Comment nous avons gagné les élections présidentielles 2010 en Côte d’Ivoire

Aout 2010, le gouvernement ivoirien annonce à population que les élections présidentielles tant attendues auront finalement lieu le 31 Octobre 2010. Tout le monde reste méfiant vis-à-vis de cette date car il y en a eu plusieurs pendant les 5 dernières années.
Quelques jours après cette annonce, lors d’une discussion avec , Diaby Cheick Mohamed, il me propose que nous déployons un outil de veille pour ces élections. Cet outil couvrirait la préparation, la campagne électorale et finalement le semaine électorale. Comme toutes les bonnes initiatives visant à émuler les bons usages des technologies en Afrique francophone, je suis d’office partant. Mais je fini par ne pas donner de suite car étant très pris par mes activités professionnelles et la gestion de l’Ong AKENDEWA.

Vide et précisions
Pendant plusieurs semaines nous n’en reparlerons plus. Début Octobre 2010, de retour à Paris, je souscris au bouquet Afrique de mon FAI pour avoir la Télévision Ivoirienne (RTI) afin de pouvoir suivre à distances les évènements à Abidjan. Les choses se précisent. Cette fois-ci c’est sûr qu’il y aura des élections. Ici et là les agences de communication s’agitent et je découvre que les principaux candidats se dotent d’outils de communication en ligne et de comptes sur les réseaux sociaux. J’en tire une satisfaction personnelle car c’est bien l’idée que j’avais en initiant le premier Barcamp à Abidjan pour déboucher sur la création d’AKENDEWA.

15 Octobre 2010 : la campagne électorale commence. Ici et là des tweets, des posts facebook et même des vidéos sur youtube de la part des candidats. Lorsque j’ai un bout de temps je publie des posts sur mon mur facebook pour parler des élections. Il y a quelques réactions provenant surtout de la diaspora et de nombreux commentaires engagés. Mais tout cela reste dans une ambiance amicale et constructive. Des partisans adversaires vont jusqu’à se donner des conseils entre eux pour la gestions de la communications de leurs candidats respectifs.

Deux jours après le début de la campagne électorale, Archippe Yepmou, vice-Président deInternet Sans Frontières (dont je suis moi même membre) m’interpelle suite à l’un de mes posts et me demande pourquoi est-ce que je ne déploie pas une instance d’Ushahidi pour une veille sur les élections de la Côte d’Ivoire. Il m’explique qu’il serait prêt à participer et qu’éventuellement des bénévoles de ISF s’y joindraient. J’avoue que cette question m’a réveillée. Car, je me suis moi meme dis, qu’en tant qu’entrepreneur engagé, c’est un peu un devoir de mettre à disposition cet outil. J’ai donc décidé de le faire seulement si j’y arrivais en 24h. Au delà, j’avais décidé de laisser tomber et me concentrer sur mon travail de tous les jours. Aussi j’ai tenu à mettre Diaby Mohamed sur le coup car lui et moi avions déjà discuté d’un tel outil. Il s’en est suivit plusieurs échanges d’email dans l’heure entre Diaby MohamedArchippe et moiDiaby Mohamed à eu donc pour charge de contacter les autorités, les médias locaux pour leur parler de ce que nous étions en train de faire. Archippe avait à monter l’équipe de modération et aussi rédiger ce qu’il faut pour les communiqués de presse. Pendant ce temps, j’avais laissé tomber toutes mes activités pour déployer l’outil. Parallèlement il fallait que j’explique aux membres d’AKENDEWA que je souhaitais mettre le projet sous la coupole de notre ong et que s’il y avait des volontaires, il serait les bienvenus. Ghislaine et Manassé (tous deux journalistes, bloggueurs et membres actifs de akendewa) ont tout de suite réagit en mettant à disposition 3 numéros de téléphones. De plus, Manassé qui est aussi développeur web m’a proposer son aide technique. Je lui ai donc confier l’intégration de la plateforme avec FrontlineSms, outil d’intégration sms.

un image de wonzomai

Le déploiement et le nouveau design
Sans attendre je me suis rendu sur le site de Ushahidi, j’ai relu la documentation fonctionnel puis enchainé avec le téléchargement de la dernière version stable. Après quelques heures à essayer de faire fonctionner le système de base, j’ai ensuite entrepris la modification du code source afin que le fonctionnement soit optimal pour notre besoin. c’était aussi pour moi l’occasion de mieux le comprendre pour envisager produire un document technique en français. Chose qui aurait pu m’aider moi même.
Une fois que j’ai annoncé le fonctionnement correcte de notre plateforme, il lui fallait un nom, un compte+tag twitter, un compte facebook et et un design personnalisé. Archippe contacte donc Ghislain Lambert, le designer de Internet Sans Frontières qui accepte de faire partie de l’aventure. Pour le nom, j’utilise une méthode qui marche toujours. J’ai juste demandé à la communauté de trouver un nom dans une langue de Côte d’Ivoire via mon mur facebook. Sur trois propositions (Cheleya, Adanzié, Wonzomai), « Wonzomai » qui signifie « sentinelle » en langue bété est le nom le plus apprécié. Nous définissons alors un hashtag pour twitter : #civ2010

L’appel à la communauté pour des téléphones compatibles
Une fois l’intégration de la plateforme accomplie, nous nous sommes mis à recherche de téléphones compatibles selon les spécifications de FrontlineSms. J’ai donc lancé un appel à la communauté via facebook. Il s’en ai suivie une vingtaine de tweets. La recherche fut infructueuse. Nous avons donc été obligé de puiser dans les fonds d’AKENDEWA. Nous rappelons qu’à ce jour AKENDEWA fonctionne sur fonds propres. Après quelques communications entre Frédéric Tapé (administrateur akendewa), Eric Agnissan (Vice-Pésidentent Akendewa) et Manassé nous sommes rentrée en possession de deux téléphones compatibles.

La communauté, les débats télévisés et la New Media Task Force de l’université de Columbia
Après quelques tweets, certains blogueurs et tweeterers africains nous contactent pour nous exprimer leurs encouragements. Et naturellement ils relaient l’information. En moins de 24h nous notons plus de 600 tweets et déjà 1500 visiteurs uniques. Sur twitter et facebook, c’est l’adoption totale. Certains blogueurs n’hésitent pas à produire des articles. Wilfried Akapko et Cyriac Gbogou de AKENDEWA nous proposent leur aide pour la modération et la publication sur les réseaux sociaux. C’est pour moi l’occasion de prendre un peu de repos et d’envisager un moyen encore plus efficace pour la diffusion de l’information. J’effectue donc une analyse des tweets contenant nos hashtags. Compte tenu du fait qu’il y a plus d’ivoiriens sur facebook que sur Twitter, Je décide personnellement de créer la conversation sur mon mur facebook en me positionnant comme modérateur. A des questions simples sur les prestations des candidats dans l’émission « face à la nation » (diffusée sur la chaine nationale ivoirienne, RTI – http://www.rti.ci), je reçois plusieurs dizaines de commentaires. Ce sont les signes de l’engagement des internautes ivoiriens pour ces élections.
Pendant ce temps, Julie Owono nous annonce que la New Media Task Force de l’université de Columbia a décidé de nous apporter son aide en mettant à disposition une dizaine d’étudiants volontaires pour la modération de la plateforme. Encore une bonne nouvelle ! Cette même communauté reste très active pendant la journée de vote en nous faisant parvenir l’ambiance dans les bureaux de vote.

L’attente des résultat, le Buzz et peacevote
Lorsque les médias parlent de Wonzomai, c’est le buzz total. le passage à la BBC et sur France24 fait encore plus découvrir la plateforme. Parallèlement, Cedrick Symenouth (de akendewa) et Mohamed travaille une nuit entière pour nous sortir peacevote (http://peace.53voices.com), qui permet de passer des messages de paix.

 

AllDenY Interactive Web App For Elections’s Results

La victoire est acquise et la veille continue, AllDenY s’y met avec AIWA4ER
Pendant que j’écris ces lignes, nous continuons à publier en ligne les chiffres transmis par la CEI via la Télévision. Toute l’équipe de Wonzomai (akendewa, Internet Sans Frontières, la communauté) est assez satisfaite de cette victoire que nous avons remporté sur les mauvais usages de l’internet en Afrique. Parallèlement, l’un de mes collaborateurs au sein de AllDenYRégis Bamba me fait savoir qu’il faudrait que l’on aille jusqu’au bout. Je me demandais bien de quoi il parlait. Et bien il souhaitait que l’on fournisse un outil interactif avec un algorithme efficace pour une génération des résultats sur plusieurs formats. Quelques heures plus tard nous avons AIWA4ER (AllDenY’s Interactive WebApp For Elections’s Results – disponible à l’adresse http://alldeny.net/elections). Cette initiative citoyenne rejoint tout ce que nous avons entrepris jusque là. Je remarque aussi que sur les réseaux sociaux de nombreuses personnes relais les chiffres pour une diffusion encore plus grande. En 15 jours nous avons réussi à prouver que les acteurs du web ivoiriens détiennent désormais une partie du pouvoir. Le prochain Président devra donc faire avec cette communauté. Car elle n’est que naissante.

L’équipe : il y a surement certains noms que je n’ai pas mentionnés. Au cas ou je vous aurais oubliez, n’hésitez pas à me le signaler pour que je rectifie le tire.

  • Cédric Symenouh (membre Akendewa – webdesigner afritechpreneur)
  • Stéphane koffi Kan (Secrétaire Général Akendewa – Développeur)
  • Wilfried Akapko (membre Akendewa – afritechpreneur)
  • Cyriac Gbogou (membre akendewa)
  • Frédéric Tapé (membre akendewa – Ceo de AMN – blogueur – afritechpreneur)
  • Jean-Patrick Ehouman (Président Akendewa – Ceo AllDenY – blogueur – afritechpreneur)
  • Régis Bamba ( Développeur AllDenY – afritechpreneur)
  • Diaby Cheick Mohamed (blogeur – afritechpreneur)
  • Ghislaine Atta (membre Akendewa – Journaliste – blogueuse)
  • Manassé Déhé (Administrateur Akendewa – Développeur Web)
  • Archippe Yepmou (Vice-Président Internet Sans Frontières)
  • Ghislain Lambert (membre Internet Sans Frontières – Web designer)
  • Eric Agnissan (vice-Président Akendewa – Directeur des Opérations AllDenY – afritechpreneur)
  • Julie Owono (membre Internet Sans Frontières)
  • La communauté que représente mes contacts sur facebook et twitter.

En initiant akendewa avec Eric Agnissan, notre objectif était de dynamiser l’industrie de l’internet et du mobile en Afrique francophone. Nous sommes encore bien loin de notre objectif mais après un an nous pouvons d’ors et déjà affirmer que notre vision n’est pas irréaliste. N’hésitez pas à vous joindre à nous.

Merci à tous. Et surtout, votez AKENDEWA !!!!

