de vos produits au gens qui vous entourent en n’hésitant pas à leurs donner des échantillons. Si vos finances vous le permettent, recrutez des personnes qui pourront passer dans les lieux publiques pour en parler (s’il s’agit de produit grand publique).

3. S’entourer de partenaires

Bienvenu dans la partie du monde ou l’on ne peut presque rien réussir tout seul. Il faut vous entourer de personnes/entités déjà présentes localement et qui bénéficient d’un minimum de crédibilité auprès de la population.

4. Servir vos clients

Démarquez-vous de vos concurrents en vous mettant au service de vos clients. Mon expérience me permet de dire que dans les différents secteurs économiques, le client n’est pas roi en Afrique. Bien entendu, quelques acteurs font des efforts. Mettez-vous au service de vos clients. Acceptez leurs caprices, vous en ferrez des commerciaux pour votre produits.

il y a bien entendu d’autres mots que pourrai adresser aux futurs afritechpreneurs. Si, vous aussi avez envie de partager votre expérience, n’hésitez pas à le faire en commentant ce billet.

Du manque d’applications web et mobiles afro-africains vers une africa web/apps store

« En informatique, une application Web (aussi appelée site  WebApp) est un logiciel applicatif manipulable à partir d’un navigateur Web. De la même manière que les sites Web, une application Web est généralement placée sur un serveur et se manipule  l’aide d’un navigateur Web, via un réseau informatique (Internet, intranet, réseau local, etc.). » – Wikipedia.

Il y a quelques semaines je me demandais pourquoi nous avions si peu d’applications Web/mobile produites par des africains d’une part et des applications résolvant des problèmes spécifiques au contexte africain d’autre part. En plus de mon expérience personnel, j’ai effectué des appels à témoin dans la semaine qui vient de s’écouler via Twitter et facebook. Voici un résumé de ce qu’il en ressort :

Des pays sur liste noire

Les réseaux mobiles de certains pays d’Afrique tels que la Côte d’Ivoire n’ont toujours pas accès aux Apple App Store et autres appShop. Vous pouvez donc posséder un Iphone dans ces pays sans pouvoir profiter des quelques 350 000 applications de l’App Store. Il en est de même pour l’android market. Avec cette situation, les développeurs locaux ne risquent pas de se lancer dans la production d’applications pour ces plateformes.

Du coté des Opérateurs (les Telcos)

Les opérateurs mobiles sont désormais au coeur de l’activité économique dans les pays africains. Vous trouverez très peu d’événements dans lesquels ils ne sont pas sponsors ou partenaires. Ils ont donc le « pouvoir » de toucher une grande partie de la population en très peu de temps. Malheureusement il existe très peu d’actions qui visent à encourager le développement d’applications spécifiques à l’Afrique. La plupart des opérateurs ne possède à ce jour pas de politique/projet qui vise à mettre à disposition des utilisateurs, des applications développées par des développeurs locaux. Un projet comme Orange Tunisie AppShop gagnerait à être répliqué. Tout le monde en sortirait gagnant. Pour les opérateurs c’est une opportunité d’avoir une source de revenu supplémentaire sans réellement produire. Pour les développeurs c’est une occasion de vivre de leur art. Pour les utilisateurs, un choix de plus en plus large et enfin pour l’industrie dans sont ensemble cela ne peut être que bénéfique. Pour l’instant, la majorité des opérateurs mobiles préfère produire eux même leurs propres applications.

Les développeurs

Bon nombre de développeurs africains n’ont pas encore la mesure du changement qu’ils peuvent apporter à leur environnement en produisant des applications simples mais utiles pour résoudre les problèmes de la vie quotidienne en Afrique. L’Afrique du Sud, le Nigeria, et maintenant le Kenya et le Ghana font partie des quelques pays ayant entrepris la « révolution des développeurs africains« . Pour la campagne électorale de l’élection présidentielle au Nigeria par exemple, le Candidat (et désormais Président) Goodluck a utilisé une application mobile qui fonctionne sur la plupart des smartphones. L’Ong Ushahidi possède une application mobile et un SMSSync.

Initiatives à promouvoir et à répliquer

  • Apps World Africa : Vise à explorer le capacité des applications à soutenir le développement dans les pays du tiers-monde.
  • PivotEast : un concours pour les développeurs d’application de l’Afrique de l’Est
  • Apps<4>africa : est un concours qui vise à mettre en lumière le talent des développeurs locaux du Kenya, de l’Uganda, du Rwanda et de la Tanzania et à exposer leurs capacité à utiliser les technologies pour un meilleur monde.
  • Android Developer Challenge – Afrique Subsaharienne : Afin d’accompagner les programmes de développement des développeurs africains, Google lance le concours Android Developer Challenge pour l’Afrique subsaharienne avec, à la clé, des récompenses pour les meilleures applications pour mobile. les gagnants des différentes catégories et chacun recevra 25 000 dollars américains
  • MobileHackAf : marathon de développement d’applications mobiles pour les pays d’afrique francophone.
  • ….

