C’est le moment de partir, passer la main

En toute chose il y a un début et une fin. L’on dira que c’est trivial. Mais l’expérience montre que les choses les plus difficiles à implémenter (mettre en œuvre) sont celles qui paraissent évidentes.

Le moment de passer la main, est si difficile à accepter pour tout leader que bien souvent, il se retrouve à être hors jeux. Lorsque vous avez été aimé, apprécié, il est souvent difficile de ce dire « c’est le moment de partir ». Lorsque vous avez réuni, inspiré, motivé, vous pouvez avoir le sentiment d’être devenu indispensable. Erreur …

Plus grand est celui qui comprend, accepte de partir. Il ne se rend compte de la justesse et de la grandeur de son acte que lorsqu’il est parti. C’est à ce moment-là même que son leadership prend tout son sens car il devient automatiquement le mentor de celui qui prend sa place. Et lui, prend de la hauteur.

Mettez le compte à rebours en marche. Et dès que le bac à sable est vide, partez.jpehouman-partirEn toute chose il y a un début et une fin. L’on dira que c’est trivial. Mais l’expérience montre que les choses les plus difficiles à implémenter (mettre en œuvre) sont celles qui paraissent évidentes.

Le moment de passer la main, est si difficile à accepter pour tout leader que bien souvent, il se retrouve à être hors jeux. Lorsque vous avez été aimé, apprécié, il est souvent difficile de ce dire « c’est le moment de partir ». Lorsque vous avez réuni, inspiré, motivé, vous pouvez avoir le sentiment d’être devenu indispensable. Erreur …

Plus grand est celui qui comprend, accepte de partir. Il ne se rend compte de la justesse et de la grandeur de son acte que lorsqu’il est parti. Une fois parti, vous découvrirez le véritable sens du leadership car l’on ferra référence à vous. L’on vous demandera conseil. Au fond, vous continuerez à impacter la communauté (quartier, ville, pays, entreprise, association, club, ….) ou le groupe pour lequel vous avez été leader « officiel ».

Une fois parti, vous vous élèverez au rend de « modèle ». Vous, le nouveau mentor les uns, et sage pour les autres, vous prendrez encore plus de hauteur.

Refusez de partir et vous vous engagerez vous même vers une sortie mouvementée, triste. Pour l’honneur de la mission pour laquelle vous avez pris les devants, il faudrait songer à mettre le compte à rebours en marche. Et lorsque les pendules seront à zéro, faites-vous plaisir, partez ! Vous serez plus utile ailleurs car une autre mission (que vous apprécierez encore plus) vous attend.

[cet article a été publié pour la première fois le 18 novembre 2011. Et a été ensuite édité à nouveau le 27 Septembre 2013]

L’Afrique va-t-elle céder sa matière première des Technologies de l’information comme elle l’a fait avec son sous-sol ?

Suite à une annonce de financement des partis politiques en Côte d’Ivoire à hauteur de CFA2 Mrds (à vérifier, car certaines sources parlent de 1 milliard) chacun, des réactions se sont fait entendre sur le web et les réseaux sociaux. Rien de bien grave, juste des discussions entre personnes éduquées. En tant qu’entrepreneur Tech, j’aurais souhaité une action similaire à l’endroit des Pme ou des ONG qui ont fait leurs preuves dans le domaine des technologies de l’information. Et je ne pense pas être le seul à voir les choses de cet oeil. Mais surement que certaines réalités du terrain politique nous échappent.

Nous sommes à la limite de croire que nos états ont abandonné d’avance le combat pour l’appropriation des technologies afin de les utiliser à leurs fins. Ont-ils choisit de céder cette tâche à d’autres. Quand on sait les enjeux, je me demande si nous n’allons pas céder ces choses comme nous l’avons fait pour les sous-sols de certains pays africains. Certes, pour l’instant les choses n’ont pas de si fortes similarités. Mais, dans un futur très proche, plus d’un seront surpris de la puissances des systèmes d’information et de toutes ces technologies. Et je ne parle pas de printemps arabes ou de révolutions populaires soutenus par les réseaux sociaux.

Peut être ne sommes nous pas assez claire quand nous leur parlons. Peut être ne parlons-nous pas assez. Dans ce cas, il faudrait qu’on se bouge. C’est l’une des raisons de ce post. Dans tous les cas, je ne cesserai de le dire, cette industrie des technologies représente ce qui pilotera les économies africaines. Si vous en doutez, faites un bilan sur ce qui a rendu les compagnies de téléphonie aussi puissantes (dans certains pays, ils ont plus de poids que les autorités de régulation) dans nos pays. L’information, c’est la matière première du pouvoir suprême. Et savoir la véhiculer/manipuler est de l’ordre de la magie (sorcellerie) aux yeux de ceux qui ne s’y connaissent pas. Enfin, je reste convaincu que les performances de l’économie du « online » surpasseront celles de l’ère de la toute puissance des telcos.

Aujourd’hui, il ne s’agit plus d’un seul secteur. Non ! Les technologies de l’information, telles qu’elles sont en train d’évoluer, auront une très forte influence sur chaque secteur des économies africaines. Cette somme d’influences sur les différents secteurs, deviendra elle même l’influence principale des futures croissances. Aujourd’hui :

  • grâce à des applications, et autres matériels électroniques bon marché les paysans de Dar-Es-Salam (en Tanzanie) savent si demain ils devront se lever pour se rendre au champs.
  • Grâce à ces mêmes technologies (l’exemple du Cardiopad crée par Arthur Zang), les infirmières de Yaoundé arrivent à promulguer des soins cardiaques qui sont à la base l’affaire de médecins spécialisés.
  • Et toujours grâce à ces « nouvelles choses », les fonctionnaires de Mombasa (au Kenya) ne risquent plus de se faire agresser au moment de percevoir leurs salaires car tout est fait par transaction via le mobile.
Lors d'une session de formation gratuite organisée par l'ONG Akendewa
Lors d’une session de formation gratuite organisée par l’ONG Akendewa

Combien de conseils des ministres se sont déjà penchés sur ces questions ? Pas beaucoup. Par contre, soyez en sûr, dans les conseils d’administration des grandes multinationales (europe, asie, amérique) du domaine des technologies, les gens on déjà pris des décisions et donner des ordres de décaissement de sommes qui valent des budgets de certains états africains. Oui, le rachat d’une partie de Nokia par Microsoft est environ 2,2 fois le budget 2012 du Niger. Autant d’argent pour quoi faire ? Et bien pour aller à la conquête du dernier terrain libre. L’Afrique ! Oui, ils viennent à la conquête de l’Afrique, et c’est ce que les africains auraient fait s’ils étaient à la place de ces multinationales Européennes ou Américaines.

Peut-être que vous ne le savez pas encore, mais Google va bientôt offrir l’internet gratuitement aux (certains) africains via son projet LOON. ça peut faire sourire, mais si vous suivez les actions de cette entreprise sur le continent depuis ces 7 dernières années, vous comprendrez que c’est effectivement la prochaine étape. Mais tenez vous bien, il n’y a pas que Google qui a eu cette idée. Facebook, le réseau social de plus d’un milliard d’utilisateurs, s’est associé à plusieurs autres entreprises dans le but d’offrir l’internet « gratuitement » aux africains. Les stratégies de ces deux initiatives ne sont pas encore connues, mais elle se tiendront surement sur plusieurs années. Et nécessiteront des budgets colossaux. Comme vous pouvez l’imaginer, il faudra à un moment ou un autre que ces entreprises qui font « don » de la connexion à l’afrique, en tirent elles même quelque chose. Quoi ? L’avenir nous le dira.

Il faut vraiment plus d’engagement de nos Etats. L’enjeux n’est pas d’abandonner les partis politiques pour s’occuper des entrepreneurs « inexpérimentés » du domaine des technologies de l’information. Mais il n’est pas normal que la plus grande initiative (GIST) d’incitation à l’entrepreneuriat dans les technologies, sur le continent, vienne de la maison blanche. Car les agissements des activistes locaux ne seront jamais suffisant et auront toujours une portée très limitée. Nos gouvernements doivent prendre leurs responsabilités comme un parent s’investit dans l’éducation de son enfant.

Il n’est pas encore tard. Il est encore possible de mettre la priorité sur l’émergence d’une classe d’entreprises technologiques locales. Pour les hommes politiques, ce n’est certes pas évident. Car il faut du courage (à la limite du suicidaire) pour décider de ce genre de priorités quand on a l’habitude de financer le calme des perturbateurs. Mais en investissant sur l’agitation des créateurs (entrepreneurs) de valeur, on se donne les moyens pour l’installation d’un calme durable qui lui n’aura pas besoin d’être financé. La jeunesse africaine a du potentiel. Mais à quoi sert un potentiel non encadré/exploité ?

Comment nous avons gagné les élections présidentielles 2010 en Côte d’Ivoire

Aout 2010, le gouvernement ivoirien annonce à population que les élections présidentielles tant attendues auront finalement lieu le 31 Octobre 2010. Tout le monde reste méfiant vis-à-vis de cette date car il y en a eu plusieurs pendant les 5 dernières années.
Quelques jours après cette annonce, lors d’une discussion avec , Diaby Cheick Mohamed, il me propose que nous déployons un outil de veille pour ces élections. Cet outil couvrirait la préparation, la campagne électorale et finalement le semaine électorale. Comme toutes les bonnes initiatives visant à émuler les bons usages des technologies en Afrique francophone, je suis d’office partant. Mais je fini par ne pas donner de suite car étant très pris par mes activités professionnelles et la gestion de l’Ong AKENDEWA.

Vide et précisions
Pendant plusieurs semaines nous n’en reparlerons plus. Début Octobre 2010, de retour à Paris, je souscris au bouquet Afrique de mon FAI pour avoir la Télévision Ivoirienne (RTI) afin de pouvoir suivre à distances les évènements à Abidjan. Les choses se précisent. Cette fois-ci c’est sûr qu’il y aura des élections. Ici et là les agences de communication s’agitent et je découvre que les principaux candidats se dotent d’outils de communication en ligne et de comptes sur les réseaux sociaux. J’en tire une satisfaction personnelle car c’est bien l’idée que j’avais en initiant le premier Barcamp à Abidjan pour déboucher sur la création d’AKENDEWA.

15 Octobre 2010 : la campagne électorale commence. Ici et là des tweets, des posts facebook et même des vidéos sur youtube de la part des candidats. Lorsque j’ai un bout de temps je publie des posts sur mon mur facebook pour parler des élections. Il y a quelques réactions provenant surtout de la diaspora et de nombreux commentaires engagés. Mais tout cela reste dans une ambiance amicale et constructive. Des partisans adversaires vont jusqu’à se donner des conseils entre eux pour la gestions de la communications de leurs candidats respectifs.