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August 2010. A government public statement broadcasts that the so-awaited presidential election will take place on October, 31st 2010.
After many delays of this election over the past 5 years, this statement left people suspicious about its holding. A couple of days after this announcement, while discussing with Diaby Cheick Mohamed, we got along with a monitoring tool especially designed for the event. This tool would have been set to take in account the preparation, the election campaign and all the election week following the d-day poll. As for all other relevant initiative ideas related to the use of technologies in the french african web part I was “ready-to-ready”, but finally gave it up since I was very involved with my own activities and the management of AKENDEWA – a young web-dedicated NGO.

Vide et précisions
And so it was for a while. Early October, back from Paris, I subscribed for an Africa-dedicated TV program with my ISP – this program broadcasts within its options, the Ivorian national TV (RTI – Radio et Telediffusion Ivoirienne). I made such a subscription in order for me to watch all the programs related to the upcoming presidential poll in Abidjan. Things were getting clearer.Undoubtelly, this time, the poll will take place. In Abidjan, ad companies are blooming out and fiercely compete between them to place their respective election challengers. Most of those challengers hold online communication tools including social web attendance. It was a proud self-satisfaction feeling since this is why I initiated the Abidjan Barcamp – that later leaded to the creation of Akendewa.

October, 15th 2010 : Election campaign launching

Tweets, facebook posts, youtube videos coming from the election challengers, and so on. When posting on my facebook wall, I could notice many reactions, especially from the people abroad.
Election campaign : Two days after.

Archippe Yepmou, vice-Président of Internet Sans Frontières (ISF) – Internet Without Borders (that I’m a member of) interrogated me about one of my FB posts and suggested me to set up a kind-of d’Ushahidi platform instance in order to monitor the election n Ivory Coast. He explained later that he would join the team with some people from ISF to develop the project. As a business builder, I found this idea very relevant and then consider it as a commitment for me. But only if I would’ve been able to make it within 24hrs. Beyond, I would rather focus back on my ordinary work. Hence, I got in touch with Diaby Mohamed since we’ve already talked about a project alike. Then, each of us was assigned precise tasks : Diaby was to approach top-officials and local medias to share what we were about to work on. Archippe was to build the team and write press statements. Meanwhile I had to focus on the platform itself and rally Akendewa members to the project. Two journalists and bloggers from Akendewa – Ghislaine Attah & Manasse Dehe – immediately provided us with 03 (three) phone IDs. Manasse, who is also a great web developer committed to merge the about-to-be-developed platform with FrontLineSms.

Wonzomai printscreen

New design and Deployment

I then connected on the Ushaidi website and thoroughly read the documentation and downloaded the latest reliable release. After hours of trying to operate with the core system, I then switched to the source code modification in order to enable the new system to meet our specific needs. A kind-of way for me to better understand how the platform operates and maybe write a French version of the technical documentation. Once the platform operating principles fully described, we had to name it and assign it ID stuff like a facebook/twitter account + hashtag and a customized design. Ghislain Lambert – ISF designer – was to due this task within the team. For the platform name I applied a successful method : asking the web community via my facebook wall. Here, I actually ask for suggestions with the special requirement that the name has to be in one of the many Ivorian vernacular languages. Among those three proposals – Cheleya, Adanzié, Wonzomai – the last one (Wonzomai) was the most appreciated. “Wonzomai” is the bété translation for pathfinder or watcher. We then assigned it the following hashtag: #civ2010.

Seeking for compliant mobile phones

Once the merging process ended, we were seeking for compliant mobile phones according to the FrontLineSms requirements. As for the previous step, the web community is the best ally. We just had to make a kind-of “call for entries” but unfortunately it doesn’t yields to anything after tracking around twenty tweets. So, we had to mine in our own funds – since the Akendewa runs with its own funds. After some phone calls with Akendewa Manager – Frederic Tapé, Akendewa VP – Eric Agnissan and Manasse, we finally got our mobile phone units.

The community, the TV shows and Columbia University’s New Media Task Force

After ”tweetering” the platform we received some cheerful encouragements from fellows. And obviously, the information was retweeted again, and again. Hence, within only 24hrs, we received +600 tweets and +1500 connections to the platform. Then, Facebook entirely adopt it. Some papers are written about Wonzomai. Wilfried Akakpo and Cyriac Gbogou from the Akendewa team play important role as moderators and publications updaters. Given this opportunity I started forecasting to set a better way to broadcast pieces of information. Carefully analyzing tweets and hashtags, and since there’s more ivorians people on facebook than on tweeter, I placed myself as moderator of the conversations I initiated on my facebook wall. Answering simple questions about TV performance of the presidential election challengers (“Face aux Electeurs” daily TV show on RTI www.rti.ci) and according to the numbered reactions I easily conclude that internet users were deeply interested in this election. Meanwhile, Julie Owono announces that the Columbia University New Media Task Force will join us by providing us with around ten of volunteers students dedicated to the moderation of the platform. A very good piece of news ! This team stayed tuned all along the d-day poll.

Awaiting poll results, buzzing and Peacevote.

As soon as all medias talked about Wonzomai, there was the rush on the net ! Appearance on BBC and France 24 TV helps strenghthening the buzz around the platform. Within the same time, Cedrick Symenouh (from Akendewa) and Mohamed worked a whole night to release Peacevote (http://peace.53voices.com) enabling people all other the world, and especially from Ivory Coast to drop their peace “shoutout” messages via short texts or videos.

AllDenY’s Interactive WebApp For Election’s Results

Victory is gained and the monitoring’s still on. AllDeny launches AIWA4ER.

A s I’m writing those lines, figures about the ivorian election are still updated via data supplied by the independent electoral committee (CEI). The entire Wonzomai team (Akendewa, Internet Sans Frontières, the web community) is both proud and satisfied with this – good and useful – usage of the internet in Africa. Regis Bamba, a fellow of mine at AllDeny suggested that we have to go through this useful process. Id Est : designing a whole interactive tool enabling users, via a specific algorithm, to output results under many different formats. This eventually drove us to AIWA4ER (AllDenY’sInteractive WebApp For Elections’s Results – available via http://alldeny.net/elections). This citizen enterprise also meets all we’ve already done until now. We also have to notice that during those days people were willing to relay figures for a wider broadcasting effect. Within only 15 days we succeeded in proving that Ivorian web actors now firmly hold a part of the power. The upcoming President should take it in account since it’s just the beginning.

The Team  : You should forgive me for omitting some names. Let me know if so :

  • Cédrick Symenouh (membre Akendewa – webdesigner afritechpreneur)
  • Stéphane Koffi Kan (General Secretary Akendewa – Developper)
  • Wilfried Akapko (Akendewa Member – afritechprener)
  • Cyriac Gbogou (Akendewa Member)
  • Frédéric Tapé (Akendewa Member –AMN CEO – blogger – afritechprener)
  • Jean-Patrick Ehouman (Akendewa President –AllDenY CEO – blogger – afritechprener)
  • Régis Bamba (AllDenY Developer – afritechprener)
  • Diaby Cheick Mohamed (blogger – afritechprener)
  • Ghislaine Atta (Akendewa Member – Journalist – blogger)
  • Manassé Déhé (Akendewa Manager – Web Developer)
  • Archippe Yepmou (Internet Sans Frontières Vice-President)
  • Ghislain Lambert (Internet Sans Frontières Web Designer)
  • Eric Agnissan (Akendewa VP – AllDenY – afritechpreneur)
  • Julie Owono (Internet Sans Frontières Member)
  • The community via my facebook and tweeter friends

By launching Akendewa with Eric Agnissan our main aim was to boost the internet and mobile industry. We are so far from this target to be achieve but according to what we’re noticing “on the ground” we realize that it’s not utopic ! Let’s joinning us !

Thank you, and Vote AKENDEWA !!!!

[this article was translated from french to english by Cedric Symenouh ]

 

Si j’avais 4 mots à adresser aux afritechpreneurs

IMPORTANT : afritechpreneur désigne un entrepreneur africain (quelqu’un qui vit ou travaille en/pour l’Afrique) des technologies.

À plusieurs reprises l’ont m’a demandé sur facebook ou twitter des conseils et topos pour commencer un buisness (dans les technologies) en Afrique. Pour la plupart ce sont des africains de la diaspora qui souhaitent rentrer et évitez le syndrome de l’entrepreneur hors-sujet. Mais à coté, de plus en plus de personnes vivant sur place projettent de se lancer dans une aventure entrepreneuriale. Avec les 4 conseils suivants qui sont plus ou moins spécifiques à l’Afrique, je vais donner des éléments de réponse qui sont intimement liés à ma propre expérience sur le terrain.

1. Commencer sans attendre, par exemple, la fin d’une situation politico-sociale à priori défavorable à l’investissement. Ses évènements sont partie intégrante de notre vie en Afrique car le continent est jeune. Il faut savoir les accepter et s’organiser pour travailler dans les conditions qu’ils nous imposent. Vous ne serez jamais aussi prêt que lorsque vous aviez décidez la première fois d’entreprendre. C’est à ce moment-là que votre optimisme est à son plus haut niveau. Commencer, c’est aussi prendre le temps de recueillir des informations sur ce dont a besoin la tranche de la population pour laquelle vous avez décidé de lancer votre produit/service.

Quoi qu’il arrive vous ferrez des erreurs (et même de grosses erreurs). Il n’y a pas lieu de s’affoler lorsque cela survient. Bien au contraire ce sont des occasions qui vous permettent d’en savoir plus sur vous même, vos capacités et vos limites.

En Afrique (et surement dans d’autres régions du monde aussi) certaines choses fonctionnent à un rythme qui peut paraitre assez lent lorsqu’on vient de l’occident. Vous gagnerez donc à entamer des procédures et démarches le plus tôt possible. C’est aussi l’occasion de vous constituer un excellent carnet d’adresse.

2. Construire une communauté

Le canal publicitaire le plus puissant en Afrique est le bouche-à-oreille. Prenez donc le temps de parler de vos produits au gens qui vous entourent en n’hésitant pas à leurs donner des échantillons. Si vos finances vous le permettent, recrutez des personnes qui pourront passer dans les lieux publiques pour en parler (s’il s’agit de produit grand publique).

3. S’entourer de partenaires

Bienvenu dans la partie du monde ou l’on ne peut presque rien réussir tout seul. Il faut vous entourer de personnes/entités déjà présentes localement et qui bénéficient d’un minimum de crédibilité auprès de la population.

4. Servir vos clients

Démarquez-vous de vos concurrents en vous mettant au service de vos clients. Mon expérience me permet de dire que dans les différents secteurs économiques, le client n’est pas roi en Afrique. Bien entendu, quelques acteurs font des efforts. Mettez-vous au service de vos clients. Acceptez leurs caprices, vous en ferrez des commerciaux pour votre produits.

il y a bien entendu d’autres mots que pourrai adresser aux futurs afritechpreneurs. Si, vous aussi avez envie de partager votre expérience, n’hésitez pas à le faire en commentant ce billet.

