République de la libre circulation de l’information : internet

Dans deux jours (le 14 Décembre) se tiendra à Dubaï une conférence de l‘Union Internationale des Télécommunications (organe de l’ONU) sur la gouvernance de l’internet.

Pendant que nous utilisons, avec insouciance,  l’une des meilleures créations de l’Homme Moderne, un groupe de personnes tentent par tous les moyens de « contrôler/filtrer » et donc censurer cet outil. Ce groupe est constitué par 193 états de tous les continents. Ils ont décidé de « prendre le contrôle » de l’internet.

Imaginez un instant que vous soyez obligé de payer pour accéder à wikipédia. Imaginez un instant que vous soyez obligé de payer un droit pour que les personnes hors de votre pays puissent accéder au contenu de votre blog/site/application.
Aussi absurde que cela puisse paraître, c’est pour ce genre de résolutions que plusieurs gouvernements souhaitent voter dans leur soucis de « contrôler/filtrer » l’internet.

Comment des personnes/entités qui, à ce jour, n’ont toujours pas compris l’utilité de ce nouveau médias peuvent vouloir le « contrôler/filtrer » ?
Les ingénieurs/hackers/développeurs/entrepreneurs qui depuis la naissance de ce « réseau de réseaux interconnectés » ont réussi à le mettre au centre de « la nouvelle économie« , savent qu’il est primordial de maintenir ce médias dans son état actuel.

L’Afrique plus que les autres a besoin que l’internet reste « libre ». Je pense donc qu’il s’agit d’une très mauvaise idée de la part des décideurs de ce monde de vouloir « controler/filtrer » l’internet.

Merci aux entreprises telles que Google et Mozilla qui mènent des actions pour le maintien d’un internet libre. En attendant les conclusions de cet important sommet de l’UIT sur la « Gouvernance de l’internet » à Dubaï, je viens donc par ce post leur joindre ma voix. Si vous aussi, vous partagez cet avis, n’hésitez pas à laisser un commentaire dans ce sens.

Les Leaders africains ont-il compris l’opportunité que représente l’internet ?

Avec le taux de pénétration faible de l’internet en Afrique, l’on peut se demander à quoi peut bien servir ce média pour les leaders de ce continent. Sauf que les choses ne resteront pas telles quelles.

Nous aurons de grosses surprises. L‘internet sera mobile en Afrique et en très peu de temps il sera dans nos rues, nos cases, nos champs, nos bars, nos stades. Tout comme la téléphonie mobile est présente dans la vie des africains. Je recommanderai donc à tout leader africain (quelque soit son domaine) de saisir cette opportunité qu’est l’internet.

L’internet sera donc dans nos vies à tel point qu’il sera à l’origine des grands mouvements. Si vous compter en initié un, faites-le désormais en commençant par l’internet. Vous bénéficierez ainsi de la force de diffusion que constitue les utilisateurs de ce nouveau médias dans notre continent.

Quel statut juridique choisir lorsqu’on souhaite entreprendre dans les technologies en Afrique

Partout dans le monde, lorsque vous souhaitez créer une entreprise, vous avez le choix entre plusieurs formes juridiques. Dans les pays d’Afrique, c’est aussi le cas.

Avec son profil de nouvel eldorado des technologies, l’Afrique verra un grand nombre de création d’entreprises technologiques dans les 5 années à venir.

Nous savons tous que les statuts juridiques sont très importants pour la stratégie des entreprises technologiques. Il est donc nécessaire de prendre un soin particulier pour choisir celui qui convient le mieux à la vision que l’on a.

Comment les autres vous voit
Disons que vous venez apporter des solutions aux problèmes des particuliers par le biais de services mobile B2C à valeur ajoutée. La première question que vous devez vous poser, doit concerner les rapports que les utilisateurs locaux ont avec les prestataires déjà sur le marché.

Par exemple il n’est pas rare qu’en Afrique, les utilisateurs jugent les fournisseurs de services technologiques par leur capacité à distribuer des T-shirt ou autres gadgets. Et ce pendant la période précédent la mise à disponibilité du service. Ainsi, plus de petits cadeaux vous offrirez, plus de clients vous aurez pour déramer votre service. Et croyez-moi, en Afrique ça marche bien mieux qu’ailleurs car les telco comme Orange et MTN ont habitué les populations à ces pratiques. Dans ce cas vous êtes dans l’obligation de commencer avec un capital conséquent. ce qui implique une forme juridique de type SARL ou au dessus.

Aussi certaines entreprises d’Etats ou autres « grandes boites » exigent de travailler avec des entreprises de type SARL ou de statuts juridique au dessus.

Mais si vous n’avez pas tous ces moyens
Vous avez d’autres atouts et des possibilités liées à l’environnement africain. C’est l’exemple de la proximité et de la confiance basée sur le fait que l’on vous connaisse. Vous devez donc comprendre que vous pouvez offrir unquel statut juridique pour mon entreprise technologique en Afrique premier service qui nécessite le contact directe avec chacun des utilisateurs. Cela vous prendra du temps certes, mais ces personnes resteront pendant longtemps vos amis et ambassadeurs. De par nos cultures africaines, le bouche-à-oreille demeure le meilleur outil pour la publicité ou la promotion d’un produit.

Si vous accepter ce parcours du combattant, je vous conseillerai de commencer par une entreprise individuelle. Cette dernière nécessite très peu de temps pour sa gestion et surtout un minimum d’engagement financier auquel vous aurez préféré l’engagement par votre temps.

Combien tout cela coûte ?
En Côte d’Ivoire par exemple, la création d’une SARL vous demandera pas moins de 1 500 000 (plus de 2300€) tandis que pour une entreprise individuelle, vous dépenserez 10 fois (si l’on veut être large) moins dans le cas d’une entreprise individuelle.