Deux jours après le début de la campagne électorale, Archippe Yepmou, vice-Président deInternet Sans Frontières (dont je suis moi même membre) m’interpelle suite à l’un de mes posts et me demande pourquoi est-ce que je ne déploie pas une instance d’Ushahidi pour une veille sur les élections de la Côte d’Ivoire. Il m’explique qu’il serait prêt à participer et qu’éventuellement des bénévoles de ISF s’y joindraient. J’avoue que cette question m’a réveillée. Car, je me suis moi meme dis, qu’en tant qu’entrepreneur engagé, c’est un peu un devoir de mettre à disposition cet outil. J’ai donc décidé de le faire seulement si j’y arrivais en 24h. Au delà, j’avais décidé de laisser tomber et me concentrer sur mon travail de tous les jours. Aussi j’ai tenu à mettre Diaby Mohamed sur le coup car lui et moi avions déjà discuté d’un tel outil. Il s’en est suivit plusieurs échanges d’email dans l’heure entre Diaby MohamedArchippe et moiDiaby Mohamed à eu donc pour charge de contacter les autorités, les médias locaux pour leur parler de ce que nous étions en train de faire. Archippe avait à monter l’équipe de modération et aussi rédiger ce qu’il faut pour les communiqués de presse. Pendant ce temps, j’avais laissé tomber toutes mes activités pour déployer l’outil. Parallèlement il fallait que j’explique aux membres d’AKENDEWA que je souhaitais mettre le projet sous la coupole de notre ong et que s’il y avait des volontaires, il serait les bienvenus. Ghislaine et Manassé (tous deux journalistes, bloggueurs et membres actifs de akendewa) ont tout de suite réagit en mettant à disposition 3 numéros de téléphones. De plus, Manassé qui est aussi développeur web m’a proposer son aide technique. Je lui ai donc confier l’intégration de la plateforme avec FrontlineSms, outil d’intégration sms.

un image de wonzomai

Le déploiement et le nouveau design
Sans attendre je me suis rendu sur le site de Ushahidi, j’ai relu la documentation fonctionnel puis enchainé avec le téléchargement de la dernière version stable. Après quelques heures à essayer de faire fonctionner le système de base, j’ai ensuite entrepris la modification du code source afin que le fonctionnement soit optimal pour notre besoin. c’était aussi pour moi l’occasion de mieux le comprendre pour envisager produire un document technique en français. Chose qui aurait pu m’aider moi même.
Une fois que j’ai annoncé le fonctionnement correcte de notre plateforme, il lui fallait un nom, un compte+tag twitter, un compte facebook et et un design personnalisé. Archippe contacte donc Ghislain Lambert, le designer de Internet Sans Frontières qui accepte de faire partie de l’aventure. Pour le nom, j’utilise une méthode qui marche toujours. J’ai juste demandé à la communauté de trouver un nom dans une langue de Côte d’Ivoire via mon mur facebook. Sur trois propositions (Cheleya, Adanzié, Wonzomai), « Wonzomai » qui signifie « sentinelle » en langue bété est le nom le plus apprécié. Nous définissons alors un hashtag pour twitter : #civ2010

L’appel à la communauté pour des téléphones compatibles
Une fois l’intégration de la plateforme accomplie, nous nous sommes mis à recherche de téléphones compatibles selon les spécifications de FrontlineSms. J’ai donc lancé un appel à la communauté via facebook. Il s’en ai suivie une vingtaine de tweets. La recherche fut infructueuse. Nous avons donc été obligé de puiser dans les fonds d’AKENDEWA. Nous rappelons qu’à ce jour AKENDEWA fonctionne sur fonds propres. Après quelques communications entre Frédéric Tapé (administrateur akendewa), Eric Agnissan (Vice-Pésidentent Akendewa) et Manassé nous sommes rentrée en possession de deux téléphones compatibles.

La communauté, les débats télévisés et la New Media Task Force de l’université de Columbia
Après quelques tweets, certains blogueurs et tweeterers africains nous contactent pour nous exprimer leurs encouragements. Et naturellement ils relaient l’information. En moins de 24h nous notons plus de 600 tweets et déjà 1500 visiteurs uniques. Sur twitter et facebook, c’est l’adoption totale. Certains blogueurs n’hésitent pas à produire des articles. Wilfried Akapko et Cyriac Gbogou de AKENDEWA nous proposent leur aide pour la modération et la publication sur les réseaux sociaux. C’est pour moi l’occasion de prendre un peu de repos et d’envisager un moyen encore plus efficace pour la diffusion de l’information. J’effectue donc une analyse des tweets contenant nos hashtags. Compte tenu du fait qu’il y a plus d’ivoiriens sur facebook que sur Twitter, Je décide personnellement de créer la conversation sur mon mur facebook en me positionnant comme modérateur. A des questions simples sur les prestations des candidats dans l’émission « face à la nation » (diffusée sur la chaine nationale ivoirienne, RTI – http://www.rti.ci), je reçois plusieurs dizaines de commentaires. Ce sont les signes de l’engagement des internautes ivoiriens pour ces élections.
Pendant ce temps, Julie Owono nous annonce que la New Media Task Force de l’université de Columbia a décidé de nous apporter son aide en mettant à disposition une dizaine d’étudiants volontaires pour la modération de la plateforme. Encore une bonne nouvelle ! Cette même communauté reste très active pendant la journée de vote en nous faisant parvenir l’ambiance dans les bureaux de vote.

L’attente des résultat, le Buzz et peacevote
Lorsque les médias parlent de Wonzomai, c’est le buzz total. le passage à la BBC et sur France24 fait encore plus découvrir la plateforme. Parallèlement, Cedrick Symenouth (de akendewa) et Mohamed travaille une nuit entière pour nous sortir peacevote (http://peace.53voices.com), qui permet de passer des messages de paix.

 

AllDenY Interactive Web App For Elections’s Results

La victoire est acquise et la veille continue, AllDenY s’y met avec AIWA4ER
Pendant que j’écris ces lignes, nous continuons à publier en ligne les chiffres transmis par la CEI via la Télévision. Toute l’équipe de Wonzomai (akendewa, Internet Sans Frontières, la communauté) est assez satisfaite de cette victoire que nous avons remporté sur les mauvais usages de l’internet en Afrique. Parallèlement, l’un de mes collaborateurs au sein de AllDenYRégis Bamba me fait savoir qu’il faudrait que l’on aille jusqu’au bout. Je me demandais bien de quoi il parlait. Et bien il souhaitait que l’on fournisse un outil interactif avec un algorithme efficace pour une génération des résultats sur plusieurs formats. Quelques heures plus tard nous avons AIWA4ER (AllDenY’s Interactive WebApp For Elections’s Results – disponible à l’adresse http://alldeny.net/elections). Cette initiative citoyenne rejoint tout ce que nous avons entrepris jusque là. Je remarque aussi que sur les réseaux sociaux de nombreuses personnes relais les chiffres pour une diffusion encore plus grande. En 15 jours nous avons réussi à prouver que les acteurs du web ivoiriens détiennent désormais une partie du pouvoir. Le prochain Président devra donc faire avec cette communauté. Car elle n’est que naissante.

L’équipe : il y a surement certains noms que je n’ai pas mentionnés. Au cas ou je vous aurais oubliez, n’hésitez pas à me le signaler pour que je rectifie le tire.

  • Cédric Symenouh (membre Akendewa – webdesigner afritechpreneur)
  • Stéphane koffi Kan (Secrétaire Général Akendewa – Développeur)
  • Wilfried Akapko (membre Akendewa – afritechpreneur)
  • Cyriac Gbogou (membre akendewa)
  • Frédéric Tapé (membre akendewa – Ceo de AMN – blogueur – afritechpreneur)
  • Jean-Patrick Ehouman (Président Akendewa – Ceo AllDenY – blogueur – afritechpreneur)
  • Régis Bamba ( Développeur AllDenY – afritechpreneur)
  • Diaby Cheick Mohamed (blogeur – afritechpreneur)
  • Ghislaine Atta (membre Akendewa – Journaliste – blogueuse)
  • Manassé Déhé (Administrateur Akendewa – Développeur Web)
  • Archippe Yepmou (Vice-Président Internet Sans Frontières)
  • Ghislain Lambert (membre Internet Sans Frontières – Web designer)
  • Eric Agnissan (vice-Président Akendewa – Directeur des Opérations AllDenY – afritechpreneur)
  • Julie Owono (membre Internet Sans Frontières)
  • La communauté que représente mes contacts sur facebook et twitter.

En initiant akendewa avec Eric Agnissan, notre objectif était de dynamiser l’industrie de l’internet et du mobile en Afrique francophone. Nous sommes encore bien loin de notre objectif mais après un an nous pouvons d’ors et déjà affirmer que notre vision n’est pas irréaliste. N’hésitez pas à vous joindre à nous.

Merci à tous. Et surtout, votez AKENDEWA !!!!

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August 2010. A government public statement broadcasts that the so-awaited presidential election will take place on October, 31st 2010.
After many delays of this election over the past 5 years, this statement left people suspicious about its holding. A couple of days after this announcement, while discussing with Diaby Cheick Mohamed, we got along with a monitoring tool especially designed for the event. This tool would have been set to take in account the preparation, the election campaign and all the election week following the d-day poll. As for all other relevant initiative ideas related to the use of technologies in the french african web part I was “ready-to-ready”, but finally gave it up since I was very involved with my own activities and the management of AKENDEWA – a young web-dedicated NGO.

Vide et précisions
And so it was for a while. Early October, back from Paris, I subscribed for an Africa-dedicated TV program with my ISP – this program broadcasts within its options, the Ivorian national TV (RTI – Radio et Telediffusion Ivoirienne). I made such a subscription in order for me to watch all the programs related to the upcoming presidential poll in Abidjan. Things were getting clearer.Undoubtelly, this time, the poll will take place. In Abidjan, ad companies are blooming out and fiercely compete between them to place their respective election challengers. Most of those challengers hold online communication tools including social web attendance. It was a proud self-satisfaction feeling since this is why I initiated the Abidjan Barcamp – that later leaded to the creation of Akendewa.

October, 15th 2010 : Election campaign launching

Tweets, facebook posts, youtube videos coming from the election challengers, and so on. When posting on my facebook wall, I could notice many reactions, especially from the people abroad.
Election campaign : Two days after.

Archippe Yepmou, vice-Président of Internet Sans Frontières (ISF) – Internet Without Borders (that I’m a member of) interrogated me about one of my FB posts and suggested me to set up a kind-of d’Ushahidi platform instance in order to monitor the election n Ivory Coast. He explained later that he would join the team with some people from ISF to develop the project. As a business builder, I found this idea very relevant and then consider it as a commitment for me. But only if I would’ve been able to make it within 24hrs. Beyond, I would rather focus back on my ordinary work. Hence, I got in touch with Diaby Mohamed since we’ve already talked about a project alike. Then, each of us was assigned precise tasks : Diaby was to approach top-officials and local medias to share what we were about to work on. Archippe was to build the team and write press statements. Meanwhile I had to focus on the platform itself and rally Akendewa members to the project. Two journalists and bloggers from Akendewa – Ghislaine Attah & Manasse Dehe – immediately provided us with 03 (three) phone IDs. Manasse, who is also a great web developer committed to merge the about-to-be-developed platform with FrontLineSms.