L’ afritechpreneur face à la difficulté

Il est bien connu que les régions du monde les moins développées sont celles qui présentent le plus d’opportunités aux entrepreneurs. Lorsque l’on vient combler un vide ou fournir un service qui répond à un besoin quotidien de ses paires, le succès est presque garanti. Ceci est-il vrai pour les afritechpreneurs ?

A priori oui. Mais lorsque l’on pousse la réflexion en tenant compte des réalités de l’Afrique, ce simple « OUI » n’est plus valable. Je ne dis pas que les opportunités sont restreintes pour les afritechpreneurs. Bien au contraire, elles sont réelles et encore plus nombreuses qu’ailleurs (sentiment personnelle) compte tenu du retard du continent vis-à-vis des autres. Le problème c’est cet ensemble de barrières et difficultés qui viennent entraver la progression des afritechpreneurs. Allant jusqu’à les faire reculer pour bon nombre d’entre eux.

Une grosse partie de ces difficultés est constituée par des législations très peu adaptées à l’entrepreneuriat. Ces jeunes Ètats africains n’ont pas encore entamé des chantiers spécifiques au développement et à la démocratisation des technologies. L’auto-suffisance alimentaire et la santé publique étant prioritaires à juste titre. Il faut aussi noter les instabilités socio-politiques qui rendent difficiles la poursuite d’une aventure entrepreneuriale. Surtout lorsqu’il s’agit de l’industrie des technologies.

L’afritechpreneurs doit-il capituler face à ces difficultés propres à l’Afrique ? Je pense que non. Bien au contraire il devrait redoubler d’ingéniosité pour contourner ces barrières. Car une fois ces difficultés contournées, il ne lui reste plus qu’un immense marché aux opportunités très peux exploitées à ce jour.

Je reviendrai dans un prochain billet sur des exemples d’afritechpreneurs ayant usé de leur ingéniosité pour contourner les ennemis de l’entrepreneuriat en Afrique.

Si vous en faite partie, ou si vous connaissez des exemples n’hésitez pas à partager l’expérience en laissant un commentaire.

Les leaders africains des technologies à suivre sur Twitter : CNN ne parle pas français ?

IMPORTANT : Le seul objectif de cet article est de profiter de l’opportunité qu’offre CNN pour faire connaître les personnes qui font des choses remarquables en Afrique Francophone. Loin de moi l’idée de « corriger » l’article de CNN. 

Ce matin, j’ai découverts une très belle page sur l’un des sites de CNN. Il s’agit d’une liste des 10 leaders Tech africains à suivre sur Twitter selon CNN. J’aime beaucoup cette liste car les personnes citées sont effectivement assez actives en ligne et sont des modèles à suivre. Le problème ? aucun francophone ! CNN ne parle-t-il pas français ou y’a-t-il aucun francophone qui aurait pu être à la place de l’une des personnes citées ?

L’Afrique est presque divisée en deux. D’un coté les anglophones, et de l’autre les Francophones. Ce sont les deux langues les plus parlées sur le continent. Il faut noter que sur le continent l’on parle aussi arabe (principalement dans les pays du Magrheb qui fait partie de l’Afrique) et portugais (en Angola par exemple).

Il y a 21 pays en Afrique (environ 350 millions de personnes) dont la langue officielle est le Français. En plus de ces 21 pays, il y a 5 autres dont le Français est aussi une langue officielle (la deuxième). Il s’agit de l’Algérie, le Maroc, la Mauritanie et la Tunisie qui sont des pays dont la première langue officielle est l’Arabe. Le 5ème pays étant Maurice. Pour en savoir plus sur l’Afrique francophone, je vous recommande cette page wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/Afrique_francophone

Dans tous ces pays, il y existes des passionnés et des leaders de technologies qui publient régulièrement sur Twitter. Ces personnes passent beaucoup de temps à créer ou a mobiliser les différents acteurs de cette industrie pour en tirer le meilleur. Tout y passe. Évènements,applications, mouvements, collaborations pour des projets, recherche de fond, interactions avec les autorités, campagne de E-alphabétisation, … La liste est longue. En Côte d’Ivoire par exemple, depuis ces deux dernières années, il ne se passe pas une seule semaine sans un évènement. Et ça a commencé bien avant du coté de Dakar au Sénégal. Ci-dessous quelques unes des activités organisées par les francophones. Je rappelle que la liste est rès longue. Mais ce n’est pas l’objet de cet article.

Si des personnes avec à leur tête des leaders identifiés font donc du boulot remarquable, comment se fait-il qu’elles n’aient pas été citées dans cet article de CNN ? Lorsque l’on regarde de près les critères (« comments on the role technology plays in boosting entrepreneurship and empowering communities in Africa ») avancés, on est en mesure de produire une dizaines de francophones. Les critères sont :

  • une grosse quantité de tweets « pertinents » dans le but de participer à l’évolution des technologies

  • une audience (followers) de qualité et surtout diverse

  • une interaction permanente avec les internautes

  • la capacité à incité les africains à entreprendre et à tirer le meilleur des technologies

Pour répondre à cette question, je souhaite procéder par hypothèse car seul l’auteur de cet article de CNN pourrait nous donner une réponse exacte. En attendant cette réponse, voici quelques que raisons qui pourraient être à la base de ces omissions.

Peut être que les leaders africains francophones dans les tech ne publient pas assez sur twitter
Bien que ce fut le cas il y a quelques années et bien que les anglophones aient été les premiers à prendre d’assaut les réseaux sociaux, je pense que désormais, les francophones publient autant que les anglophones. Certes, je ne dispose pas d’études approfondies à ce propos, mais si je m’en tiens aux différents fils que je suis sur twitters, l’on peut parler de quasi égalité avec une balance qui pencherait vers les francophones suite aux élections présidentielles de différents pays depuis 2010. Je parle plus de ratio (tweet/habitant). Ces leaders francophones n’ont pas hésité à initier des projets (tels que Sunu2012 et #CIVsocial) communautaires pour le monitoring de ces élections. Aussi, je vois souvents ces memes personnes publier toutes sortes d’informations pouvant aider les africains à comprendre le bien-fondé des technologies.

Peut être que les actions des leaders francophones des technologies en Afrique ne sont pas aussi importantes
Je pense que leurs actions sont toutes aussi importantes. Tant par la méthodologies utilisée que par la qualité des actions et les résultats observés.

Certes @Fasokan (de son vrai nom « Boukary Konaté« . Si vous ne suivez pas ce monsieur sur twitter, vous ratez une occasion de voir une afrique qui se transforme depuis ces régions les plus réculées) n’a jamais réussi à lever des centaines de millions de dollar pour ces projets, mais il a beaucoup de mérite quand on sait que grâce à lui les villageois des zones reculées du Mali arrivent à se faire connaitre du monde en tenant un blog. Sur twitter, ce monsieur, qui est à la base institueur (professeur des écoles) a déjà publié plus de 11 330 posts qui touchent plus de 1 900 personnes à chaque fois. Et tenez-vous bien il publie tant en Bambara (Langue africaine parlée au Sénégal, en Mauritanie, au Mali, au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, en Guinée, …) qu’en français. Combien de blogueurs connaissez qui ont réussi l’exploit de dynamiser l’une des langues les plus parler sur le continent ? Ne cherchez pas, il n’y en a pas beaucoup. Je ne dis pas qu’il faut retirer l’un des leaders de la liste de CNN pour faire apparaitre Fasokan. Je dis juste qu’en terme d’accomplissement, il a fait quelque chose que très peu de personne ont fait sur le continent avec des moyens bien au delà de ce dont dispose Boukary.

Saviez-vous que @yoroba (Israel Yoroba – déjà meilleur blogueur francophone) a réussi à mettre en place un réseau de sites d’information de proximité dans plusieurs pays d’Afrique Francophone ? Et là je vous parle d’un impact sur un large publique. Cliquez ici pour en savoir plus sur @yoroba.

Je peux aussi vous parler de @tidjanedeme (Tidjane Deme – responsable du bureau de Google Afrique francophone). Au delà de représenter la plus grosse société de l’internet en Afrique francophone, Tidjane passe du temps à discuter avec les développeurs et les passionnés de technologies. Il ne rate pas une occasion d’inciter ces personnes à être présentes en ligne et à mettre en place des choses utiles grâce aux technologies.

La liste est longue, et j’ai évité de mentionner les personnes qui ont batit des grosses boites technologiques en partant de presque rien et qui passent leurs journées à publier sur twitter pour émuler l’industrie technologique en Afrique.

L’Afrique anglophone est beaucoup plus avancé dans les technologies
En effet la partie Anglophone de l’Afrique a une avance considérable par rapport à la partie francophone. L’Afrique anglophone a beaucoup plus d’investissement dans le secteur technologique et on assiste à l’émergence de politique axées sur cette industrie. Les résultats sont là. Un rapport récent indique que plus de 20% du PIB du Kenya a transité par M-Pesa (money electronique au kenya). Les gouvernants des pays francophones gagneraient donc à suivre les conseils et recommandations de leur leaders technologiques pour rattraper rapidement ce retard.

Aussi les développeurs anglophones sont beaucoup plus présents et produisent beaucoup plus. Mais ce retard est surement en train d’être rattrapé grâce aux actions des activites.

Ou tout simplement peut être que les anglophones (CNN) ne parlent pas français
Au lieu de continuer à émettre des hypothèses, j’ai préféré m’arrêter sur cette dernière. Visiblement, elle a l’air un peu provocatrice, mais rassurez, mes intentions sont loin de la provocation ou de celles d’un donneur de leçon.

Si vous êtes africain francophone, et que vous avez fait des études jusqu’au moins au collège, vous avez surement déjà eu l’occasion d’apprendre le minimum pour lire et comprendre un texte en anglais. Si vous avez fait des études supérieures das les technologies, dans la finance, le marketting alors forcément vous avez ce qu’il faut pour l’anglais.

A contrario, les anglophones n’ont pas cette chance d’apprendre le français aussi bien. L’une des raisons est la différence du système éducatif. Pendant que les francophones essaient de s’armer au maximum avant d’avoir le bac, les anglophones, eux se contentent du minimum pour ensuite mettre l’accent sur l’apprentissage dans les études supérieures.

Il est donc fort à parier qu’en règle générale, les francophones savent ce qui se passe chez les anglophones tandis que ces derniers ont du mal à suivre ce qui chez passe chez nous les francophones. Cette situation peut donc être l’une des raisons principales de ces listes exclusivement anglophone.

L’opportunité
Il y a donc une opportunité à saisir. Celui qui arrivera à proposer la meilleure solution pour que ces deux afriques (francophone et anglophone) fassent tomber cette énorme barrière de la langue, contribuera énormément à l’évolution rapide des technologies de l’information sur le continent. En attendant, j’essaie pour ma part de poster dans les deux langues et de traduire des tweets que je trouve utilies pour l’une ou l’autre afrique. Aussi, des persones telle que @diabymohamed et @nnenna(vous avez dit leader ? en voici !) qui publie « dans la langue de l’idée », font un grand bien aux différentes communautés.