Mon conseil
A moins d’avoir déjà des clients et l’assurance d’être rentable assez tôt (dès les premiers jours), je conseillerai toujours à un nouvel entrepreneur dans les technologies de commencer son business en Afrique avec une société individuelle. Ce conseil vient de mon expérience personnelle et de l’oeil d’observateur que j’ai pu avoir durant ces 4 dernières années en Afrique. Il n’est peut être pas valable partout en Afrique.

Si vous avez les moyens financiers, vous pouvez décider de les utiliser, mais l’expérience montre que pour l’instant les parcours de réussite dans l’écosystème des technologies ne sont pas encore bien établis A quoi bon prendre donc un si grand risque ?

Une fois que vous avez choisi votre statut juridique et que vous avez pu avoir l’autorisation d’exercer, sachez qu’a partir de cet instant vous devrez faire face à de nombreuses difficultés typiques à l’Afrique. C’est le cas des moments d’indisponibilité du réseau internet, des chances presque inexistantes de remporter une appel d’offre. Mais lorsque vous abordez ces difficultés avec philosophie, vous pouvez facilement réussir car en Afrique quoi qu’on dise, certaines choses vont très vite. Et beaucoup plus vite que partout ailleurs.

Ce que j’ai appris avec ma première maîtresse d’école : Donner la chance à l’apprenant

La noblesse du métier (vocation) d’enseignant est indiscutable car nous naissons tous sans le moindre savoir-faire ni la moindre connaissance du fonctionnement de ce monde. Le pédagogue joue un rôle déterminant dans la vie du nouvel apprenant. Ce dernier ne sait pas forcément la puissance et l’importance de ce qu’il est en train d’apprendre. Je voudrais vous parler de ma première maîtresse d’école à qui je dédie ce billet.

Je n’ai pas eu a la chance de faire l’école des petits (La crèche, la maternelle ou encore le Jardin d’enfant). Ou peut être est-ce chance. Je ne pourrai donc pas vous parler de ce qui se passe dans une crèche ou dans une classe de maternelle. Par contre j’ai eu la chance d’apprendre les rudiments de l’écriture et de la lecture à la maison. Ce qui reste un très gros avantage pour démarrer dans la vie. J’avais 2 ans de moins que l’âge requis pour le Classe Préparatoire 1ère année (CP1) dans les années 80. Mais avec l’insistance de ma mère, les responsables de l’école primaire ont accepté de me prendre en CP1.

Crédit photo : crawford.l

La pratique n’était pas courante à l’époque. Du moins dans l’établissement dans lequel j’étais. Il ne pouvait y avoir que 1 ou 2 enfants de ce type par classe. On les faisait asseoir à coté de l’instituteur (face tournée vers les autres élèves). Le directeur et la maîtresse de CP1 acceptaient ces enfants de moins de 6 ans pour désengorger les classes de maternelle. On leur permettaient de faire ainsi leur dernière année de maternelle dans une classe de CP. Un peu comme dans le sport ou l’on donne la chance à un Espoir de jouer 30 secondes de chaque fin de match de basket avec les Senior-Pro. J’étais donc l’un de ces chanceux à la rentrée 1985-1986. L’idée était de me permettre d’être en classe sans que je sois évalué pour la classe supérieure. Il était hors de question de m’évaluer car de toute façon je n’avais pas l’age. J’avais 4 ans en Septembre 1985.

Mais très vite, ma maîtresse a pourtant accepté de me faire faire toutes les activités y compris les évaluations. Elle m’accorda beaucoup d’attention jusqu’à faire des jaloux. Je pense qu’elle m’aimait bien parce qu’à l’époque j’avais une grosse touffe de cheveux dont la couleur tendait vers le roux. Ce qu’elle ne savait pas c’est que cette attention me donnait une envie de bien faire tout ce qu’elle me demandait. Du coup, dès les premières évaluations, j’avais réussi à me distinguer, jusqu’à ce que l’on décide de m’évaluer régulièrement pour la classe supérieure. Grâce à l’attention de cette dame, je n’étais plus le petit qui restait à coté de la maitresse, mais j’étais devenu un élève de CP à part entière. J’avais obtenu le droit de m’asseoir au même niveau que les autres élèves. C’est à dire, face à la maîtresse et au tableau. Bien entendu, j’avais toujours cet air réservé que certains prenaient pour de la timidité. D’autres allaient jusqu’à se demander si je ne souffrais pas d’autisme.

Je pense que la meilleure reconnaissance que je pouvais accorder à ma maîtresse était de toujours avoir la meilleure note ou sinon être au moins parmi les 3 meilleurs de la classe. A la fin de l’année, j’étais devenu la fierté de cette dame qui contrairement à beaucoup, donnait la chance aux apprentis élèves. Je me souviens que durant ces 3 années que j’ai passées dans cette école (j’ai souvent bougé dans mon enfance. Mais on en reparle dans un autre billet), ma maîtresse bénéficiait d’un certain statu. Ses collègues et sa hiérarchie lui accordaient ce statu pour le travail qu’elle accomplissait avec quelques petits à qui elle donnait la chance.

Donner la chance à ceux qui apprennent peut créer d’agréables surprises. Lorsque l’on donne la chance à celui à qui l’on apprend quelque chose, c’est finalement à soi-même que l’on donne la chance d’améliorer sa science, son savoir ou son savoir-faire.

5 choses sans lesquelles vous aurez du mal à élever votre niveau dans ce que souhaitez faire

Bientôt la fin de l’an 2012. Comme moi, vous avez surement pris des résolutions en début d’année et vous en prendrez de nouvelles dans 55 jours. Que vous ayez atteint vos objectifs ou pas, il n’y a pas lieu de se lamenter. Vous avez encore 55 jours pour respecter ces résolutions. Pour y arriver il y a des choses sans lesquelles vous aurez du mal. En voici 5 qui pour moi restent primordiales lorsque vous souhaitez avancer dans ce que vous pensez pouvoir faire.