Wonzomai printscreen

New design and Deployment

I then connected on the Ushaidi website and thoroughly read the documentation and downloaded the latest reliable release. After hours of trying to operate with the core system, I then switched to the source code modification in order to enable the new system to meet our specific needs. A kind-of way for me to better understand how the platform operates and maybe write a French version of the technical documentation. Once the platform operating principles fully described, we had to name it and assign it ID stuff like a facebook/twitter account + hashtag and a customized design. Ghislain Lambert – ISF designer – was to due this task within the team. For the platform name I applied a successful method : asking the web community via my facebook wall. Here, I actually ask for suggestions with the special requirement that the name has to be in one of the many Ivorian vernacular languages. Among those three proposals – Cheleya, Adanzié, Wonzomai – the last one (Wonzomai) was the most appreciated. “Wonzomai” is the bété translation for pathfinder or watcher. We then assigned it the following hashtag: #civ2010.

Seeking for compliant mobile phones

Once the merging process ended, we were seeking for compliant mobile phones according to the FrontLineSms requirements. As for the previous step, the web community is the best ally. We just had to make a kind-of “call for entries” but unfortunately it doesn’t yields to anything after tracking around twenty tweets. So, we had to mine in our own funds – since the Akendewa runs with its own funds. After some phone calls with Akendewa Manager – Frederic Tapé, Akendewa VP – Eric Agnissan and Manasse, we finally got our mobile phone units.

The community, the TV shows and Columbia University’s New Media Task Force

After ”tweetering” the platform we received some cheerful encouragements from fellows. And obviously, the information was retweeted again, and again. Hence, within only 24hrs, we received +600 tweets and +1500 connections to the platform. Then, Facebook entirely adopt it. Some papers are written about Wonzomai. Wilfried Akakpo and Cyriac Gbogou from the Akendewa team play important role as moderators and publications updaters. Given this opportunity I started forecasting to set a better way to broadcast pieces of information. Carefully analyzing tweets and hashtags, and since there’s more ivorians people on facebook than on tweeter, I placed myself as moderator of the conversations I initiated on my facebook wall. Answering simple questions about TV performance of the presidential election challengers (“Face aux Electeurs” daily TV show on RTI www.rti.ci) and according to the numbered reactions I easily conclude that internet users were deeply interested in this election. Meanwhile, Julie Owono announces that the Columbia University New Media Task Force will join us by providing us with around ten of volunteers students dedicated to the moderation of the platform. A very good piece of news ! This team stayed tuned all along the d-day poll.

Awaiting poll results, buzzing and Peacevote.

As soon as all medias talked about Wonzomai, there was the rush on the net ! Appearance on BBC and France 24 TV helps strenghthening the buzz around the platform. Within the same time, Cedrick Symenouh (from Akendewa) and Mohamed worked a whole night to release Peacevote (http://peace.53voices.com) enabling people all other the world, and especially from Ivory Coast to drop their peace “shoutout” messages via short texts or videos.

AllDenY’s Interactive WebApp For Election’s Results

Victory is gained and the monitoring’s still on. AllDeny launches AIWA4ER.

A s I’m writing those lines, figures about the ivorian election are still updated via data supplied by the independent electoral committee (CEI). The entire Wonzomai team (Akendewa, Internet Sans Frontières, the web community) is both proud and satisfied with this – good and useful – usage of the internet in Africa. Regis Bamba, a fellow of mine at AllDeny suggested that we have to go through this useful process. Id Est : designing a whole interactive tool enabling users, via a specific algorithm, to output results under many different formats. This eventually drove us to AIWA4ER (AllDenY’sInteractive WebApp For Elections’s Results – available via http://alldeny.net/elections). This citizen enterprise also meets all we’ve already done until now. We also have to notice that during those days people were willing to relay figures for a wider broadcasting effect. Within only 15 days we succeeded in proving that Ivorian web actors now firmly hold a part of the power. The upcoming President should take it in account since it’s just the beginning.

The Team  : You should forgive me for omitting some names. Let me know if so :

  • Cédrick Symenouh (membre Akendewa – webdesigner afritechpreneur)
  • Stéphane Koffi Kan (General Secretary Akendewa – Developper)
  • Wilfried Akapko (Akendewa Member – afritechprener)
  • Cyriac Gbogou (Akendewa Member)
  • Frédéric Tapé (Akendewa Member –AMN CEO – blogger – afritechprener)
  • Jean-Patrick Ehouman (Akendewa President –AllDenY CEO – blogger – afritechprener)
  • Régis Bamba (AllDenY Developer – afritechprener)
  • Diaby Cheick Mohamed (blogger – afritechprener)
  • Ghislaine Atta (Akendewa Member – Journalist – blogger)
  • Manassé Déhé (Akendewa Manager – Web Developer)
  • Archippe Yepmou (Internet Sans Frontières Vice-President)
  • Ghislain Lambert (Internet Sans Frontières Web Designer)
  • Eric Agnissan (Akendewa VP – AllDenY – afritechpreneur)
  • Julie Owono (Internet Sans Frontières Member)
  • The community via my facebook and tweeter friends

By launching Akendewa with Eric Agnissan our main aim was to boost the internet and mobile industry. We are so far from this target to be achieve but according to what we’re noticing “on the ground” we realize that it’s not utopic ! Let’s joinning us !

Thank you, and Vote AKENDEWA !!!!

[this article was translated from french to english by Cedric Symenouh ]

 

Merci windows, vive le libre en Afrique !

AI3L (Association Ivoirienne pour linux et les logiciels libres) lors de la SFD 2009
AI3L (Association Ivoirienne pour linux et les logiciels libres) lors de la SFD 2009

Ce Jeudi 2 Aout 2012, en pleine formation avec des journalistes et webmasters de Niamey (Niger), nous avons été obligés de nous arrêter à plusieurs reprises pour régler des problèmes de virus ou de fuite mémoire des machines de ces derniers. A force, le manque de concentration s’était installé. Ce qui a inévitablement conduit a un retard sur le programme établi.

Chaque fois que je délivre une formation en Afrique, je découvre à quel point Windows représente une plaie pour nos techno (ou apprentis techno). Windows est un très bon système d’exploitation et les ingénieurs qui y travaillent sont à la pointe.

Merci Windows
Sur twitter, lorsque j’ai lancé le débat, O.C Omar a mentionné le fait que Microsoft en introduisant Windows, a aidé à la démocratisation de l’ordinateur personnel. En effet, Bill Gates et son équipe ont beaucoup apporté à l’informatique moderne. Et pour cela nous devons tous leur être reconnaissant.

MAIS
En démocratisant l’outil informatique, Microsoft a utiliser Windows comme un piège à souris pour la plupart d’entre nous. Bien heureux, j’ai pu me sortir de ce piège il y a maintenant presque 12ans en passant aux système Linux. Et c’est le cas de nombre de mes confrères. Nous l’avons fait car étant des professionnels de l’informatique. Ce n’est malheureusement pas le cas de tout le monde. Sortir de ce piège ne signifie pas « ne plus toucher à windows« . Il s’agit plutôt d’en faire un usage seulement en cas d’impératif (un client par exemple).

Windows se présente comme un système facile a utiliser mais ne dit pas qu’il exige une maintenance très lourde pour maintenir son intégrité. Ce qui est difficile à assurer de la part d’un utilisateur lambda.

Déjà il faut payer pour l’acquérir. Ce que semble ignorer bon nombre d’Africains qui utilisent des versions piratés du système. Au prix que coute ce système s’ajoute celui de sa suite bureautique (word, excel, powerpoint, …) qui elle aussi est largement piratée dans les pays africains. Avec un tel investissement je pense que les utilisateurs devraient bénéficier d’un antivirus. Et là je ne fais pas allusion à Norton et autres. Je veux parler de quelque chose qui soit natif. Mais ça c’est un autre débat et je respecte la stratégie de Microsoft vis-à-vis des virus et anti-virus.

Enfin, toujours est-il que l’on a finalement une majorité de versions illégales de Windows sur les ordinateurs. Vous en trouverez même dans les bureaux de certains gouvernements africains dont les responsables ne voient pas le problème que ça peut pauser.

Le Problème
Et bien je veux parler de ce problème aujourd’hui. Embarqués dans la situation de dépendance vis-à-vis des logiciels propriétaires (car il n’y a pas que Windows de Microsoft dans l’affaire), nous avons travaillé avec des boites noires. Ces dernières nous ont finalement empêché de stimuler notre curiosité, retirant à bien d’entre nous une éventuelle envie d’innover.

Pour nous autres pays pauvres, qui devons innover selon nos réalités, nous avons besoin d’outils qui favorisent l’épanouissement de notre esprit.
Avec leurs machines sous windows et autres logiciels propriétaires, bien d’Africains passent des heures à essayer de résoudre des problèmes de mémoire (de l’ordinateur) ou d’allumage simple de leurs PC. Dans ces conditions, vous comprenez qu’il n’est pas évident d’apprendre dans le cadre d’une formation dans laquelle chacun vient avec son PC.

Combien d’africains savent qu’ils sont capables de créer leur propre windows (Système d’Exploitation) ? pas beaucoup. Enfermer dans la pseudo grandeur de certains logiciels, ils ne voient qu’un mur infranchissable face à eux. La vérité c’est que ce mur n’existe pas. Il n’y a rien d’autre qu’un simple désert ou une forêt vierge (selon la conception du monde que vous avez).

Vive le libre en Afrique ?
La solution ultime n’est pas obligatoirement dans l’usage des logiciels libres. Il faut avant tous que les africains comprennent que certaines oeuvres de l’esprit sont à partager (dans la limite des lois établies) et que d’autres sont à acquérir par l’achat ou la location.

En ce qui concerne les systèmes d’exploitation, Ubuntu (et bien d’autres) est une très belle alternative à Windows. Certains me diront « je n’ai pas mon word, excel, photoshop, … sur Ubuntu ». Et bien je leur répond qu’il est temps pour eux d’apprendre à utiliser « libreOffice, Gimp, … ». En parlant de Gimp (logiciel d’image) il n’a certes pas toutes les fonctionnalité de Photoshop, mais lorsqu’on apprend à l’utiliser, on réalise des travaux de très haut niveau avec.

Au delà même des usages, les africains gagneraient à se familiariser avec ces logiciels libres pour améliorer leur culture technologique. Un étudiant utilisant un système d’exploitation sous unix/linux serait un jour ou l’autre tenter de comprendre la logique de cet outil. Et ce jour-là il n’aura pas une boite noire en face de lui. Mais plutôt un code libre d’accès qu’il pourra lui même modifier. De petites modifications en petites modifications, il comprendra qu’il est lui même capable (en approfondissant ses connaissances) de réaliser son propre système. Il va de soit que ce système répondrait à ses besoins propres en prenant en compte ses réalités.