Et notre liste ?
On serait tenté de faire une liste francophone. Mais ce serait ignorer la valeur qu’apportent tous ces anglophones à l’Afrique des technologie. Aussi je souhaite qu’on établisse une liste de 25 anglophones et une liste de 25 francophones à suivre sur twitter quand on parle de « contribuer à l’évolution des technologies en Afrique ». Avec un peu de chance CNN la publiera.

Si vous avez lu cet article jusqu’au bout, aidez-moi à mettre en place cette liste en commentant avec votre propre liste de personnes que vous aurez identifié. Il n’y a ni premier ni dernier. Plus il y aura de liste, mieux sera la liste définitive. Voici les critères que vous pouvez prendre en compte :

  • L’audience (followers/fan) : la quantité de personnes connecté au leader en question.

  • La qualité des publications : il s’agit ici de savoir si la majorité des publications de cette personne viennent contribuer à la vulgarisation et à l’évolution des technologies en Afrique. Un plus serait accorder à ceux qui tiennent un blog et au tweets originaux (qui ne sont pas des RT)

  • Les initiatives : cette personne initie-t-elle des actions pertinentes pour faire entrer les technologies dans la vie des africains ?

  • Les interactions : il s’agit de vérifier si la personnes interagit avec les internautes

On aurait pu en parler pendant des heures mais bon je m’arrête là. N’hésitez pas à contribuer à cette discussion en commantant.

18 recommendations to those in the African diaspora wanting to get involved in the technology sector back home

I wrote this post in french. It has been translated by John James (BBC Correspondent, Ivory Coast). John is the guy behind the Drogbas’s Country blog.

If you’re part of the African diaspora and you want to do business back home, I’d be one of the first to encourage you. Having done the same thing myself, I’ve been able to identify several things that will boost your chances of success, or at least reduce the risks of failure. The advice that I’ve written below come from personal experience. These won’t of course be exhaustive or apply to every situation, but I think you’ll find them useful as a starting point.

From 2005 to 2008 I worked as an application developer and then a research and development engineer with Java/J2E with a focus on mobile technology and the web. I gained particular experience in the banking, energy and media sectors. Then, I made the leap to start my own business. I’ve been business-minded since college, at school and during my university studies. But till then, these had been actions with friends and held little financial risk. Creating my start-up in France was made easier thanks to some training given by the Chamber of Commerce in Creteil (south east Paris). But when it came to setting up the business in Cote d’Ivoire, there were a number of obstacles.

It’s then I had to study for what I call my “MBA in on the ground IT business in Africa”. I always thought that it would take at least three years to really get to know the business environment in which I was launching. I knew that no formal academic study would give me the knowledge I would need. So, I decided to get stuck in at the coal face. Instead of being a mere spectator, I launched AllDeny and then the NGO Akendewa. I plan to come back on my journey in another series of articles.

Below you’ll find a non-exhaustive list of the things that are worth bearing in mind to avoid the mistakes that I made:

Set yourself up as a sole trader

You can set your business up as a limited liability company and get more credibility with the big players in your country. But how much is the extra credibility really worth if you don’t have any income at the start? If you’re an entrepreneur, it means that you know about taking calculated risks. Believe me, you’ll gain by committing the minimum amount of money possible at the start while you deepen your knowledge of the business environment in the country you’ve chosen. The taxes and other charges are very high in the majority of African countries, above all in francophone Africa.

In the case of Cote d’Ivoire for example, you’ll have to spend at least 2,000,000 fcfa (around 3,000 euros) to properly set-up your company, whereas with a sole proprietorship, the start-up costs won’t be anymore than 100 euros (65,000 cfa). To avoid later tussles with the tax officials, do everything you need to, to have traceable receipts. In Cote d’Ivoire, these are called “factures normalisées”.

Take the time to study your sector

You can’t just export an idea that works well in the West and think it’ll be an automatic success in Africa. Africans have very different ways of living and thinking. There’s no point for example setting up a payment service that uses voicemail, because in Africa, very few people use their voice mail – almost none are activated. However sophisticated and well-developed your technological solution is, it won’t succeed if it’s out of step with local needs. Of course, you can always create new needs and change the way your future consumers behave, but believe me, the risk of failure will be high, as will the costs if you need to educate and change your potential customers.

If your business offers a service for local enterprises, I advise you to come up with several different input forms so that your clients can clearly communicate to you their needs. The majority of small and medium sized businesses in Africa find it difficult to clearly grasp their technological needs. Unlike Europe or America, company bosses may not even a minimum understanding of technology and may not be able to describe what they need.

One of our clients once asked us to find a dedicated server for their website. After several conversations, I realised that he had wanted to carry out certain Unix commands on the shared server that hosted his site. But he found that he didn’t have permission to carry out these commands. If we’d have set-up a dedicated server, we could have sent him a large bill and made a healthy profit. But, the client in question would then have faced numerous security issues which would have required a degree of skilled intervention and extra cost that in fact was totally unnecessary. You can imagine how our relations would have then deteriorated, without even discussing the poor reputation that we could then have gained.

When coming back to your home country, don’t hesitate to bring your old equipment with you

This will help you to avoid looking for equipment in a place where the prices will be far higher and the selection limited. For example, if you need a particular type of printer, it’s far from clear that you’ll find the one you need in your homeland. Arriving already equipped is also a way to save money while at the same time making sure you have the best equipment. In country, you also risk finding equipment that has a host of hidden problems.

It’s worth being aware that the taxes on IT equipment are very high in certain African countries. Kenya is the exception in this domain thanks to a clued-up government. But most countries including Cote d’Ivoire use IT equipment imports as a way to increase tax revenue, something that has a big impact on the price of these goods. This situation doesn’t look like it will end soon as countries depend heavily on these customs duties.

Sub-let your office from another business or individual

There are quite a few businesses and individuals who have space to spare. If you decide to rent your own office (equally for your home), you’ll have to pay at least five months rent upfront as a deposit. There’s no shame in lodging with someone else. On the contrary, this will help you concentrate on the key thing; the service that you intend proposing to the market.

Africa could benefit by copying the garage start-ups in the US (e.g. Apple). Like in the 1970s with the PC and the 1990s with the internet, this current decade will see technology giants come from obscure beginnings. In Kenya there’s already the example of Ushahidi, which was set-up in 48 hours by David Kobia and which has since become a veritable gold mine.

Take on the services of a cook for your and your team’s meals

If you have at least five people in your business team, it’s a good idea to employ the services of someone to shop and cook your meals. Of course, this person will take a cut and you’ll need to watch out for overcharging. But still, these sorts of services are more and more popular in Africa’s main cities. Take the time to establish things on a good basis and help everyone participate in the choice of meals. If you can make the process fun, your collaborators will enjoy getting involved. Some of them will even bring along vegetables and fruits as their contribution.

Avoid signing staff contracts in the first year

At the start, it is best to employ your staff on a freelance basis. Avoid establishing fixed contracts. Of course, you shouldn’t keep your staff in a precarious position. But experience shows that our homelands aren’t overflowing with a strong professional ethic. The majority of employees only pick up such things when they’re in their first year of employment.

There is also a big problem with regards to the respect (even understanding) of the idea of upholding delivery schedules. Certain people struggle to understand that you can lose a contract (even one already signed) if delivery is late.

Put in place a transport budget

This will avoid hearing “boss, I didn’t have enough money to come to work”. The key idea here is to send a strong signal to your colleagues so that they understand the importance of being conscientiousness. Take the time to work out how each employee comes into work in order to help decide the best way for him/her to get there. Even better, you can give them an advance each week equal to the transport costs for that period.

There are also possibilities for providing transport. Find out if you can sign-up to something for your workers. It might also be possible to set-up car-sharing schemes for the company. Encourage those who transport their colleagues with fuel vouchers and other gifts. It’s the thought that counts. This can also help improve the team spirit at the business.

Personally, I don’t hesitate to transport my collaborators all the way to their homes. It’s a good occasion to chew the fat and get to know each other. But be careful not to go too far in your relations outside of work. This can turn against you. Don’t use your employees to do your personal errands – don’t abandon the positive things you picked up in the West. Your employees aren’t your domestic servants or your personal assistants, unless you’ve specifically employed them for this.

Use free software

I’ve seen that even the largest companies in Africa often use pirated versions of Windows and others software without a licence. It’s best to avoid these sorts of practices – if your produce is aimed at western markets, you’ll run into the problem of using unlicensed software. If you don’t have the means, use free software. You’ll need to put in a bit of time to get up and running on the free software. But you’ll make important savings. If you haven’t had experience of this software before, do your research and put in the effort in the first month to really get to know these tools.

There are numerous schools in our countries training competent users of these free software tools and this is an opportunity to seize. I’m not saying that you need to abandon other software, but as the next section makes clear, you need to be a role model in your organisation. If you haven’t the money to pay for software, it’s best to use free software legally. Coming from the diaspora, you shouldn’t be one of those promoting violations of copyright and intellectual property.

Keep in mind that you represent a leadership role model

As an African entrepreneur, you should keep in mind that you represent a leadership role model. Africans are little by little starting to become interested in leadership outside the domain of politics. You have a responsibility to embody the moral values that others that come after you can follow.

Personally, I started an adventure to build the local IT community at the same time as my professional activity in Abidjan. With 10 local entrepreneurs, we put in place Akendewa to “emulate the mobile and internet industry in Africa”. At the beginning this was just a simple gathering of people passionate about technology, but it’s become a real platform which has had an impact in almost every part of life in Africa. We were able to save lives thanks to the #civsocial project and we keep encouraging the technological activities of companies and individuals. You have the possibility of being part of such a movement, which exist in each African country.

Unless you’ve got tons of energy and a plan over several years, I would advise against setting up a new association or club in the country you decide to invest in. Just get involved with what’s already in existence and launch initiatives under its banner. If you can’t find an association that fits, then perhaps you can launch your association/organisation/club. But as soon as you’ve started, be ready to respond to the concerns of everyone who takes an interest in the initiative. Among these people you’ll find the right people to help you with your own projects.

One morning in 2010, I received a message from a certain Cyriac Gbogou. He wanted to encourage me in my work with Akendewa and also Yefite!, a community guide to great African hotspots that we launched under the AllDenY banner. In fact, he’d been following our online activities for a while and had decided to join forces with us. After several exchanges on Facebook, he started to work on behalf of Akendewa without having met any of its founder members. Several months later, everyone who knew about Akendewa knew Cyriac and how much he’d taken on board the vision of the organisation.

Be careful of espionage

Do be careful with the work you’re undertaking. A common practice is that people get themselves employed somewhere just to know what you’re doing and then to copy it. It boils down to espionage. Protect yourself from your colleagues by giving them access only to the information they need to carry out their work.