Rester honnête avec vous même
Pour acquérir un savoir-faire, une compétence, une reconnaissance, …, il faut du temps et surtout beaucoup de pratique. Dans les débuts, il vous faudra accepter le fait que vous « ne savez pas comment l’on fait pour… » . Tant que vous n’acceptez pas le fait que vous n’ayez pas (encore) le niveau pour ce que vous souhaitez faire, vous vivrez dans un monde faux. Méfiez-vous des novices qui vous flattent  Rapprochez-vous des personnes averties qui ont déjà une avance et qui sont disposées à être des mentors.

Commencer par les bases
En toute chose la compétition crée des différences de compétence et de savoir-faire. Ces différences sont matérialisées par des « niveaux ». Et à chaque niveau ses spécificités.  Celles du niveau le plus bas reste les plus importantes car constituant la base de votre savoir-faire que vous souhaitez acquérir. Ils vous faudra donc prendre le temps de maîtriser ces spécificités de base.

Poser des questions
Il n’y a pas de questions idiotes. La bonne démarche c’est d’enregistrer les réponses sur le support de votre choix. Par contre je peux vous assurer que votre cerveau, n’est pas l’endroit ou il faut les enregistrer. Vous devez avoir un bloc-note (papier ou électronique) sur lequel vous marquerez tout ce qui sera nouveau dans votre progression. Cela vous évitera de poser les mêmes questions à plusieurs reprises. Poser deux fois la même question à quelqu’un c’est donner l’opportunité à cette personne de ne plus répondre à vos questions. Ce serait malheureux de perdre des personnes qui ont accepté de vous accompagner en tant que mentor.

Accepter la critique
Cela vous ramènera toujours au point 1. Il n’y a qu’en acceptant la critique que vous pourrez identifier vos points faibles afin de les améliorer.

Travailler dur en faisant attention aux détails
Si vous croyez en l’innéisme, vous êtes cuit. Je n’ai jamais conduit de thèse universitaire sur l’innéisme et autres sujets liés aux capacités humaines. Par contre l’expérience du terrain me conforte dans ma pensée selon laquelle, le facteur le plus important pour réussir, c’est le travail. Et pour avancer grâce au travail, il vous faut porter une attention particulière aux détails.

Cette liste n’est pas exhaustive. Vous avez surement des points que vous jugez incontournables. N’hésitez pas à les partager ici. Aussi, si vous avez des questions sur mes résolutions que j’avais listé pour 2012, vous êtes au bon endroit. Vous les trouverez ici.

Comment nous avons gagné les élections présidentielles 2010 en Côte d’Ivoire

Aout 2010, le gouvernement ivoirien annonce à population que les élections présidentielles tant attendues auront finalement lieu le 31 Octobre 2010. Tout le monde reste méfiant vis-à-vis de cette date car il y en a eu plusieurs pendant les 5 dernières années.
Quelques jours après cette annonce, lors d’une discussion avec , Diaby Cheick Mohamed, il me propose que nous déployons un outil de veille pour ces élections. Cet outil couvrirait la préparation, la campagne électorale et finalement le semaine électorale. Comme toutes les bonnes initiatives visant à émuler les bons usages des technologies en Afrique francophone, je suis d’office partant. Mais je fini par ne pas donner de suite car étant très pris par mes activités professionnelles et la gestion de l’Ong AKENDEWA.

Vide et précisions
Pendant plusieurs semaines nous n’en reparlerons plus. Début Octobre 2010, de retour à Paris, je souscris au bouquet Afrique de mon FAI pour avoir la Télévision Ivoirienne (RTI) afin de pouvoir suivre à distances les évènements à Abidjan. Les choses se précisent. Cette fois-ci c’est sûr qu’il y aura des élections. Ici et là les agences de communication s’agitent et je découvre que les principaux candidats se dotent d’outils de communication en ligne et de comptes sur les réseaux sociaux. J’en tire une satisfaction personnelle car c’est bien l’idée que j’avais en initiant le premier Barcamp à Abidjan pour déboucher sur la création d’AKENDEWA.

15 Octobre 2010 : la campagne électorale commence. Ici et là des tweets, des posts facebook et même des vidéos sur youtube de la part des candidats. Lorsque j’ai un bout de temps je publie des posts sur mon mur facebook pour parler des élections. Il y a quelques réactions provenant surtout de la diaspora et de nombreux commentaires engagés. Mais tout cela reste dans une ambiance amicale et constructive. Des partisans adversaires vont jusqu’à se donner des conseils entre eux pour la gestions de la communications de leurs candidats respectifs.

Deux jours après le début de la campagne électorale, Archippe Yepmou, vice-Président deInternet Sans Frontières (dont je suis moi même membre) m’interpelle suite à l’un de mes posts et me demande pourquoi est-ce que je ne déploie pas une instance d’Ushahidi pour une veille sur les élections de la Côte d’Ivoire. Il m’explique qu’il serait prêt à participer et qu’éventuellement des bénévoles de ISF s’y joindraient. J’avoue que cette question m’a réveillée. Car, je me suis moi meme dis, qu’en tant qu’entrepreneur engagé, c’est un peu un devoir de mettre à disposition cet outil. J’ai donc décidé de le faire seulement si j’y arrivais en 24h. Au delà, j’avais décidé de laisser tomber et me concentrer sur mon travail de tous les jours. Aussi j’ai tenu à mettre Diaby Mohamed sur le coup car lui et moi avions déjà discuté d’un tel outil. Il s’en est suivit plusieurs échanges d’email dans l’heure entre Diaby MohamedArchippe et moiDiaby Mohamed à eu donc pour charge de contacter les autorités, les médias locaux pour leur parler de ce que nous étions en train de faire. Archippe avait à monter l’équipe de modération et aussi rédiger ce qu’il faut pour les communiqués de presse. Pendant ce temps, j’avais laissé tomber toutes mes activités pour déployer l’outil. Parallèlement il fallait que j’explique aux membres d’AKENDEWA que je souhaitais mettre le projet sous la coupole de notre ong et que s’il y avait des volontaires, il serait les bienvenus. Ghislaine et Manassé (tous deux journalistes, bloggueurs et membres actifs de akendewa) ont tout de suite réagit en mettant à disposition 3 numéros de téléphones. De plus, Manassé qui est aussi développeur web m’a proposer son aide technique. Je lui ai donc confier l’intégration de la plateforme avec FrontlineSms, outil d’intégration sms.