Plus il y aura d’africains conscients de ces choses plus l’innovation technologique venant d’Afrique visera des problèmes de plus en plus globaux.

18 recommandations à la diaspora qui souhaite entreprendre dans les technologies en Afrique

Si vous êtes africain de la diaspora, et que vous souhaitez entreprendre « au pays », je ne peux que vous encourager. Ayant moi même fais le pas, j’ai pu identifier des éléments qui favorisent le succès, ou du moins ceux qui diminuent les risques d’échec. Les recommandations que j’ai identifiées ci-dessous sont issues de mon expérience personnelle. Bien qu’elles ne soient pas exhaustives et universelles, je pense qu’elles constituent un bon point de départ.

De 2005 à 2008 j’ai travaillé en tant que développeur d’applications puis ingénieur d’études et développement sur les technologies Java/J2E liées au mobile et au Web. Cela m’a permis de connaître les domaines fonctionnels de la banque, de l’énergie et des médias. Par la suite, j’ai décidé de créer ma propre boite. J’ai toujours été entreprenant au collège, au lycée et pendant mes études universitaires. Mais jusque là il s’agissait d’actions associatives sans risque financier. Monter ma boite en France fût assez facile grâce à une formation délivrée par la chambre de commerce de Créteil. Mais lorsqu’il a fallu monter une entreprise en Côte d’Ivoire, j’ai dû surmonter de nombreux obstacles.

J’ai alors eu à passer ce que j’appelle mon « MBA Entrepeneuriat Technologique du Terrain pour l’Afrique« . En effet, je me suis toujours dit qu’il me faudrait au moins 3 ans pour mieux comprendre l’environnement dans lequel je souhaitais m’aventurer. Je suis ainsi parti sur la base selon laquelle aucune formation académique ne pourrait me faire atteindre cet objectif. J’ai donc fait la démarche en allant sur le « terrain ». Et au lieu de rester spectateur, j’ai lancé AllDenY puis l’Ong Akendewa. Je reviendrai sûrement sur ce parcours dans une autre série d’articles.

En Novembre 2007, je suis revenu pour la première fois en Cote d’Ivoire après 7 ans d’absence. J’y ai passé 3 semaines et je me suis dit qu’il y avait quelque chose à faire dans le domaine des technologies. L’année qui a suivi, sans grands moyens, j’ai décidé de créer une start-up en espérant faire des bénéfices assez rapidement. La première activité de cette boite était de mettre en place une équipe de développeurs pour mes clients se trouvant en Europe.

Ci-après une liste (non exhaustive) de points à prendre en compte pour éviter les erreurs que j’ai pu commettre :

Enregistrez-vous en entreprise individuelle

Vous pourriez vous installer en SARL pour avoir la crédibilité auprès des grands comptes locaux. Mais que vaudra cette crédibilité si aucune entrée d’argent ne se fait dans les premiers mois ? Si vous êtes entrepreneur, c’est que vous avez conscience que vous devez prendre des risques calculés. Croyez-moi, vous gagnerez à impliquer le minimum d’argent avant d’avoir une connaissance approfondie de l’environnement des affaires dans le pays que vous aurez choisi. Les taxes et autres impôts sont très élevés dans la plupart des pays (surtout en Afrique Francophone).

Dans le cas de la Côte d’Ivoire, par exemple, vous devriez débourser pas moins de 2.000.000frcfa (environ 3.000€) avant que votre entreprise ne puisse fonctionner dans les normes. Alors qu’avec une entreprise individuelle, vous ne dépenserez pas plus de 100€ (65.000frcfa) au cas où votre entreprise est créée en Côte d’Ivoire. Pour évitez les ennuis avec l’administration fiscale, effectuez les démarches nécessaires pour obtenir tout ce qu’il faut afin de pouvoir émettre des factures traçables. En Côte d’Ivoire, elles sont appelées « factures normalisées ».

Prenez du temps pour étudier votre secteur d’activité 

Vous ne pourrez pas juste exporter un concept occidental en Afrique et espérer qu’il ait du succès. Les habitudes des africains sont très différentes de ceux des occidentaux. Vous ne pourrez, par exemple, pas mettre en place un service payant fonctionnant à partir de la messagerie vocale pour les particuliers. Tout simplement parce qu’en Afrique, l’on n’utilise peu la messagerie vocale. Rare sont les africains qui activent leur messagerie vocale.

Votre solution technologique, aussi sophistiquée et fonctionnelle soit-elle, ne pourra rencontrer le succès si elle n’est pas en phase avec les besoins locaux. Vous avez toujours la possibilité de créer une nouvelle habitude. Mais vous conviendrez avec moi que le risque sera très élevé et il vous faudra dépenser beaucoup d’argent pour éduquer les utilisateurs.

Si votre activité implique des prestations de service pour des entreprises, je vous conseillerai de mettre en place plusieurs formulaires (avec chacun un spécimen rempli) qui aideront vos clients à soumettre clairement leurs attentes. La plupart des PME en Afrique ont un peu de mal à exprimer clairement leurs besoins technologiques. Contrairement à l’Europe ou l’Amérique, les responsables des entreprises n’ont pas forcément le minimum de connaissance des technologies afin de savoir ce qui leur faut.

L’un de nos clients nous a une fois demandé de lui trouver un Serveur dédié pour son seul site web. Après plusieurs échanges, je me suis rendu compte qu’il avait souhaité exécuter des commandes Unix sur le serveur mutualisé sur lequel se trouvait son site. Sauf que les accès qu’il avait ne lui donnaient pas le droit d’exécuter ces commandes. Le problème a été résolu en autorisant juste ces commandes pour ses accès. L’on aurait pu lui faire prendre ce serveur dédié et gagner une grosse commission au passage. Mais, le client en question serait alors face à de nombreux problèmes de sécurité nécessitant une compétence qu’il n’aurait pas pu se payer. Vous imaginez la suite de nos rapports dans ce cas-là ? Que dire de la mauvaise étiquette qui nous aurait été collée ?

En revenant au pays, n’hésitez pas à vous munir de votre matériel d’occasion reconditionné

Cela vous évitera d’être à la recherche de matériel, car sur place les prix sont très élevés et le choix en matière de matériel informatique peu étendu.
Par exemple, si vous avez besoin d’un type particulier d’imprimante, vous n’aurez pas forcément la chance d’en trouver au pays.
C’est aussi une occasion pour vous de faire des économies tout en acquérant du bon matériel. Sur place, ce sera trop tard car vous pouvez tomber sur du matériel comportant des vices cachés.

Il faut également savoir que les taxes sur le matériel informatique sont très élevées dans certains pays. Le Kenya reste une exception compte tenu de sa politique incitative. Par contre les pays comme la Côte d’Ivoire souhaitent faire rentrer de l’argent dans les caisses de l’Etat à travers ces taxes, ce qui a une grande influence sur les prix de plus en plus élevés. Cette situation risque de perdurer car l’État compte énormément sur les taxes douanières pour sa relance.

Sous-louez un bureau dans les locaux d’une entreprise déjà installée ou chez un particulier

Il y a pas mal d’entreprises et de particuliers qui ont de l’espace non exploité. Il faut savoir que si vous décidez de louer directement un bureau (la même chose s’applique pour les logements) vous aurez à payer pas moins de 5 mois de caution. Il n’y a pas de honte à être hébergé. Bien au contraire, cela vous donne le temps de vous organiser et de vous concentrer sur l’essentiel : le service que vous venez proposer.

Contrairement à l’Europe qui n’a pas vu passé son époque des « start-ups sorties du garage, comme les USA, l’Afrique a là son opportunité. En effet, comme au début des années 70 avec l’ordinateur personnel, et au milieu des années 90 pour l’Internet, cette deuxième décennie qui commence va voir naître des géants sortis de très bas. Au Kenya, c’est l’exemple de Ushahidi qui a été mis en place en 48h par David Kobia avant de devenir au fil du temps une grosse mine d’or.

Offrez-vous un traiteur pour vos repas et ceux de vos collaborateurs

Si vous êtes plus de 5 membres de l’entreprise, vous gagnerez à utiliser les services d’une personne, moyennant un petit intéressement, pour “faire le marché” et préparer vos repas. Gardez juste en tête que “faire le marché” implique des “retenus”. Il s’agit de la monnaie qui ne vous reviendra jamais. A vous de connaître le juste prix et d’évaluer les dépenses avec votre prestataire.

Par Wayan Vota

Ces services de traiteurs personnels sont de plus en plus répandus dans les capitales africaines. Je vous conseillerai de prendre le temps d’expliquer à vos collaborateurs leur bien-fondé. Faîtes-les participer au choix des plats à l’avance. Si vous arrivez à rendre le processus amusant, vos collaborateurs seront eux même très engagés. Certains n’hésiteront pas ramener des légumes et des fruits en guise de participation.

Évitez de signer des CDD ou CDI dans la première année

Au commencement, il est plus judicieux de prendre des collaborateurs en contrat freelance. Evitez donc de signer des CDD ou CDI à vos employés.
Attention, il n’est pas question de mettre des personnes dans une situation de précarité! Mais force est d’avouer que la conscience professionnelle n’est pas une chose qui est automatique dans nos pays. Du coup la plupart des gens l’apprennent seulement durant leurs premières années (d’embauche).

Il existe aussi un gros problème quant au respect (je dirai même “la compréhension”) des délais de livraison. Certaines personnes n’arrivent pas à comprendre que vous puissiez perdre un marché (que vous aviez déjà conclu) suite à des retards de livraison.

Mettez en place un budget transport

Vous éviterez ainsi d’entendre “chef je n’ai pas d’argent pour me rendre au travail”. L’idée ici est d’envoyer un signal à vos collaborateurs afin qu’ils comprennent l’importance de l’assiduité. Prenez le temps de « tracer » l’itinéraire de chacun de vos collaborateurs pour définir avec lui le meilleur trajet à utiliser. Pour être plus efficace, vous pouvez leur remettre à l’avance l’équivalent les frais de déplacement comptant pour une semaine.

Il existe aussi des transports en commun pour travailleurs. Renseignez-vous afin de souscrire des abonnements pour vos collaborateurs. Dans la mesure du possible, organiser le covoiturage dans votre entreprise. Encourager ceux qui acceptent de conduire les autres avec des bons pour leur carburant ainsi que divers petits cadeaux. C’est le geste qui compte. Le covoiturage a pour avantage d’améliorer l’esprit d’équipe que vous souhaitez voir régner dans votre entreprise.

Personnellement je n’hésite pas à ramener mes collaborateurs jusqu’à leurs domiciles. C’est l’occasion de discuter de choses de la vie afin de mieux se connaître. Mais attention à ne pas aller trop loin dans les rapports hors cadre du travail. Cela risque de se retourner contre vous. N’utiliser pas vos employés pour faire vos courses personnelles. C’est là qu’il faut ressortir les choses positives que vous avez apprises en occident. Vos employés ne sont pas vos domestiques ou vos assistants personnels à moins que vous n’embauchiez quelqu’un pour ces tâches particulières.