The art of delegation is of course one of the key things for any entrepreneur to cultivate, but if you create software and applications, I advise you to write the initial code yourself and then make use of an API that your collaborators can then use. With time, you can identify those you can see yourself working with for a long time, and open a bit more your secrets.

In any case, you do of course need to give your colleagues what they need to help advance the work. It’s not about holding back all the information – something that will lead to inevitable failure.

Don’t move back to your home country

I imagine that you may be shocked by this one. Me too. But the truth is that you have more chance of success in a country that isn’t your own. This doesn’t mean you’re forbidden from returning to your home country as your investment destination. When you head back, the family will be very happy to see you. But without wanting to, they can then become a distraction to you and stop you achieving your objectives. You risk losing time by meeting their needs at the same time as trying to make your business function.

And, let’s be honest, in Africa the entrepreneur is often considered as the big boss. Any big boss will of course have a certain financial power, so people think you’ve got plenty of resources. You’ll have a hard time explaining that you’re trying to create value and not expenses.

Personally, I’ve had some difficulties with certain members of my family who struggle to accept that they may see me on television talking about IT before I’ve passed by to spend a day with them visiting. Where it’s possible, I do try to meet as many people as possible. But if – like me – you have a large family, you risk losing a lot of time. It’s best to keep these visits to your holiday periods.

There are some countries in Africa that are more dynamic when it comes to IT than others. When I think about the evolution of the sector and the plans drawn up by different countries, it’s clear that certain countries will be more propitious for start-ups. If you don’t have too much money at the start, I advise you to head to one of the countries that I’ll recommend in a future article called “The diaspora and the IT ecosystem in Africa”.

Never trust verbal agreements

This applies to your collaborators as well as your eventual partners and local clients. Voluntary amnesia is a common disease. Keep a physical record of the agreements you draw up – it will help you avoid later disappointments.

When you present the written agreements to your collaborators and partners, they’ll see how important you regard the promises. The step of drawing up the agreements will show your seriousness and oblige your collaborator to make sure they fulfil his/her part of the deal. If you don’t do this and leave your collaborators fairly free, you’ll find that they’re not very committed to the work. But if you take the time to write things down in an official document, you’ll be surprised by the difference in productivity. It’s not a question of exploiting people. For example, with the heat in Africa you will need to allow your collaborators to take at least an hour for lunch.

Make sure you get hold of a copy of the law on the workplace in the country that you move into. Contrary to what some people think, the judicial administration in most African countries is very zealous when it comes to the non-respect of professional contracts. You’ll need to make use of a legal advisor in case of problems.

Keep you project plans secret

Don’t give away your project plans to someone who says they’ll find you local markets or international partners. Keep secret your implementation plan. Draw up project presentations that are clear, but don’t expose this level of detail. Certain people will have no scruple in using your documents as if they’d written them themselves. And when the damage is done, you will have little chance of upholding your property rights.

I can remember an unfortunate incident that happened to a Swiss entrepreneur originally from Cote d’Ivoire, who had updated a computer with an operating system based on Unix (the same base as Linux and mac OS). I spoke to him in August 2009 in Abidjan. And during the presentation of his product at Hotel Ivoire in Abidjan, he had one of his three prototypes stolen despite the presence of security.

Say goodbye to poor collaborators

Without any hesitation and for the fundamental survival of your business activity, say goodbye to collaborators who don’t respect working hours, deadlines and the rules that you establish. Any indulgence for incompetence will cost you dear. Unless you have a big budget for training your collaborators, don’t waste time with personnel who don’t bring much to the business.

Technology is a sector that’s part of a global market. Even if you’re in Africa, your competition could be European, American or Indian. I know of several European companies that create application for Africans. And coming from the diaspora, you know that these European details pay plenty of attention to the details.

Even if your solutions are simple, try to avoid spending time supporting your staff in their work. For this, work with collaborators who know the importance of doing a good job. They should be ready to take the time to document almost all that they plan to accomplish.

Don’t come back to settle in your homeland

In any case, not in the first year. This could seem like it’s against the spirit of getting involved in entrepreneurship in Africa, but it’s best to be honest. Africa is an incredible continent. But someone who left several years ago will have undergone some sort of modification in the way they see things back home. I wouldn’t say that he’s forgotten everything, but several years in a new environment changes you.

To avoid disillusion, entrepreneurs from the African diaspora should take the time to rediscover Africa. Personally, I started with visits of 3-4 weeks per year. Four years later, the weeks have become months. You need to take the time to make real contacts and develop a strong understanding of the market. Most importantly of all, you’ll come to understand the “new needs of Africa”. It’s these new needs that you should help answer with your business. Once you’re aware of them, you are in a stronger position to decide on the merits of a definitive return home.

Stay humble and respectful, but not submissive

Once you go back, you’ll find that some people will try to catalogue you as “their kid” and will want you to call them “big brother” or “big sister”. Don’t let these people influence your decision making.

Where possible, try to find a balance in your relations with people. Don’t hesitate to return favours – perhaps people will say that they help you for nothing, but as an entrepreneur you know that nothing is for free. Being prepared to say ‘No’ won’t lose your friends if these people respect you. On the contrary, when someone distances themselves from you because you said no, you are separating yourself from someone who would have slowed down your progress and reduced your professionalism.

Keep a blog

As incredible as it may seem, Africa needs you as a content producer. The different sections of IT in Africa are very poorly documented. It’s difficult to know what’s going on. By keeping a blog, you are providing information that will be invaluable to others. What do you gain? Everything! You’ll have the chance to position yourself as an expert of the section that you yourself have chosen. You’ll agree with me that an entrepreneur who knows the ins and outs of his sector will have a future advance over (future) competitors.

Take the time (25 – 40 minutes each day) to write about what’s happened. After several months, you’ll see that what you have written constitutes a real resource of knowledge.

Personally, two years ago, I reoriented my personal website (this one) towards blogging to share my entrepreneurial experiences with other internet-users. This has allowed me to build contacts throughout Africa, even Anglophone Africa. Even if the blog is in French (I did try initially to publish in English, which lasted several months), numerous English-speaking readers and entrepreneurs in Anglophone Africa read what I write thanks to Google Translate. Some have even told me that they translate my tweets. We are of course talking about my publications on IT in Africa and my initiatives. The result of this interest is that I will soon be one of the speakers at the Mobile Web Africa conference, which is the most important mobile event on the continent. This will allow me to make known what we’re up to.

Get involved in mobile technology

Keep an eye out on this blog for a new series of articles entitled “The diaspora and the IT ecosystem in Africa”, in which I’ll speak about the opportunities offered by mobile technology in Africa. I’ll use this to get into the detail of the biggest technological industry in Africa. I also plan to speak about what’s going on in Kenya, Nigeria, South Africa and some French-speaking African countries.

Conclusion

Africa can appear to be difficult terrain for entrepreneurs. Yet, it’s the place where the ROI (Return On Investment) is the largest in the world. Everything depends on the way in which you can attract the confidence of the main operators and also your capacity to adapt to the different habits.

As I said at the start of this post, there are obviously numerous recommendations that could be made and I’m interested in hearing your own. Don’t hesitate to comment on this post with your recommendations or suggestions to people in the diaspora who are thinking of coming back home for business.

 

 

 

Les raisons pour lesquelles, les entreprises d’Afrique ne sont toujours pas sur le web

De nos jours, un site web est très important pour une entreprise. C’est un puissant outil de communication qui peut à lui seul éviter à l’entrepreneur d’investir dans les canaux publicitaires traditionnels. La présence des entreprises africaines sur le web est un facteur déterminant pour l’augmentation du contenu africain en ligne.

Mais à ce jour, le ratio d’entreprises d’Afrique présentent en ligne est très faible. Pourtant la plupart ont plus ou moins entendu parler du web. Pourquoi n’ont-elles pas encore fait le pas ? Peut être qu’elle n’en ont pas besoin. Essayons de comprendre ce qu’il en est à partir des éléments ci-dessous.

les africains ne sont pas encore sur le web

Si l’on s’en tient au données de Internet World Stats, il y a à ce jour environ 118 848 060 d’Africains sur le net. Ce qui fait 11,5% de la population totale du continent. Quand on sait que 44% (toujours d’après Internet World Stats) de ces internautes viennent du Nigeria (165 millions d’habitants, environ 15,6% de la population du continent), on comprend bien qu’il y a très peu d’africains qui ont accès au web. Un pays comme la Côte d’Ivoire n’a que 968 000 internautes pour une population estimée à 21 Millions. Avec ce faible taux de pénétration, les chefs d’entreprise peuvent considérer que le web n’est finalement pas un canal pertinent pour promouvoir une activité. Les quelques africains qui sont en ligne sont bien souvent des influenceurs.

Partons de quelques hypothèses qui sont vraies dans plusieurs régions d’Afrique :

Avec ces deux points, on peut déjà se dire que finalement les personnes ayant accès au web sont de réels influenceurs dans leur communautés respectives. Ils peuvent donc aider pour la promotion d’un produit. Ainsi, il est fort à parier que si quelqu’un qui a accès à l’internet apprécie votre produit via le web, il en parlera autour de lui. Et s’il en parle autour de lui, votre produit aura plus de facilité à se faire connaitre et à être adopté. En partant, bien sûr, du fait que cette personne soit très écoutée dans sa communauté.

TABLEAU ISSU DE INTERNETWORLDSTATS.COM – 31 Mars 2011
Regions

Population ( 2011 Est.)

Utilisateurs d’Internet 31 Décembre 2000

Utilisateurs d’Internet 31 Mars 2011

Penetration (% de la Population)

Croissance 2000-2011

 % d’utilisateurs

Afrique 1,037,524,058 4,514,400 118,609,620 11.4 % 2,527.4 % 5.7 %
Asie 3,879,740,877 114,304,000 922,329,554 23.8 % 706.9 % 44.0 %
Europe 816,426,346 105,096,093 476,213,935 58.3 % 353.1 % 22.7 %
Moyen-Orient 216,258,843 3,284,800 68,553,666 31.7 % 1,987.0 % 3.3 %
Amérique du Nord 347,394,870 108,096,800 272,066,000 78.3 % 151.7 % 13.0 %
Amerique Latine / Carib. 597,283,165 18,068,919 215,939,400 36.2 % 1,037.4 % 10.3 %
Oceanie / Australie 35,426,995 7,620,480 21,293,830 60.1 % 179.4 % 1.0 %
TOTAL Mondial 6,930,055,154 360,985,492 2,095,006,005 30.2 % 480.4 % 100.0 %

Pour l’entrepreneur africain, il est vrai que le mobile doit être une priorité par rapport du web. Mais rien n’empêche de partir du web pour « gagner » sur le mobile. On peut imaginer par exemple une promotion sur le web

  • qui nécessite l’inscription du numéro de téléphone.
  • Une fois l’inscription validée, l’internaute reçoit par exemple un SMS qu’il peut partager avec ses amis en leur envoyant à son tour des SMS.