un image de wonzomai

Le déploiement et le nouveau design
Sans attendre je me suis rendu sur le site de Ushahidi, j’ai relu la documentation fonctionnel puis enchainé avec le téléchargement de la dernière version stable. Après quelques heures à essayer de faire fonctionner le système de base, j’ai ensuite entrepris la modification du code source afin que le fonctionnement soit optimal pour notre besoin. c’était aussi pour moi l’occasion de mieux le comprendre pour envisager produire un document technique en français. Chose qui aurait pu m’aider moi même.
Une fois que j’ai annoncé le fonctionnement correcte de notre plateforme, il lui fallait un nom, un compte+tag twitter, un compte facebook et et un design personnalisé. Archippe contacte donc Ghislain Lambert, le designer de Internet Sans Frontières qui accepte de faire partie de l’aventure. Pour le nom, j’utilise une méthode qui marche toujours. J’ai juste demandé à la communauté de trouver un nom dans une langue de Côte d’Ivoire via mon mur facebook. Sur trois propositions (Cheleya, Adanzié, Wonzomai), « Wonzomai » qui signifie « sentinelle » en langue bété est le nom le plus apprécié. Nous définissons alors un hashtag pour twitter : #civ2010

L’appel à la communauté pour des téléphones compatibles
Une fois l’intégration de la plateforme accomplie, nous nous sommes mis à recherche de téléphones compatibles selon les spécifications de FrontlineSms. J’ai donc lancé un appel à la communauté via facebook. Il s’en ai suivie une vingtaine de tweets. La recherche fut infructueuse. Nous avons donc été obligé de puiser dans les fonds d’AKENDEWA. Nous rappelons qu’à ce jour AKENDEWA fonctionne sur fonds propres. Après quelques communications entre Frédéric Tapé (administrateur akendewa), Eric Agnissan (Vice-Pésidentent Akendewa) et Manassé nous sommes rentrée en possession de deux téléphones compatibles.

La communauté, les débats télévisés et la New Media Task Force de l’université de Columbia
Après quelques tweets, certains blogueurs et tweeterers africains nous contactent pour nous exprimer leurs encouragements. Et naturellement ils relaient l’information. En moins de 24h nous notons plus de 600 tweets et déjà 1500 visiteurs uniques. Sur twitter et facebook, c’est l’adoption totale. Certains blogueurs n’hésitent pas à produire des articles. Wilfried Akapko et Cyriac Gbogou de AKENDEWA nous proposent leur aide pour la modération et la publication sur les réseaux sociaux. C’est pour moi l’occasion de prendre un peu de repos et d’envisager un moyen encore plus efficace pour la diffusion de l’information. J’effectue donc une analyse des tweets contenant nos hashtags. Compte tenu du fait qu’il y a plus d’ivoiriens sur facebook que sur Twitter, Je décide personnellement de créer la conversation sur mon mur facebook en me positionnant comme modérateur. A des questions simples sur les prestations des candidats dans l’émission « face à la nation » (diffusée sur la chaine nationale ivoirienne, RTI – http://www.rti.ci), je reçois plusieurs dizaines de commentaires. Ce sont les signes de l’engagement des internautes ivoiriens pour ces élections.
Pendant ce temps, Julie Owono nous annonce que la New Media Task Force de l’université de Columbia a décidé de nous apporter son aide en mettant à disposition une dizaine d’étudiants volontaires pour la modération de la plateforme. Encore une bonne nouvelle ! Cette même communauté reste très active pendant la journée de vote en nous faisant parvenir l’ambiance dans les bureaux de vote.

L’attente des résultat, le Buzz et peacevote
Lorsque les médias parlent de Wonzomai, c’est le buzz total. le passage à la BBC et sur France24 fait encore plus découvrir la plateforme. Parallèlement, Cedrick Symenouth (de akendewa) et Mohamed travaille une nuit entière pour nous sortir peacevote (http://peace.53voices.com), qui permet de passer des messages de paix.

 

AllDenY Interactive Web App For Elections’s Results

La victoire est acquise et la veille continue, AllDenY s’y met avec AIWA4ER
Pendant que j’écris ces lignes, nous continuons à publier en ligne les chiffres transmis par la CEI via la Télévision. Toute l’équipe de Wonzomai (akendewa, Internet Sans Frontières, la communauté) est assez satisfaite de cette victoire que nous avons remporté sur les mauvais usages de l’internet en Afrique. Parallèlement, l’un de mes collaborateurs au sein de AllDenYRégis Bamba me fait savoir qu’il faudrait que l’on aille jusqu’au bout. Je me demandais bien de quoi il parlait. Et bien il souhaitait que l’on fournisse un outil interactif avec un algorithme efficace pour une génération des résultats sur plusieurs formats. Quelques heures plus tard nous avons AIWA4ER (AllDenY’s Interactive WebApp For Elections’s Results – disponible à l’adresse http://alldeny.net/elections). Cette initiative citoyenne rejoint tout ce que nous avons entrepris jusque là. Je remarque aussi que sur les réseaux sociaux de nombreuses personnes relais les chiffres pour une diffusion encore plus grande. En 15 jours nous avons réussi à prouver que les acteurs du web ivoiriens détiennent désormais une partie du pouvoir. Le prochain Président devra donc faire avec cette communauté. Car elle n’est que naissante.