Utilisez des logiciels libres et gratuits

J’ai pu remarqué que même les plus grandes entreprises dans nos pays utilisent des versions piratées de Windows et d’autres logiciels pour lesquels ils ne veulent pas acheter la licence. Il vaut mieux éviter cela car si vos productions s’adressent aux marchés occidentaux, le problème d’acquisition de ces licences se posera. Si vous n’avez pas les moyens, utiliser les logiciels libres et gratuits. Un investissement en temps peut être nécessaire. Mais dans tous les cas vous économiserez. Si vous ne vous y connaissez pas, n’hésitez pas à vous renseigner et surtout à consacrer le premier mois de votre installation à la prise en main de ses outils.

De nombreuses écoles, dans nos pays, forment des techniciens capables de travailler sur les logiciels libres : voilà une opportunité à saisir. Je ne dis pas de mettre de coté les logiciels payants, mais comme l’indique le point qui suit, vous êtes finalement un modèle de leadership à travers votre entreprise. Et si vous n’avez pas les moyens de vous offrir un logiciel payant, il vaudrait mieux vous tourner vers des logiciels libres et gratuits.
Venu de la diaspora, vous ne devriez pas être la personne qui promeut les violations des droits d’auteur et de la propriété intellectuelle.

Gardez en tête que vous représentez un modèle de leadership

En tant qu’entrepreneur africain, vous devez gardez en tête que vous représenter un modèle de leadership.Les africains commencent peu à peu à s’intéresser aux formes de leadership autres que celles de la politique. Vous avez donc la responsabilité de véhiculer des valeurs morales sur lesquelles vos suivants devront s’appuyer.

Personnellement je me suis lancé dans une aventure communautaire en parallèle avec mon activité professionnelle à Abidjan. Avec 10 entrepreneurs locaux, nous avons donc mis en place Akendewa pour « émuler l’industrie de l’Internet et du mobile en Afrique ». Ce qui au départ n’était qu’une simple organisation pour passionnés des technologies, est devenu une véritable plateforme qui permet à ces acteurs d’agir dans tous les domaines de la vie en Afrique. Nous avons ainsi pu sauver des vies grâce au projet #civSocial et n’arrêtons pas d’encourager les initiatives technologiques des entreprises et des individus. Vous avez la possibilité de rejoindre un tel mouvement car il en existe dans chaque pays Africain.

A moins d’avoir beaucoup d’énergie et un plan sur plusieurs années, je ne vous conseillerai pas de créer une association ou un club supplémentaire dans le pays que vous aurez choisi. Vous aurez juste à intégrer un déjà existant et à lancer des initiatives sous son couvert. Si vous n’en trouvez pas qui vous corresponde, alors vous pouvez aisément lancer votre propre association /organisation/club. Mais dès lors que vous êtes lancé, accepter de répondre aux préoccupations de chacune des personnes qui s’intéressent à vos initiatives. C’est parmi ces personnes là que se trouvent celles qui porteront vos projets.

Un matin de septembre 2010, j’ai reçu un message d’un certain Cyriac Gbogou. Il souhaitait m’encourager pour Akendewa et pour Yefite!, le guide Communautaire des bons endroits africains que nous avons ouvert chez AllDenY. La vérité c’est qu’il suivait nos activités en ligne depuis un moment et venait de décider de se joindre à nous. Après plusieurs échanges sur Facebook, il a commencé à travailler pour akendewa sans avoir rencontré un seul de ses membres fondateurs. Quelques mois plus tard, tout ceux qui connaissent Akendewa, savent qui est Cyriac tant il s’est approprié la mission et la vision de l’organisation.

Faites très attention à l’espionnage

Prenez des précautions vis-à-vis de ce que vous réalisez. Une pratique courante est que des personnes se font embaucher juste pour savoir ce que vous faites afin de vous copier : en gros c’est de l’espionnage. Protégez-vous de vos collaborateurs en leur donnant accès, uniquement, aux informations dont ils ont besoin pour travailler.

L’art de savoir déléguer est certes l’une des choses les plus importantes que l’entrepreneur doit cultiver, mais si vous créer des logiciels ou des applications, je vous conseillerai par exemple d’écrire vos premiers programmes vous même puis de mettre en place une API que vos collaborateurs pourront étendre. Et avec le temps, vous pourrez identifier des collaborateurs disposés à aller loin avec vous. À ces derniers, vous pourrez ouvrir peu à peu vos portes secrètes.

Dans tous les cas, il faudra que vous mettiez à disposition tout ce qu’il faut pour que vos collaborateurs puissent avancer dans leur travail. Ce n’est pas le lieu de faire de la rétention d’information. Vous en sortirez perdant.

Ne retournez pas dans votre pays d’origine

J’imagine que vous n’êtes pas tout à fait d’accord avec cette première recommandation. Moi non plus. La vérité c’est que vous avez plus de chance de réussir dans un pays autre que le votre. Cela ne vous empêche pas de choisir votre pays d’origine comme destination pour votre aventure entrepreneuriale.
Lorsque vous retournez dans votre pays d’origine, la famille et les amis sont très contents de vous revoir. Sans le vouloir, ils peuvent constituer une distraction vis-à-vis de vos objectifs. Vous risquez donc de perdre du temps à vouloir les satisfaire en même temps que vous essayerez de faire fonctionner l’entreprise que vous venez de créer.

Et qu’on ne se le cache pas, en Afrique l’on considère souvent que l’entrepreneur est un chef d’entreprise. Implicitement un chef d’entreprise est sensé avoir un certain pouvoir financier. Par conséquent, l’on estimera que vous détenez ce pouvoir. Aussi, vous aurez beaucoup de difficultés à expliquer que vous êtes dans une dynamique de création de valeur et de richesse plus que de dépenses.

Personnellement j’ai eu des soucis avec certains membres de ma famille qui n’acceptaient pas le fait que je ne leur consacre pas une journée de visite alors qu’ils me voyaient « passer à la télé locale pour parler d’informatique ». Dans la mesure du possible, j’essaie de rencontrer le maximum de personnes. Mais si, comme moi, vous avez une très large famille, vous risquez de perdre beaucoup de temps. Le mieux étant de programmer ces visites lorsque vous venez pour des vacances.

Il y a des pays en Afrique, dans lesquels le secteur des technologies de l’information est plus dynamique que dans d’autres. Lorsque j’analyse les évolutions de ce secteur ainsi que les plans des différents Etats vis-à-vis de l’industrie des technologies, il est clair que certains pays ont déjà un cadre propice pour les start-ups. Si vous n’avez pas beaucoup d’argent pour démarrer, je vous recommanderai de vous diriger vers ces pays auxquels je consacrerai prochainement un article de la série « La diaspora face à l’écosystème des Tic en Afrique ».

Ne faites JAMAIS d’accords verbaux

Tant avec vos collaborateurs qu’avec d’éventuels partenaires ou clients locaux. L’amnésie volontaire est pratique courante. Garder une trace des accords que vous passez avec les uns et les autres est important. Cela vous évitera bien des déboires.

Lorsque vous présenterez des accords écrits à vos collaborateurs ou à vos partenaires, ils se rendront compte de l’importance que vous accordez à ces accords. Cette démarche qui témoigne de votre engagement ferme, obligera le collaborateur à remplir sa part du contrat avec sérieux. Au premier abord, si vous laissez une certaine liberté à vos collaborateurs, vous aurez l’impression qu’ils ne sont pas engagés. Mais si vous prenez le temps de « rendre officiel » vos accords par l’écrit, vous serrez vous-même surpris par la montée de leur productivité. Il ne s’agit pas de les exploiter. Par exemple, il règne une telle chaleur dans la plupart des pays d’Afrique, qu’il serait maladroit d’obliger vos collaborateurs à prendre des pauses-déjeuner de moins d’une heure.

N’hésitez pas à vous procurer le code du travail du pays que vous aurez choisi. Contrairement à ce que peuvent croire certains, l’administration juridique dans la plupart des pays africains est très réactive lorsqu’il s’agit de non respect d’engagements contractuels dans le cadre professionnel.
Il vous faudra bénéficier des services d’un conseiller juridique, dans le cadre de vos recours.

Gardez les plans de vos projets secrets

Ne donnez jamais les plans de vos projets à qui que ce soit sous prétexte qu’il va vous trouver des marchés locaux ou des partenaires internationaux.
Gardez secret les détails d’implémentation de vos projets. Pensez à rédiger des présentations et des fiches-projets assez explicites mais qui n’exposent pas ces détails.

Certains n’auront aucun scrupule à utiliser vos documents comme s’ils en étaient les auteurs. Et lorsque le mal sera fait, vous n’aurez pas de réelles possibilités pour en réclamer la propriété.

J’ai encore en souvenir un évènement malheureux rencontré par un entrepreneur Suisse d’origine ivoirienne. Ce monsieur a mis au point un ordinateur et un système d’exploitation basé sous Unix (la même base logiciel que Linux et mac OS ). Je m’étais entretenu avec lui en Août 2009 à Abidjan. Et lors de d’une présentation de son produit à l’hôtel Ivoire d’Abidjan, il s’est fait voler l’un de ces trois prototypes qui étaient pourtant surveiller par les forces de l’ordre.

Séparez-vous des mauvais collaborateurs

Sans hésitation et pour la survie de votre aventure entrepreunariale, séparez-vous des collaborateurs qui ne respectent pas les horaires de travail, les délais, les règles que vous aurez établies. L’indulgence peut vous perdre lorsqu’il s’agit d’incompétence. A moins que vous ayez un budget conséquent pour la formation technique de vos collaborateurs, je vous suggère de ne pas perdre de temps avec les collaborateurs qui ne font pas le poids.

Les technologies représentent un secteur de compétitivité universelle. Même si vous êtes en Afrique, sachez que vos concurrents peuvent être européens, américains ou indiens. Je connais quelques entreprises européennes qui créent des applications pour les africains. Et venant de la diaspora, vous savez aussi bien que moi que les techniciens européens « font attention aux détails ».

Même si vous réaliser des solutions simples, faites en sorte d’éviter de passer du temps pour du support. Pour cela, engagez-vous avec des collaborateurs qui ont compris l’importance du travail bien fait. Ces derniers devront prendre le soin de documenter aussi largement que possible l’ensemble des réalisations qu’ils auront à accomplir.

Ne revenez pas vous installer « au pays »

En tout cas pas dans la première année. Cela peut paraître contraire à l’esprit avec lequel je promeus l’entrepreneuriat en Afrique. Mais, il vaut mieux être franc. L’Afrique est un continent merveilleux. Mais quelqu’un qui l’a quitté depuis plusieurs années, a forcément subit une modification dans sa manière de comprendre les choses du continent. Je ne dis pas qu’il a tout oublié, mais plusieurs années dans un nouvel environnement « change son homme ».