Je vous laisse imaginer la suite si réellement le produit représente un intérêt pour les utilisateurs. Les réseaux sociaux représentent un excellent canal pour les entreprises. Avec un ton amical, elles peuvent profiter de l’interconnexion des utilisateurs pour promouvoir leurs activités de manière virale. En Décembre 2011, Facebook comptait plus de 37 millions d’Africains [Source : Internet World Stats]. C’est énorme, car cela signifie que sur « 10 africains connectés », il y a environ 4 qui utilisent Facebook.

A quoi peut bien servir un site ?

Si vous décidez d’offrir vos services de designer ou de développeur web à une PME africaine, vous devrez être en mesure d’expliquer, à votre futur client, la valeur ajoutée que vous apportez par rapport aux médias traditionnels. L’entrepreneur africain étant à la base sceptique vis-à-vis du web, vous devez avoir un argumentaire bien étoffé. Vous pouvez par exemple lui faire comprendre qu’un site web sert :

  • de carte de visite grand format : Contrairement aux cartes de visite traditionnelles, l’on peut y ajouter beaucoup plus d’informations sur l’entreprise.
  • d’outil de présentation du contenu d’un catalogue pour les entreprises qui en possèdent. On parle même de « site catalogue »
  • de canal de communication avec des futurs clients : Il permet de poser des questions sur l’activité, les produits et services, l’entreprises et le staff.
  • à démontrer son expertise via un blog par exemple, l’on peut arriver à séduire facilement ces futurs clients. C’est le cas de PDA Store, une boite qui vend des mobiles en Cote d’Ivoire. A travers son blog, PDA Store donne des conseils sur les usages et l’entretient des mobiles. Tout y passe. De l’application smartphone coup-de-coeur à la manière la plus efficace de sécuriser ses comptes sur android.

La cybercriminalité fait fuire tout le monde

La cybercriminalité fait des victimes et tue beaucoup de business dans plusieurs pays d’Afrique. Elle empêche par exemple le décollage du E-commerce. Les autorités des pays africains manquent de moyens face à ce fléau. L’africain moyen sait par exemple qu’il est en danger sur internet. Mais, il ne sait pas forcément à qui s’adresser ou comment se protéger. Ce manque d’information conduit à un certain paranoïa.

Chez AllDenY par exemple, nous approchons (physiquement) les pme ivoiriennes pour leur proposer nos services de création de site web (+ gestion et autres services). Mais avant même de proposer nos services, nous prenons le soin de demander à l’entrepreneur les raisons pour lesquelles il n’avait jusque là pas fait le pas du « online ». Sur environ 1500 entreprises interrogées, la première raison évoquée est « la peur de se faire escroquer« .

Les exemples d’escroqueries et autres actes de « e-vandalisme » ne manquent pas. Il ne se passe pas un seul jour sans que un cas soit signalé. J’ai moi même pu faire le constat sur un site web qui reprenait pratiquement le même nom de domaine qu’une banque ivoirienne. La seule différence était un tirait (banquexxxxxx.com au lieu de banquexxxxx.com). ce site avait réussi à récupérer les accès de certains utilisateurs qui avaient essayé de se connecter à leur espace client via le site piraté.

Le problème du webmastering et des prestataires de services

Il est bien d’avoir un site web. Mais, s’il n’est pas fréquemment mis à jour, ou fourni en contenu, ils donnera plutôt une image négative de l’entreprise. Le métier de webmaster (freelance ou agence) a encore des beaux jours en Afrique. En proposant leurs services de webmastering, ils prennent l’engagement d’intervenir sur les changements du contenu. Pourtant, encore de nombreuses entreprises se plaignent du manque de réactivités de leurs webmasters. Et comme les entrepreneurs communiquent entre eux, cette situation crée une certaine réticence générale vis-à-vis des webmasters.

Il y a donc un travail supplémentaire à faire du coté des webmasters. Au delà des impayés et autres soucis que peuvent poser des clients peu scrupuleux, les webmasters gagneraient à se comporter avec beaucoup plus de professionnalisme. Car la quantité des contrats futurs est souvent fonction du taux de satisfactions des précédents clients.

Au vu de toutes ces choses, l’entrepreneur se demande souvent si le web, cet outil de communication dont tout le monde parle, vaut réellement le « coût ». Cette situation se vérifie plus chez les nouveaux entrepreneurs pour qui la moindre sortie d’argent est calculée. Certains entrepreneurs ne sont pas à l’abris d’une surfacturation car n’ayant pas la mesure de ce que coûte le travail que le développeur ou le webmaster réalise pour eux. La vérité est qu’en Afrique, il est difficile de répondre à la question « combien coute un site web ? institutionnel ? e-commerce ? « .

L’opportunité

Certains entrepreneurs vous diront qu’il ne savent pas quoi mettre sur le site que vous souhaitez leur créer. D’autres encore n’ont pas de dépliant ou de prospectus à partir duquel vous pouvez vous inspirer pour rédiger le contenu de leurs sites. Ce problème est finalement une opportunité pour les développeurs et surtout les webmasters qui peuvent aisément fournir une offre triple-play (conception – contenu – maintenance).

C’est aussi une opportunité pour des agences qui pourraient se spécialiser dans l’accompagnement des entrepreneurs pour la rédaction de la documentation sur leurs offres commerciales. Cet accompagnement aura son sens si en plus de la documentation, ces agences proposent des services (soit directement, soit par le biais d’un prestataire partenaire) de création de carte de visite et autres support à travers un package.

Le fait que les entreprises africaines ne soient pas encore en ligne représente une grosse opportunité pour les développeurs (freelance, agence). Il y a tout un continent à mettre en ligne. Et certains, dont des agences, l’ont compris. Parmi ces agences, l’on compte Google.

Et oui ! Encore négligé par les autres géants du web, l’Afrique a été pris d’assaut par la firme de Montain View. En plus de sa mission d’accompagnement des développeurs et des producteurs de contenu africains, Google à entrepris d’aller à la rencontre des entrepreneurs à travers le programme « Get Your Business Online« . Déjà déployé en Europe (France, ireland, Grande-Bretagne, ..) en Amérique (USA, Canada, ….) en Asie (Inde, ….), ce programme est désormais à la disposition des entreprises africaines (Kenya, Nigeria, Ghana, …).

Enfin

Je pense vraiment que ce serait dommage pour les développeurs africains de ne pas profiter de cette opportunité. Je n’ai rien contre le fait que Google ou d’autres géants se soient positionner. Mais, c’est une réelle opportunité que ses développeurs africains, qui chaque jour essaient de vivre de l’art qu’ils ont choisit, pourraient rater. Ils ont l’avantage d’être proches des entreprises africaines. Ils ont aussi l’avantage de ne pas souffrir de la lourdeur d’une multinationale. Reste à eux de prendre cette grosse part du Gâteau qui est à leur disposition. Dans quelques années ce sera trop tard. Car en plus de fournir un travail de qualité, les entreprises comme Google ont le chic de rendre leurs services abordables à tous.

J’ai surement omis des raisons qui empêchent les entreprises d’Afrique d’être en ligne. Via un commentaire, vous pouvez partager celles que vous avez identifiées.

KONZA la silicon valley africaine venu du Kenya


Grande fut ma joie lorsque j’ai découvert ce projet kenyan. Avec KONZA Technology City, le gouvernement du Kenya décide de mettre en place une ville de toute pièce dont l’objectif est d’offrir tout le nécessaire pour les entreprises et les entrepreneurs de l’industrie des technologies.

Imaginez une ville dans laquelle vous avez une forte concentration d’ingénieurs, de personnes ingénieuses, de porteurs de projets, d’investisseurs locaux et internationaux, de salles collaboratives avec des accès internet au plus haut débit. Imaginez qu’il suffit que vous ayez une idée géniale pour que des experts de différents domaines vous accompagnent afin que vous la mettez en œuvre. Imaginez que vous puissiez travailler sur votre projet sans vous soucier des finances.

Imaginez que vous êtes à KONZA Technology City en 2018 ! à 60 km de Nairobi.

KONZA veut devenir le meilleur endroit pour faire des affaires en Afrique avec la meilleure infrastructure au niveau des Technologies de l’Information et de la Communication dans un environnement bien pensé. Tout ceci va coûter plusieurs millions de milliards de Shilings. Les financements viennent essentiellement de la International Finance Corporation qui fait partie de la Banque Mondiale. Découvrez KONZA Technology City

Je garde toujours espoir que la Silicon Valley d’Afrique sera un ensemble de technolopôles (donc de villes technologiques) à différents endroits du continent. Je pense au Nigeria, au Ghana, à l’Afrique du Sud, à la Tunisie et pourquoi pas le Sénégal et la Côte d’Ivoire. Ces deux pays d’Afrique francophones subsaharienne ont entamé des travaux dans ce sens. En espérant de bon résultats dans 3 ans.

7 raisons pour lesquelles les blogueurs d’Afrique deviendront des stars

En raison des l’évolutions (très) rapide de l’écosytème des technologies en Afrique, j’évite de faire des pronostics sur plus de d’une année. Mais pour ce qui est de la publication en ligne, je suis convaincu que les blogueurs qui décideront de s’y mettre de manière professionnelle, prendront le dessus sur de nombreux journaux locaux. Ils/elles deviendront des super-stars de cet écosystème.

Au même titre que les développeurs qui mettront en place des applications à forte valeur ajoutée, les blogueurs professionnels d’afrique sont partis pour être les stars de l’internet et du mobile en Afrique.

jpehouman.com : 7 raisons pour lesquelles les blogueurs d'Afrique deviendront des stars
une image de Stephanie Booth

1Les journalistes africains font défaut sur le web africains sur le web
Je n’ai pas de chiffre exacte, mais de par mon expérience avec plusieurs rédactions en Côte d’Ivoire, je pense que moins de 20% (surement -10%) des journalistes utilisent le web et les réseaux sociaux. Les journalistes utilisent ce média, certes pour lire leurs emails ou pour échanger avec leurs proches, mais rarement pour leur travail. Ils ne s’exposent pas (ou très peu) à travers des blogs qui pourraient devenir des sites incontournables.

2 – Les rédactions ont pris pas mal de retard
Les dirigeants des rédactions sont encore plus à la traine car aucune politique de passage au numérique en vue. Nous sommes pourtant au 21ème siècle. Et pour ces entreprises, le retard n’est pas lié aux moyens financiers. Publier via le web n’est pas la choses qui leur coutera le plus d’argent. Pire encore, on n’en est plus aux jours ou ces rédactions n’avaient pas la mesure de la puissance de ces nouveaux médias. Le printemps arabe, les crises du Yemen, de la Côte d’Ivoire, … ont fait ce travail. D’elles mêmes, ces rédactions ont pu se rendre compte de la portée que pouvait avoir les écrts d’un journaliste en ligne. Pour ceux qui en doute encore, faites un tour sur le site de l’Organisation Internet Sans Frontière (dont je suis membre). Actuellement, elle mêne une campagne pour l’écrivain camerounais Enoh Meyomesse.