L’équipe : il y a surement certains noms que je n’ai pas mentionnés. Au cas ou je vous aurais oubliez, n’hésitez pas à me le signaler pour que je rectifie le tire.

  • Cédric Symenouh (membre Akendewa – webdesigner afritechpreneur)
  • Stéphane koffi Kan (Secrétaire Général Akendewa – Développeur)
  • Wilfried Akapko (membre Akendewa – afritechpreneur)
  • Cyriac Gbogou (membre akendewa)
  • Frédéric Tapé (membre akendewa – Ceo de AMN – blogueur – afritechpreneur)
  • Jean-Patrick Ehouman (Président Akendewa – Ceo AllDenY – blogueur – afritechpreneur)
  • Régis Bamba ( Développeur AllDenY – afritechpreneur)
  • Diaby Cheick Mohamed (blogeur – afritechpreneur)
  • Ghislaine Atta (membre Akendewa – Journaliste – blogueuse)
  • Manassé Déhé (Administrateur Akendewa – Développeur Web)
  • Archippe Yepmou (Vice-Président Internet Sans Frontières)
  • Ghislain Lambert (membre Internet Sans Frontières – Web designer)
  • Eric Agnissan (vice-Président Akendewa – Directeur des Opérations AllDenY – afritechpreneur)
  • Julie Owono (membre Internet Sans Frontières)
  • La communauté que représente mes contacts sur facebook et twitter.

En initiant akendewa avec Eric Agnissan, notre objectif était de dynamiser l’industrie de l’internet et du mobile en Afrique francophone. Nous sommes encore bien loin de notre objectif mais après un an nous pouvons d’ors et déjà affirmer que notre vision n’est pas irréaliste. N’hésitez pas à vous joindre à nous.

Merci à tous. Et surtout, votez AKENDEWA !!!!

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August 2010. A government public statement broadcasts that the so-awaited presidential election will take place on October, 31st 2010.
After many delays of this election over the past 5 years, this statement left people suspicious about its holding. A couple of days after this announcement, while discussing with Diaby Cheick Mohamed, we got along with a monitoring tool especially designed for the event. This tool would have been set to take in account the preparation, the election campaign and all the election week following the d-day poll. As for all other relevant initiative ideas related to the use of technologies in the french african web part I was “ready-to-ready”, but finally gave it up since I was very involved with my own activities and the management of AKENDEWA – a young web-dedicated NGO.

Vide et précisions
And so it was for a while. Early October, back from Paris, I subscribed for an Africa-dedicated TV program with my ISP – this program broadcasts within its options, the Ivorian national TV (RTI – Radio et Telediffusion Ivoirienne). I made such a subscription in order for me to watch all the programs related to the upcoming presidential poll in Abidjan. Things were getting clearer.Undoubtelly, this time, the poll will take place. In Abidjan, ad companies are blooming out and fiercely compete between them to place their respective election challengers. Most of those challengers hold online communication tools including social web attendance. It was a proud self-satisfaction feeling since this is why I initiated the Abidjan Barcamp – that later leaded to the creation of Akendewa.

October, 15th 2010 : Election campaign launching

Tweets, facebook posts, youtube videos coming from the election challengers, and so on. When posting on my facebook wall, I could notice many reactions, especially from the people abroad.
Election campaign : Two days after.

Archippe Yepmou, vice-Président of Internet Sans Frontières (ISF) – Internet Without Borders (that I’m a member of) interrogated me about one of my FB posts and suggested me to set up a kind-of d’Ushahidi platform instance in order to monitor the election n Ivory Coast. He explained later that he would join the team with some people from ISF to develop the project. As a business builder, I found this idea very relevant and then consider it as a commitment for me. But only if I would’ve been able to make it within 24hrs. Beyond, I would rather focus back on my ordinary work. Hence, I got in touch with Diaby Mohamed since we’ve already talked about a project alike. Then, each of us was assigned precise tasks : Diaby was to approach top-officials and local medias to share what we were about to work on. Archippe was to build the team and write press statements. Meanwhile I had to focus on the platform itself and rally Akendewa members to the project. Two journalists and bloggers from Akendewa – Ghislaine Attah & Manasse Dehe – immediately provided us with 03 (three) phone IDs. Manasse, who is also a great web developer committed to merge the about-to-be-developed platform with FrontLineSms.

Wonzomai printscreen

New design and Deployment

I then connected on the Ushaidi website and thoroughly read the documentation and downloaded the latest reliable release. After hours of trying to operate with the core system, I then switched to the source code modification in order to enable the new system to meet our specific needs. A kind-of way for me to better understand how the platform operates and maybe write a French version of the technical documentation. Once the platform operating principles fully described, we had to name it and assign it ID stuff like a facebook/twitter account + hashtag and a customized design. Ghislain Lambert – ISF designer – was to due this task within the team. For the platform name I applied a successful method : asking the web community via my facebook wall. Here, I actually ask for suggestions with the special requirement that the name has to be in one of the many Ivorian vernacular languages. Among those three proposals – Cheleya, Adanzié, Wonzomai – the last one (Wonzomai) was the most appreciated. “Wonzomai” is the bété translation for pathfinder or watcher. We then assigned it the following hashtag: #civ2010.

Seeking for compliant mobile phones

Once the merging process ended, we were seeking for compliant mobile phones according to the FrontLineSms requirements. As for the previous step, the web community is the best ally. We just had to make a kind-of “call for entries” but unfortunately it doesn’t yields to anything after tracking around twenty tweets. So, we had to mine in our own funds – since the Akendewa runs with its own funds. After some phone calls with Akendewa Manager – Frederic Tapé, Akendewa VP – Eric Agnissan and Manasse, we finally got our mobile phone units.