Des pistes

  • Certaines start-up et entreprises technologiques africaines sont déjà à mesure de produire des applications à fort impact. Il serait assez intéressant que les opérateurs mettent en place une procédure qui vise à valider et à intégrer les applications développées par des tiers.
  • Les Ong, associations et autre groupements actifs des technologies devraient aussi se rapprocher des opérateurs pour leur soumettre des campagnes de sensibilisation et de formation pour les développeurs locaux.
  • Les ingénieurs et développeurs expérimenté de la diaspora devraient partager leurs expériences.
  • Pour ma part je m’engage à organiser des sessions de formation dans la ville d’Abidjan (et éventuellement dans d’autres villes, si le temps et les moyens le permettent.) pour emmener les développeurs locaux à produire leurs propres applications en se basant sur les spécifications des différentes plateformes (Android, app store, …). Un challenge à la clé ne ferait pas de mal. Pour un tel projet une collaboration avec l’un des opérateurs mobile est nécessaire.

Finalement, J’ai décidé de lancer AFRICAPPSTORE, un portail pour présenter les applications web et mobiles développées pour l’Afrique. Pour l’instant il n’y a que la version en anglais qui est disponible.

Financez votre projet grâce à vos clients

Si comme moi vous savez que les banques et les organismes de crédit ne sont pas toujours disposés à vous aider à financer vos projets, il vous reste tout de même une multitude de solutions.

Les classiques
Pour certains les proches constituent un soutien non négligeable. Les économies peuvent y passer pour ceux qui ont eu l’occasion d’épargner. Les Business-Angels et les VCs (Capitaux Risqueurs) restent une solution, lorsqu’ils pensent (ils ne détiennent pas toujours la vérité) que votre projet aura du succès. Qu’est ce qui vous reste lorsque vous n’êtes dans aucun de ces cas ? Et bien, il vous reste vos clients !

Le client investisseur
Si votre objectif est de vendre un logiciel que vous êtes en train de concevoir, vous pouvez en attendant fournir des services de maintenance de haute qualité à des entreprises qui sont dans le besoin. Nous sommes ainsi d’accord que si vous vous dites capable de créer un logiciel, alors maintenir des existants devrait être un jeux d’enfant pour vous. Vous ferrez ainsi rentrer de l’argent et par la même occasion vous fidéliserez les premiers clients/utilisateurs du logiciel que vous êtes sur le point de lancer. Bien entendu vous devez leur montrer qu’ils sont privilégiés en leur permettant de tester votre solution en avant-première.

Vous avez surement des doutes sur ce que j’ai avancé, mais si vous osez demander à ces clients de financer une (ou toute) partie de votre logiciel en question, vous obtiendrez très peu de refus. Ils s’agit là de leur présenter un vrai plan sur une certaine période afin de leur montrer que vous avez de la suite dans les idées. Ils seraient si ravis de savoir la sortie de ce logiciel à forte valeur ajoutée (car venant de vous) qu’ils seront près à vous donner ce coup de pousse financier. Vous aurez tout simplement transformé vos clients en Investisseurs. La bonne nouvelle c’est que ces derniers vous mettraient moins de pression que des VCs ou BA traditionnels et les négociations pour les prises de part seront beaucoup plus faciles.

J’ai parlé de logiciels mais ceci s’applique à presque toutes les activités avec des adaptations. Demandez-vous si vos clients sont disposés à se constituer en investisseurs pour l’un de vos projets et vous aurez une indication sur votre capacité à fournir un service de qualité ou un produit qui répondrait aux attentes des potentiels clients.

L’ afritechpreneur face à la difficulté

Il est bien connu que les régions du monde les moins développées sont celles qui présentent le plus d’opportunités aux entrepreneurs. Lorsque l’on vient combler un vide ou fournir un service qui répond à un besoin quotidien de ses paires, le succès est presque garanti. Ceci est-il vrai pour les afritechpreneurs ?

A priori oui. Mais lorsque l’on pousse la réflexion en tenant compte des réalités de l’Afrique, ce simple « OUI » n’est plus valable. Je ne dis pas que les opportunités sont restreintes pour les afritechpreneurs. Bien au contraire, elles sont réelles et encore plus nombreuses qu’ailleurs (sentiment personnelle) compte tenu du retard du continent vis-à-vis des autres. Le problème c’est cet ensemble de barrières et difficultés qui viennent entraver la progression des afritechpreneurs. Allant jusqu’à les faire reculer pour bon nombre d’entre eux.

Une grosse partie de ces difficultés est constituée par des législations très peu adaptées à l’entrepreneuriat. Ces jeunes Ètats africains n’ont pas encore entamé des chantiers spécifiques au développement et à la démocratisation des technologies. L’auto-suffisance alimentaire et la santé publique étant prioritaires à juste titre. Il faut aussi noter les instabilités socio-politiques qui rendent difficiles la poursuite d’une aventure entrepreneuriale. Surtout lorsqu’il s’agit de l’industrie des technologies.

L’afritechpreneurs doit-il capituler face à ces difficultés propres à l’Afrique ? Je pense que non. Bien au contraire il devrait redoubler d’ingéniosité pour contourner ces barrières. Car une fois ces difficultés contournées, il ne lui reste plus qu’un immense marché aux opportunités très peux exploitées à ce jour.

Je reviendrai dans un prochain billet sur des exemples d’afritechpreneurs ayant usé de leur ingéniosité pour contourner les ennemis de l’entrepreneuriat en Afrique.

Si vous en faite partie, ou si vous connaissez des exemples n’hésitez pas à partager l’expérience en laissant un commentaire.