Pour éviter les désillusions, les entrepreneurs de la diaspora doivent prendre le temps de redécouvrir l’Afrique. Personnellement j’ai commencé par des séjours de 3 à 4 semaines par an. 4 ans plus tard, les semaines sont devenues des mois. Vous prendrez ainsi le temps de vous faire de vrais contacts et comprendre ce qui marche. Et le plus important, vous apprendrez aussi « les nouveaux besoins des africains ». Ce sont à ces nouveaux besoins que vous devriez apporter une solution via votre entreprise. Une fois que vous aurez toute cette connaissance, vous pourriez vous même juger de l’intérêt de votre retour définitif au pays.

Restez humble et respectueux mais pas soumis

Vous remarquerez que certaines personnes essayeront de vous cataloguer comme étant leur « petit(e) » et qu’en retour, elles souhaiteront que vous les appeliez « grand Frère » ou « grande soeur ». Ne laissez pas ces choses influer sur votre fermeté face à des décisions.

Tant que possible cherchez à équilibrer les rapports que vous aurez avec les gens. N’hésitez pas à donner en retour lorsque l’on vous rend service. L’on peut bien vous faire croire que l’aide qu’on vous apporte est gratuit. Mais en tant qu’entrepreneur, vous savez très bien que rien n’est gratuit. Aussi, dire « non », ne vous fera jamais perdre des amis ou des personnes qui ont du respect pour vous. Bien au contraire, lorsque quelqu’un s’éloignera de vous parce que vous lui auriez dit « non », vous vous serez séparé d’une personne qui aurait pu ralentir votre progression ou réduire votre professionnalisme.

Tenez un blog

Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, l’Afrique a besoin de vous en tant que producteur de contenu. Les différents segments de l’industrie des technologies en Afrique sont très peu documentés. Difficile de savoir ce qui s’y passe. En tenant un blog, vous fournirez des informations très utiles pour les internautes. Qu’est ce que vous y gagnez ? Et bien tout ! Car vous avez une opportunité de vous positionner en tant qu’expert du segment que vous aurez choisi. Et vous êtes d’accord avec moi qu’un entrepreneur qui connaît les subtilités de son secteur a une avance significative sur ses (futurs) concurrents.

Prenez le temps (25 à 40 minutes par jour) d’écrire sur tout ce qui vous arrive. Au bout de quelques mois, vous verrez que vous aurez constitué une base de connaissance à valeur ajoutée.

Personnellement, il y a 2ans, j’ai réorienté mon site personnel (celui-ci) en blog pour partager mon aventure entrepreneuriale avec les internautes. Cela m’a permis d’avoir des contacts à travers toute l’Afrique. Et quand je dis toute l’Afrique, je parle aussi de la partie anglophone. Même si mon blog est en Français (j’ai pourtant essayé de publier en anglais pendant plusieurs mois) de nombreux observateurs et entrepreneur d’Afrique anglophone lise mes publications en utilisant l’outil de traduction de Google. Certains m’ont même fait savoir qu’il leur est arrivé de traduire certains de mes tweets. Il s’agit bien entendu de mes publications concernant les technologies en Afrique et de mes initiatives. La résultante de cet intérêt, est que je suis désormais l’un des intervenants de la série de conférence Mobile Web Africa qui reste l’évènement mobile le plus important sur le continent. C’est pour moi une occasion de faire connaître ce que nous faisons.

Entreprenez dans les technologies mobiles

Je vous donne RDV dans le prochain article de la série « La diaspora face à l’écosystème des Tic en Afrique », dans lequel je parlerai des opportunités offertes par l’environnement technologique du mobile en Afrique. J’en profiterai pour faire un tour d’horizon sur les spécificités de ce qui est la plus grande industrie technologique d’Afrique. Ce sera aussi l’occasion de vous parler des choses qui se font au Kenya, au Nigeria, en Afrique du Sud et dans certains pays d’Afrique francophone.

 

Pour conclure

L’Afrique est un terrain qui peut paraître difficile pour les entrepreneurs. Mais, c’est pourtant un endroit où le ROI (Return On Investment = « Retour Sur Investissement ») est largement reste très élevé comparé à la plupart des autres régions du monde. Tout est dans la manière dont vous allez acquerir la confiance des opérateurs et aussi votre capacité d’adaptation aux habitudes des personnes.

Comme je le disais au début de ce post, il existe sûrement de nombreuses recommandations que l’on pourrait faire. Je serai ravi de lire les vôtres. N’hésitez donc pas à commenter ce post avec vos recommandations ou suggestions aux personnes de la diaspora qui souhaitent revenir au pays pour entreprendre.

Merci à Melissa Jhonson qui a pris le temps de relire et corriger cet article. Vous pouvez suivre son « regard sur le monde, l’Afrique et … » sur son blog http://famchocolat.wordpress.com/

Les raisons pour lesquelles, les entreprises d’Afrique ne sont toujours pas sur le web

De nos jours, un site web est très important pour une entreprise. C’est un puissant outil de communication qui peut à lui seul éviter à l’entrepreneur d’investir dans les canaux publicitaires traditionnels. La présence des entreprises africaines sur le web est un facteur déterminant pour l’augmentation du contenu africain en ligne.

Mais à ce jour, le ratio d’entreprises d’Afrique présentent en ligne est très faible. Pourtant la plupart ont plus ou moins entendu parler du web. Pourquoi n’ont-elles pas encore fait le pas ? Peut être qu’elle n’en ont pas besoin. Essayons de comprendre ce qu’il en est à partir des éléments ci-dessous.

les africains ne sont pas encore sur le web

Si l’on s’en tient au données de Internet World Stats, il y a à ce jour environ 118 848 060 d’Africains sur le net. Ce qui fait 11,5% de la population totale du continent. Quand on sait que 44% (toujours d’après Internet World Stats) de ces internautes viennent du Nigeria (165 millions d’habitants, environ 15,6% de la population du continent), on comprend bien qu’il y a très peu d’africains qui ont accès au web. Un pays comme la Côte d’Ivoire n’a que 968 000 internautes pour une population estimée à 21 Millions. Avec ce faible taux de pénétration, les chefs d’entreprise peuvent considérer que le web n’est finalement pas un canal pertinent pour promouvoir une activité. Les quelques africains qui sont en ligne sont bien souvent des influenceurs.

Partons de quelques hypothèses qui sont vraies dans plusieurs régions d’Afrique :

Avec ces deux points, on peut déjà se dire que finalement les personnes ayant accès au web sont de réels influenceurs dans leur communautés respectives. Ils peuvent donc aider pour la promotion d’un produit. Ainsi, il est fort à parier que si quelqu’un qui a accès à l’internet apprécie votre produit via le web, il en parlera autour de lui. Et s’il en parle autour de lui, votre produit aura plus de facilité à se faire connaitre et à être adopté. En partant, bien sûr, du fait que cette personne soit très écoutée dans sa communauté.

TABLEAU ISSU DE INTERNETWORLDSTATS.COM – 31 Mars 2011
Regions

Population ( 2011 Est.)

Utilisateurs d’Internet 31 Décembre 2000

Utilisateurs d’Internet 31 Mars 2011

Penetration (% de la Population)

Croissance 2000-2011

 % d’utilisateurs

Afrique 1,037,524,058 4,514,400 118,609,620 11.4 % 2,527.4 % 5.7 %
Asie 3,879,740,877 114,304,000 922,329,554 23.8 % 706.9 % 44.0 %
Europe 816,426,346 105,096,093 476,213,935 58.3 % 353.1 % 22.7 %
Moyen-Orient 216,258,843 3,284,800 68,553,666 31.7 % 1,987.0 % 3.3 %
Amérique du Nord 347,394,870 108,096,800 272,066,000 78.3 % 151.7 % 13.0 %
Amerique Latine / Carib. 597,283,165 18,068,919 215,939,400 36.2 % 1,037.4 % 10.3 %
Oceanie / Australie 35,426,995 7,620,480 21,293,830 60.1 % 179.4 % 1.0 %
TOTAL Mondial 6,930,055,154 360,985,492 2,095,006,005 30.2 % 480.4 % 100.0 %

Pour l’entrepreneur africain, il est vrai que le mobile doit être une priorité par rapport du web. Mais rien n’empêche de partir du web pour « gagner » sur le mobile. On peut imaginer par exemple une promotion sur le web

  • qui nécessite l’inscription du numéro de téléphone.
  • Une fois l’inscription validée, l’internaute reçoit par exemple un SMS qu’il peut partager avec ses amis en leur envoyant à son tour des SMS.

Je vous laisse imaginer la suite si réellement le produit représente un intérêt pour les utilisateurs. Les réseaux sociaux représentent un excellent canal pour les entreprises. Avec un ton amical, elles peuvent profiter de l’interconnexion des utilisateurs pour promouvoir leurs activités de manière virale. En Décembre 2011, Facebook comptait plus de 37 millions d’Africains [Source : Internet World Stats]. C’est énorme, car cela signifie que sur « 10 africains connectés », il y a environ 4 qui utilisent Facebook.

A quoi peut bien servir un site ?

Si vous décidez d’offrir vos services de designer ou de développeur web à une PME africaine, vous devrez être en mesure d’expliquer, à votre futur client, la valeur ajoutée que vous apportez par rapport aux médias traditionnels. L’entrepreneur africain étant à la base sceptique vis-à-vis du web, vous devez avoir un argumentaire bien étoffé. Vous pouvez par exemple lui faire comprendre qu’un site web sert :

  • de carte de visite grand format : Contrairement aux cartes de visite traditionnelles, l’on peut y ajouter beaucoup plus d’informations sur l’entreprise.
  • d’outil de présentation du contenu d’un catalogue pour les entreprises qui en possèdent. On parle même de « site catalogue »
  • de canal de communication avec des futurs clients : Il permet de poser des questions sur l’activité, les produits et services, l’entreprises et le staff.
  • à démontrer son expertise via un blog par exemple, l’on peut arriver à séduire facilement ces futurs clients. C’est le cas de PDA Store, une boite qui vend des mobiles en Cote d’Ivoire. A travers son blog, PDA Store donne des conseils sur les usages et l’entretient des mobiles. Tout y passe. De l’application smartphone coup-de-coeur à la manière la plus efficace de sécuriser ses comptes sur android.

La cybercriminalité fait fuire tout le monde

La cybercriminalité fait des victimes et tue beaucoup de business dans plusieurs pays d’Afrique. Elle empêche par exemple le décollage du E-commerce. Les autorités des pays africains manquent de moyens face à ce fléau. L’africain moyen sait par exemple qu’il est en danger sur internet. Mais, il ne sait pas forcément à qui s’adresser ou comment se protéger. Ce manque d’information conduit à un certain paranoïa.

Chez AllDenY par exemple, nous approchons (physiquement) les pme ivoiriennes pour leur proposer nos services de création de site web (+ gestion et autres services). Mais avant même de proposer nos services, nous prenons le soin de demander à l’entrepreneur les raisons pour lesquelles il n’avait jusque là pas fait le pas du « online ». Sur environ 1500 entreprises interrogées, la première raison évoquée est « la peur de se faire escroquer« .