The community, the TV shows and Columbia University’s New Media Task Force

After ”tweetering” the platform we received some cheerful encouragements from fellows. And obviously, the information was retweeted again, and again. Hence, within only 24hrs, we received +600 tweets and +1500 connections to the platform. Then, Facebook entirely adopt it. Some papers are written about Wonzomai. Wilfried Akakpo and Cyriac Gbogou from the Akendewa team play important role as moderators and publications updaters. Given this opportunity I started forecasting to set a better way to broadcast pieces of information. Carefully analyzing tweets and hashtags, and since there’s more ivorians people on facebook than on tweeter, I placed myself as moderator of the conversations I initiated on my facebook wall. Answering simple questions about TV performance of the presidential election challengers (“Face aux Electeurs” daily TV show on RTI www.rti.ci) and according to the numbered reactions I easily conclude that internet users were deeply interested in this election. Meanwhile, Julie Owono announces that the Columbia University New Media Task Force will join us by providing us with around ten of volunteers students dedicated to the moderation of the platform. A very good piece of news ! This team stayed tuned all along the d-day poll.

Awaiting poll results, buzzing and Peacevote.

As soon as all medias talked about Wonzomai, there was the rush on the net ! Appearance on BBC and France 24 TV helps strenghthening the buzz around the platform. Within the same time, Cedrick Symenouh (from Akendewa) and Mohamed worked a whole night to release Peacevote (http://peace.53voices.com) enabling people all other the world, and especially from Ivory Coast to drop their peace “shoutout” messages via short texts or videos.

AllDenY’s Interactive WebApp For Election’s Results

Victory is gained and the monitoring’s still on. AllDeny launches AIWA4ER.

A s I’m writing those lines, figures about the ivorian election are still updated via data supplied by the independent electoral committee (CEI). The entire Wonzomai team (Akendewa, Internet Sans Frontières, the web community) is both proud and satisfied with this – good and useful – usage of the internet in Africa. Regis Bamba, a fellow of mine at AllDeny suggested that we have to go through this useful process. Id Est : designing a whole interactive tool enabling users, via a specific algorithm, to output results under many different formats. This eventually drove us to AIWA4ER (AllDenY’sInteractive WebApp For Elections’s Results – available via http://alldeny.net/elections). This citizen enterprise also meets all we’ve already done until now. We also have to notice that during those days people were willing to relay figures for a wider broadcasting effect. Within only 15 days we succeeded in proving that Ivorian web actors now firmly hold a part of the power. The upcoming President should take it in account since it’s just the beginning.

The Team  : You should forgive me for omitting some names. Let me know if so :

  • Cédrick Symenouh (membre Akendewa – webdesigner afritechpreneur)
  • Stéphane Koffi Kan (General Secretary Akendewa – Developper)
  • Wilfried Akapko (Akendewa Member – afritechprener)
  • Cyriac Gbogou (Akendewa Member)
  • Frédéric Tapé (Akendewa Member –AMN CEO – blogger – afritechprener)
  • Jean-Patrick Ehouman (Akendewa President –AllDenY CEO – blogger – afritechprener)
  • Régis Bamba (AllDenY Developer – afritechprener)
  • Diaby Cheick Mohamed (blogger – afritechprener)
  • Ghislaine Atta (Akendewa Member – Journalist – blogger)
  • Manassé Déhé (Akendewa Manager – Web Developer)
  • Archippe Yepmou (Internet Sans Frontières Vice-President)
  • Ghislain Lambert (Internet Sans Frontières Web Designer)
  • Eric Agnissan (Akendewa VP – AllDenY – afritechpreneur)
  • Julie Owono (Internet Sans Frontières Member)
  • The community via my facebook and tweeter friends

By launching Akendewa with Eric Agnissan our main aim was to boost the internet and mobile industry. We are so far from this target to be achieve but according to what we’re noticing “on the ground” we realize that it’s not utopic ! Let’s joinning us !

Thank you, and Vote AKENDEWA !!!!

[this article was translated from french to english by Cedric Symenouh ]

 

Sur le web l’image de la Côte d’Ivoire n’est pas réelle

Pour un internaute qui ne connait pas la Côte d’Ivoire, il est difficile de trouver des données pertinentes sur des sujets tels que le tourisme, la richesse culturelle, …,l’écosystème entrepreuneriale de ce pays. La plupart des pays d’Afrique subsaharienne sont dans le même cas.

Quel est l’image de la Côte d’Ivoire sur le web ?
Lorsque je recherche « Côte d’Ivoire », sur Google, les premiers résultats sont :

  • 1- le portail du gouvernement,
  • 2 – wikipedia,
  • 3 – wikipedia (encore),
  • 4 – afrik.com,
  • 5 – jeuneafrique.com.

Lorsque je m’intéresse au termes les plus recherchés [source : Google ] par les internautes français à propos de la cote d’ivoire ces 12 derniers mois, il s’avère que :

  • 70% des personnes qui ont recherchés le mot « Abidjan » se sont intéressés à l’expression « paris Abidjan »
  • 45% se sont intéressés à l’expression « vol abidjan »
  • 30% se sont intéressés à l’expression « hôtel abidjan »
  • 15% se sont intéressés à l’expression « abidjan »

Il est donc claire que les français souhaitent avoir des informations sur le tourisme, les voyages et les arnaques à Abidjan. Or, l’on leur sert « la politique en cote d’ivoire« , « les conflits en cote d’ivoire« , « Gbagbo« , « Ouattara« , « Drogba« , « Yaya Touré » par le biais d’articles de journaux.

Une chose est sûre, à ce jour, l’image de la cote d’Ivoire se trouve dans les mains de Jeune Afrique, Afrik.com, … Ce sont eux qui expliquent aux internautes ce que c’est que la Côte d’Ivoire et ce que l’on y trouve. On sait tous que pour ces rédactions en ligne, la priorité est donnée aux informations liées aux conflits, maladies, …, car ça permet de vendre. Certes il arrive que ces rédactions parlent de choses bcp plus gaies, mais faites un tour et vous verrez que ces informations sont minoritaires. Qui donc veut bien servir les sujets qui intéressent réellement les internautes ? Bien souvent comme aujourd’hui, le site du gouvernement ivoirien est hors service. Piraté ? serveur non-disponible ? … ? L’internaute s’en remettra une fois encore aux rédactions internationales (bbc, jeune afrique, …), wikipedia et de plus en plus les blogueurs.