3 – Les journalistes africains tendent à traiter que de sujets politiques et c’est domage
Certes la politiques occupe une grande place dans la vie des africains. Il n’y a qu’à voir ce qui se passe pendant les périodes d’élection. Pourtant, quand il s’agit d’informer, il faut informer sur tous les sujets qui intéressent. Je vois rarement les journaux africains consacrer des colonnes aux télécoms ou aux mobiles. Encore moins aux réseaux sociaux. A la place, ils préfèrent afficher des pages entières de publicité pour les opérateurs téléphoniques. C’est une affaire de cash/rentabilité immédiat. Pourtant ont aurait dit que ces réseaux sociaux ont presque été crée pour les africains quand ont s’intéresse aux statistiques de leurs usages du web. L’autre problème avec les sujets liés à la politique, est qu’il y a tellement d’articles qui sont publiés que seule une poignée de journalistes s’en sort.

4 – Sur quel sujet peuvent écrire les journalistes-blogueurs?
J’ai identifier quelques niches pour lesquelles les journalistes africains pourraient tenir des blogues à succès. Et même si vous n’êtes pas journaliste, vous pouvez vous y essayer. C’est une petite liste basé sur les habitudes de publications que j’ai pu observer sur facebook et twitter. Les journalistes-blogueurs, peuvent donc rencontrer du succès en blogant sur :

  • L’activité des africains sur les medias sociaux,
  • L’interpretation des rêves/proverbes selons les croyances africaines. Et faire un parallèle avec les l’horoscope occidental et/ou chinois,
  • Les championnats sportifs locaux,
  • L’actualité des nouveaux médias dans l’environnement local

5 – Combien de temps leur faudra-t-il ?
Prendre une position dans l’élite d’une une niche de blog est actuellement aisé en Afrique car pour le moment il existe très peu de blogueurs professionnels. Ainsi, avec une activité régulière, un blogueur qui met en oeuvre les principes de publication (incluant les bonnes pratiques de la diffusion) en ligne, a de forte chance de se faire connaitre en moins de 6 mois. Et s’il souhaite se faire de l’argent il pourra compter ses premiers sous avant le 12ème (et peut être bien avant) mois. Surtout que désormais google à mis en place ce qu’il faut pour rémunérer les utilisateurs africains de sa plateforme de publicité Adsense.

6 – Pourquoi les blogueurs réussiront ?
L’une de mes résolutions de cette année 2012 pour mon engagement en Afrique, est d’agir pour l’évolution du e-journalisme en Afrique. En faisant mes recherches avant de prendre cette résolution, j’ai pu me rendre compte que de nombreux internautes hors d’Afrique étaient disposés à payer pour de l’information fiable sur presque tout ce qui concerne l’Afrique. Ajouter au manque de contenu Africain (par rapport aux autres continents) dont tout le monde parle depuis plusieurs années, on a là une très belle opportunité pour des blogueurs qui souhaitent se spécialiser.

Il faut aussi garder en tête que ces blogueurs sont déjà très bien connectés entre eux. Ils ont pour la plupart, de nombreux contacts (ou fans) à travers les réseaux sociaux. Vous les retrouvez facilement sur twitter en train d’échanger sur des sujets diverses. Ils parlent très peu de politique (bien que ce sujet peut être la passion de certains blogueurs) au profit de leurs passions et des sujets qu’ils abordent dans leurs blogs. Ainsi, petit à petit, il gagnent la confiance des internautes. Transformer ces contacts/fans en lecteurs ou abonnés de leur blogs n’est plus qu’une question d’application des techniques classiques de conversion.

7 – Les problèmes que s’entrevois
À ne pas prendre les devants, j’ai bien peur que certaines rédactions réagissent désespérement en utilisant des blogueurs (qui seraient devenus stars) comme journalistes. Rien ne l’empêche tant que ces blogueurs arrivent à travailler selon les rêgles de ce metier. Mais l’expérience montre qu’il est très difficile de transformer un blogueur (aussi bon soit-il) en journaliste. Pour éviter des soucis, il faudrait que les responsables des rédactions prenne le temps de former leur journalistes au blogging et à l’usage des médias sociaux numériques pour leur metier.

Il y a quelques temps je vous parlais d’une affaire de droit d’auteur en Côte d’Ivoire. Cette affaire, le CarlalieGate mettait en scène un journal papier qui avait publié les photos d’une jeune photographe amateur sans son accord. Comme si cela ne suffisait pas, le meme journal avait récidivé la semaine qui avait suivi en publiant l’intégralité (ou presque) d’un article de la blogueuse Yehni Djidji. Au moins cette affaire montre que ces deux jeunes blogueuses sont surement déjà des stars.

Combien coûte un site web en Afrique subsaharienne ?

Dans les pays développés, lorsqu’une entreprise décide de mettre en place un site web pour la présentation de son activité elle sait plus ou moins à qui s’adresser et combien payer. Mais lorsqu’il s’agit des entreprises en Afrique subsaharienne, cela peut devenir un véritable casse-tête. Bien souvent, le plus difficile pour l’entrepreneur (ou le chef d’entreprise) est de déterminer la valeur ajoutée que pourrait apporter un site web à son affaire. C’est à partir de cette information qu’il pourra définir un budget pour une éventuelle réalisation. Le site étant un outil de communication supplémentaire ou complémentaire à ce qu’il possède déjà.

Soit une entreprise africaine de moins de 50 salariés qui fait un bénéfice dans la moyenne des entreprises du pays dans lequel il se trouve. Supposons qu’elle désire avoir un site web. Nous allons d’abord nous intéresser aux développeurs web qui pourraient s’occuper de la réalisation.

Le salaire mensuel d’un développeur web en Afrique subsaharienne
La notion de facturation à l’heure de travail n’est pas très répandue en Afrique. Donc difficile d’établir une méthode universelle pour la facturation. Mais nous allons déterminer la facturation en fonction du nombre de jours de travail. On peut estimer le salaire net moyen d’un développeur web (que l’on appelle « Intégrateur ») diplomé avec au moins 3 ans d’expérience à environ 300 000frcfa (il y a de fortes chances que ce soit 400 000frcfa ou 250 000fcfa). Bien sûr, on ne parle pas ici de développeur de logiciels ou d’applicatifs. Pour ce métier il faut compter au moins 450 000frcfa en moyenne. Donc si nous revenons au cas du développeur web (l’intégrateur), on se retrouve avec un salaire annuel de 3 600 000fcfa. En estimant qu’il y a environ 250 jours de travail effectifs dans l’année nous somme à environ 14 400frcfa/jour qui est (d’après nos hypothèses), le salaire journalier net d’un développeur web. Dans le cas des développeurs indépendants, il faudrait compter 2 fois plus car ils supportent des charges que les salariés ne supportent pas. Ce qui fait 2 x 14 400 = 28 800frcfa.

Site Web

Combien de temps faut-il pour développer un site institutionnel (avec environ 5 pages) ?
Cela dépend énormément des compétences (savoir-faire) du développeur. Et ici on est bien dans quelque chose qui n’est pas spécifique à l’Afrique. Je suis de ceux qui estiment q’un développeur, fût-il africain, à tout ce qu’il lui faut pour être au même niveau qu’un développeur européen ou américain ou encore, indien. Les ressources en ligne constituant la meilleure école. Ainsi, après 3 ans, un développeur doit être capable de développer au moins une page web (de complexité moyenne) par jour. Et pour y arriver il a dû accumuler les bouts de code utiles de sorte qu’il ne soit pas à chaque fois obligé de réinventer la roue. Aussi un développeur est sensé être très rapide au clavier. Si vous êtes développeur et que vous n’en êtes pas à ce niveau, vous devez vous poser des questions. Et surtout, vous gagnerez à vous améliorer avant de commencer à proposer vos services. Enfin pour être un peu large on dira qu’il faut 7 jours pour développer un site institutionnel de 5 pages avec un design original mais assez simple.

Ce que le développeur devrait encaisser
A 28 800frcfa/jour, le développeur (indépendant) devrait encaisser (7 x 28 800) = 252 000frcfa. Nous estimons que 40% (100 800frcfa) de cette somme est réservée aux charges de prospection et aux taxes. Ne perdons pas de vu que le développeur indépendant ne prospecte pas de la même manière qu’une grosse entreprise. Il reste donc 151 200frcfa net pour le développeur. Il y a environ 20,5 jours ouvrés dans le mois. On suppose donc que le développeur ne pourra réaliser que 2 sites maximum par mois. Le reste du temps étant consacré à la prospection et à l’auto-formation. Et oui, un développeur indépendant doit toujours apprendre encore plus. Plus il en saura, meilleurs ses travaux seront, et plus il pourra facturer. Dans tous les cas, on voit bien qu’avec 2 sites par mois, le développeur indépendant s’en sort aussi bien que les salariés qui ont moins d’impératifs.

En réalité
Lorsque je demande à mes amis développeurs africains avec qui je suis connecté (via email, facebook, twitter, …) combien ils prendraient pour un tel site, j’ai à la fin une fourchette comprise entre 500 000frcfa et 1 000 000frcfa. Sauf que s’il leur faut plus de 10 jours avant de livrer, alors ils ne sont pas dans le coup/compétition. 500 000frcfa correspond bien à 2 fois ce que (252 000frcfa) nous avons établi avec nos hypothèses. Le problème est que, très peu de développeurs arrivent à livrer en moins de 7 jours. Or il gagneraient à livrer en 4,5 (ou 5) jours. On revient donc sur le fait de « capitaliser » en terme de bouts de code et autres éléments génériques. Au fond, si l’on se lance dans le business de développement de site web, il faut à la limite, avoir mis en place son propre cms (Content Manager System) afin de consacrer les 5 jours au design et aux spécificités du client.

Le deuxième groupe d’amis qui represente des entreprises technologiques propose lui une facturation à hauteur de 1 000 000frcfa minimum. C’est compréhensif, vu que ces entreprises ont des charges supplémentaires tel que la gestion de leur image et de leurs commerciaux.

Ce que l’on peut rajouter
en fonction des cas, l’on peut facturer au client plusieurs autres éléments :

  • la gestion de son contenu,
  • le nom de domaines,
  • les adresses email,
  • l’hébergement du site web,
  • l’ultra disponibilité,
  • le community management,
  • l’amélioration du design tous les 6 mois,
  • ..

Et c’est là que le développeur peut faire de l’argent. Les activités mentionnées ne demandant pas beaucoup de temps de travail.