Les exemples d’escroqueries et autres actes de « e-vandalisme » ne manquent pas. Il ne se passe pas un seul jour sans que un cas soit signalé. J’ai moi même pu faire le constat sur un site web qui reprenait pratiquement le même nom de domaine qu’une banque ivoirienne. La seule différence était un tirait (banquexxxxxx.com au lieu de banquexxxxx.com). ce site avait réussi à récupérer les accès de certains utilisateurs qui avaient essayé de se connecter à leur espace client via le site piraté.

Le problème du webmastering et des prestataires de services

Il est bien d’avoir un site web. Mais, s’il n’est pas fréquemment mis à jour, ou fourni en contenu, ils donnera plutôt une image négative de l’entreprise. Le métier de webmaster (freelance ou agence) a encore des beaux jours en Afrique. En proposant leurs services de webmastering, ils prennent l’engagement d’intervenir sur les changements du contenu. Pourtant, encore de nombreuses entreprises se plaignent du manque de réactivités de leurs webmasters. Et comme les entrepreneurs communiquent entre eux, cette situation crée une certaine réticence générale vis-à-vis des webmasters.

Il y a donc un travail supplémentaire à faire du coté des webmasters. Au delà des impayés et autres soucis que peuvent poser des clients peu scrupuleux, les webmasters gagneraient à se comporter avec beaucoup plus de professionnalisme. Car la quantité des contrats futurs est souvent fonction du taux de satisfactions des précédents clients.

Au vu de toutes ces choses, l’entrepreneur se demande souvent si le web, cet outil de communication dont tout le monde parle, vaut réellement le « coût ». Cette situation se vérifie plus chez les nouveaux entrepreneurs pour qui la moindre sortie d’argent est calculée. Certains entrepreneurs ne sont pas à l’abris d’une surfacturation car n’ayant pas la mesure de ce que coûte le travail que le développeur ou le webmaster réalise pour eux. La vérité est qu’en Afrique, il est difficile de répondre à la question « combien coute un site web ? institutionnel ? e-commerce ? « .

L’opportunité

Certains entrepreneurs vous diront qu’il ne savent pas quoi mettre sur le site que vous souhaitez leur créer. D’autres encore n’ont pas de dépliant ou de prospectus à partir duquel vous pouvez vous inspirer pour rédiger le contenu de leurs sites. Ce problème est finalement une opportunité pour les développeurs et surtout les webmasters qui peuvent aisément fournir une offre triple-play (conception – contenu – maintenance).

C’est aussi une opportunité pour des agences qui pourraient se spécialiser dans l’accompagnement des entrepreneurs pour la rédaction de la documentation sur leurs offres commerciales. Cet accompagnement aura son sens si en plus de la documentation, ces agences proposent des services (soit directement, soit par le biais d’un prestataire partenaire) de création de carte de visite et autres support à travers un package.

Le fait que les entreprises africaines ne soient pas encore en ligne représente une grosse opportunité pour les développeurs (freelance, agence). Il y a tout un continent à mettre en ligne. Et certains, dont des agences, l’ont compris. Parmi ces agences, l’on compte Google.

Et oui ! Encore négligé par les autres géants du web, l’Afrique a été pris d’assaut par la firme de Montain View. En plus de sa mission d’accompagnement des développeurs et des producteurs de contenu africains, Google à entrepris d’aller à la rencontre des entrepreneurs à travers le programme « Get Your Business Online« . Déjà déployé en Europe (France, ireland, Grande-Bretagne, ..) en Amérique (USA, Canada, ….) en Asie (Inde, ….), ce programme est désormais à la disposition des entreprises africaines (Kenya, Nigeria, Ghana, …).

Enfin

Je pense vraiment que ce serait dommage pour les développeurs africains de ne pas profiter de cette opportunité. Je n’ai rien contre le fait que Google ou d’autres géants se soient positionner. Mais, c’est une réelle opportunité que ses développeurs africains, qui chaque jour essaient de vivre de l’art qu’ils ont choisit, pourraient rater. Ils ont l’avantage d’être proches des entreprises africaines. Ils ont aussi l’avantage de ne pas souffrir de la lourdeur d’une multinationale. Reste à eux de prendre cette grosse part du Gâteau qui est à leur disposition. Dans quelques années ce sera trop tard. Car en plus de fournir un travail de qualité, les entreprises comme Google ont le chic de rendre leurs services abordables à tous.

J’ai surement omis des raisons qui empêchent les entreprises d’Afrique d’être en ligne. Via un commentaire, vous pouvez partager celles que vous avez identifiées.

3 profils de la diaspora dont l’Afrique à besoin dans son écosystème de l’internet et du mobile

La diaspora africaine a un rôle important à jouer dans l’évolution des technologies de l’information en Afrique. Avec des expériences dans les pays développés et en Asie, cette diaspora a pu acquérir des bonnes pratiques. Elle peut donc apporter sa pierre à l’édifice pour ce qui est de l’élaboration d’une nouvelle Afrique Digitale.

Ci-dessous, j’ai listé quelques profils qui actuellement sont indispensables à l’écosystème des Technologies en Afrique. Cette liste n’est pas exhaustive, mais elle donne le ton sur les besoins actuels.

Analyste et observateurs avisé de l’industrie
Sur une carte de visite ce titre peut paraître étrange. Pourtant l’on trouve très peu de références lorsque l’on recherche des personnes capables de fournir des analyses sur différents segments de ce marché. La personnes idéale devra avoir les traits de caractères suivants :

  • Etre un utilisateur avancé du web : afin de mettre en place une stratégie de veille qui lui soit propre. L’idée étant de ne manquer aucune publication ou information importante.
  • Une grosse capacité de lecture pour lire les nombreux livres blancs et rapports publiés par les différentes organisations sur le terrain.
  • Une aptitude à produire des graphiques et des tableaux structurés.
  • Etre un bon rédacteur : afin de transformer tout ce qu’il lit en langage facile pour les internautes.

L’analyste de l’industrie technologique en Afrique peut aisément travailler pour son propre compte en tenant par exemple un site/blog informatif. Il peut aussi travailler pour des organisations qui ont constamment besoin d’effectuer des études. Rien n’empêche de coupler les deux.

Expert technique logiciel pour le mobile
On parle souvent « d’architecte logiciel« . Il s’agit là de personnes pour qui les lignes de code Java/C++/C# n’ont plus de secret. Il suit aussi de très près l’évolution des API des différents systèmes d’exploitations mobiles (android, ios, blackberry, nokia, ..). La personne idéale pour ce profil serait quelqu’un qui aurait déjà conçu un ou plusieurs logiciels (desktop, web ou mobile). Des logiciels et applications capables de gérer des flux et des transactions importantes. Un exemple concret serait quelqu’un qui aurait déjà mis en place une application web ou un portail web/mobile grâce à un CMS ou un framework qu’il aurait conçu lui même.

Ce que l’on attend d’un tel profil, c’est qu’il soit capable de produire de la documentation technique et aussi de la documentation fonctionnel. C’est aussi quelqu’un qui fait une veille technique depuis plusieurs années. C’est connu en Afrique, l’expression des besoins dans un cahier des charges n’est pas courant. C’est souvent au prestataire de rédiger à la place du client. C’est cette aptitude supplémentaire qui fera la différence, pour l’architecte logiciel en Afrique.

Content Strategist
Il s’agit certes d’un nouveau métier en occident. Mais l’Afrique en a plus que besoin. Le content Strategist est une personne qui définie le contenu à produire et surtout la manière dont il faudra le diffuser. L’objectif étant d’atteindre un maximum d’audience. Le content strategist connait les différentes manières de monétiser le connu ainsi que les entités qui en ont besoin. Chaque fois qu’il entamera un projet, il aura déjà en vu plusieurs clients demandeurs.

La faible quantité de contenu africain en ligne (vis-à-vis du reste du monde et des africains eux même) est avérée. Il y a donc de plus en plus d’initiatives qui visent à en produire. Avec un tel architecte/stratège, un projet de production de contenu peut avoir l’assurance de générer les résultats attendus. Les africains consomment de plus en plus de contenu africain. Avec l’arrivée sur le marché des tablette africaines et autres tablettes low-coast, il est fort à parier que cette tendance ne risque pas de s’arrêter. La personne idéale serait quelqu’un de curieux, qui fait attention aux détails et qui s’y connaît éventuellement en archivage ou en publication.

Il y a de nombreux autres profils qui sont attendu dans l’écosystème technologique africain. N’hésitez donc pas à partager ceux que vous avez identifié.

Combien coûte un site web en Afrique subsaharienne ?

Dans les pays développés, lorsqu’une entreprise décide de mettre en place un site web pour la présentation de son activité elle sait plus ou moins à qui s’adresser et combien payer. Mais lorsqu’il s’agit des entreprises en Afrique subsaharienne, cela peut devenir un véritable casse-tête. Bien souvent, le plus difficile pour l’entrepreneur (ou le chef d’entreprise) est de déterminer la valeur ajoutée que pourrait apporter un site web à son affaire. C’est à partir de cette information qu’il pourra définir un budget pour une éventuelle réalisation. Le site étant un outil de communication supplémentaire ou complémentaire à ce qu’il possède déjà.

Soit une entreprise africaine de moins de 50 salariés qui fait un bénéfice dans la moyenne des entreprises du pays dans lequel il se trouve. Supposons qu’elle désire avoir un site web. Nous allons d’abord nous intéresser aux développeurs web qui pourraient s’occuper de la réalisation.

Le salaire mensuel d’un développeur web en Afrique subsaharienne
La notion de facturation à l’heure de travail n’est pas très répandue en Afrique. Donc difficile d’établir une méthode universelle pour la facturation. Mais nous allons déterminer la facturation en fonction du nombre de jours de travail. On peut estimer le salaire net moyen d’un développeur web (que l’on appelle « Intégrateur ») diplomé avec au moins 3 ans d’expérience à environ 300 000frcfa (il y a de fortes chances que ce soit 400 000frcfa ou 250 000fcfa). Bien sûr, on ne parle pas ici de développeur de logiciels ou d’applicatifs. Pour ce métier il faut compter au moins 450 000frcfa en moyenne. Donc si nous revenons au cas du développeur web (l’intégrateur), on se retrouve avec un salaire annuel de 3 600 000fcfa. En estimant qu’il y a environ 250 jours de travail effectifs dans l’année nous somme à environ 14 400frcfa/jour qui est (d’après nos hypothèses), le salaire journalier net d’un développeur web. Dans le cas des développeurs indépendants, il faudrait compter 2 fois plus car ils supportent des charges que les salariés ne supportent pas. Ce qui fait 2 x 14 400 = 28 800frcfa.