Est-ce ce dont nous avons besoin ?
Je ne pense pas que c’est ce que souhaitent les autorités et les ivoiriens. Ce que tout le monde désire (et j’espère ne pas me tromper) c’est que, lorsqu’on cherche « Côte d’Ivoire« , l’on tombe en premier sur un site comme « discoverireland.com » (pour l’irelande – 3 118 liens entrant d’après alexa qui témoigne du succès de ce site). La particularité de ce genre de site c’est qu’ils ont du contenu original qui intéresse. Bien que l’irelande soit un pays anglophone, ce site est entièrement en français et propose une vingtaine d’autres langues. Grâce à ce site, vous savez :

  • ce qu’il y a à voir …
  • comment organiser votre voyage …,
  • comment fonctionne le système d’hébergement …
  • ce qu’il y a à faire …

… en Ireland.

Et nos portails dans tout ça ?
Peut être devrions-nous dire : « nos agrégateurs » ou encore « copieurs de contenu« . Certes quelques rédactions en ligne font l’effort de produire du contenu original (je pense à Avenu225, Fratmat.info, quelques journaux locaux, …) mais la tendance est à la réplication de contenu sans apport de valeur. Pour ces rédactions, qui font des efforts, il s’agit de contenu bien souvent qui ne s’adresse pas aux personnes qui ne connaissent pas le pays. Ce qui reste finalement du contenu pour des internautes locaux qui en savent un brin sur leur pays. Aussi, à coté de ces productions, il manque l’essentiel : la stratégie. Sur le web, le contenu est ROI certes, mais un Roi isolé n’a finalement aucune influence/puissance. Il manque donc à ces rédactions de pouvoir planifier leur offensive sur la toile. Et surtout de la mener avec une stratégie sur le long terme.

Qu’est-ce qu’il faut et pourquoi ?
Imaginez que l’ont saisisse « cote d’ivoire » sur google et que les 5 premiers liens soient : 1 – comment venir en Côte d’Ivoire ? 2 – découvrir le patrimoine culturelle de la Côte d’ivoire, 3 – Les prochains évènements importants à Abidjan, 4 – ce que disent les ivoiriens, 5 – la politique touristique de la cote d’ivoire. Cette situation serait profitable à la cote d’ivoire car l’on pourrait facilement décider de venir dans le pays en se basant sur des informations précises à propos des richesses culturelles et humaines de ce pays. Les opportunités de business, bien présentées sur le web, sont des aimants  à investisseurs. Les images et les vidéos de présentations, ne sont pas en reste. Cest choses ont le pouvoir de séduire les vacanciers et les touristes les plus indécis. On est tous d’accord que toutes ces choses positives font un grand bien à l’économie d’un pays.

Comment le faire ?
Pour y arriver, deux possibilités : l’initiative conjointe de plusieurs privés ou tout simplement une volonté politique. Mais à ce stade, il est difficile d’imaginer qu’un gouvernement d‘Afrique francophone puisse planifier un tel chantier. Si l’on s’intéresse à l’initiative privé, l’on doit garder en tête qu’il s’agit d’un réel business.

Allez au boulot !

Le secret pour bien vivre de son art dans les technologies

Quelqu’un m’a demandé « C’est quoi le secret pour bien vivre de son art dans les technologies ? Comment tu fais ? ». Voici ma réponse.

On ne peut pas tout faire dans la vie. Mais certaines choses sont plus utiles que d’autres:

1) Pour ne jamais mourir de faim et avoir toujours une opportunité d’emploi ==> Java/J2E. Même en plein coeur de la crise financière qui a frappée le monde entier il y avait pénurie de profils experts Java/J2E. Attention, si vous n’avez pas d’opportunité d’emploi c’est que vous n’êtes pas encore bon. C’est tout simple. Que vous le vouliez ou non, nous vivons dans une monde d’applications et de logiciels.

2) Pour aller vite et prendre de l’avance lorsque vous souhaitez créer un service de contenu ==> WORDPRESS. Ce système bénéficie d’une architecture logicielle semblable au Lego (oui je parle bien de ce jeux qui permet des assemblages dont la seule limite est l’imagination). Si cela ne vous convient pas, faites donc votre propre système. C’est tout aussi parlant.

3) Tu ne sera grand que lorsque tu aura cerné la puissance d’ ECLIPSE. Il s’agit de l’environnement de développement le plus modulable et le plus optimisé que j’ai pu rencontrer. Eclipse en fait peut être vu comme un système d’exploitation.

4) Soit curieux.

5) publie ce que tu fait à travers un blog ou sur les réseaux sociaux. Sinon à ton avis, comment l’on saura que tu fais des choses.

Merci windows, vive le libre en Afrique !

AI3L (Association Ivoirienne pour linux et les logiciels libres) lors de la SFD 2009
AI3L (Association Ivoirienne pour linux et les logiciels libres) lors de la SFD 2009

Ce Jeudi 2 Aout 2012, en pleine formation avec des journalistes et webmasters de Niamey (Niger), nous avons été obligés de nous arrêter à plusieurs reprises pour régler des problèmes de virus ou de fuite mémoire des machines de ces derniers. A force, le manque de concentration s’était installé. Ce qui a inévitablement conduit a un retard sur le programme établi.

Chaque fois que je délivre une formation en Afrique, je découvre à quel point Windows représente une plaie pour nos techno (ou apprentis techno). Windows est un très bon système d’exploitation et les ingénieurs qui y travaillent sont à la pointe.