Les nouveautés
Depuis quelques temps, à Abidjan, l’on trouve de petites pancartes publicitaires sur les panneaux des feux tricolores. Ces pancartes indiquent que l’auteur propose de créer des sites web à 0 frcfa. Certains de ces auteurs ont été approché par Yoro (Israel Yoroba) . Et il en resulte que ces développeurs ne facturent pas la création du site mais misent tout sur certains des éléments cités dans le chapitre ci-dessus. Ce qui reviendrait à environ 300 000frcfa/an pour le client. Mais, ceux qui ont déjà vu ces sites disent que les templates présentés sont assez simpliste. Mais l’argument de poids de ces développeurs est la mensualisation due des factures. Bien des personnes se sont plains d’eux. Mais je suis plutôt d’accord avec cette méthode. Car, si l’on prend en compte le fait que le client peut ne pas honorer ses mensualités. Tous savons comment le recouvrement est difficile en Afrique. Surtout si le client n’accorde pas beaucoup d’importance au service rendu.

A quoi peut bien servir un site web pour une entreprise en Afrique ?
Dans tout métier, pour transformer un prospect en client, il faut arriver à lui faire comprendre qu’il a besoin de votre produit. Et à ce jeu, les développeurs africains ont encore un peu de mal. En Afrique, les chefs d’entreprise ne font confiances qu’aux affiches publicitaires, à la radio ou à la télé. S’il veulent signer des contrats, les développeurs doivent les emmener à essayer ce nouveau média qu’est le web.

Convaincre les chefs d’entreprise n’est pas facile
En discutant avec des quelques développeurs indépendants basés en Afrique, je me suis aperçu qu’ils ont beaucoup de mal à vivre de leurs métiers. Ils arrivent difficilement à avoir des contrats. Et bien souvent, lorsqu’ils en ont, ils ont du mal à facturer correctement. Les clients ne donnant pas beaucoup d’importance à leur travail. La vérité est qu’ils ont du mal à convaincre les chefs d’entreprise. Pour ces derniers qui ce n’est pas facile me dit-on. Pourtant une poignée s’en sort très bien grâce à des petites astuces.

Les développeurs devraient éduquer les prospects et les clients
Pour un marché naissant comme celui du web en Afrique, les développeurs ont une charge supplémentaire en plus de leur travail technique. Il doivent « éduquer leurs clients ». C’est à dire prendre le temps de leur apprendre le minimum. A savoir ce qu’est le web et toutes ces choses liées aux technologies de l’internet et du mobile. C’est ce travail préalable qui valorisera l’offre de service technique. Une méthode toute simple consiste à tenir un blog ou une newsletter.

Au fond un site internet peut coûter 0fr si le client estime qu’il n’en a pas réellement besoin. Mais, je peux vous assurer que si ce dernier reçoit des appels de client lui indiquant être passer par internet pour trouver le numéro, il sera disposer à vous rémunérer. A partir de cet instant, vous pourriez lui faire payer. A vous de trouver le moyen d’identifier chaque prise de contact générer par le site. De nombreux outils existent pour ça. L’un des moyens est de mettre à disposition des internautes un code (une sorte de code promo) à communiquer à votre client lorsqu’ils l’appelle.

Pour finir
Si vous êtes développeurs, n’hésitez pas à nous partager votre expérience pour ce qui est des soucis que vous rencontrez lorsque vous devez facturer à hauteur du service que vous rendez. Votre expérience sur le recouvrement de vos créances serait la bienvenue. Pour finir, vous pouvez aussi donner votre avis sur la somme moyenne à facturer pour les sites web comme celui indiquée en introduction.

Mes résolutions 2012 et mon engagement dans l’écosystème de l’internet et du mobile en Afrique

Dans un billet précédent, j’exposais un résumé du bilan de l’an 2011 de mon engagement en Afrique. Et comme promis, je viens partager avec vous mes résolutions pour la nouvelle année 2012 qui vient de commencer. Contrairement à l’an dernier, j’irai assez loin dans les détails pour mes résolutions. Pour la plupart, ce sont des choses que j’ai en tête depuis l’an dernier. Et je pense que cette nouvelle année est un bon point de départ pour leur mise en oeuvre.

Pour 2012, je compte initier plusieurs actions à forte porté dans le but stimuler la production de contenu africain. C’est aussi l’année que j’ai choisi pour

jpehouman.com : mes résolution 2012 pour mon engagement sur les technologies en Afrique
© thesuperph

promouvoir mon expérience acquise sur le terrain en Afrique. J’en ferrai de même pour mes compétences techniques. Pour ces dernières, il s’agira plus d’un transfert de savoir-faire à travers des institutions universitaires et des écoles existantes. 2012 sera aussi une année de blogging professionnel pour moi. Oui, ça y est je me lance dans le blogging professionnel ! Et qui dit blogging dit lecture. J’ai aussi décidé de lire une trentaine de livre traitant des mobiles et des contenu. Vous pouvez suivre ce challenge ici. PourAkendewa je compte engager des actions dans le but de collecter des fonds pour la construction ou l’acquisition de locaux et de matériels. En ce qui concerne AllDenY en Côte d’Ivoire, nous deviendrons plus offensif en terme de prospection et de production.

Vous pouvez décidez d’arrêter la lecture de cet article après ce paragraphe. Si vous le décidez, vous n’aurez pas profité des détails qui conernent chacun des points mentionnés dans le paragraphe précédent. Pour mieux suivre mon engagement en Afrique pour l’an 2012, je vous invite donc à lire attentivement tout ce qui suit.

Le contenu et l’Afrique
Cela fait plusieurs années que tous sommes d’accord que le contenu africains est moins présent sur le web qu’il pourrait l’être. Des initiatives ici et là tentent de palier à ce problème. En 2010 par exemple avec les bénévoles de Akendewa, nous avons traité ce sujet lors de barcamp Abidjan. L’on reproche aux journalistes africains de bien souvent prendre des positions politiques. Biaisant ainsi la qualité de leur jugements, analyses et autres investigations. L’avènement de l’AMI (African Media Initiative) va peut être aider certains d’eux à respecter les fondements de ce metier tant important pour l’afrique.

Une serie de conférence sur le mobile et les contenus africains
J’ai commencé ma vie professionnelle (après les études) en tant que développeur d’applications mobiles. A l’époque on n’imaginait pas encore que l’Afrique adopterait aussi rapidement les technologies liés au mobile. Et aujourd’hui les chiffres dépassent les prévisions d’atant. Nous avons même des entrepreneurs africains qui se sont lancer dans la conception de terminaux. Ce sont entre autres, Verone Mankou du Congo et sa tablette Way-C et Arthur Zang du Cameroun avec sa tablette médicale (le Cardiopad). Ayant suivi l’évolution de cette industrie avec autant l’oeil d’un technicien que celui d’un observateur avisé, j’ai décidé de structurer certaines informations et de les partager à travers des conférences et ateliers dans quelques grandes villes d’Afrique. Je lancerai donc une serie de conférence qui je l’espère durera dans le temps. Je vous en dirai plus dans les semaines à venir.

Formateur technique
Mon métier de base consiste à créer des logiciels/applications/systèmes informatiques à l’aide des technologies Java/J2EE couplées à celles du web et du mobile. Parallèlement je forme des développeurs sur ces choses. Principalement en France. Mais en 2010, j’ai eu a animer une formation pour des étudiants et des enseignants de l’école d’ingénieur ASTC de Côte d’Ivoire. Ce fut une très belle expérience. J’envisage donc me proposer à d’autres écoles et/ou universités pour faire la même chose. Avec une année blanche universitaire en Côte d’Ivoire, je pense que cette initiative serait salutaire pour tous ces étudiants qui devront rester 9 mois chez eux. Ce sera aussi l’occasion de proposer des formations sur mesure à des développeurs vivant en Côte d’Ivoire et dans les pays voisins.

Un blogeur professionnel
Ces deux dernières années, je me suis essayé au blogging avec un certain sérieux. J’ai par exemple plublié plus de 400 articles sur plusieurs blogs en 2011. Pendant tout ce temps j’ai beaucoup appris des pionniers de cette activité en lisant leurs publications et leurs livres spécialisés. J’ai pu ainsi acquérir un certain savoir-faire que je compte partager à travers des ateliers et un site dédié au blogging professionnel. Vous retrouverez donc bientôt, de nombreuses ressources sur le site UnBlogPro. Ce site ayant pour but d’aider les personnes intéressées à bloguer de manière efficace. Ainsi pour les 11 prochains mois, je compte mener ce site à :

  • 1000 souscripteurs (rss + email)
  • un classement alexa en dessous de la barre des 150 000ème
  • un minimum de 1500 pages vus par jour

On en reparle donc en Décembre 2012.

Ce qui nous emmène à ma seconde résolution concernant le blogging. En effet à compter du 15 Janvier 2012, je compte publier au moins un article par jour sur mon blog personnel (celui-là même). Les articles seront publiés tous les jours entre 10h50 et 11h10 ou entre 15h50 et 16h10. J’ai pu définir ces créneaux grace au site Crowdbooster. Un gros challenge ? Oui ! Ce qui implique que chaque jour, je devrai publier au moins une fois sur les technologies en Afrique ou sur l’entrepreneuriat dans ce continent. Mais n’oubliez pas, j’ai passé ces deux dernières années à apprendre comment bloguer de manière efficace. Et je pense que c’est un paris réalisable.

Lire plus

Comme mentionné dans l’introduction, j’ai décidé de lire encore plus que d’habitude. Et donc pour cette année, je me suis fixé un objectif de 30 livres/ebooks traitant des mobiles ou des contenus en ligne. Cela me permettra d’en apprendre encore plus sur ces deux domaine qui m’intéresse plus que jamais. Pour suivre ce que je lis, il vous suffit de cliquer ici

Ma solution pour le journalisme en Afrique
Pour le concours « Africa News Innovation Challenge » organisé par l’AMI (African Media Initiative), je compte présenter une solution qui je l’espère aidera le domaine du journalisme et de la publication en Afrique. Si cette solution ne fait pas partie des lauréats, elle sera tout de même mise en ligne en Mai 2012.

Des murs pour Akendewa
Pour Akendewa, il y a deux projets majeurs. Le premier consistant à mettre en place un outil logiciel qui permette d’émuler la solidarité de la communauté face à des cas de malades désespérés. Le second a été difini depuis 2010, mais n’a pu être mis en oeuvre. Il s’agit de trouver des locaux pour Akendewa. J’en profite pour rappeller que Akendewa utilise toujours les locaux de AllDenY.

AllDenY plus offensif
En 2012, il s’agira pour AllDenY de se faire connaitre en Côte d’Ivoire après maintenant 3 ans de présence. Jusque là nous avions travaillé pour une liste de clients assez restreinte. Pour nous, il s’agissait avant tout d’arriver à comprendre au mieux ce qu’attendent les ivoiriens. Nous pensons être désormais prèts à leur fournir le meilleur des services qu’ils attendent. Avec la matière que nous avons accumulé, nous pensons pouvoir avoir 30% de client supplémentaire au cours de l’an 2012.

C’est bien la première fois que je rend publique autant de détails sur mes résolutions pour une nouvelle année. Ce serait donc un plaisir pour moi d’avoir vos remarques et avis. Et vous, que comptez vous faire en 2012 ?