Site Web

Combien de temps faut-il pour développer un site institutionnel (avec environ 5 pages) ?
Cela dépend énormément des compétences (savoir-faire) du développeur. Et ici on est bien dans quelque chose qui n’est pas spécifique à l’Afrique. Je suis de ceux qui estiment q’un développeur, fût-il africain, à tout ce qu’il lui faut pour être au même niveau qu’un développeur européen ou américain ou encore, indien. Les ressources en ligne constituant la meilleure école. Ainsi, après 3 ans, un développeur doit être capable de développer au moins une page web (de complexité moyenne) par jour. Et pour y arriver il a dû accumuler les bouts de code utiles de sorte qu’il ne soit pas à chaque fois obligé de réinventer la roue. Aussi un développeur est sensé être très rapide au clavier. Si vous êtes développeur et que vous n’en êtes pas à ce niveau, vous devez vous poser des questions. Et surtout, vous gagnerez à vous améliorer avant de commencer à proposer vos services. Enfin pour être un peu large on dira qu’il faut 7 jours pour développer un site institutionnel de 5 pages avec un design original mais assez simple.

Ce que le développeur devrait encaisser
A 28 800frcfa/jour, le développeur (indépendant) devrait encaisser (7 x 28 800) = 252 000frcfa. Nous estimons que 40% (100 800frcfa) de cette somme est réservée aux charges de prospection et aux taxes. Ne perdons pas de vu que le développeur indépendant ne prospecte pas de la même manière qu’une grosse entreprise. Il reste donc 151 200frcfa net pour le développeur. Il y a environ 20,5 jours ouvrés dans le mois. On suppose donc que le développeur ne pourra réaliser que 2 sites maximum par mois. Le reste du temps étant consacré à la prospection et à l’auto-formation. Et oui, un développeur indépendant doit toujours apprendre encore plus. Plus il en saura, meilleurs ses travaux seront, et plus il pourra facturer. Dans tous les cas, on voit bien qu’avec 2 sites par mois, le développeur indépendant s’en sort aussi bien que les salariés qui ont moins d’impératifs.

En réalité
Lorsque je demande à mes amis développeurs africains avec qui je suis connecté (via email, facebook, twitter, …) combien ils prendraient pour un tel site, j’ai à la fin une fourchette comprise entre 500 000frcfa et 1 000 000frcfa. Sauf que s’il leur faut plus de 10 jours avant de livrer, alors ils ne sont pas dans le coup/compétition. 500 000frcfa correspond bien à 2 fois ce que (252 000frcfa) nous avons établi avec nos hypothèses. Le problème est que, très peu de développeurs arrivent à livrer en moins de 7 jours. Or il gagneraient à livrer en 4,5 (ou 5) jours. On revient donc sur le fait de « capitaliser » en terme de bouts de code et autres éléments génériques. Au fond, si l’on se lance dans le business de développement de site web, il faut à la limite, avoir mis en place son propre cms (Content Manager System) afin de consacrer les 5 jours au design et aux spécificités du client.

Le deuxième groupe d’amis qui represente des entreprises technologiques propose lui une facturation à hauteur de 1 000 000frcfa minimum. C’est compréhensif, vu que ces entreprises ont des charges supplémentaires tel que la gestion de leur image et de leurs commerciaux.

Ce que l’on peut rajouter
en fonction des cas, l’on peut facturer au client plusieurs autres éléments :

  • la gestion de son contenu,
  • le nom de domaines,
  • les adresses email,
  • l’hébergement du site web,
  • l’ultra disponibilité,
  • le community management,
  • l’amélioration du design tous les 6 mois,
  • ..

Et c’est là que le développeur peut faire de l’argent. Les activités mentionnées ne demandant pas beaucoup de temps de travail.

Les nouveautés
Depuis quelques temps, à Abidjan, l’on trouve de petites pancartes publicitaires sur les panneaux des feux tricolores. Ces pancartes indiquent que l’auteur propose de créer des sites web à 0 frcfa. Certains de ces auteurs ont été approché par Yoro (Israel Yoroba) . Et il en resulte que ces développeurs ne facturent pas la création du site mais misent tout sur certains des éléments cités dans le chapitre ci-dessus. Ce qui reviendrait à environ 300 000frcfa/an pour le client. Mais, ceux qui ont déjà vu ces sites disent que les templates présentés sont assez simpliste. Mais l’argument de poids de ces développeurs est la mensualisation due des factures. Bien des personnes se sont plains d’eux. Mais je suis plutôt d’accord avec cette méthode. Car, si l’on prend en compte le fait que le client peut ne pas honorer ses mensualités. Tous savons comment le recouvrement est difficile en Afrique. Surtout si le client n’accorde pas beaucoup d’importance au service rendu.

A quoi peut bien servir un site web pour une entreprise en Afrique ?
Dans tout métier, pour transformer un prospect en client, il faut arriver à lui faire comprendre qu’il a besoin de votre produit. Et à ce jeu, les développeurs africains ont encore un peu de mal. En Afrique, les chefs d’entreprise ne font confiances qu’aux affiches publicitaires, à la radio ou à la télé. S’il veulent signer des contrats, les développeurs doivent les emmener à essayer ce nouveau média qu’est le web.

Convaincre les chefs d’entreprise n’est pas facile
En discutant avec des quelques développeurs indépendants basés en Afrique, je me suis aperçu qu’ils ont beaucoup de mal à vivre de leurs métiers. Ils arrivent difficilement à avoir des contrats. Et bien souvent, lorsqu’ils en ont, ils ont du mal à facturer correctement. Les clients ne donnant pas beaucoup d’importance à leur travail. La vérité est qu’ils ont du mal à convaincre les chefs d’entreprise. Pour ces derniers qui ce n’est pas facile me dit-on. Pourtant une poignée s’en sort très bien grâce à des petites astuces.

Les développeurs devraient éduquer les prospects et les clients
Pour un marché naissant comme celui du web en Afrique, les développeurs ont une charge supplémentaire en plus de leur travail technique. Il doivent « éduquer leurs clients ». C’est à dire prendre le temps de leur apprendre le minimum. A savoir ce qu’est le web et toutes ces choses liées aux technologies de l’internet et du mobile. C’est ce travail préalable qui valorisera l’offre de service technique. Une méthode toute simple consiste à tenir un blog ou une newsletter.

Au fond un site internet peut coûter 0fr si le client estime qu’il n’en a pas réellement besoin. Mais, je peux vous assurer que si ce dernier reçoit des appels de client lui indiquant être passer par internet pour trouver le numéro, il sera disposer à vous rémunérer. A partir de cet instant, vous pourriez lui faire payer. A vous de trouver le moyen d’identifier chaque prise de contact générer par le site. De nombreux outils existent pour ça. L’un des moyens est de mettre à disposition des internautes un code (une sorte de code promo) à communiquer à votre client lorsqu’ils l’appelle.

Pour finir
Si vous êtes développeurs, n’hésitez pas à nous partager votre expérience pour ce qui est des soucis que vous rencontrez lorsque vous devez facturer à hauteur du service que vous rendez. Votre expérience sur le recouvrement de vos créances serait la bienvenue. Pour finir, vous pouvez aussi donner votre avis sur la somme moyenne à facturer pour les sites web comme celui indiquée en introduction.

Les Parts de marché de souscripteurs au mobile pour MTN, orange, Moov, Comium et Green en Côte d’Ivoire

Le monde de la téléphonie mobile en Côte d’Ivoire à connu un nouvel entrant ces dernières semaines. Il s’agit de AirCom qui se positionne avec son produit « Café Mobile« . En attendant de voir comment il compte séduire les mobilenautes ivoiriens, jettons un regard sur ceux qui se partage déjà le marché. Ci-dessous une représentation de graphique du partage du marché par MTN, Orange Côte d’Ivoire, Moov, Comium et Green au 4eme trimestre 2010.

Visiblement, MTN mène la barque avec 37% de part de marché pour un total de 5 381 000 d’utilisateur suivi de Orange qui enregistre 4 589 000 d’utilisateurs.Comium et Green ferment la marche avec respectivement 1 057 509 et 684 424 d’utilisateurs [ Source : c. Blycroft 2010 ]

 

[easychart type= »pie » title= » Part de marché des opérateurs (nombre de souscripteurs) de téléphonie de Côte d’Ivoire au 4ème Trimestre 2010  » groupnames= »MTN,Orange,Moov,Comium,Green » group1values= »37.00″ group2values= »32.00″ group3values= »19.00″ group4values= »7.00″ group5values= »5.00″ chartfadecolor= »FFFFFF »]

En terme de croissance, par rapport à l’année 2009, 26,6% de souscripteurs ont été enregistré pour l’ensemble du marché. Orange remporte le gros lot avec de 44,9% contre 21,6% pour MTN. La plus faible croissance étant enregistrée par Green (13,1%), précédé de Comium (17,6%). Ci-dessous un graphique représentant ces croissances.

[easychart type= »vertbar » height= »300″ title= »Croissance du nombre de souscripteurs au 4ème Trimestre 2010″ groupnames= »Comium, Green, Moov, MTN, Orange »  valuenames= »Année 2010 en pourcentage par rapport à 2009″ group1values= »19% » group2values= »13.1% » group3values= »17.6% » group4values= »21.6% » group5values= »44.9% »]

 

Par rapport au reste de l’Afrique, La Côte d’Ivoire représente environ 3% du marché avec 14,57 millions de souscripteurs. Le este de l’Afrique de l’ouest représentant 27% du marché africain avec 150,3 millions de souscription, contre 70% pour le reste de l’Afrique (387,76%).

Découvrez ce que je lis

Désormais sur ce blog, vous pourrez suivre mes lectures. Grâce à l‘API de Amazon couplé à certains plugins libres et open source. Vous saurez ainsi, en tant réel ce que je lis, ce que j’ai lu et aussi ce que je compte lire.

Sur ma page d’accueil, vous trouverez à droite dans la liste des widgets, un espace indiquant le livre que je suis en train de lire (voir encadré violet sur l’image ci-dessous). Bien entendu, il m’arrive de lire plusieurs livres en même temps car ne traitant pas des mêmes sujets. Ce qui est le cas actuellement. Dans ce cas, il s’affichera celui que l’on peut trouver directement sur Amazon. Et si aucun des livres ou publications que je suis en train de lire ne se trouve pas dans le catalogue d’Amazon, je ferai apparaitre celui pour lequel je mettrai plus de temps à finir.

le nouvel encart qui montre ma lecture du moment.

En plus de mes lectures du moment, vous trouverez l’ensemble des livres, ebooks, et autres publications que j’ai déjà lu dans la page « lectures » dont l’url est http://www.jpehouman.com/lectures. Cette page existe depuis quelques temps, mais je viens de lui faire une petite toilette pour qu’elle ait une meilleure présentation. Je serai ravi d’avoir vos retours après l’avoir visité. Il est vrai que presque toutes ces publications sont en anglais. Mais, j’ai aussi pris le temps d’expliquer pourquoi je lis des publications en anglais dans ici. N’hésitez pas à me dire ce que vous souhaitez voir ou lire sur ce blog.