Merci Windows
Sur twitter, lorsque j’ai lancé le débat, O.C Omar a mentionné le fait que Microsoft en introduisant Windows, a aidé à la démocratisation de l’ordinateur personnel. En effet, Bill Gates et son équipe ont beaucoup apporté à l’informatique moderne. Et pour cela nous devons tous leur être reconnaissant.

MAIS
En démocratisant l’outil informatique, Microsoft a utiliser Windows comme un piège à souris pour la plupart d’entre nous. Bien heureux, j’ai pu me sortir de ce piège il y a maintenant presque 12ans en passant aux système Linux. Et c’est le cas de nombre de mes confrères. Nous l’avons fait car étant des professionnels de l’informatique. Ce n’est malheureusement pas le cas de tout le monde. Sortir de ce piège ne signifie pas « ne plus toucher à windows« . Il s’agit plutôt d’en faire un usage seulement en cas d’impératif (un client par exemple).

Windows se présente comme un système facile a utiliser mais ne dit pas qu’il exige une maintenance très lourde pour maintenir son intégrité. Ce qui est difficile à assurer de la part d’un utilisateur lambda.

Déjà il faut payer pour l’acquérir. Ce que semble ignorer bon nombre d’Africains qui utilisent des versions piratés du système. Au prix que coute ce système s’ajoute celui de sa suite bureautique (word, excel, powerpoint, …) qui elle aussi est largement piratée dans les pays africains. Avec un tel investissement je pense que les utilisateurs devraient bénéficier d’un antivirus. Et là je ne fais pas allusion à Norton et autres. Je veux parler de quelque chose qui soit natif. Mais ça c’est un autre débat et je respecte la stratégie de Microsoft vis-à-vis des virus et anti-virus.

Enfin, toujours est-il que l’on a finalement une majorité de versions illégales de Windows sur les ordinateurs. Vous en trouverez même dans les bureaux de certains gouvernements africains dont les responsables ne voient pas le problème que ça peut pauser.

Le Problème
Et bien je veux parler de ce problème aujourd’hui. Embarqués dans la situation de dépendance vis-à-vis des logiciels propriétaires (car il n’y a pas que Windows de Microsoft dans l’affaire), nous avons travaillé avec des boites noires. Ces dernières nous ont finalement empêché de stimuler notre curiosité, retirant à bien d’entre nous une éventuelle envie d’innover.

Pour nous autres pays pauvres, qui devons innover selon nos réalités, nous avons besoin d’outils qui favorisent l’épanouissement de notre esprit.
Avec leurs machines sous windows et autres logiciels propriétaires, bien d’Africains passent des heures à essayer de résoudre des problèmes de mémoire (de l’ordinateur) ou d’allumage simple de leurs PC. Dans ces conditions, vous comprenez qu’il n’est pas évident d’apprendre dans le cadre d’une formation dans laquelle chacun vient avec son PC.

Combien d’africains savent qu’ils sont capables de créer leur propre windows (Système d’Exploitation) ? pas beaucoup. Enfermer dans la pseudo grandeur de certains logiciels, ils ne voient qu’un mur infranchissable face à eux. La vérité c’est que ce mur n’existe pas. Il n’y a rien d’autre qu’un simple désert ou une forêt vierge (selon la conception du monde que vous avez).

Vive le libre en Afrique ?
La solution ultime n’est pas obligatoirement dans l’usage des logiciels libres. Il faut avant tous que les africains comprennent que certaines oeuvres de l’esprit sont à partager (dans la limite des lois établies) et que d’autres sont à acquérir par l’achat ou la location.

En ce qui concerne les systèmes d’exploitation, Ubuntu (et bien d’autres) est une très belle alternative à Windows. Certains me diront « je n’ai pas mon word, excel, photoshop, … sur Ubuntu ». Et bien je leur répond qu’il est temps pour eux d’apprendre à utiliser « libreOffice, Gimp, … ». En parlant de Gimp (logiciel d’image) il n’a certes pas toutes les fonctionnalité de Photoshop, mais lorsqu’on apprend à l’utiliser, on réalise des travaux de très haut niveau avec.

Au delà même des usages, les africains gagneraient à se familiariser avec ces logiciels libres pour améliorer leur culture technologique. Un étudiant utilisant un système d’exploitation sous unix/linux serait un jour ou l’autre tenter de comprendre la logique de cet outil. Et ce jour-là il n’aura pas une boite noire en face de lui. Mais plutôt un code libre d’accès qu’il pourra lui même modifier. De petites modifications en petites modifications, il comprendra qu’il est lui même capable (en approfondissant ses connaissances) de réaliser son propre système. Il va de soit que ce système répondrait à ses besoins propres en prenant en compte ses réalités.

Plus il y aura d’africains conscients de ces choses plus l’innovation technologique venant d’Afrique visera des problèmes de plus en plus globaux.

Deux semaines avec les webmasters et les journalistes de Niamey

Le 30 Juillet 2012 je serai à Niamey (Capitale du Niger) pour deux (2) Semaines. J’y vais en tant que formateur sur le web (son fonctionnement, son économie, ses technologies, …) et le blogging. Cette formation est organisée par l’association Contrechamps basée à Dimancheville (France).

L’association Contrechamps agit principalement dans le domaine des médias au Niger. Elle offre donc la possibilité à des journalistes Nigeriens de bénéficier des opportunités offertes par les nouveaux médias.

Pour ma part j’interviens en tant que formateur. En m’engageant dans cette mission, je me suis dis que c’était une opportunité de transmettre une partie de ce que je sais faire avec les technologies à des professionnels africains des médias. C’est aussi le lieu d’en savoir plus sur l’état des technologies dans un pays africain que je ne connaissais pas jusque là. Je compte donc sur les échanges que j’aurai avec les participants.

Cette action de l’association Contrechamps en faveur des journalistes et webmasters du Niger est d’une noblesse à félicité. C’est grâce à ce genre de formation pratique que nous pourrons assister à l’émergence d’une nouvelle économie numérique.